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" coupable d'adultère (1). » Nous pourrions citer encore les réponses et décrets d'Innocent 1er (2), de Nicolas Jer (3), d'Indocent III (4) et d'Alexandre III (5). Mais il suffit de faire remarquer que le dogme dont il s'agit est fondé sur la croyance et la pratique de l'Église, et que cette croyance, qui est aussi générale que constante, remonte aux temps apostoliques.

1059. Quant à l'espèce de polygamie par laquelle la même femme serait commune à plusieurs maris, elle n'a jamais été permise. Tous conviennent qu'elle est directement opposée à la loi naturelle; qu'elle contrarie la fin première du mariage, et parce qu'elle empèche la femme de devenir mère, étant bien reconnu que les femmes publiques sont stériles; et parce qu'elle rendrait la paternité incertaine, ce qui nuirait nécessairement à l'éducation des enfants.

CHAPITRE V.

De l'indissolubilité du mariage.

1060. Avant la promulgation de la loi mosaïque, nous ne trouvons pas d'exemple de divorce dans l'histoire du peuple de Dieu; mais le législateur des Hebreux permit la répudiation en certains cas, et il est bien probable que par la répudiation le mariage était entièrement dissous. Ainsi on peut dire que la faculté de répudier, quoique accordée à la dureté des cæurs, n'était pas seulement tolérée comme un moindre mal, mais qu'elle était permise comme quelque chose de moins parfait. Mais il n'en est pas de même sous la loi évangélique : Jésus-Christ a ramené le mariage à son institution primitive, en le déclarant indissoluble.

1061. Le mariage des chrétiens, une fois consommé, ne peut ètre rompu que par la mort de l'un ou l'autre conjoint (6). D'abord, il est de foi que le lien du mariage ne peut être dissous pour cause d'hérésie, de cohabitation fâcheuse ou d'absence affectée de

(1) Liv. 1, de Nuptiis et concupiscentiis, c. x. — (2) Lettre à Exupére. -- (3) Réponses aux Bulgares. — (4) Chapitre Gaudemus. - (5) Chapitre Licel. -- (6) Voyez, dans la Théologie morale, ce que nous avons dit du ma. riage non consommé, et du mariage de deux infidèles, dont l'un se convertit , la foi.

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l'une des parties. C'est la décision du concile de Trente (1). Il encore de foi que l'Église ne se trompe point lorsqu'elle enseig que le lien du mariage ne peut être dissous par l'adultère, comme le prétendent les schismatiques grecs. « Celui qui dit que l'Église « est dans l'erreur quand elle enseigne, comme elle l'a toujours * enseigné, suivant la doctrine de l'Evangile et des apôtres, que « le lien du mariage ne peut être dissous à cause de l'adultère de « l'une des parties ; que ni l'une ni l'autre partie, pas même celle qui « est innocente, qui n'a point donné sujet à l'adultère, ne peut « contracter un autre mariage du vivant de son conjoint; que le « mari qui, ayant renvoyé sa femme adultère, en épouse une autre, « commet lui mème un adultère, ainsi que la femme qui, ayant « quitté son mari adultère, a contracté un second mariage; qu'il a soit anathème :2). »

1062. Ces décrets sont fondés sur l'Écriture sainte et la tradition. On lit dans saint Matthieu : « Les pharisiens vinrent à Jésus * pour le tenter, et ils lui dirent : Est-il permis à un homme de « renvoyer sa femme pour quelque cause que ce soit ? Il leur répon« dit : N'avez-vous pas lu que celui qui a créé l'homme au com« mencement créa l'homme et la femme, et qu'il leur dit : C'est " pour cette raison que l'homme quittera son père et sa mère, et " qu'il s'attachera à sa femme, et ils seront deux dans une seule « chair. Ainsi, ils ne seront plus deux, mais une seule chair. Que « l'homme donc ne sépare point ce que Dieu a joint : quod ergo « Deus conjunxit, homo non separet. Mais pourquoi, lui dirent« ils, Moïse a-t-il ordonné qu'on donnåt un écrit de divorce à sa « femme, et qu'on la renvoyát? il leur répondit : C'est à cause de. a la dureté de votre cæur que Moïse vous a permis de renvoyer vos « femmes; mais il n'en a pas été ainsi dès le commencement (3). » On voit ici que le mariage était indissoluble dans le commencement; que Notre-Seigneur le rappelle à sa première institution ; qu'il abroge la permission qu'avaient les Juifs de répudier leurs

(1) si qnis dixerit, propter hæresim, aut molestam cohabitationem, aut af. fectatam abseutiam a conjuge, dissolvi posse malrimonii vinculum; anathema sit. Sess xxiv, can. V. - (2) si quis dixerit, Ecclesiain errare, cum docuit et docet, juxta evangelicain et apostolicam doctrinam, propter adulterium alterius conjugum, matrimonij vinculum non posse dissolvi; el utrumque, vel etiam in. nocentem, qui causam adulterio non deilit, non posse, altero conjuge vivente, aliud matrimonium contrahere; mæcharique eum, qui, dimissa adultera, aliam duxerit, et eam, quæ, dimisso adultero, alii nupserit; anathema sit. Ibidem, can. VII. — (3) Saint Matthieu, c. xix, v. 3, etc.

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femmes en certains cas : donc le mariage est indissoluble de droit divin.

1063. Dans saint Marc, Jésus dit aux pharisiens et à ses disciples : « Que l'homme ne sépare point ce que Dieu a joint..... Quia conque quitte sa femme et en épouse une autre commet un adul« tère à l'égard de celle qu'il a renvoyée; et si une femme quitte « son mari et en épouse un autre, elle se rend coupable d'adul« tère (1). » Et dans saint Luc: « Quiconque renvoie sa femme et a en épouse une autre commet un adultère; et quiconque épouse ~ celle que son mari a répudiée commet le même crime (2). Dans l'un et l'autre texte, les paroles de Jésus-Christ sont générales ; elles n'admettent pas d'exception; ce qui a fait dire à saint Augustin : « Qui sommes-nous donc pour oser dire que dans tel cas on « est adultère, quand on épouse une autre femme après avoir ren« voyé la sienne; et que dans tel autre cas on n'est pas adultère; « tandis que l'Evangile déclare que quiconque agit ainsi est adul« tère (3) ? »

1064. L'apôtre saint Paul n'est pas moins exprés. Voici ce qu'il écrit aux Corinthiens : « Quant à ceux qui sont mariés, ce « n'est pas moi, mais le Seigneur, qui leur fait ce commandement: « Que la femme ne se sépare point de son mari; si elle s'en sépare, « qu'elle reste sans se marier, ou qu'elle se réconcilie avec lui... « La femme est liée à la loi du mariage tant que son mari est vi« vant; que si son mari meurt, elle est libre de se marier à qui elle « veut, pourvú que ce soit selon le Seigneur (4). » Ailleurs : « La a femme mariée est liée par la loi du mariage à son mari, pour « tout le temps qu'il est en vie; mais lorsqu'il est mort, elle est « dégagée de la loi. Si donc elle a commerce avec un autre homme « pendant la vie de son mari, elle sera tenue pour adultère... Mais

si son mari vient à mourir, elle est affranchie de la loi, et elle

de M ralen vants

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( Quod ergo Deus conjunxit, homo non separet... Ouicumqne dimiserit uxorem suam, et aliam duxerit, adulterium commiltit super eam. Saint Marc, c. x, v. 9, etc.(2) Omnis qui dimittit uxorem suam, et alteram ducit, mar. chatur : et qui dimissam a viro ducit, mechatur. Saint Luc, c. x91, v. 18. (3) Qui ergo nos sumus, ut dicamus : Est qui miechatur, uxore sua dimissa alteram ducens; et est qui hoc faciens non mechatur; cum Evangelium dicat omnem nicchari, qui hoc facit? Liv. 1, des Mariages adullérins, c. XIX. (4) lis autem qui malrimonio juncti sunt, præcipio non ego, sed Dominus, uxorem a viro non discedere. Quod si discesserit, manere innuptam, aut viro suo reconciliari. Et vir uxorem non dimittat.... Mulier alligata est legi quanto tempore vir ejus vivit. Quod si dormierit vir ejus, liberata est : cui volt nubat : tantum in Domino. Ire épitre aux Corinthiens, c. vi, v. 10, 11 et 39.

(4) Lega males.

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(13) Qui rit, mox

a peut être à un autre sans être adultère (1). » Ces paroles de a l'Apôtre, dit encore saint Augustin, si souvent répétées, tant de a fois inculquées, sont vraies, pleines de vie, salutaires, et n'ont « pas besoin d'explication. Il est donc permis de renvoyer sa « femme pour cause de fornication; mais elle reste toujours ena chainée par le même lien, quoiqu'elle ne se réconcilie point avec a son mari; elle ne sera libre que quand il sera mort (2), » C'est aussi la doctrine d'Hermas, auteur du livre intitulé Pasteur (3); d'Athénagore, apologiste de la religion chrétienne (4); de Tertullien (5), de Clément d'Alexandrie (6), d'Origène (7), de saint Basile (8), de saint Ambroise (9), de saint Jérôme (10), de saint Chrysostome (11), du pape Innocent I (12), des Pères du concile de Milève, de l'an 416, auquel assista saint Augustin ; et, généralement, de tous les docteurs qui ont paru dans les siècles suivants.

1065. On objecte ce passage de saint Matthieu : « Quiconque « renvoie sa femme, si ce n'est pour cause de fornication, et en « épouse une autre, commet un adultère (13), » Si donc un mari renvoie sa femme pour cause de fornication, et en épouse une autre, il n'est point coupable d'adultère. Ainsi raisonnent ceux qui sont pour le divorce. Pour répondre à cette difficulté, il suffit de faire remarquer que le passage en question renferme deux parties. La première comprend ce qui est permis au mari lorsque la femme a commis l'adultère, et la seconde ce qui lui est défendu, même dans le cas d'une séparation légitime. Or, l'exception, si ce n'est en cas d'adullère, nisi OB FORNICATIONEM, ne tombe que

(1) Quæ sub viro est mulier, vivente viro, alligata est legi : Si autem mortuus fuerit vir ejus, soluta est a lege viri. Igitur, vivente viro, vocabitur adultera, si fuerit ciim alio viro; si antem mortuus fuerit vir ejus, liberata est a lege viri : ut non sit adultera, si fuerit cum alio viro. Épitre aux Romains, C. VII, v. 2, etc.

-(2) Hæc verba apostoli toties repetita, toties inculcata, vera sunt, viva sunt, sana suut, plana sunt. Nullius viri posterioris mulier esse incipit, nisi prioris esse desierit. Esse autem desinet uxor prioris, si moriatur vir ejus, non si for- . nicetur. Licite itaque dimittitur conjlix ob causam fornicationis; sed nec carebit, illo vinculo, etiamsi nunquam reconcilietur viro : carebit artem, si mortuus: fuerit vir ejus. Liv. II, des Mariages adultérins, c. v. — (3) Précepte iv. (4) Legat. pro christianis. — (5) De la Monogamie, c. 11. - (6) Liv. II, des Stro. mates. — (7) Comment. sur le ch. xix de saint Matthicu. - (8) Homélie sur l'auvre des six jours. — (9) Sur le ch. xvi de saint Luc. -(10) Lettre à Océanus. — (11) Homélie xvii, sur saint Matthieu. - (12) Lettre à Exupère. (13) Quicumque dimiserit uxorem suam, nisi ob fornicationem, et aliam duxerit, mạchatur : et qui dimissam duxerit, mochalur. Saint Matthieu , c. XIX,

sur la première partie, à laquelle elle se rapporte naturellement, comme si Notre-Seigneur eût dit : « Quiconque renvoie sa femme, a hors le cas de fornication, commet un adultère; et celui qui « ayant renvoyé sa femme pour une cause quelconque, même « pour cause d'adultère, en épouse une autre, devient aussi cou« pable d'adultère. » D'où l'on peut tirer cette conclusion : savoir, qu'il est permis au mari de renvoyer sa femme pour cause d'adultère, mais qu'il lui est defendu d'en épouser une autre après l'avoir renvoyée; ce qui s'accorde parfaitement avec ce que nous lisons dans saint Marc et dans saint Luc, où il est dit, de la manière la plus absolue: Quiconque renvoie sa femme et en épouse une autre, commet l'adultère; et dans saint Paul : La femme est liée par la loi du mariage tant que son mari est vivant; si elle épouse un autre homme pendant la vie de son mari, elle sera lenue pour adultère. Telle est d'ailleurs l'interprétation que les Pères et les conciles nous ont donnée du passage de saint Matthieu : « Quoiqu'il soit permis aux époux, dit le concile de a Florence dans le décret d'Eugène IV aux arméniens, de se sea parer pour cause de fornication, il ne leur est pas permis pour a cela de contracter un autre mariage, vu que le lien d'un ma« riage légitimement contracté est perpétuel (1). ».

1066. Le mariage étant indissoluble de droit divin, le divorce avec la faculté de convoler ne peut être autorisé par aucune loi, ni pour cause d'adultère, ni pour toute autre cause. Vouloir le permettre sous le prétexte de rendre les époux plus libres, c'est confondre la liberté avec la licence. Le divorce serait une source continuelle de divisions entre les époux, les familles et les enfants. La possibilité seule d'obtenir le divorce par l'adultère, serait un attrait pour le crime; elle suffirait pour altérer la tendresse et la confiance mutuelle des époux, et les provoquer à l'inconstance et a l'infidélité. D'ailleurs, à défaut de la connaissance du cœur humain, ne sait-on pas par expérience qu'en séparant l'homme et la femme sans leur laisser l'espoir d'un rapprochement, le divorce ne peut qu'engendrer des haines implacables, en même temps qu'il anéantit tout sentiment de piétá filiale dans l'enfant qu'il sépare du père ou de la mère? Évidemment, une loi qui autoriserait

(1) Quamvis ex causa fornicationis liceat thori separation-m facere, non tamen aliud matrimonium contrahere fas est, cum matrimonii legitime contracti vinculum perpetuum sit. Décret pour les arméniens. - Voyez, dans la Thedlogie morale à l'usage des curés, les différentes causes qui légitiment la séparation des époux.

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