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culés, c'est-à-dire à des hommes dé. pourvus de science & de raison, qu'on a recours, lorsqu'il s'agit des moeurs, des lois & du fort des peuples. On prétend qu'il faut remonter aux sources prie mitives : on ne voit point que c'est remoriter, comme on vient de le voir, à des tems de tenebres, de stupidité, de trouble & de férocité. S'en rapporter ainsi aveuglément, & fans rien examiner, à l'antiquiré, n'est-ce pas, en effet, le foumettre aux décisions absurdes d'une multitude grossiere & ignorante, qui, privée d'expérience & de vues, fonda tumultuairement des empires dont , depuis , les circonstances se sont altérées, dont les besoins ont changé, qui ont acquis plus de lumieres, & qui se perfectionneroient plus vite , s'ils ne continuoient à fe trainer sur les traces de la barbare antiquité ? Les Francs , les Goths, les Visigoths, regnent encore impérieusement sur nous ; leurs lois , leurs mæurs , leurs préjugés sanguinaires, leur brutale ignorance, font encore les idoles de l'Europe : elles reglent le sort des Etats qui, depuis , se font policés, qui ont acquis des arts, de l'industrie , du commerce, des manufactures, des sciences, & des établissemens. inconnus de ces farouches conquérans..

S. VI. Conclusion de ce Chapitre. , Respectons & embrassons avec enthousiasme ce que l'antiquité nous préfente avec le sceau sacré & inviolable de la raison, de la vérité & de la religion : le reste ne mérite que notre éloignement & notre mépris. Cultivons les usages &

les vertus que la fagefle conseille , & · dont l'expérience a démontré l'utilité,

dans la forme de gouvernement fous le-
quel le ciel nous a fait naître. Qu’inf-
truit par la raison & la vérité, qui lui
montreront toujours ses intérêts réels,
l'homme s'attache à ses devoirs, dont il
doit compte à Dieu, au prince, à la pa-
trie & à la famille ; qu'il s'attache à ses
associés, dont il dépend par ses besoins ;
qu'il maintienne une société nécessaire à
fa félicité; qu'il défende une patrie que
tout lui rendra chere ; qu'il obéiffe à des
lois qui font le gage de la sûreté , &
l'organe de la justice ; qu'il soit soumis de
caur & d'esprit aux puissances légitimes
que le ciel a placées sur la tête; que la
raison du jeune citoyen soit développée
par les soins d'une éducation sérieuse &
bien dirigée; que la législation & le gou-
vernement lui rendent nécessaire la pra-

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:

tique des vertus que l'éducation lui aura enseignées ; qu'une morale pure, simple, défintéressée, le rende bon par principes, citoyen par intérêt & par amour, sujet soumis & fidele , pour son propre bien-être , & celui de tous les individus à qui il doit servir d'exemple & de modele..

Que les peres ne soient point disipés & livrés à la débauche ; qu'ils apprennent à leurs enfans les suites horribles des voluptés ; qu'ils leur montrent le libertin languissant sur un grabat ; qu'ils leur fassent voir l'intempérant abruti, méprisé, privé de santé ; qu'ils montrent à leurs filles le déshonneur n'osant lever les yeux ; qu'ils donnent à leurs compagnes l'exemple touchant de la fidélité ; que celles - ci, meres actives & soigneuses, présentent à leurs filles le modele d'une vie réglée & occupée ; que, dans les familles, tout conspire à rendre respectables la probité, la décence, la vertu ; & l'on verra bientôt éclore & fe fortifier dans les moeurs cette heureuse révolution que la patrie & la religion defirent également.

Fin du Tome premier.

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