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J'ai connu tous les maux, la vertu les furmonte ;
Mais quel cour généreux peit fuporter la honte !
Quel suplice effroyable, alors qu'il faut tromper
Et que tout mon secret est vrèc à m'échaper !

AT I DE.

Eh bien, allez, parlez , armez fa jaloutie ,
J'y consens ; mais, cruel , n'exposez que ma vie ;
N'immolez que l'objet pour qui vous rougissez ,
Qui vous forçait à fcindre , & quc vous haïflez.

R A MIRE.

Je yous adore, Atide; & l'amour qui m'endamine
Ferme à tout autre objet tout accès dans mon ame.
Mais plus je vous adore, & plus je dois rougir
De fuir avec Zulime afin de la trahir.
Je suis bien malheureux fi vôtre jalousie
Joint ses poisons nouveaux aux horreurs de ma vie.
Entouré de forquics & d'infidélités,
Je les commets pour vous, & vous seule en doutez.
Ah! non crime est trop vrai , trop affreux envers elle ;
Ce cæur est un perfide, & c'est pour vous, cruelle!

A TI D E.

Non, il est genéreux , le mien n'est point jaloux ;
La fraude & les foupçons ne font point faits pour vous.
Zulime en écoutant son amour malheureuse,
N'a point reçu de vous de promesse trompeuse.
Idamore a parlé : fure de ses appas ,

Elle

Elíc a cru des discours que vous ne dictiez pas.
Eh! peut-on s'étonner que vous ayez sû plaire ?
Peut-on vous reprocher ce charme involontaire,
Qui vous foumit un cæur prompt à se défarmer?
Ah! le mien m'est témoin que l'on doit vous aimer,

R A MI R E.
Eh pourquoi profanant de fi faintes tendresses,
De Zulime abusée enhardir les faiblesses ?
Pourquoi deshonorant vôtre amant, vôtre époux,
Promettre à d'autres yeux un cæur qui n'est qu'à vous ?
Dans quel piége Idamore a conduit l'innocence!
Des bienfaits de Zulime affreuse récompense!
Ah! cruelle, à quel prix le jour m'est conservé!

AT I DE.

Eh bien, punissez moi de vous avoir fauvé.
Idamore, il est vrai, n'est pas le seul coupable.
J'ai parlé comme lui, comme lui condamnable,
J'engageai trop Ramire, & fans le consulter.
Je n'y survivrai pas; vous n'en pouvez douter,
Je sens qu'à vos vertus je faisais trop d'injure.
Je vous épargnerai la honte d'un parjure.
Vivez, il me fuffit...... Ciel! quel tumulte affreux !

RAM I R E.

Il m'annonce un combat moins grand, moins douloureux;
Le ciel m'y peut au moins accorder quelque gloire;
J'y vôle.....

R2

A TIDE

A TI D E.

Je vous fuis; la chûte ou la victoire,
Les fers ou le trépas, je fais tout partager.
Puis-je être loin de vous? vous êtes en danger.

R A MI RE.

Ah! ne laissez qu'à moi le destin qui m'opprime :
Chère épouse, craignez ..

AT I DE.

Je ne crains que Zulime.

Fin du premier acte.

ACTE

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A C T E II.

SCENE I.

RAMIRE, I DA MORE.

I DA MORE.

Oui, Dieu même elt pour nous ; oui, ce Dieu de la

Ui, Dieu même est pour nous; oui, ce Dieu de la

guerre
Nous appelle sur l'onde & désarme la terre.
Vous voyez les sujets du triste Bénaffar
Suspendre leuits fureurs au pied de ce rempart ;
Ils ont quitté ces traits, ces funestes machines ,
Qui des murs d'Arzénie aportaient les ruines ;
Tout ce grand apareil, qui dans quelques momenis
Pouvait de ce palais briser les fondemens.
Cependant l'heure aproche où la mer favorable
Va quitter avec nous ce rivage effroyable.
Seigneur, au nom d'Atide, au nom de nos malheurs,
Et de tant de périls, & de tant de douleurs,
Par le falut public devant qui tout s'efface ,
Par ce premier devoir des Rois de nôtre race ,
Ne fongez qu'à partir ; & ne rougissez pas
Des bontés de Zulime & de fes attentats :
Ne fuyez point les dons de fa main bienfaisante,

R3

Envers

Envers les siers coupable, envers nous innocente.
Entouré d'ennemis dans ce séjour d'horreur ,
Craignez...

R A M I R E.

Mes ennemis sont au fond de mon coeur. Atide l'a voulu ; c'est assez, Idamore.

ID A MORE.

Comment, quel repentir peut vous troubler encore? Qui vous retient ?

R A MI R E.

L'honneur. — Crois-tu qu'il soit permis D'être injuste, infidèle, & traître à ses amis ?

IDAMORE.

Noni, fans doute , Seigneur , & ce crime est infame.

R A M I R E.

Est-il donc plus permis de trahir une femme ?
De la conduire au piége & de l'abandonner?

ID A MORE.

Un plus grand intérêt doit vous déterminer.
Voudriez-vous livrer à l'horreur des suplices
Ceux qui vous ont voué leur vie & leurs services ?
Entre Zulime & nous il est tems de choisir.

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