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Je lui serai fidele.

SOS T E N E.

Il doit aulli vous l'ctre.
Mais depuis qu'en ces murs nous le voyons paraitre
Il semble qu'en secret un sentiment jaloux
Ait alteré fon cæur , & l'éloigne de vous.

CASSANDR E.

(à part. )
Et qu'importe Antigone?... O mânes d’Aléxandre!
Mines de Statira! grande ombre! auguste cendre!
Reltes d'un demi - Dieu justement courroucés,
Mes reniords & mes feux vous vengent - ils assez ?
Olimpie! obtenez de leur ombre appaisée
Cette paix à mon cour si longtems refusée ;
Et que votre vertu dillipant mon effroi,
Soit ici ma défense , & parle aux Dieux pour moi.

Eh quoi ! vers ces parvis à peine ouverts encore ,
Antigone s'approche, & devance l'aurore !

SCENE

SCENE I 1.

CASSANDRE, SOSTENE, ANTIGONE,

HERMAS.

ANTIGONE (à Hermas au fond du Théatre.)

Ce fecret m’importune , il le faut arracher.

E
Je lirai dans son cæur ce qu'il croit me cacher.
Va, ne t'écarte pas.
CA S S ANDRE (à Antigone.)

Quand le jour luit à peine,
Quel sujet si pressant près de moi vous amène?

AN TI GO N E.

Nos intérêts. Cassandre, après que dans ces lieux
Vos expiations ont satisfait les Dieux,
Il est tems de songer à partager la Terre.
D’Ephèse en ces grands jours ils écartent la guerre.
Vos mistères secrets des peuples respectés,
Sufpendent la discorde & les calamités ;
C'est un tems de repos pour les fureurs des Princes.
Mais ce repos est court, & bientôt nos provinces
Retourneront en proye aux flammes, aux combats
Que ces Dieux arrétaient, & qu'ils n'éteignent pas.
Antipatre n'est plus. Vos soins, vôtre courage
Sans doute achéveront fon important ouvrage.

Il n'eût jamais permis que l'ingrat Séleucus ,
Le Lagide infolent, le traître Antiochus ,
D'Aléxandre au tombeau dévorant les conquêtes,
Ofaffent nous braver , & marcher sur nos têces,

CA S S A NDR E.

Plût aux Dieux qu'Aléxandre à ces ambitieux
Fit du haut de son trône encor baisser les yeux !
Plût aux Dieux qu'il vécût !

Α Ν Τ Ι G Ο Ν Ε.

Je ne puis vous comprendre, Est - ce au fils d’Antipatre à pleurer Aléxandre? Qui peut vous inspirer un remords si pressant ? De fa mort , après tout, vous êtes innocent.

CA S S A N D R E.

Ah ! j'ai causé fa mort.

Α Ν Τ Ι G Ο Ν Ε.

Elle était légitime.
Tous les Grecs demandaient cette grande victime,
L'Univers était las de son ambition.
Athène , Athène même , envoya le poison ,
Perdicas le reçut, on en chargea Cratère ;
Il fut mis dans vos mains des mains de vôtre père ,
Sans qu'il vous confiât cet important desfein.
Vous étiez jeune encor ; vous serviez au feitin,
A ce dernier feftin du tiran de l'Alie.

CAS

CA S S ANDRE.

Non, cessez d'excuser ce facrilege impie.

ANT I G O N E.
Ce facrilège!

Eh quoi ! vos esprits abattus
Erigent - ils en Dieu l'assassin de Clitus,
Du grand Parménion le bourreau sanguinaire ,
Ce superbe insensé qui flétrissant sa mère,
Au rang du fils des Dieux osa bien aspirer,
Et se deshonora pour se faire adorer?
Seul il fut facrilège. Et lorsqu'à Babilone
Nous avons renversé fes autels & fon trône,
Quand la coupe fatale a fini fon destin ,
On a vengé les Dieux, comme le genre humain.

CA S S A NDR E.

J'avoûrai ses défauts : mais quoi qu'il en puisse être,
Il était un grand homme, - & c'était nôtre maître. .

AN TI GO N E.

Un grand homme !

CA S S A N D R E.

Oui sans doute.

Α Ν Τ Ι G Ο Ν Ε.

Ah! c'est notre valeur , Nôtre bras , nôtre fang qui fonda fa grandeur ; Il ne fut qu'un ingrat.

CAS

CASS A N D R E.

O mes Dieux tutélaires !
Quels mortels ont été plus ingrats que nos pè res?
Tous ont voulu monter à ce superbe rang.
Mais de sa femme enfin pourquoi percer le flanc?
Sa femme ! - les enfans! – Ah ! quel jour , Antigone!

ANT I G O N E.
Après quinze ans entiers ce scrupule m'étonne.
Jaloux de ses amis, gendre de Darius ,
Il devenait Perfan, nous étions les vaincus.
Auriez-vous donc voulu que vengeant Aléxandre,
La fière Statira dans Babilone en cendre,
Soulevant ses sujets nous eût immolé tous
Au fang de sa famille, au sang de son époux?
Elle arma tout le peuple : Antipatre avec peine
Echapa dans ce jour aux fureurs de la Reine.
Vous fauvates un père.

CA S S A N D R E.

Il est vrai: mais enfin
La femme d'Alexandre a péri par ma main.

A N T I G O N E.
C'est le fort des combats. Le succès de nos armes
Ne doit point nous coûter de regrets & de larnies.

CA S S A N DR E.
J'en verfai, je l'avoue, après ce coup affreux ;
Et couvert de ce fang auguste & malheureux,

Etonné

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