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Mais ce coeur , croyez moi, le ferait davantage,
Si jusqu'à vous complaire il pouvait s'oublier.
Je ne veux ( pardonnez à ce triste langage )
De vous , pour mon époux, ni pour mon Chevalier.
J'ai prononcé ; jugez , & vengez vôtre offense.

OR BASS A N.

Je me borne, Madame, à venger mon pays,
A dédaigner l'audace, à braver le mépris ,
A l'oublier. Mon bras prenait vôtre défense,
Mais quitte envers ma gloire , aussi bien qu'envers vous ,
Je ne suis plus qu'un Juge à fon devoir fidelle,
Soumis à la loi seule, insensible comme elle ,
Et qui ne doit sentir ni regrets

ni

courroux.

S CE N E VII.

A MENAIDE,

Soldats dans l'enfoncement.

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pour toi

;

'Ai donc dicté l'arrêt, - & je me sacrifie!
O toi seul des humains qui méritas ma foi,
Toi pour qui je mourrai, pour qui j'aimais la vie ,
Je suis donc condamnée ! - Qui , je le suis
Allons, - je l'ai voulu ; - mais tant d'ignominie,
Mais un père accablé dont les jours vont finir !
Des liens, des bourreaux , - ces apprêts d'infamie !
O mort! affreuse nort! puis-je vous soutenir ?

Tour

Tourmens, trépas honteux , - tout mon courage cède.

Non, il n'est point de honte cii mourant pour Tanz

crede. On peut n'ôter le jour , & non pas me punir. Quoi! je meurs en coupable! - un père ! une patrie! Je les servais tous deux , & tous deux m'ont détrie! Et je n'aurai pour moi, dans ces momenis d'horreur Que mon seul témoignage , & la voix de mon cour!

(à Fanie qui eittre.) Quels momens pour Tancrède! O ma chère Fanie! ( Fanie lui baise la main en pleurant, Aménaïde l'en

brase. ) La douceur de te voir ne m'est donc point ravie !

F A N I E.

Que ne puis-je avant vous expirer en ces lieux !

Α Μ Ε Ν Α 1 D E.

Ah ! je vois s'avancer ces monstres odieux.
( Les Gardes qui étaient dans le fond s'avancent pour l'eii-

mener.)
Porte un jour au héros à qui j'étais unie ,
Mes derniers sentimens, & nies derniers adieux,
Fanie ; – il aprendra si je mourus fidelle;
Je coûterai du moins des larmes à ses yeux:
Il pourra me venger : – ma mort est moins cruelle.

Fin du second Actc.

C4

ACTE

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TANCREDE suivi de deux Ecuyers qui portent sa lance,

Son écue C. AL DAMON.

TAN CRE DE.

A

Tous les caurs bien nés que la patrie est chère !

Qu'avec raviffement je revois ce séjour !
Cher & brave Aldamon, digne ami de mon père,
C'est toi dont l'heureux zèle a servi mon retour.
Que Tancrède est heureux! que ce jour n'est prospère !
Tout mon sort est changé. Cher ami, je te dois
Plus que je n'ose dire -- & plus que tu ne crois.

AL DA MO N.
Seigneur, c'est trop vanter mes services vulgaires,
Et c'est trop relever un fort tel que le mien;
Je ne suis qu'un soldat, un simple citoyen...

TAN CREDE.
Je le suis comme vous : les citoyens font frères.

ALD AM O N.
Deux ans dans l'Orient sous vous j'ai combatu ;
Je vous vis effacer l'éclat de vos ancêtres ;

J'admirai

J'admirai d'assez près votre haute vertu ;
C'eft là mon seul mérite: élevé par mes maitres,
Né dans votre maison, je vous suis allervi.

Je dois...

TANCRE DE. Vous ne devez être que mon ami. - Voilà donc ces remparts que je voulais défendre, Ces murs toûjours sacrés pour le cour le plus tendre, Ces murs qui m'ont vû naitre, & dont je suis banni ! Apprens moi dans quels lieux respire Aménaïde.

ALD A M O N.
Dans ce palais antique ou son père réside;
Ceite place y conduit; plus loin veus contemplez
Ce tribunal auguste, où l'on voit assemblés
Ces vaillans Chevaliers, ce Sénat intrépide,
Qui font les loix du peuple & combattent pour lui,
Et qui vaincraient toujou!rs le Musulman perfide,
S'ils 119 s'étaient privés de leur plus grand appui.
Voilà leurs boucliers, leurs lances, le irs devises,
Dont la pompe guerrière annonce aux nations
La splendeur de leurs faits, leurs nobles entreprises.
Votre nom seul ici manquait à ces grands noms.

Τ Α Ν C R Ε Ο Ε.
Que ce nom soit caché, puis qu'on le persécute;
Peut-être en d'autres lieux il est célebre afiez.

ses Ecuyers. )
Vous, qu'on suspende ici mes chiffres effacés;

Aux fureurs des partis qu'ils ne foient plus en bute;
Que nics armes fans falle, emblème des douleurs,
Telles que je les porte au milieu des batailles ,
Ce simple bouclier, ce casque fans couleurs,
Soient atachés fans pompe à ces tristes murailles.
(Les Ecuyer's fiij perident ses armes aulx places vuides, au mi-

lient des autres trophées.)
Conservez ma devise, elle est chère à mon caur ;
Elle a dans mes coinbats soutenu ma vaillance ,
Elle a conduit mes pas & fait mon cípérance;
Les mots en sont facrés; c'est, l'amour @ 3 l'ho1111e111'.

Lorsque les Chevaliers descendront dans la place,
Vous direz qu'un guerrier, qui veut ctre inconnu ,
Pour les fuivre aux combats dans leurs murs est venu,
Et qu'à les imiter il borne fon audace.

(è Aldemou.) Quel est leur chef, ami ?

ALD A M O N.

Ce fut depuis trois ans, Comme vous l'avez fçu, le respectable Argire.

TANCREDE

a part.

Pére d'Aménaide!..

Α Ι Ο Α Μ ο Ν.

On le vit trop longtems Succomber au parti dont nous craignous l'empire. Il reprit à la fin fa juste autorité :

On

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