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Iu milieu et non pas à la fin d'un pied. Mais la véritable raison, ce me semble, est que la chûte lu second pied, s'il tombait sur la fin d'un mot, romprait trop brusquement le rhythme, qui, soutenu par la césure, ou le demi-pied suspendu, en devient plus majestueux.

Chaire. (eloqueivce De La.) Chez les anciens, l'éloquence n'entrait point dans les fonctions du sacerdoce; et ce qui répondait le plus au genre de l'éloquence de la chaire, c'étaient les leçons des philosophes, les déclamations des sophistes, et les harangues des rhéteurs. Ceux- ci distinguaient deux genres d'éloquence, Yindéfini ou celui des questions, et \efini ou celui des causes. La question était générale, la cause était particulière. L'une tendait à établir une opinion, une maxime, une vérité de spéculation : et l'autre, à constater un fait, ou à déterminer sa qualité morale; à décider si une chose avait été, si elle était, si elle serait; s'il était juste, honnête, utile, possible, vraisemblable ou non, qu'elle fût, ou qu'elle eût été, de telle ou de telle façon.

Or dans des républiques, où non-seulement le salut des citoyens, mais celui de l'état, se trouvait tous les jours entre les mains de l'éloquence, les causes personnelles et la cause commune étaient d'un si grand intérêt, qu'on regardait comme un parleur oiseux celui qui s'amusait à des thèses spéculatives, sans objet réel et présent. Isocrate, que sa timide modestie avait éloigné des affaires, mit cette éloquence à la mode; et lorsque, dans la Grèce, la liberté fut descendue de la tribune avec Démosthène, et l'eut suivi dans le tombeau, les sophistes reprirent le genre d'Isocrate. Ils employèrent un talent, désormais destitué de fonctions publiques, à déclamer sur des sujets vagues, les uns avec la bonne foi, le zèle, et le courage de la vertu: les autres, et le plus grand nombre, avec la vanité du bel-esprit, qui cherchait à briller par un style fleuri, par des opinions singulières, et par les fausses lueurs de ces raisonnements subtils et captieux qui en ont pris le nom de sophismes.

A Rome, l'éloquence dégénéra de même en déclamations frivoles, dès que le tableau des proscriptions, et la langue de Cicéron percée par Antoine, avertirent tout homme éloquent, ou de flatter, ou de se taire, ou de ne dire, comme il convient sous les tyrans, que des choses vagues et vaines.

Jusques-là, ce genre d'éloquence philosophique avait paru si peu important, que les rhéteurs eux-mêmes dédaignaient d'en parler expressément dans leurs leçons (i).

(i) Dividunt enùn totam rem in duas partes, in cau,a

controversiam, et quœstionis De causa prœcepta dont;

de alterd parte dic.endi miriim silentium est. (Cic. de Ont 1. a.1'

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Mais cette éloquence, qu'on négligeait, tandis qu'elle était isolée et vague, on en faisait le plus grand cas lorsqu'elle entrait dans la composisition des plaidoyers et des harangues : car toute cause particulière tient à une question générale, d'où elle est extraite ou déduite; et c'était surtout à ce principe général que Cicéron recommandait à l'orateur de s'attacher, soit pour agrandir son sujet, soit pour dominer sur la cause (i). Foyez Rhétorique.

L'éloquence de la tribune et du barreau était donc composée, et de celle qui est devenue l'éloquence des plaidoyers,et de celle qui est devenue l'éloquence de la chaire. Politique, morale, religion, tout fut de son domaine. Les philosophes disputaient, dans un langage subtilement obscur, de toutes les choses de la vie (2). L'orateur en parlait avec chaleur, avec clarté, avec force, avec abondance (3). Ajoutez à cela le droit de parler

(1) Ornatissimce sunt orationes quce latissimè tagantur, et à privatd ac singulari controversid se ad universi generis vim explicandam conferunt etconvertunt. (De Orat. 1. 3.)

[%) De rebus bonis et malis, expetendis aut fugiendls, honestisaut turpibus, utilibus aut inutilibus, de virlute, de justiliâ, de continentid, de prudentid, de magnitudine aniini, de liberalitate, de pietate, de amicitid, de fide, de officia , de cœteris virtutibus contrariisque vitiis. (De Orat. 1. 3.)

(3) Quis cohortari ad virtutem ardentiùs, quis èi vitiis acriù.i revocare, quis vituperare improbos vehementiùs, quis laudare bonos ornatiùs, quis cupiditatem vehemeniiùs frangere

en public de la politique, de la législation, <ii l'administration de l'état, de tous ses intérêts et au dedans et au dehors (t); car sa police s'exerçait même sur les mœurs personnelles : vous aurez une idée de l'orateur grec et romain, f^qyei Orateur.

Ce qui nous reste de l'éloquence politique de ces temps-là, s'est refugié dans les états républicains. Quant à l'éloquence morale, la religion lui a élevé, non pas une tribune, mais un trône; et ce trône est la chaire.

Pour se faire une idée du ministère qu'elle y exerce, il faut se figurer dans un temple, au pied des autels, sous les yeux de Dieu même, et en présence de tout un peuple, une lice ouverte. où l'éloquence, aux prises avec les passions, les vices, les faiblesses, les erreurs de l'humanité, les provoque les unes après les autres, quelquefois toutes ensemble, les attaque, les combat, les terrasse avec les armes de la foi, du sentiment, et de la raison.

L'homme qui parle, est l'envoyé du ciel; et. par la sainteté de son caractère, il semble porter sur le front le nom du Dieu dont il est le ministre : la cause qu'il défend est celle de la vérite et de la vertu: ses titres sont les droits de l'homme, la loi de la nature empreinte dans tous les cœurs, et la loi révélée, écrite et consignée dans le dépôt des livres saints: les intérêts qu'il agite sont ceux du ciel et de la terre, du temps et de l'éternité : enfin les clients qu'il rassemble autour de lui et comme sous ses alles, sont la nature, dont il défend les droits; l'humanité, dont il venge l'injure; la faiblesse, dont il protége le repos et la sûreté; l'innocence, à laquelle il prête une voix suppliante pour désarmer la calomnie, ou des accents terribles pour l'effrayer; l'enfance abandonnée, pour qui, dans l'auditoire, il cherche des cœurs paternels; la vieillesse souffrante, l'indigence timide, la grande famille de Jésus-Christ, les malheureux, en faveur desquels il émeut les entrailles du riche et du puissant. Tel est le fidèle tableau du plaidoyer évangélique.

accusando potest? Quis meerorem levare initiùs consolando (DeOrat. 1.3.)

(i) De republicd, de imperio, de re militari, de discipli.-i. civitatis, de hominum moribus. (De Orat. 1. 3.)

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Si un semblable ministère est bien rempli, c'est une des plus belles institutions dont l'humanité soit redevable à la religion chrétienne. Mais pour le remplir dignement, il faut que l'orateur pense qu'il a pour juges Dieu et les hommes: Dieu, pour ne pas trahir sa cause, ou par de frivoles égards, ou par de lâches complaisances; les hommes, pour s'accommoder à la faiblesse de leur entendement, lorsqu'il vient les instruire; à la trempe de leur esprit, lorsqu'il veut les persuader; et au naturel de leur ame, lorsqu'il cher

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