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A CT E V.
S CE N E P R E MI E R E.

MARIAMNE, ELISE, gardes.

M A R I A M N E.

Eloignez-vous , foldats , daignez laifler du moins

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Votre reine un moment respirer sans témoins.

Les gardes se retirent au coin du théâtre.
Voilà donc , jufte Dieu, quelle est ma destinée !
La splendeur de mon fang , la pourpre où je suis née,
Enfin ce qui semblait promettre à mes beaux jours
D'un bonheur affûré l'inaltérable cours,
Tout cela n'a donc fait que verser sur ma vie
Le funeste poison dont elle fut remplie.
O naissance ! Ô jeuneffe! & toi, triste beauté,
Dont l'éclat dangereux enfla ma vanité,
Flateufe illusion dont je fus occupée,
Vaine ombre de bonheur , que vous m'avez trompée !
Sous ce trône coupable, un éternel ennui
M'a creusé le tombeau que l'on m'ouvre aujourd'hui.
Dans les eaux du Jourdain j'ai vû périr mon frère ;
Mon époux à mes yeux a massacré mon père;
Par ce cruel époux condamnée à périr ,
Ma vertu me restait; on ose la flétrir.
Grand Dieu ! dont les rigueurs éprouvent l'innocence,
Je ne demande point ton aide ou ta vengeance.

O 2

Yap

J'appris de mes ayeux , que je fais imiter ,
A voir la mort sans crainte , & sans la mériter.
Je t'offre tout mon sang. Défends au moins ma gloire;
Commande à mes tyrans d'épargner ma mémoire ;
Que le mensonge impur n'ose plus m'outrager.
Honorer la vertu c'est assez la venger.
Mais quel tumulte affreux ! quels cris ! quelles allarmes !
Ce palais retentit du bruit confus des armes.
Hélas ! j'en suis la cause , & l'on périt pour moi.
On enfonce la porte. Ah! qu'est-ce que je voi ?

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MARIAMNE, SOHÊME, ELISE, AMMON,

soldats d'Hérode , foldats de Sohême.

SOH Ê ME.
FUyez, vils ennemis qui gardez votre reine,
Lâches, disparaissez. Soldats qu'on les enchaîne.

Les gardes & les soldats d'Hérode s'en vont.
Venez , reine , venez,

secondez nos efforts : Suivez mes pas, marchons dans la foule des morts. A vos persécuteurs vous r.'êtes plus livrée : Ils n'ont pû de ces lieux me défendre l'entrée. Dans son perfide sang Mazaël est plongé, Et du moins à demi mon bras vous a vengé. D'un instant précieux saisissez l'avantage; Mettez ce front augufte à l'abri de l'orage : Avançons.

MA

MARI A M N E.

Non, Sohême, il ne m'est plus permis D'accepter vos bontés contre mes ennemis ; Après l'affront cruel , & la tache trop noire, Dont les soupçons d'Hérode ont offensé ma gloire ; Je les mériterais , fi je pouvais souffrir Cet appui dangereux que vous venez m'offrir. Je crains votre secours , & non fa barbarie. Il eft honteux pour moi de vous devoir la vie ; L'honneur m'en fait un crime ; il le faut expier ; Et j'attens le trépas pour me justifier.

S O H Ê M E.
Que faites - vous, hélas ! malheureuse princesse ?
Un moment peut vous perdre. On combat.Le tems prefie.
Craignez encor Hérode , armé du désespoir.

M À RI A M N E.
Je ne crains que la honte , & je fais mon devoir.

SO HÊ M E.
Faut-il qu'en vous servant , toujours je vous offense ?
Je vai donc , malgré vous ,

servir votre vengeance. Je cours à ce tyran qu'en vain vous respectez. Je revole au combat, &

mon bras..

M À RI A M N E.

Arrêtez :
Je déteste un triomphe à mes yeux fi coupable ;
Seigneur , le sang d'Hérode est pour moi respectable.
C'est lui de qui les droits....

SoHÊ M E.
L'ingrat les a perdus.

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M A R I AM N E.
Par les noeuds les plus saints ...

SOH Ê M E.
Tous vos nauds sont

rompus. MARIA M N E. Le devoir nous unit.

SO H Ê M E.

Le crime vous sépare. N'arrêtez plus mes pas. Vengez vous d'un barbare. Sauvez tant de vertus ...

MARIA M N E.

Vous les deshonorez.

SOH Ê M E. Il va trancher vos jours.

MARIA M N E.

Les fiens me font facrés.

SO HÊ M E.
Il a souillé la main du sang de votre père.

M Å RI A M N E.
Je fais ce qu'il a fait , & ce que je dois faire.
De sa fureur ici j'attens les derniers traits ,
Et ne prens point de lui l'exemple des forfaits.

SO HÊ M É.
O courage

! ô constance ! ô coeur inébranlable ! Dieux ! que tant de vertu rend Hérode coupable ! Plus vous me commandez de ne point vous servir, Et plus je vous promets de vous désobéïr. Votre honneur s'en offenfe , & le mien me l'ordonne. Il n'est rien qui m'arrête , il n'est rien qui m'étonne ; Et je cours réparer, en cherchant votre époux,

Ce

Ce tems que j'ai perdu sans combattre pour vous.

MARI A M N E. Seigneur ...

S CE N E

III.

MARIAMNE, ELISE, gardes.

MARIA M N E.

Mais il m'échape, il ne veut point m'entendre. Ciel ! ô ciel ! épargnez le sang qu'on va répandre : Epargnez mes sujets , épuisez tout sur moi : Sauvez le roi lui-même.

S CE N E

IV.

MARIAMNE, ELISE, NARBAS, gardes.

Μ Α R Ι Α Μ Ν Ε.

AH: Narbas, est-ce toi ? Qu'as-tu fait de mes fils , & que devient ma mère ?

N A R BA S.
Le roi n'a point fur eux étendu sa colère.
Unique & triste objet de ses transports jaloux,
Dans ces extrémités ne craignez que pour vous.
Le seul nom de Sohême augmente la furie.
Si Sohême eft vaincu , c'est fait de yotre vie.
Déja même , déja , le barbare Zarès
A marché vers ces lieux, chargé d'ordres secrets.

Orez

O4

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