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Latiùs regnes , avidum domando
Spiritum , quàm si Lybiam remotis

Gadibus jungas, etc. (HORAT.) On voit dans le premier et dans le troisième vers la césure ou syllabe en suspens après le second pied, suivie d'un repos; mais dans le second vers le repos se trouve placé au milieu du second pied, et nullement après la césure.

Il en est de même des vers élégiaques ou pentamètres.

Arma gravi numero, violentaque bella parabam

Edere, materia conveniente modis.
Par erat inferior versus : risisse Cupido

Dicitur, atque unum surripuisse pedem. (Ovid.)

On voit ici le repos placé après les dactyles edere, dicitur; et il n'y en a point après la césure.

Ainsi, soit que la césure du vers reste isolée, comme dans l'asclépiade, soit qu'elle s'unisse aux premières syllabes du mot suivant, comme dans l'hexametre; les poëtes latins ont également négligé d'y suspendre le sens et d'y ménager un repos. A quoi servait donc la césure?

Pour rendre raison de la césure de l'hexamètre, on a dit que, sans cela, il arriverait souvent que la fin d'un vers et le commencement de l'autre formeraient un vers de la même espèce, et qu'afin d'éviter cette confusion, il fallait que les vers fussent coupés au dixième temps, c'est-à-dire

au milieu et non pas à la fin d'un pied. Mais la véritable raison, ce me semble, est que la chûte du second pied, s'il tombait sur la fin d'un mot, romprait trop brusquement le rhythme, qui , soutenu par la césure, ou le demi-pied suspendu, en devient plus majestueux.

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CHAIRE. (ELOQUENCE DE LA.) Chez les anciens, l'éloquence n'entrait point dans les fonctions du sacerdoce; et ce qui répondait le plus au genre de l'éloquence de la chaire, c'étaient les leçons des philosophes, les déclamations des sophistes, et les harangues des rhéteurs. Ceux - ci distinguaient deux genres d'éloquence, l'indéfini ou celui des questions, et le fini ou celui des causes. La question était générale, la cause était particulière. L'une tendait à établir une opinion, une maxime, une vérité de spéculation : et l'autre, à constater un fait, ou à déterminer sa qualité morale; à décider si une chose avait été, si elle était, si elle serait; s'il était juste, honnête, utile, possible, vraisemblable ou non, qu'elle fût, ou qu'elle eût été, de telle ou de telle façon.

Or dans des républiques, où non - seulement le salut des citoyens, mais celui de l'état, se trouvait tous les jours entre les mains de l'éloquence, les causes personnelles et la cause commune étaient d'un si grand intérêt, qu'on regardait comme un parleur oiseux celui qui s'amusait à des thèses spéculatives, sans objet réel pl présent. Isocrate, que sa timide modestie avar éloigné des affaires, mit cette éloquence à la mode; et lorsque, dans la Grèce, la liberté fu: descendue de la tribune avec Démosthène, et l'eut suivi dans le tombeau, les sophistes reprirent le genre d'Isocrate. Ils employèrent un talent, désormais destitué de fonctions publiques. à déclamer sur des sujets vagues, les uns avec la bonne foi, le zèle, et le courage de la vertu; les autres, et le plus grand nombre, avec la vanité du bel-esprit, qui cherchait à briller par un style fleuri, par des opinions singulières, et par les fausses lueurs de ces raisonnements subtils et captieux qui en ont pris le nom de sophismes.

A Rome, l'éloquence dégénéra de même en déclamations frivoles, dès que le tableau des proscriptions, et la langue de Cicéron percée par Antoine, avertirent tout homme éloquent, ou de flatter, ou de se taire, ou de ne dire, comme il convient sous les tyrans, que des choses vague, et vaines.

Jusques-là, ce genre d’éloquence philosophique avait paru si peu important, que les rhéteurs eux-mêmes dédaignaient d'en parler expressément dans leurs lecons (1).

(1) Dividunt enim totam rem in duas partes, in causa controversiam , et quæstionis..... De causá præcepta cunt; de alterá parte dicendi mirum silentium est. (Cic. de Orat. 1. 2.)

Mais cette éloquence, qu'on négligeait, tandis qu'elle était isolée et vague, on en faisait le plus grand cas lorsqu'elle entrait dans la composisition des plaidoyers et des harangues : car toute cause particulière tient à une question générale, d'où elle est extraite ou déduite; et c'était surtout à ce principe général que Cicéron recommandait à l'orateur de s'attacher, soit pour agrandir son sujet, soit pour dominer sur la cause (1). Voyez RHÉTORIQUE.

Léloquence de la tribune et du barreau était - donc composée, et de celle qui est devenue l'é

loquence des plaidoyers, et de celle qui est devenue - l'éloquence de la chaire. Politique, morale, reli

gion, tout fut de son domaine. Les philosophes disputaient, dans un langage subtilement obscur, de toutes les choses de la vie (2). L'orateur en parlait avec chaleur, avec clarté, avec force, avec abondance (3). Ajoutez à cela le droit de parler

(1) Ornatissimæ sunt orationes quæ latissimè dagantur, et à privatá ac singulari controversiá se ad universi generis : vim explicandam conferunt et convertunt. (De Orat. 1. 3.)

(2) De rebus bonis et malis , expetendis aut fugiendis, honestis aut turpibus, utilibus aut inutilibus , de virtute , de justitia , de continentia , de prudentia , de magnitudine animi, de liberalitate, de pietate , de amicitiá, de fide , de officio, de cæteris virtutibus contrariisque vitiis. (De Orat. 1. 3.)

(3) Quis cohortari ad virtutem ardentiùs , quis à vitiis acriùs revocare, quis vituperare improbos vehementiùs, quis laudare bonos ornatiùs , quis cupiditatem vehementius frangere en public de la politique, de la législation, de et d l'administration de l'état, de tous ses intérêts et Thor au dedans et au dehors (1); car sa police s'exer-se çait même sur les mœurs personnelles : vous au- uns rez une idée de l'orateur grec et romain. Voyez gite ORATEUR.

Ce qui nous reste de l'éloquence politique de auto ces temps-là, s'est refugié dans les états républi- 4 cains. Quant à l’éloquence morale , la religion site lui a élevé, non pas une tribune, mais un trône; pr et ce trône est la chaire.

Pour se faire une idée du ministère qu'elle y mer exerce, il faut se figurer dans un temple, au pied elif des autels, sous les yeux de Dieu même, et en ud présence de tout un peuple, une lice ouverte, till où l'éloquence, aux prises avec les passions, les smil vices, les faiblesses, les erreurs de l'humanité, leur les provoque les unes après les autres, quelque po fois toutes ensemble, les attaque, les combat, les tan terrasse avec les armes de la foi, du sentiment, si et de la raison.

L'homme qui parle, est l'envoyé du ciel; et, man par la sainteté de son caractère, il semble porter Mais sur le front le nom du Dieu dont il est le ministre : la cause qu'il défend est celle de la vérite

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accusando potest? Quis mærorem levare mitiüs consolando? (De Orat. 1. 3.)

(1) De republicá, de imperio, de re militari, de discipliná civitatis, de hominur i bus. (De Orat. 1.3.)

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