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Par ce cruel époux condamnée à périr,
Ma vertu me restoit ; on ose la Aérrir.
Grand Dieu ! dont les rigueurs éprouvent l'int-

nocence,
Je ne demande point ron aide ou ta vengeance.
J'appris de mes Ayeux, que je sçais imiter,
A voir la mort sans crainte , & fans la mériter.
Je t'offre tout mon sang. Défends au moins ma

gloire.
Commande à mes tyrans d'épargner ma mém

moire ; Que le mensonge impur n'ose plus m'outrager; Honorer la vertu c'est assez la

venger. Mais quel tumulte affreux ! quels cris ! quelles

alarmes ! Ce Palais recentit du bruit confus des armes. Hélas ! j'en suis la caufe, & l'on

périt pour moi. On enfonce la porre, Ah! qu'est-ce que je voi?

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SCENE 11. MARIAMNE, VARUS, ELISE, ALBIN ;

Soldats d'Hérode , Soldats de Varus.

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V A R U S.
Fuvez, vils ennemis qui gardez votre Reine ;
Hébreux, disparaissez. Romains, qu'on les

enchaîne.
Les Gardes les Soldats d'Hérode s'en vont.
Venez, Reine, venez; secondez nos efforts :
Suivez mes pas; marchons dans la foule des

morts :

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A vos persécuteurs vous n'êtes plus livrée :
Ils n'ont pu de ces lieux me défendre l'entrée.
Dans son perfide fang Mazaël est plongé,
Er du moins à demi mon bras vous a vengé.
D'un instant précieux saisissez l'avantage.
Mettez ce front auguste à l'abri de l'orage.
Avançons.

MARIAM.NE,
Non, Seigneur , il ne m'est plus permis
D'accepter vos bontés contre mes ennemis.
Après l'affront cruel , & la tache trop noire,
Dont les soupçons d'Hérode ont offensé ma

gloire;
Je les mériterois , si je pouvois souffrir
Cet appui dangereux que vous venez m'offrir,
Je crains votre secours, & non sa barbarie.
Il est honteux pour moi de vous devoir la vie;
L'honneur m'en fait un crime. Il le faut expier,
Et j'attends le trépas pour me justifier,

V A R U S.
Que faites-vous, hélas ! malheureuse Princese,
Un moment peut vous perdre. On combat. Le

temps presse.
Craignez encor Hérode, armé du desespoir,

MARIA MNE.
Je ne crains que la honte, & je sçai mon devoir,

V ARUS.
Quoi ! faudra - t-il toujours que Varus vous

offense ?
Je vais donc , malgré-vous, servir votre ven-

geance. Je cours à ce cyran qu'en vain vous respectez, Je revole au combat, & mon bras.

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MARIA MNE.

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MARIAMNE.

Arrêtez: Je déteste un triomphe à mes yeux si coupable; Seigneur, le sang d'Hérode est pour moi ref

pectable. C'est lui de qui les droits...

V A R / S.

L'ingrat les a perdusa
MARIA MNE.
Par les næuds les plus faints ...

V A R U S.

Tous vos nouds sont rompusa

MARIAMNE. Le devoir nous unit.

V A R $.

Le crime vous sépare. N'arrêtez plus mes pas. Vengez-vous d'un

barbare. Sauvez tant de vertus.. MARIA M N E.

Vous les deshonorezi

• A R / S. U va trancher vos jours.

MARIA M N E.

Les liens me font sacrés.

V A R U S.
Il a fouillé sa main du sang de votre pere,

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MARI AMN E. Je sçai ce qu'il a fait, & ce que je dois faire. De la fureur ici j'attends les derniers traits, Et ne prends point de lui l'exemple des forfaits.

V A R U S. O courage! ô constance! ô cæur inébranlable! Dieux ! que tant de vertus rend Hérode cou

pable! Plus vous me commandez de ne point vous serEt plus je vous promers de vous desobéir. Votre honneur s'en offense, & le mien me l'or

donne. Il n'est rien qui m'arrête , il n'est rien qui m'é

tonne ; Et je cours réparer , en cherchant votre époux, Ce temps que j'ai perdu sans combattre pour

vir,

vous.

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MARIA M N E.
Mais il m'échappę, il ne veut

point m'entendre.
Ciel! 8 Ciel! épargnez le sang qu'on va répandre:
Epargnez mes sujets, épuisez tout sur moi :
Sauvez le Roi lui même,

I iv

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Un Le

MARIA M N E.

Ah! Nabal, est-ce toi? Qu'as-tu fait de mes fils, & que devient ma

mere ?

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NA BAL.
Le Roi n'a point sur eux étendu fa colere.
Unique & triste objer de ses transports jaloux ,
Dans ces extrêmités ne craignez que pour vous.
Le seul nom de Varus augmente la furie.
Si Varus est vaincu, c'est fait de votre vie.
Déjà même, déjà le barbare Zarès
A marché vers ces lieux, chargé d'ordres secrets.
Ofez paraître, osez vous secourir vous-même.
Jercez-vous dans les bras d'un Peuple qui vous

aime,
Faires voir Mariamne à ce Peuple abbaru ;
Vos regards lui rendront son antique vertu.
Appellons à grands cris nos Hébreux & nos

Prêrres ;
Tour Juda défendra le pur sang de ses Maîtres.
Madame, avec courage, il faut vaincre ou

périr. Daignez...

MARIA M N E.
Le vrai courage est de sçavoir fouffrir,
Non d'aller exciter une foule rebelle,
A lever sur son Prince une main criminelle.

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