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302 1. EPITRE A M. FAKENER. celle d'un Etat. L'Histoire est pleine de ces exemples ; mais ce sujet me meneroit trop loin. Il faut que je femije cette lettre déjà trop longue , en vous envoyant un petit Ouvrage , qui trouve nao turellement sa place à la tête de cette Tragédie

. C'est une Épitre en vers à celle qui a joué le rolle de Zayre : je lui devois au moins un compliment pour la façon dont elle s'en est acquittée

Car le Prophête de la Mecque
Dans son Sérail n'a jamais eu
Si gentille Arabesque ou Grecque;
Son æil noir, tendre, & bien fendu gi
Sa voix, & sa grace extrinséque,
Ont mon Ouvrage défendu
Contre l'Auditeur qui rebeque :
Mais quand le Lecteur morfondu
L'aura dans sa Bibliothéque,

Tout mon honneur sera perdu.
Adieu , mon Ami, cultivez toujours les Let-
Eres la Philosophie , Sans oublier d'envoyer des
Vaileaux dans les Echelles du Levant. Je vous
embracte de tout mon ceur.

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VOLTAIRE.

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COSSOSCOSOCOSESCOCOCOOOO

É PITRE
A Melle, GOSSIN,
Jeune Africe , qui a représenté le Rolle de Zagre

Avec beaucoup de succes.
JEL

EUNE GOSSIN, reçois montendre hommagez
Reçois mes Vers au Théatre applaudis
Protége-les. Z AYRE est ton ouvrage;
Il est à toi , puisque tu l'embellis.
Ce sont tes yeux, ces yeux fi pleins de charmes şi
Ta voix touchante, & tes sons enchanteurs ,
Qui du Critique one fait tomber les armes.
Ta seule vuë adoucit les Censeurs ,
L'illusion, certe Reine des cours,
Marche à ta suite, inspire les alarmes ,
Le sentiment, les regrets, les douleurs,
Et le plaisir de répandre des larmes.

Le Dieu des Vers qu'on alloit dédaigners
Eft par ta voix aujourd'hui für de plaire,
Le Dien d'Amour à qui tu fus plus chere,
Est par tes yeux bien plus sûr de regner.
Entre ces Dieux désormais tu vas vivre :
Hélas! long-temps je les servis tous deux;
H en eft un que je n'ose plus suivre:
Heureux cent fois le mortel amoureux ,
Qui tous les jours peut te voir & t'entendre
Que tu reçois avec un souris tendre,
Qui voit fon fort écrit dans tes beaux yeux
Qui consumé de ces feux qu'il adore ,
A res genoux oubliant l'Univers
Parle d'amour, & t'en reparle encore,
Er malheureux qui n'en parle qu'en vers!

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MON

On cher Ami ; ( car vatre szouvelle digni-, d'Ambaladeur rend seulement notre amitié plus respectable, ne m'empêche pas de me fervir ici d'un titre plus facré que le titre de Ministre. Le nom d'Ami est bien au delus de celui d'Excellence. )

Je dédie à l'Ambaladeur d'un grand Roi o d'une Nation libre, le même Ouvrage que j'ai dédié au fimple Citoyen, au Négociant Anglais,

Ceux qui sçavent combien le commerce el honoré dans votre patrie , n'ignorent pas seul qu'un Négociant y est quelquefois un Législateur , un bon Officier, un Ministre public.

Quelques personnes corrompuës par l'indigne sage de ne rendre hommage qu'à la grandeur,

bi

ont elayé de jetter un ridicule sur la nouveauté d'une Dédicace faite à un homme qui n'avoit alors que du mérite. On a osé sur un Theatre consacré au mauvais goût à la médisance , insulter à l'Auteur de cette Dédicace; Es à celui qui l'avoit reçuë , on a osé lui reprocher d'être * un Négociant. Il ne faut point imputer à notre Nation une groffiéreté si honteuse, dont les peuples les moins civilisés rougiroient. Les Magis. träts qui veillent parmi nous sur les meurs, ES qui sont continuellement occupés à réprimer le Scandale, furent Surpris alors. Mais le mépris 66 Phorreur du public pour l'Auteur connu de cette indignité, sont une nouvelle preuve de la politelle des Français.

Les vertus qui forment le carattere d'un peuple, sont souvent démenties par les vices d'un particulier. Il y a eu quelques hommes volup, tueux à Lacédémone. Il y a des esprits Legers bas en Angleterre. Il y a eu dans Athenes des hommes fans goût, impolis & groffiers , & on en trouve dans Paris.

Oublions-les, comme ils sont oubliés du public, o recevez ce second hommage. Je le dois d'autant plus à un Anglais, que cette Tragédie vient d'être embellie à Londres. Elle y a été traduite 6 jouée avec tant de succès ; on a parlé de moi sur votre Théatre avec tant de politese de bonté, que j'en dois ici un remerciment public à votre Nation.

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* On joua une mau fieurs personnes de mé. vaise Farce à la Comés rire, & entre autres die Italienne de Paris, Mr. Fakener. Le pudans laquelle on insul- blic lifla cette indignitoit grofsiérement plu- té.

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Je ne peux mieux faire, je croi , pour l'honneur des Lettres, que d'apprendre ici à més compatriotes les fingularités de la Traduction de la Représentation de Zaire sur le Théatre de Londres.

M. Hille, bomme de Lettres , qui parait connaître le Théatre mieux qu'aucun Auteur Anglais, me fit l'honneur de traduire la Piéce , dans le dessein d'introduire sur votre scène quelgues nouveautés , & pour la maniere d'écrireles Tragédies, pour celle de les réciter. Je parlerai. d'abord de la Représentation.

L'art de déclamer étoit chez vous un peu hors de la nature ; la plupart de vos Auteurs Tragigues s'exprimoient souvent plus en Poêtes Saifis d'entoufalme, qu'en bommes que la pallon inspire. Beaucoup de Comédiens avoient encore oro fré ce défaut ; ils déclamoient des vers empoulés, avec une fureur sur une impétuosité qui eft au beau naturel, ce que des convullions sont à l'ém gard d'une démarche noble & aisée.

Cet air d'empressement sembloit étranger à votre Nation ; car elle est naturellement sage,

cette Sagelle est quelquefois prise pour de la #froidenr par les Etrangers. Vos Prédicateurs ne Se permettent jamais un ton de déclamateurs. On riroit chez vous d'un Avocat qui s'échaufferoit dans son Plaidoyer. Les seuls Comédiens étoient outrés. Nos A&teurs, $ sur tout nas Actrices de Paris, avoient ce défaut il y a quelques années : ce fut Mademoiselle le Couvreur qui les en corrigea. Voyez ce qu'en dit un Anteur Italien de beaucoup d'esprit Es de sens.

La legiadra Couvreur sola non trorta
Per quella strada dove i suoi compagni

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