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peur qu'ils ne s'enorgueillissent et qu'ils ne disent: C'est la force de notre bras, et non pas le Seigneur, qui a fait toutes ces choses. C'est à moi seul qu'appartient le vengeance, et je l'exercerai quand il en sera temps. Heeccine reddis Domino, popule stulte et insipiens? Numquid non ipse est pater tuus, quipossedit te, etfecit, et creavit te? Memento dierum antiquorum; cogita generaliones singulas; interroga patrem tuum, et annuntiabit tibi; majores tuos, et dicent tibi... Pars Domini populus ejus... Circumduxit eum, et docuit, et custodivit quasi pupillam oculi sui. Sicut aquila provocans ad volandum pullos suos, et super eos volitans, expandit alas suas, et assumpsit eum, atque portavit in humeris suis... Deum qui te genuit dereliquisti, et oblitus es Domini creatoris tui! Vidit Dominus, et ad iracundiam concitatus est. Et ait... Congregabo super eos mala... forts vastabit eos gladius, et intus pavor, juvenem simul ac virginem, lactantem cum homine sene. Dixit: Ubinam sunt? Cessare faciam ex hominibus memoriam eorum. Sed propter iram inimicorum distuli; ne forte superbirent hostes eorum, et dicerent: Manus nostra excelsa, et non Dominus, fecit hœc omnia... Mea est ultio, et ego retribuam in tempore.

On voit par cet extrait, qu'une éloquence véhémente est le caractère de ce cantique. Celui de David sur la mort de Saiil et de Jonathas, est d'un style bien différent, .l'eu vais rappeler quelle.

ques traits: Inclyti, Israèl, super montes tuos interfecti sunt: quomodo ceciderunt fortes? Nolite annuntiare in Geth... ne forte lœtentur filiœ Philisthûm... Montes Gelboè, nec ros, necpluvia ventant super vos... quia ibi abjectus est clypeus fortium... Saùl et Jonathas, amabiles et decoriin vitâ suâ, in morte quoque non sunt divisi: aquilis velociores, leonibus fortiores. Filiœ Israël, super Saùl fête... Doleo super te, frater mi, Jonatha, decore nimis et amabilis super amorem mulierum: sicut mater unicum amat filium suum, ita ego te diligebam (i). Depuis David jusqu'à Michel Montaigne, je ne crois pas que jamais l'amitié se soit exprimée plus tendrement.

Tout le monde connaît le cantique d'Ezéchias par l'imitation embellie que Rousseau en a donnée. Mais le cantique de Salomon, encore plus célèbre, considéré, non comme un ouvrage mys

(i) C'est sur tes montagnes, ô Israël, qu'ont péri ces hommes vaillants. Comment les forts sont-ils tombés? N'allez pas l'annoncera Geth; ne donnez pas aux filles des Philistins cette cruelle joie. O montagne de Gelboë, que jamais sur toi ne descende ni la pluie, ni la rosée! C'est là que gît sur la poussière le bouclier des hommes vaillants: Saùl et Jonathas, aimables et beaux l'un et l'autre; unis durant leur vie, la mort ne les a point séparés : plus rapides que les aigles, plus forts que les lions, filles d'Israël, pleurez Saùl; et moi je pleurerai sur toi, ô mon frère, mon cher Jonathas, plus beau, plus aimable à mes yeux, qu'aux yeux de leurs amantes ne peuvent l'être des amants! Comme une mère aime son fils unique, c'était ainsi que je t'aimais.

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térieux, mais comme un morceau de poésie, ne me semble pas mériter toute sa réputation. On y voit quelques traits d'un sentiment assez naïf, et des images assez douces: Fasciculus myrrhœ dilectus meus mihi; inter ubera mea commorabitur... Ecce tu pulcher es, dilecte mi, et decorus: Lectulus noster floridus. Sicut lilium inter spinas, sic amica mea inter filias. Sicut malus inter ligna sylvarum, sic dilectus meus inter filios. Sub umbrd illius quem desideraveram sedi; et fructus ejus dulcis gutturimeo... Fulcite mefloribus... quia amore langueo. Leva ejus sub capite meo, et dextera illius amplexabitur me... Vox dilectimei. Ecce iste venit saliens in montibus, transiliens colles... En dilectus meus loquitur mihi: Surge,propera, amica mea, columba mea,formosamea, et veni... Sonet vox tua in auribus meis; vox enim tua dulcis, et facies tua decora... Dilectus meus mihi, et ego illi... In lectulo meoper noctes quœsivi quem diligit anima mea; quœsivi illum, et non inveni (i).

(i) Mon bien-aimé est pour moi comme un faisceau de myrrhe. Il se reposera sur mon sein. Viens, monbien-aimé: tu es la grâce et la beauté même; notre lit est seméde fleurs. — Comme le lys au milieu des épines, ma bien-aimée s'élève entre ses jeunes compagnes. —Comme le pommier au milieu des bois, on distingue mon bien-aimé entre les hommes de son âge. Je me suis reposée à l'ombre de celui que je désirais; et ses fruits ont été délicieux pour moi. Posez-moi sur un lit de fleurs, car je me sens languir d'amour. Sa main

Cela est simple et naturel; mais cela est noyé dans une multitude de comparaisons sans justesse, et de détails sans agrément; et que ce fût l'épithalame, le chant nuptial de Salomon, je n'y vois nulle vraisemblance.

Est-il possible d'imaginer que Salomon eût fait dire à sa jeune épouse qu'elle courait les rues toute la nuit pour le chercher; qu'elle avait rencontré la sentinelle, et qu'elle lui avait demandé si elle n'avait pas vu son amant? Surgam et circuibo eivitatem; per vicos et plateas quœram quem diligit anirna mea. Quœsivi illum, et non inverti. Invenerunt me vigiles qui custodiunt civitatem. Num quem diligit anima mea vidistis?

L'épouse de Salomon aurait-elle dit que ses frères l'avaient battue et lui avaient fait garder les vignes? Salomon lui-même aurait-il demandé qu'on lui prît les petits renards qui gâtaient les vignes, parce que sa vigne était en fleur? etc. etc. Ou ce livre a un sens mystérieux, ou il n'en a aucun pour nous; et si ce n'est qu'une pastorale, il est bien évident qu'elle n'est pas de Salomon.

gauche soulevera ma tête, et sa droite m'embrassera. C'est la voix de mon bien-aimé. Le voilà qui vient bondissant sur les monts, franchissant les collines. Je l'entends qui me dit: Lève-toi, viens, ma bien-aimée, ma colombe, ma toute belle... Ahl que ta voix se fasse donc entendre à mon oreille; car ta voix a autant de douceur que ton visage a de beauté. Mon bien-aimé fait mes délices, et je fais ses plaisirs. — Toutes les nuits, en soupirant, j'ai cherché dans mon lit celui que chérit tant mon arne, je l'ai cherché, et ne l'ai point trouvé.

Catastrophe. On n'attache plus à ce mot que l'idée d'un événement funeste. On ne dirait pas la catastrophe de Bérénice, ou de Cinna. Avant Corneille, on n'osait pas donner le nom de tragédie à une pièce dont le dénouement n'avait rien de sanglant; et Aristote pensait de même, lorsqu'i l semblait vouloir interdire à la tragédie les dénouements heureux. On va voir cependant qu'il ne tenait pas constamment à cette doctrine.

« Ce qui se passe entre ennemis ou indifférents, disait-il, n'est pas digne de la tragédie; c'est lorsqu'un ami tue ou va tuer son ami; un fils, son père; une mère, son fils; un fils, sa mère, etc., que l'action est vraiment tragique. Or il peut arriver que le crime se consomme, ou ne se consomme pas; qu'il soit commis aveuglément, ou avec connaissance. » Et il tirait de là quatre sortes de fables: celle où le crime est commis de propos délibéré; celle où le crime n'est reconnu qu'après qu'il est commis; celle où la connaissance du crime empêche tout-à-coup qu'i l ne soit consommé; et celle où, résolu à commettre le crime avec connaissance, on est retenu par ses remords, ou par quelque nouvel incident. Aristote rejetait absolument celle-ci, et donnait la préférence à celle où le crime qu'on allait com

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