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à réprimer les vices et à repousser les erreurs, afin que notre auguste religion et sa doctrine salutaire acquièrent une vigueur nouvelle dans le monde entier, qu'elles se propagent chaque jour de plus en plus, qu'elles reprennent l'empire, et qu'ainsi la piété, l'honnêteté, la justice, la charité et toutes les vertus chrétiennes se fortifient et fleurissent pour le plus grand bien de l'humanité. Car l'influence de l'Église catholique et de sa doctrine s'exerce non-seulement pour le salut éternel des hommes, mais encore, et personne ne pourra jamais prouver le contraire, elle contribue au bien temporel des peuples, à leur véritable prospérité, au maintien de l'ordre et de la tranquillité, au progrès même de la solidité des sciences humaines, ainsi que les faits éclatants de l'histoire sacrée et de l'histoire profane le montrent clairement et le prouvent constamment de la manière la plus évidente. Et comme Jésus-Christ notre Seigneur nous réconforte, nous ravive et nous console par ces paroles: Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, là je suis avec eux. Nous ne pouvons pas douter qu'il ne veuille bien lui-même nous assister dans ce concile par l'abondance de sa grâce divine, afin que nous puissions régler toutes choses de manière à procurer le plus grand bien de sa sainte Église. C'est pourquoi, après avoir répandu nuit et jour, dans toute l'humilité de notre cœur, nos plus ferventes prières devant Dieu, Père de lumière, nous avons pensé qu'il était nécessaire de réunir ce concile. » (Bulle Eterni Patris, du 29 juin 1868.)

Plusieurs de nos vénérables collègues dans l'épiscopat ont déjà dit au public, soit dans des instructions pastorales, soit dans des écrits spéciaux, les espérances que le saint concile fait naître dans leurs âmes'. Sans prétendre le diriger, sans même préjuger le détail de ses décisions suprêmes, ils se sont appliqués à caractériser son œuvre d'une manière générale et à raconter ses bienfaits futurs.

A l'exemple et sur les traces de ses collègues, ne sera-t-il pas permís au dernier des évêques d'exposer aussi devant le public et ses convictions et ses vœux? L'œuvre que le concile est appelé à faire est assez grande et assez difficile pour qu'il soit utile, même avant l'ouverture des débats solennels, que chaque évêque, qui se sent intérieurement pressé de le faire, modestement propose ses pensées, en les soumettant à la sagesse de ses collègues et surtout à celle du Pontife suprême. La liberté et la maturité des discussions ne peuvent que gagner à cet échange d'idées, à cette préparation générale; et les intérêts en cause sont si graves, que rien de ce qui peut être utile ne doit être négligé.

D'ailleurs tous les grands conciles ont été prépa

1 Mgr l'évêque d'Orléans, Lettre sur le futur concile œcuménique; Mgr l'archevêque de Westminster, Le centenaire de SaintPierre et le concile général; Mgr l'évêque de Mayence, Le concile œcuménique, Mgr l'archevêque de Malines, L'infaillibilité et le concile général; Mgr l'évêque de Nîmes, Les conciles généraux. La liste des Mandements serait longue. Nous nous bornerons à citer ceux de NN. SS. les évêques de Saint-Brieuc, de Châlons et de Perpignan. Nous signalerons aussi une série d'articles remarquables qui ont paru dans la Semaine religieuse de Grenoble.

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rés par des travaux antérieurs, auxquels les évêques se sont cru le droit et le devoir de prendre une part active. Sans remonter à la plus haute antiquité, qu'il nous suffise de rappeler ici le traité célèbre que Durand de Mende écrivit pour le concile de Vienne. D'innombrables écrits précédèrent ceux de Pise et de Constance; et il y en eut aussi qui furent publiés antérieurement au concile de Trente. Mais les exemples de nos vénérables collègues, que nous avons invoqués d'abord, suffiraient seuls à démontrer la légitimité et l'opportunité de pareils travaux.

II.

Depuis de longues années déjà, nous étions profondément convaincu que l'état du monde appelait un concile général; que ce concile était le vrai remède proportionné aux maux et aux besoins de l'Église et de la société. Depuis de longues années nous nourrissions l'espoir que Dieu inspirerait au pieux Pontife à qui il a confié le gouvernement de son Église dans ces jours troublés, la pensée salutaire de cette convocation. Et quand elle a été annoncée solennellement, quand elle a été accomplie, une joie profonde a rempli notre âme; et, dans le secret de notre cœur, nous avons adressé les plus vives actions de grâces au Pontife qui initia son

1 Nous citerons NAUSEA, évêque de Vienne, De rebus conciliaribus.

règne par des mesures pleines d'espérance, et qui l'achèvera par des mesures plus grandes et plus durables.

Le futur concile, qui a été salué avec tant de bonheur par tous les vrais amis du bien, est appelé, ce nous semble, à faire une œuvre de lumière, une œuvre de justice, une œuvre de salutaire réforme. Dans son œuvre de lumière et de vérité, le saint concile peut offrir au monde le plus magnifique des spectacles, le plus propre à faire une impression profonde et salutaire sur la raison publique.

On l'a dit avec vérité : toutes les grandes erreurs contemporaines sont autant des négations de la raison que des négations de la foi; toutes sont aussi destructives de la raison que de la foi. Le matérialisme brutal et l'athéisme grossier peuvent-ils laisser debout dans la conscience humaine une seule idée, un seul principe nécessaire? En partant de l'athéisme ou du matérialisme, c'est-à-dire en prenant pour point de départ de l'humaine philosophie la négation de la raison souveraine, éternelle, nécessaire, parfaite, infinie, qu'on essaye d'analyser les lois de l'intelligence, de définir le vrai, le beau, le bien, d'établir une législation de la pensée; toutes ces tentatives seront vaines, tous ces efforts seront impuissants.

Après avoir banni du monde la raison, comment pourrait-on la conserver dans l'homme? Nos idées et nos principes nécessaires, dépourvus de support, dépouillés de substance, flotteront dans la pensée

comme ces nuages légers qui apparaissent et s'effacent en même temps à l'horizon. Dans l'impossibilité absolue d'expliquer l'origine, la nature, l'autorité de ces idées et de ces principes, la raison devra douter d'elle-même; et toutes ses affirmations, toutes les sciences qu'elle prétend édifier seront frappées de la même impuissance.

Le panthéisme arrive avec éclat au même résultat; et sous l'empire de ses doctrines, la ruine de la raison est encore plus visible. Refusant au Parfait, à l'Infini l'existence réelle; ne concevant la vie que comme un perpétuel va-et-vient du néant à l'être et de l'être au néant; identifiant nécessairement, à l'origine des choses, l'être et le néant, tout panthéiste conséquent ne peut reconnaître, dans le monde habité par nous, que l'intelligence humaine, que la raison humaine. L'homme est vraiment le Dieu de ce monde, parce qu'il porte, dans sa raison, l'idéal divin. Mais si cet idéal n'est qu'un produit de cet être misérable et fugitif qu'on appelle l'homme; s'il n'a d'existence que dans une pensée toujours défaillante, cet idéal n'est qu'un phénomène sans substance, sans valeur, sans autorité. C'est un mirage trompeur qui brille un moment et s'efface. L'homme retombe dans le vide et le néant de sa pensée.

La négation absolue de l'ordre surnaturel n'est pas moins fatale à la raison que les prodigieuses erreurs du panthéisme et de l'athéisme. Nier la possibilité de l'ordre surnaturel ou du miracle en conservant la notion de Dieu, c'est assujettir Dieu aux lois

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