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C'est vous qui m'y guidez.

RAMIRE.

C'est à vous de juger
Qu'on a tout à fouffrir chez un peuple étranger ;
Coutumes, préjugés , mæurs, contraintes nouvelles,
Abus devenus droits, & loix souvent cruelles.

Z U LI M E.

Qu'importe à notre amour, ou leurs niąurs ou leurs

droits ? Vôtre peuple est le mien , vos loix seront mes loix. J'en ai quitté pour vous , hélas ! de plus facrées ; Et qu'ai-je à redouter des mæurs de vos contrées ? Quels sont donc les humains qui peuplent vos états? Ont-ils fait quelques loix pour former des ingrats?

R A MI R E.

Je suis loin d'être ingrat, non, mon cæur ne peut l'être.

Z U LI M E.

Sans doute...

RAM IR E.

Mais en moi vous ne verriez qu'un traître, Si tout prêt à partir je cachais à vos yeux Un obstacle fatal opposé par les cieux.

ZU LI M E.

Un obstacle !

RA

R. A MI R E.

Une loi formidable, éternelle.

Z U LI M E.

Vous m'arrachez le cæur ; achevez, quelle est-elle ?

R A M I R E.

C'est la religion ... Je sais qu'en vos climats,
Où vingt peuples mêlés ont changé tant d'états,
L'hymen unit souvent ceux que leur loi divise.
En Espagne autrefois cette indulgence admise,
Désormais parmi nous est un crime odieux ;
La loi dépend toujours & des temps & des lieux.
Mon fang dans mes états m'appelle au rang suprême -
Mais il est un pouvoir au dessus de moi-même.

Z U LI M E.

Je t'entens, cher Ramire , il faut t'ouvrir mon caur.
Pour ma religion j'ai connu ton horreur ;
J'en ai souvent gémi; mais s'il ne faut rien taire,
A mon ame en secret tu la rendis moins chère.
Soit erreur, ou raison, foit ou crime, ou devoir,
Soit du plus tendre amour l'invincible pouvoir ,
( Puisse le juste ciel excuser mes faiblesses !)
Du fang en ta faveur j'ai bravé les tendresses;
Je pourrai t’inimoler , par de plus grands efforts,
Ce culte mal connu de ce fang dont je fors.
Puis qu'il t'elt odieux, il doit un jour me l'être.

Fidèle

Fidèle à mon époux & foumise à mon maitre ,
J'attendrai tout du tems & d'un ii cher lien.
Mon cxur servirait-il d'autre Dieu que lc tien ?
Je vois couler tes pleurs : tant de foin, tant de flamme,
Tant d'abandonnement ont pénétré ton ame.
Adrefons l'un & l'autre au Dieu de tes aurels
Ces pleurs que l'amour verse, & ces væux solennels.
Qu'Atide y foit présente; elle aproche ; elle m'aime;
Que son amitié tendre ajoute à l'amour même.
Atide!

RAMIRE.

C'en est trop ; & mon cæur déchiré...

SCENE III.

ZU LI ME, RAMIRE, AT ID E.

A TIDE.

Adame, dans ces murs vôtre père est entré.

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Sa voix de ce palais s'est fait ouvrir la porte.
A l'afect ie ses pleurs & le ses cheveux blancs ,
De ce front couronné respecté (i long-tems ,
Vos gardes interdits baillant pour lui les amies ,
N'ont pas cru vous trahir en partageant fes larmes.
Il aproche, il vous cherche.

Z U LIME

O mon père, ô mon roi ! Devoir , nature, amour , qu'exigez-vous de moi ?

A TI DE.

Il va , n'en doutez point, deniander nôtre vie.

R A M I R E.

Donnez lui tout mon fang, je vous le facrifie;
Mais conservez du moins.....

Z U LI M E.

Dans l'état où je fuis , Pouvez-vous bien, cruel , irriter mes ennuis? Tombent , tombent sur moi, les traits de la vengeance ! Allez , Atide & vous, évitez sa présence. C'est le premier moment où je puis souhaiter De me voir fans Ramire & de vous éviter. Allez , trop digne époux de la triste Zulime , Ce titre si facré me laille au moins sans crime.

A TI DE.

Qu'entens - je ? son époux!

RA

R A M I R E.

On vient , suivez mes pas ; Plaignez mon sort , Atide, & ne m'accusez pas.

S CE N E

IV.

ZULI ME, BE NAS SA R.

Z U LI M E.

Le voici , je friffonne , & mes yeux s'obseurciffent.

E
Terre, que devant lui tes gouffres m’en, louti.fent.
Sérame, foutiens moi.

B E N A S S A R..

C'est elle.

ZULI ME.

O désespoir

B E N A S SA R.

Tu détournes les yeux, & tu crains de me voir.

Z U L I M E.

Je me meurs! Ah mon père !

B E N A S S A Ro.

O toi, qui fus ma fille , Toi l'espoir & l'horreur de ma triste familc, Toi qui dans mes chagrins étais mon seul recours ,

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