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AVIS AU LECTEUR

Les encouragements pour l'Euvre de la Patrologie nouvelle ne sont pas encore devenus des approbations. Un Éminentissime Cardinal, plusieurs Évêques, des Supérieurs de Séminaires ou de Communautés pieuses, ont accordé ces encouragements que justifie l'exposé d'une œuvre utile à l'Église. Notre premier volume est terminé. Nous en voyons les défauts. Jugera-t-on que nous avons fait assez pour mériter sin on l'approbation élogieuse, du moins l'indulgence?

Les difficultés à vaincre, nous les connaissions. On nous demandait s'il n'y avait pas témérité à passer outre. Nous avons mieux aimé encourir ce reproche de témérité que d'être réputés sages pour n'avoir rien entrepris. Quelques imperfections de l'œuvre dans le premier volume disparaîtront avant le clichage. D'autres resteront, précisément parce qu'elles sont plus graves. Mais ce premier volume existe, et il rend la suite possible, avec des imperfections, moins grandes, parce que notre personnel se forme, s'aguerrit, et devient capable de plus grandes luttes. Ici, le moindre soldat a sa valeur. Il n'est pas de détail qui ne soit important: une lettre ajoutée, omise, ou changée, une virgule placée en cet endroit ou en cet autre, ne sont pas choses indifférentes, et la correction parfaite du manuscrit ou de l'épreuve ne sera pas encore suffisante, si elle n'est faite dans la mise en pages. La perfection absolue, nous ne pourrions l'espérer!

Ce que nous pouvons assurer, du moins, c'est que l'entreprise a été commencée et sera poursuivie avec une véritable ardeur scientifique, partagée par chacun de ceux qui ont une part dans sa réalisation; c'est qu'elle est accompagnée d'un esprit de soumission absolue à l'Église, et d'obéissance au Saint-Siége, à qui nous la soumettons avec la plus entière docilité; c'est qu'elle est, à ses débuts, et demeurera constamment dans les sentiments de la vénération la plus profonde pour l'épiscopat en général, et pour l'épiscopat français en particulier. Les questions disciplinaires que nous pourrons rencontrer, que nous devons rencontrer nécessairement, doivent être discutées avec l'indépendance suffisante pour montrer l'esprit de l'Église, quels que soient les usages particuliers de tel siècle ou de tel autre; mais, à nos yeux, elles sont dominées par la nécessité de l'attachement inébranlable à la sainte hiérarchie.

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1. Lorsque Louis Ellies Dupin, docteur en Sorbonne, publia, à la fin du dix-septième siècle, sa Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques, contenant l'histoire de leur vie, le catalogue, la critique, la chronologie de leurs ouvrages (commencée en 1686), il parut qu'il avait renfermé dans une juste brièveté la substance d'un grand nombre de livres, dont le sien tiendrait lieu. Ce fut ce dont on le loua.

2. Dom Cellier, bénédictin, qui composa l'Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques (commencée en 1729), essaya, au dix-huitième siècle, de mieux faire que le précédent, d'être plus complet; mais il n'eut pas des prétentions différentes. Eloigner des sources, les rendre inutiles, disait-on, par une grande fidélité d'analyse, c'était alors tout l'idéal.

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moyen âge, dont ce premier volume de Honorius III ouvre la série. C'est le treizième siècle luimême qu'elles vont faire revivre d'abord. La voix de ses écrivains, de ses docteurs, de ses Papes, par l'effet d'un rajeunissement qu'apporteront ces mêmes éditions, ou premières ou nouvelles, arrivera directement et sans intermédiaire jusqu'à nos contemporains. Nous cherchons la louange dans un effort contraire à celui des Dupin, des Dom Ceillier.

3. Notre siècle, au contraire, ne veut entendre parler que des sources, des documents originaux. Il estime dix lignes d'un texte authentique, plus que dix pages d'affirmations ou d'appréciations, dépourvues de la leçon authentique. Nous sommes Cartésiens résolus, dans l'érudition, dans l'histoire, dans la science, et l'on voit chacun fermement décidé à n'admettre, pour la construction de l'édifice de ses connaissances acquises, rien qu'il doive à autrui ; la légitimité du savoir nous paraît avoir pour condition première cette exclusion rigoureuse des intermédiaires.

III. Importance du XIIIe siècle. Théo-
Abondance
logie et études juridiques.
des documents.

II. La PATROLOGIA MEDII ÆVI sera une reproduction des textes, et non une analyse.

4. Le public ne peut donc manquer d'accueillir favorablement les éditions d'une Patrologie du

PATROL. TOME I.

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5. Le treizième siècle fut un grand siècle pour les études théologiques et pour les études juridiques. L'Eglise y est toute puissante. Un grand Pontife, Innocent III, l'inaugure; un Pontife fier et inflexible, Boniface VIII, le voit finir. L'activité des Papes, en particulier celle de Honorius, successeur d'Innocent, s'y montre prodigieuse. Les écrits, lettres, bulles, traités, commentaires, œuvres, abondent durant cette période, et cette abondance semble même avoir été, à certains égards, plus nuisible qu'utile. On se sentait découragé par l'impuissance dans laquelle tous se trouvaient de prendre une connaissance suffisante des hommes et des choses. En voici la preuve :

Comme on le verra plus loin, l'évêque Simon Majolus, l'auteur d'une Vie de Honorius III, éditée pour la première fois dans le second tome des OEuvres, traitant ex professo des faits et gestes de ce Souverain Pontife, se borne à dire qu'il existe de lui quelques » Lettres, et c'est par milliers qu'il faut les compter; c'est par milliers qu'on les lira ci-après, dans les tomes II, III, IV. L'ignorance de Majolus était causée par l'abondance. On n'essayait pas de feuilleter tant et tant de do

cuments.

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6. Ce treizième siècle, et, pour ne parler présentement que de lui, ce Pontife, dont l'activité fut si considérable, doivent être étudiés cependant dans les documents originaux, non-seulement parce que tel est le procédé scientifique, et que nous ne consentons plus à nous dire satisfaits par l'analyse qui condense tout dans une juste brièveté, en dispensant du recours aux sources, mais parce que ce Pontife régit l'Eglise à l'une des époques les plus remarquables de sa vie militante; parce qu'il reçoit des mains d'Innocent III l'Europe du moyen âge parvenue à toute la grandeur de son développement propre et singulier, à cette organisation particulière qui la constitue dans sa puissante originalité, au milieu des annales humaines; parce que ce Pontife ne paraît pas, dans l'histoire, indigne d'une telle succession; parce que ce siècle présente plus qu'un autre dans les institutions, dans les mœurs, dans l'état des gouvernements, le type de la société que l'Eglise avait formée et composée des éléments barbares et des restes ou des ruines de la civilisation antérieure, en pénétrant ceux-là de l'idée chrétienne, en plaçant celles-ci sous sa tutélaire sauvegarde; parce que ce siècle appartient encore à l'unité, dans sa politique et dans sa foi, et que nous nous débattons péniblement au sein d'une société différente, qui se désagrège par le morcellement des sectes religieuses, philosophiques, politiques, sociales, scientifiques, littéraires.

Combien est digne d'étude et doué d'une physionomie étrangère à l'Europe de 1879 ou de 1880, ce temps où Innocent III, dans sa vaste correspondance, toujours subsistante, et depuis longtemps connue, mise à profit, spécialement par l'historien Hurter, puis Honorius III, dans sa correspondance non moins vaste, toujours subsistante, mais encore inconnue dans son ensemble, et publiée maintenant pour la première fois, embrassent, traitent et règlent souverainement toutes les affaires importantes d'un monde, d'un àge si fécond en grands événements!

V. - Événements principaux des Pontificats d'Innocent III et de Honorius III.

7. Innocent excommunie, dépose le guelfe Othon IV, qu'il avait couronné et soutenu contre Philippe de Souabe; il retire la Grande-Bretagne

à Jean, que l'histoire surnomme Jean-Sans-Terre; il la donne à Philippe-Auguste, il reprend ses dons, l'Angleterre devient vassale du Saint-Siége; il excommunie ce même Philippe-Auguste, qui avait répudié Ingelburge; il fait rompre son mariage avec Agnès de Méranie. A son tour, Honorius donne une couronne impériale, celle de Constantinople à Pierre de Courtenay; il couronne également Frédéric II, puis il accorde à plusieurs Constitutions de ce prince la haute sanction de l'insertion dans le Corpus juris de l'Eglise, c'est-à-dire dans le recueil de ses propres Décrétales, honneur insigne ! Il laisse dans l'Ordo ad coronandum, V. infr. col. 419, la forme des obligations contractées par l'empereur, au jour et par le fait même de son couronnement; il réprimande les rois de Castille et de Portugal, V. infr. col. 215, col. 236; il casse, annule et déclare dépourvus de toute force et valeur les statuts des villes, les serments, qu'il juge contraires à la liberté de l'Église et suspects d'affinité avec les doctrines des hérétiques, V. infr., col. 115, col. 120. Dans ces faits éclate la grandeur du Pontificat sous l'un et l'autre Pontife!

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8. Digne du haut rang qu'il occupe, digne d'un siècle dans lequel l'activité intellectuelle sera si grande, Innocent III se fait remarquer par la culture de l'esprit, par l'étendue et la variété de ses connaissances, par son goût pour l'étude, par son désir d'en ranimer l'ardeur, dans les rangs du clergé surtout. Et de même Honorius III. Ouvrons le Corpus juris :

9.

Quum sit ars artium regimen animarum, dit << Innocent III, Decret. Greg. lib. 14, tit. 14, c. 14, districte præcipimus ut episcopi promovendos in sacerdotes diligenter instruant et informent, vel per se ipsos, vel per alios idoneos viros, super divinis officiis, ecclesiasticisque sacramentis, << qualiter ea rite valeant celebrare. Quoniam si de « cætero rudes et ignaros ordinare præsumpserint

«

(quod quidem facile poterit deprehendi) et ordi« natores et ordinatos ultioni gravi decernimus subjacere. Sanctius enim est, in ordinatione maxime sacerdotum, paucos bonos, quam multos malos habere ministros: quia si cæcus cœ« cum ducit, ambo in foveam dilabuntur. »

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⚫ poles statuendis, inviolabiliter observetur : STA< TUENTES, ut quia super hoc propter raritatem magistrorum se possent forsitan aliqui excusare < ab ecclesiarum prælatis et capitulis ad theologicæ professionis studium aliqui docibiles desti‹ nentur, qui, quum docti fuerint, in Dei Ecclesia velut splendor fulgeant firmamenti, ex quibus ⚫ postmodum copia possit haberi doctorum, qui • velut stellæ in perpetuas æternitates mansuri, ⚫ad justitiam valeant plurimos erudire: quibus si • proprii proventus ecclesiastici non sufficiunt, • prædicti necessaria subministrent. Docentes ⚫ vero in theologica facultate, dum in scholis docuerint, et studentes in ipsa, integre per annos • quinque percipiant DE LICENTIA SEDIS APOSTOLIC E ⚫ proventus præbendarum et beneficiorum suorum, • non obstante alia aliqua cousuetudine vel sta• tuto, quum denario fraudari non debeant in vi⚫nea Domini operantes. ›

Ces paroles d'un Pape du treizième siècle sont pour tous les siècles: inviolabiliter observetur. Elles n'ont jamais été abrogées; elles sont écrites dans le corps du droit, pour y demeurer à toujours. Elles répondent à l'affirmation de quelques-uns qui, bien intentionnés, disent: Le prêtre doit s'occuper de ministère, et non d'études; sa mission est ailleurs que dans le commerce journalier avec les livres. Elles rappellent à celui qui écrit ces lignes un souvenir précieux resté dans l'esprit et dans le cœur. A genoux devant le Vicaire de JésusChrist, qui le bénissait, il entendit ces mots sortir de la bouche de Pie IX: Mon fils, vous êtes venu [à Rome] pour les études; je loue et j'approuve. »

(1) Le Liber Censuum, sans avoir été destiné par Honorius à demeurer comme monument géographique de l'occident chrétien durant le moyen âge, n'en sera pas moins utilement consulté par ceux qui voudront établir la correspondance des noms anciens des évêchés ou des monastères du XIe siècle avec les noms modernes. De même que les savants appuient leurs dissertations sur l'Itinéraire d'Antonin, il sera permis aux géographes de citer comme autorité irrefragable le Liber Censuum. Mais cette corrélation des noms ne pourrait être faite ici sans entraîner d'inévitables longueurs et former un hors d'oeuvre géographique, intéressant peut-etre, étranger toutefois à une édition des Opera Honorii III.

Néanmoins, en ce qui concerne l'État Pontifical, aujourd'hui absorbé par l'Italie une, on nous saura gré, pensons-nous, de reproduire les divisions ecclésiastiques d'après le Specchio geographico-storico-politico di tutte le nazioni del globo, opera di Pietro Castellano, tom. VI, Roma 1837, p. 671:

Tavola della divisione ecclesiastica dello Stato. Roma, sede del Sommo Pontefice, di cui un cardinale è vicario generale per l'episcopale ministero.

Vescovati Suburbicari di : 1. Ostia e Velletri (Ostiens et Veliternen.) goduto dal cardinale Decano; 2. Porto, S. Rufina e Civitavecchia (Portuen., S. Rufinæ et Centumcellarum) goduto dal cardinale Soto-Decano; 3. Frascati (Tusculanus); 4. Albano (Albanen.); 5. Palestrina (Prænestinus); 6. Sabina (Sabinen.).

Arcivescovati di: 1. Benevento (Beneventan.); 2. Bologna (Bononien.); 3. Camerino (Camerinen.), coll' am

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VI

11. Innocent III a écrit des Sermones per totum anni circulum; un traité de morale, de Contemptu mundi; un traité dogmatique, de sacro altaris mysterio libri sex; un commentaire des Psaumes de la pénitence; des lettres, Epistola. On lira dans ce tome premier les Sermones per totum anni circulum de Honorius III, venant au jour de l'impression pour la première fois; un traité liturgique, l'Ordo; un ouvrage historique, la Vita Gregorii VII; et un écrit sans précédent, le Liber Censualis. Quant aux Lettres, elles rempliront les tomes suivants.

12. Innocent III réalisa les idées pleines de grandeur de Grégoire VII, et, sous son pontificat, la Papauté parvint à son apogée (Dict. encycl. de theol.). Honorius éleva à la Papauté ce monument unique du Liber Censualis, qui constate les faits accomplis. S'il existe d'autres sermonaires, d'autres historiens, d'autres écrivains épistolaires, d'autres liturgistes, et si Mabillon a publié d'autres Ordines Romani dont l'Ordo Romanus de Honorius III se trouve être le douzième, il ne se rencontre qu'un Liber Censualis, et un Censius Camerarius qui en est l'auteur, qui garde ce nom dans l'histoire à cause de son œuvre, à laquelle correspond sous Pie IX, à l'autre bout de la chaine des temps, avant les démembrements successifs et récents du pouvoir temporel, la situation moderne que nous résumons en renvoi au bas de la page d'après Pietro Castellano (1). On verra ainsi les

ministraz. perpetua della Chiesa di Treia (Trejen.); 4. Fermo (Firman.); 5. Ferrara (Ferrarien.); 6. Perugia (Perusin.); 7. Ravenna (Ravennaten.); 8. Spoleto (Spoletan.); 9. Urbino (Urbinaten.).

Vescovati di 1. Acquapendente; 2. Alatri; 3. Amelia! 4. Anagni; 5. Ancona ed Umana; 6. S. Angelo in Vado, ed Urbania; 7. Ascoli; 8. Asisi; 9. Bagnorea; 10. Bertinoro, e Sarsina; 11. Cagli, e Pergola; 12. Cervia; 13. Cesena; 14. Cita di Castello; 15. Cita della Pieve; 16. Civita-Castellana, Orte et Gallese; 17. Comacchio; 18. Fabriano, e Matelica; 19. Faenza; 20. Fano; 21. Ferentino; 22. Foligno; 23. Forli; 24. Fossombrone; 25. Gubbio; 26. Jessi; 27. Imola; 28. Loreto, e Recanati; 29. Macerata e Tolentino; 30. Montalto; 31. Montefeltre; 32. Montefiascone, e Corneto; 33. Narni; 34. Nocera; 35. Norcia; 36. Orvieto; 37. Orsimo, e Cingoli; 38. Pesaro; 39. Pontecorvo, con Aquino, e Sora diocesi Napolitane; 40. Rieti; 44. Rimino; 42. Ripatransone; 43. Segni; 44. Senigallia; 45. S. Severino; 46. Sutri, e Nepi; 47. Terni; 48. Terracina, Sezze e Piperno; 49. Tivoli; 50. Todi: 51. Veroli; 52. Viterbo, e Toscanella. Le même Pietro Castellano cite, p. 4, ces vers remarquable de la Henriade :

Sur les débris sanglants de Bellone et de Mars Un Pontife est assis au trône des Césars.

Il ajoute, p. 28, même tome, que la délimitation de l'État Pontifical est veritablement l'œuvre du prédécesseur de Honorius III. Ce fut Innocent III, dit-il, qui fixa les limites géographiques du patrimoine de saint Pierre ;..

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