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A CT E v.

SCE N E

1.

LE MARQUIS, LE CHEVALIER,

L 2 MARQUI S.

Failons la pais, chevalier , je confefe

confeffe Que tout mortel est paitri de faiblesse, Que le fage est peu de chose; entre nous, J'étais tout prêt de l'être moins que vous.

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Vous avez donc perdu vôtre gageure ?
Vous aimez donc ?

LE MARQU I S.

Oh non, je vous le jure : Mais par l'himen , tout prêt de me lier, Je ne veux plus jamais me marier.

LE CHE V A L I E R. Vôtre inconstance est étrange & soudaine.

Paff:

Passe pour moi : mais que dira Dormene?
N'a-t-elle pas certains mots par écrit ,
Ou par hazard le mot d'himen se lit?

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Il est trop vrai; c'est là ce qui me gêne,
Je prétendais m’imposer cette chaine ;
Mais à la fin m'étant bien consulté,
Je n'ai de goût que pour la liberté.

L E

CHE V ALI E R.

La liberté d'aimer ?

LE

MARCU I S.

Eh bien, si j'aime,
Je suis encor le maître de moi-même ,
Et je pourai réparer tout le mal.
Je n'ai parlé d'himen qu'en général ,
Sans m'engager , & fans me compromettre.
Car en effet , si j'avais pû promettre,
Je ne pourais balancer un moment.
A gens d'honneur promelie vaut ferment.
Cher chevalier , j'ai conçu dans ma tête
Un beau deffein , qui parait fort honnête
Pour me tirer d'un pas embarrassant;
Et tout le monde ici sera content.

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LE CHEVALIER.

Vous moquez-vous ? contenter tout le monde ! Quelle folie!

LE

MARQUIS.

En un mot, si l'on fronde Mon changement, j'ose espérer au moins Faire approuver ma conduite & mes foins. Colette vient, par mon ordre on l'appelle;

vais l'entendre , & commencer par elle.

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Oh j'accours, Monseigneur, Prête en tout tems, & toujours de grand cour,

LE

MARQUIS.

Voulez-vous être heureuse ?

Co

COL E T T E.

Oui, sur ma vie ; Nen doutez pas , c'est ma plus forte envie. Que faut-il faire ?

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En voici le moyen. Pous voudriez un époux, & du bien?

CO LE TT E.

Oui, l'un & l'autres

L E

NARQU I S.

Eh bien donc, je vous donne Trois mille francs pour la dot , & j'ordonne Que Maturin vous épouse aujourd'hui.

COL E T T E.

Ou Maturin, ou tout autre que lui;
Qui vous voudrez, j'obéis fans replique.
Trois mille francs ! ah l'homme magnifique !
Le beau présent! que Monseigneur est bon!
Que Maturin va bien changer de ton!
Qu'il va m'aimer ! que je vais ètre fière !
De ce païs je serai la première.
Je meurs de joye.

L E MARQU I S.

Et j'en ressens aussi,
D'avoir déja pleinement réussi ;
L'une des trois est déja fort contente.
Tout ira bien.

COL E T T E.

Et mon amie Acante Que devient-elle ? on va la marier, A ce qu'on dit, à ce beau chevalier. Tout le monde est heureux, j'en suis charmée , Ma chère Acante !

LE CHEVALIER ( en regardant le Marquis.)

Elle doit être aimée, Et le fera.

LE MARQUIS ( au Chevalier.)

La voici , je ne puis
La confoler en l'état où je fuis.
Vencz, je vais vous dire ma pensée.

(ils sortent.)

SCENE

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