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( Revenant dans le périsiile. ) En est-ce affez, grands Dieux ! Mes exécrables mains Ont fait périr mon Roi, fa veuve & mon épouse! Antigone, ton ame est-elle encor jalouse? Insensible témoin de cette horrible mort, Enviras - tu toujours la douceur de mon fort ? De ma félicité si ton grand cæur s'irrite, Partage la , crois moi, pren ce fer , & m’imite.

( Il se tue. )

L’ Η Ι Ε R Ο Ρ Η Α Ν Τ Ε.

Arrêtez! - O faint temple ! Ô Dieu juíte & vengeur ? Dans quel palais profane a-t-on vû plus d'horreur !

A N T I G O N E.

Ainsi donc Aléxandre & fa famille entière,
Successeurs , affalsins, tout est cendre & poussière.
Dieux, dont le monde entier éprouve le courroux ,
Maîtres des vils humains , pourquoi les formiez-vous ?
Qu'avait fait Statira ? qu'avait fait Olimpie?
A quoi réservez - vous ma déplorable vie?

Fin du cinquiéme acte.

REMAR

REMARQUES

A L'OCCASION

D'OLI MPI E.

A C Τ Ε Ι.

SCENE I.

Softène , on va finir ces mystères terribles.

CE

Es mystères & ces expiations sont de la

plus haute antiquité, & conimençaient alors à devenir communs chez les Grecs. Phi. lippe père d'Alexandre, se fit initier aux myftères de la Samothrace avec la jeune Olinpias qu'il épousa depuis. C'est ce qu'on trouve dans Plutarque au commencement de la vie d'Alexandre, & c'est ce qui peut servir à fonder l'initiation de Cassandre & d'Olimpie. Théatre Tom. V.

0

Il

Il est difficile de savoir chez quelle nationz on inventa ces mystères. On les trouve établis chez les Perles, chez les Indiens, chez les Egyptiens, chez les Grecs. Il n'y a peut-être point d'établissement plus fage. La plupart des hommes quand ils font tombés dans de grands crimes, en ont naturellement des remords. Les législateurs qui établirent les myftères & les expiations, voulurent également empêcher les coupables repentans de se livrer au désespoir, & de retomber dans leurs crimes.

La créance de l'immortalité de l'ame était partout le fondement de ces cérémonies religieuses. Soit que la doctrine de la métempíychose fût admise, soit qu'on reçût celle de la réunion de l'esprit humain à l'esprit universel ; foit que l'on crût, comme en Egypte, que lame ferait un jour rejointe à son propre corps; en un mot, quelle que fût l'opinion dominante, celle des peines & des récompenses après la mort était universelle chez toutes les nations policées.

Il est vrai que les Juifs ne connurent point ces mystères, quoiqu'ils eussent pris beaucoup de cérémonies des Égyptiens. La raison en eft que l'immortalité de l'ame était le fondement de la doctrine Egyptienne, & n'était pas celui de la doctrine Mosaique. Le peuple grossier des Juifs, auquel Dieu daignait se proportionner, n'avait même aucun corps de doctrine: il n'avait pas une seule formule de prière générale établie par ses loix. On ne trouve ni dans le Deuteronomia, ni dans le Lévitique

qui sont les seules loix des Juifs, ni prière, ni dogme, ni créance de l'immortalité de l'ame, ni peines, ni récompenses après la mort. C'est ce qui les distinguait des autres peuples ; & c'est ce qui prouve la divinité de la mission de Moyse, selon le sentiment de Monsieur Warbarion, évêque de Worcester. Ce prélat prétend que Dieu daignant gouverner luimême le peuple Juif, & le récompensant ou le punissant par des bénédictions, ou des peines temporelles, ne devait pas lui proposer le dogme de l'immortalité de l'anie, dogme ad. mis chez tous les voisins de ce peuple.

Les Juifs furent donc presque les seuls dans l'antiquité, chez qui les mystères furent inconnus. Zoroastre les avait apportés en Perse, Orphée en Thrace, Osiris en Egypte, Minos eil Crète, Ciniras en Chipre, Erectée dans Athé

Tous différaient, mais tous étaient fondés sur la créance d'une vie avenir , & sur celle d'un seul Dieu. C'eit surtout ce dogme de l'unité de l'être suprême qui fit donner partout le nom de Mystères à ces cérémonies sacrées. On laissait le peuple adorer des Dieux secondaires, des petits Dieux, comme les appelle Ovide, vulgus Deorum , c'est-à-dire les ames des héros que l'on croyait participantes de la divinité, & des êtres mitoyens entre Dieu & nous. Dans toutes les célébrations des myftères en Grèce, soit à Eleusis, foit à Thèbes, foit dans la Samothrace, ou dans les autres Iles, on chantait l'hymne d'Orphée; Marchez dans la voye de la justice, contenia

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pleza

nes.

plez le seul maitre du monde , le Démiurgos. Il est unique, il existe seil par lui mėme ; to!!! les autres étres ne font que par lui; il les anime tous : il n'a jamais été vu par des yeux inortels, il voit au fond de 110s cours.

Dans presque toutes les célébrations de ces mystères , on représentait sur une espèce de théatre, une nuit à peine éclairée , & des hommes à moitié nuds, errans dans ces ténèbres, poussans des gémiisemens & des plaintes, & levans les mains au ciel. Ensuite venait la lumière, & l'on voyait le Derniurzos qui représentait le maître , & le fabricateur du monde, confolant les mortels, & les exhortant à mener une vie pure.

Ceux qui avaient commis de grands crimes, les confessaient à l'Hiérophante, & juraient devant Dieu de n'en plus commettre. On les appellait dans toutes les langues d'un nom qui répond à Initiatus , Initié, celui qui conience une nouvelle vie, & qui entre en communication avec les Dieux, c'est-à-dire , avec les héros, & les demi-Dieux, qui ont mérité par leurs exploits bienfaisans d'être admis après leur mort auprès de l'ètre suprême.

Ce font là les particularités principales qu'on peut recueillir des anciens mystères dans Platon, dans Cicéron, dans Porphire, Eusébe, Strabon & d'autres.

Les parricides n'étaient point reçus à ces expiations : le crime était trop énorme. Suétozle rapporte que Néroii après avoir assassiné sa mère, ayant voyagé en Grèce, n'ofa aflister

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