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COLETTE.

N'en fais rien, mon enfant.

B E R THE.

Allons, Acante.

A CA'N TE.

Ociel ! que dois-je faire ?

C Ο Ι Ε Τ Τ Ε.

Refuse tout, laifle ta belle-mère,
Viens avec moi.

B E R T H E.

Quoi donc ! sans sourciller? Mais parlez donc.

A C Α Ν Τ Ε.

A qui puis-je parler ?

DI G N A NT.

Chez le Baillif, ma bonne , allons l'attendre,
Sans la gêner , & laissons lui reprendre
Un peu d'haleine.

ACANTE.

Ah ! croyez que mes sens

Sont

Sont pénétrés de vos foins indulgens ;
Croyez qu'en tout je distingue mon père.

M A T U RI N.

Madame Berthe , on ne diitingue guère
Ni vous, ni noi: la belle a le maintien
Un peu bien sec , mais cela n'y fait rien ;
Et je répons, dès qu'elle sera notre,
Qu'en peu de tems je la rendrai toute autre,

(ils sortent. )

ACANTE.

Ah! que je sens de trouble & de chagrin!
Me faudra-t-il épouser Maturin !

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H! n'en fais rien, croi moi , ma chère amie. Du mariage aurais-tu tant d'envie ? Tu peux trouver beaucoup mieux, - que fait-on? Aimerais-tu ce méchant ?

ACANTE,

A CA N T E.

Mon Dieu non. Mais vois-tu bien, je ne suis plus soufferte Dans le logis de la marâtre Berthe ; Je suis chaffée, il ne faut un abri, Et par befoin je dois prendre un mari. C'est en pleurant que je cause ta peine. D'un grand projet j'ai la cervelle pleine ; Mais je ne sais comment m'y prendre ; hélas ! Que devenir ? - Dis-moi , ne fais-tu pas Si Monseigneur doit venir dans ses terres ?

COL E T T E.

Nous l'attendons.

A CA'N TE.

Bientôt ?

COLETTE.

Je ne sais guères Dans mon taudis les nouvelles de cour. Mais s'il revient, ce doit être un grand jour, Il met , dit-on, la paix dans les familles ; Tl end justice, il a grand soin des filles.

ACANTE,

ACANTE.

Ah! s'il pouvait me protéger ici!

C Ο Ι Ε Τ Τ Ε.

Je prétens bien qu'il me protège ausfi.

A C Α Ν Τ Ε.

.

On dit qu'à Metz il a fait des merveilles
Qui dans l'armée ont très-peu de pareilles.
Que Charles-Quint a loué fa valeur.

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Et qu'importe? Ne m'en faites pas, vous, & que je forte A mon honneur du cas triste où je suis.

ACANTE,

Comme le tien mon cæur est plein d'ennuis.
Non loin d'ici quelquefois on me mène
Dans un château de la jeune Dorniene....

COL E TT E.

Près de nos bois ?.... ah! le plaisant château !
De Maturin le logis est plus beau,
Et Maturin est bien plus riche qu'elle.

A C Α Ν Τ Ε.

Oui, je le fais ; mais cette demoiselle
Est autre chose; elle est de qualité;
On la respecte avec fa pauvreté.
Elle a près d'elle une vieille personne
Qu'on nomme Laure, & de qui l'ame est bonne,
Laure est aussi d'une grande maison.

COL E T T E.

Qu'importe encor ?

A C Α Ν Τ Ε.

Les gens d'un certain nom, J'ai remarqué cela, chère Colette, En savent plus, ont l’ame autrement faite, Ont de l'esprit, des sentimens plus grands, Meilleurs que nous.

COLE TT E.

Oui, dès leurs premiers ans, Avec grand foin leur ame est façonnée;

La

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