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HElas! vous n'aimez point : vous ne concevez pas

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Tous ces foulévemens, ces craintes, ces combats
Ce reflux orageux du remords & du crime.
Que je me hais ! j'outrage un père magnanime,
Un père qui m'est cher, & qui me tend les bras,
Que dis-je ? l'outrager ! j'avance fon trépas ;
Malheureuse !

A TI DE.

Après tout , fi vôtre ame attendrie
Craint d'accabler un père, & tremble pour sa vie,
Pardonnez ; inais je sens qu'en de tels déplaisirs,
Un grand cour quelquefois commande à fes foupirs,
Qu'on peut iacrifier ....

Z v L I M E.

Que prétens-tu me dire ? Sacrifier l'amour qui m'enchainc à Ramire! A quels conseils, grand Dieu ! faut-il s'abandonner ? Ai-je po les entendre ? ose-t-on les donner?

Toute

Toute prête à partir , vous proposez, barbare ,
Que moi qui l'ait conduit, de lui je me sépare?
Non, mon père en courroux, mes remords , ma douleur,
De ce conseil affreux n'égalent point l'horreur.

AT I DE
Mais vous-même à l'instant à vos devoirs fidelle,
Vous disiez que l'amour vous rend trop criminelle.

Z U LI M E.
Non, je ne l'ai point dit, mon trouble m'emportait :
Si je parlais ainsi, mon cæur me démentait.

AT I DE

Qui ne connait l'état d'une anie combattue?
J'éprouve, croyez moi, chagrin qui vous tue ;
Et ma triste amitié...

Z U LI M E.

Vous m'en devez, du noins. Mais que cette amitié prend de funestes ioins ? Ne me parlez jamais que d'adorer Ramire; Redoublez dans non cæur tout l'amour qu'il m'inspire. Hélas ! m'allurez-vous qu'il réponde à mes vaux, Comme il le doit, Atide, & comme je le veux ?

A T I DE

Ce n'est point à des cæurs nourris dans l'amertume,
Que la crainte a glacés, que la douleur consume ,
Ce n'eit point à des yeux aux larmes condamnés,
De lire dans les cours des amans fortunés.

S 4

Esta

Est-ce à moi d'observer leur joye & leur caprice?
Ne vous suffit-il pas qu'on vous rende justice,
Qu'on soit à vos bontés asservi pour jamais?

Z U LI M E.
Non, il semble accablé du poids de mes bienfaits ;
Son ame elt inquiéte, & n'est point attendrie.
Atide, il me parlait des loix de fa patrie.
Il est tranquille assez, maitre affez de ses veux,
Pour voir en ma présence un obstacle à nos feux.
Ma tendrelle un moment s'elt sentie allarmée.
Chère Atide, eit-ce ainsi que je dois être aimée?
Après ce que j'ai fait, après ma fuite , hélas !...
„Atide, il mc trahit , s'il ne m'adore pas :
Si de quelque intérêt fon ame eft occupée,
Si je n'y suis pas seule , Atide, il m'a trompée.

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Madanie

, votre père appeile fes foldats ;

, ; Résolvez votre fuite , & ne différez

pas. Déja quelques guerriers, qui devaient vous défendre, Aux pleurs de Bénatar étaient prêts à se rendre. Honteux de vous prêter un facrilege appui , Leurs fronts en rougillant fe baillaient devant lui.

De

De ces murs odieux je garde le passage.
Ce sentier détourné nous conduit au rivage.
Ramire, impatient, de vous feule occupé,
De vos bontés rempli, de vos charmes frapé,
Et prêt pour son épouse à prodiguer sa vie ,
Dispose en ce moment vôtre heureuse sortie.

Z U L I MI E.

Ramire! dites-vous ?

I DA MORE.

Ardent, rempli d'espoir ,
Il revient vous servir , surtout il veut vous voir.

ZUL IME.

Ah! je renais , Atide, & mon ame est en proie
A tout l'emportement de l'excès de ma joie.
Pardonne à des foupçons indignement conçus ,
Ils sont évanouis, ils ne renaîtront plus.
J'ai douté, j'en rougis ; je craignais, & l'on m'aime!
Ah prince !.....

SC Ε Ν Ε ΙΙΙ. .

ZULIME, ATIDE, RAMIRE, ID AMORE.

I DA MOR E (à Ramire.)

J ai parlé , feigneur, comme vous-même;

J'ai peint de votre cour les juites sentimens ;
Zulime en est bien digne; achevez, il est tems.
Preilons l'heureux initant de notre délivrance.
Rien ne nous retient plus; je cours, je vous devance.

( Il jort. )

R A MI I R E.

Nous voici parvenus à ce moment fatal,
Où d'un départ trop lent on donne le signal.
Benassar de ces lieux n'est point encor le maître;
Pour peu que nous tardions, Madame , il pourrait l'être.
Vous voulez de l’Afrique abandonner les bords ;
Venez, ne craignez point ses impuitlans efforts.

Z U LI M E.

Moi craindre! ah c'est pour vous que j'ai connu la crainte.
Croyez moi; je commande encor dans cette enceinte:
La porte de la mer ne s'ouvre qu'à ma voix :
Sauvez mia gloire , au moins., pour la dernière fois.
Aprenons à l'Espagne, à l'Afrique jalouse,
Que je suis mon devoir en partant vôtre épouse.

R A MI RE.

C'est braver vôtre père, & le desespérer ;
Pour le salut des miens, je ne puis différer .....

ZUL IM E.

Ramire!

RAMIRE.

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