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Je crois avoir percé ce ténébreux mistère.

H E R M A S.

On dit qu'il la chérit, & qu'il l'éléve en père.

Α Ν Τ Ι G Ο Ν Ε.

Nous verrons .... Mais on ouvre, & ce temple facré
Nous découvre un autel de guirlandes paré.
Je vois des deux côtés les prêtresses paraître.
Au fond du fanctuaire est assis le grand-prêtre.
Olimpie & Caflandre arrivent à l'autel !

S CE N E IV.

Les trois portes du temple sont ouvertes. On découvre tout

l'intérieur. Les prêtres d'un côté & les prétresses de l'autre, s'avancent lentement. Ils sont tous vétus de robes blanze ches avec des ceintures dont les bouts pendent à terre. CASSANDRE 8 OLIMPIE mettent la maini Jur Pautel. ANTIGONE @ HERMAS restent dans le péristile avec une partie du peuple qui entre par les côtés. '

CA S S A N D R E.

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Ieu des Rois & des Dieux, Etre unique, éternel!
Dieu qu'on m'a fait connaître en ces fêtes augustes ,
Qui punis les pervers, & qui soutiens les justes,
Près de qui les remords effacent les forfaits ,
Confirmez, Dieu clément, les fermients que je fais. wie

Recevez

>

I

M

P I E.

Recevez ces fermenis, adorable Olimpie;
Tc soumets à vos loix & mon tróne & ma vie ?
Je vous jure un amour aulli pur, aussi faint,
Que ce feu de Vesta qui n'est jamais éteint.
Et vous, filles des Cieux, vous augustes prêtresses ,
Portez avec l'encens mes væux & mes promesses
Au trône de ces Dieux qui daignent m'écouter
Et détournez les traits que je peux mériter,

0 L
Protégez à jamais, ô Dieux en qui j'espere ,
Le maitre généreux qui m'a servi de père,
Mon amant adoré, mon reipectable époux.
Qu'il soit toujours chéri , toujours digne de vous !
Mon cæur vous est connu. Son rang & fa couronne
Sont les moindres des biens que son amour me donne.
Témoin des tendres feux à mon cour inspirés,
Soyez-en les garants, vous qui les consacrez.
Qu'il m'apprenne à vous plaire, & que vôtre justice
Me prépare aux enfers un éternel suplice,
Si j'oublie un moment, infidèle à vos loix,
Et l'état où je fus, & ce que je lui dois,

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Rentrons au sanctuaire où mon bonheur m'appelle.
Prêtrelles, disposez la pompe

folemnelle
Par qui mes jours heureux vont commencer leur cours ;
Sanctifiez ma vie, & nos chastes amours.
J'ai vu les Dieux au temple , & je les vois en elle;
Theatre. Tom, V.

I

Qu'ils

Qu'ils me ha'iflent tous , fi je fuis infidelle !
Antigone, en ces lieux vous m'avez entendu ;
Aux yeux que vous formiez, ci-je ailez répondu ?
Vous - meme prononcez, fi vous deviez prétendre
A voir entre vos mains l'esclave de Catiandre.
Sachez que ma couronne, & toute ma grandeur
Sont de faibles présens indignes de fon cæur.
Quelque étroite amitié qui tous deux nous unisse ,
Jugez si j'ai dû faire un pareil facrifice.
( Ils rentrent dans le temple, les portes se ferment, le

peuple fort du parvis. )

S CE NE V.

ANTIGONE, HERMAS ( dans le périsiile. )

Α Ν TIG Ο Ν Ε.

VA, je n'en doute plus, & tout m'eft découvert.

Il m'a voulu braver , mais fois sûr qu'il se perd.
Je reconnais en lui la fougueuse imprudence
Qui tantôt fert les Dicux, & tantôt les offense,
Ce caractère ardent qui joint la passion
Avec la politique & la religion ,
Promt, facile, superbe, impétueux & tendre,
Prêt à fe repentir, prêt à tout entreprendre.
Il épouse une esclave! Ah! tu peux bien penser
Que l'amour à ce point ne saurait s'abaisser.
Cette esclave est d'un sang que lui - même il respecte.

De

De ses desfeins cachés la trame est trop suspecte.
Il se flatte en secret qu'Olimpie a des droits
Qui pourront l'élever au rang de Roi des Rois.
S'il n'était qu'un amant, il m'eût fait confidence
D'un feu qui l'emportait à tant de violence.
Va, tu verras bientôt succéder faris pitié
Une haine implacable à la faible amitié.

H E R M A S.

A fon cæur égaré vous imputez peut-être
Des de feins plus profonds que l'amour n'en fait naître.
Dans nos grands intérêts souvent nos actions
Sont, vous le savez trop, l'effet des paflions.
On se déguise en vain leur pouvoir tirannique ;
Le faible quelquefois passe pour politique:
Et Cassandre n'est pas le premier Souverain
Qui chérit une esclave & lui donna la main.
J'ai vu plus d'un héros fubjugué par la flamme,
Superbe avec les Rois, faible avec une femme.

Α Ν TIG Ο Ν Ε,

Tu ne dis que trop vrai. Je pèse tes raisons.
Mais tout ce que j'ai vu, confirme mes soupçons,
Te le dirai-je enfin ? les charmes d’Olimpie
Peut-être dans mon caur portent la jalousie.
Tu n'entrevois que trop mes sentimens secrets.
L'amour se joint peut-être à ces grands intérêts.
Plus
que je ne pensais leur union me blesse,

Caffan

I 2

Caffandre cfl-il le seul en proie à la faiblesse ?

HERM A S. Mais il comptait sur vous. Les tîtres les plus saints Ne pourront - ils jamais unir les Souverains ? L'alliance, les dons, la fraternité d'armes, Vos périls partagés, vos communes allarmes, Vos sermens redoublés , tant de foins, tant de voeux, N'auraient-ils donc fervi qu'au malheur de tous deux? De la fainte amitié n'est - il donc plus d'exemples ?

Α Ν Τ Ι G Ο Ν Ε.

L'amitié, je le fais, dans la Grèce a des temples;
L'intérêt n'en a point, mais il est adoré.
D'ambition sans doute, & d'amour enyvré,
Cassandre ni'a trompé sur le fort d'Olimpie.
De mes yeux éclairés Caffandre fe défie.
Il n'a que trop raison. Va, peut-être aujourd'hui
L'objet de tant de væux n'est pas encor à lui.

H E R M A S.

Il a reçu sa main. Cette enceinte facrée
Les ( Initiés, les Prétres, les Prêtresses traversent le
fond de la Scène , ayant des palmes ornées de fleurs dans

les mains.)
Voit déja de l'himen la pompe préparée.
Tous les initiés de leurs prêtres suivis,
Les palmes dans les mains inondent ces parvis ,
Et l'amour le plus tendre en ordonne la fête.

Α Ν Τ Ι

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