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avec nous la sollicitude pastorale, Dieu n'a pas permis que notre joie ait été pleine et entière : les besoins infinis du peuple immense que la providence nous a confié; la multitude d'ouvriers que nous avons établis pour le conduire, et parmi lesquels il est difficile qu'il ne s'en trouve quel→ ques-uns moins fidèles à l'esprit de leur vocation: 19 les désordres publics qui sont toujours les tristes suites de leur infidélité; la misère même, les calamités des campagnes que nous avons visitées; tout cela a rempli notre cœur d'amertume. Nous avons tremblé sous le poids formidable de notre ministère et sous l'immensité de nos devoirs ; et s; vous savez que nous avons paru au milieu de vous (pour parler avec l'Apôtre), pénétrés de crainte et de frayeur à la vue de nos obligations et des vôtres: In timore, et tremore multo fui apud vos. (1. Cor. 2. 3.) Mais le fardeau qui alarme notre foiblesse n'abat point notre confiance elle seroit vaine sans doute, si nous n'attendions de ressource que de nous-mêmes : mais outre que toute notre confiance est en celui qui nous envoie, et qui nous a promis d'être avec nous jusqu'à la fin; tant de saints évêques qui ont été les premiers pasteurs de cette Eglise, et qui l'ont sanctifiée par leurs travaux et par leur sang, demanderont pour nous et pour les peuples qu'ils acquirent à Jésus-Christ, une partie de la force et de l'esprit épiscopal dont ils furent remplis. Ils ne permettront pas qu'une portion si illustre et si ancienne de l'héritage de Jésus

:

Christ, le fruit de leurs souffrances et de leur prédication apostolique, perde tout son éclat entre les mains d'un indigne successeur.

Ainsi, mes chers Frères

nos soins doivent croître et se ranimer, à mesure que, connoissant mieux les besoins de nos Eglises, nous voyons multiplier nos devoirs. Nous vous annonçons donc une seconde visite générale et c'est une nouvelle de paix et de charité que nous prétendons vous annoncer; afin que, selon le langage de l'Apôtre, Lorsque nous serons de nouveau présens parmi vous, nous trouvions en vous un sujet de nous glorifier de plus en plus en JésusChrist. (Philipp. 1. 25, 26.) Car, mes Frères, vous seuls pouvez être la gloire et la consolation de notre épiscopat, puisque vous seuls en êtes les coopérateurs: Ayez soin seulement, (Ibid. 27.) pour continuer à nous servir des expres sions de l'Apôtre, ayez soin de vous conduire d'une manière digne de l'Evangile de JésusChrist, afin que je voie moi-même, étant présent parmi vous, ou que j'entende dire en étant absent, que vous demeurez fermes dans un méme esprit, combattant tous d'un même cœur pour la foi de l'Evangile.

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Renouvelons-nous donc tous ensemble mes Frères, dans cet esprit de zèle et de charité, qui fait toute la consolation comme tout le succès de nos fonctions. Rappelons-nous sans cesse selon l'avis de l'Apôtre, le souvenir de ces saints pasteurs, qui annoncèrent les premiers la parole de

l'Evangile à nos peuples ; et en considérant quelles furent les bénédictions abondantes de leur ministère, et par quelles fins ils couronnèrent leurs travaux, imitons leur foi: Mementote præpositorum vestrorum , quorum intuentes exitum conversationis, imitamini fidem. (Hebr. 13. 7.) Confondons-nous de nous trouver si peu conformes à ces anciens modèles : ce n'est pas un reproche que nous voulons vous faire pour vous contrister; ce n'est qu'un nouveau motif que nous vous proposons, pour vous soutenir et vous encourager comme nous dans l'exercice pénible de nos fonctions.

Car du reste, mes chers Frères, pour finir avec le même apôtre, (Philipp. 1. 8 et suiv.) Dieu m'est témoin avec quelle tendresse je vous aime tous dans les entrailles de Jésus-Christ ; et ce que je lui demande, est que votre charité croisse de plus en plus en lumière et en toute intelligence, afin que vous sachiez discerner ce qui est meilleur et plus utile ; que vous soyez purs et sincères, et que vous marchiez jusqu'au jour de Jésus-Christ (ce jour terrible de la visite du prince des pasteurs, dont la nôtre n'est que la préparation et l'attente), sans que votre course soit interrompue par aucune chute ; et que pour la gloire et la louange de Dieu, vous soyez remplis des fruits de justice par Jésus-Christ.

MANDEMENT

Pour faire chanter le Te Deum en actions de graces de la naissance de Monseigneur le duc d'Anjou. 22 SEPTEMBRE 1730.

Nous demandions, mes chers Frères, et nous n'osions presque nous promettre que Dieu daignât encore favoriser la monarchie et la maison royale, de la naissance d'un nouveau prince. Ce sont là de ces ons singuliers que le ciel réserve dans sa miséricorde pour récompenser la piété des rois et des peuples, et assurer la tranquillité des empires. Que nous reste-t-il à desirer, mes chers Frères, sinon de nous rendre de plus en plus dignes des bienfaits de Dieu, et lui demander que la même protection miséricordieuse, de qui nous tenons ces gages précieux de notre sûreté, nous les conserve, et qu'elle verse dans le coeur de ces jeunes princes, la crainte de son nom, l'amour des peuples, et la sensibilité aux misères publiques, qui a toujours fait la gloire la plus sûre et la plus durable des bons rois.

Qu'ils vivent long-temps sous les yeux d'un père auguste et religieux, qui ne fait usage d'une puissance si redoutable autrefois à l'Europe, que pour la pacifier et rendre ensuite ses peuples heureux.

Qu'ils jouissent jusques à l'âge le plus mûr des exemples et de la tendresse d'une reine pieuse, dont les vertus autant que l'heureuse fécondité comblent tous nos souhaits.

Ainsi élevés sous un règne heureux et pacifique, ils le transmettront à nos neveux ; et la France en voyant perpétuer le sang de saint Louis sur le trône, verra perpétuer avec lui sa gloire et sa félicité.

MANDEMENT

Pour faire chanter le Te Deum en actions de graces de la prospérité des armes du Roi.

7 JANVIER 1734.

DIEU vient de bénir, mes chers Frères, les intentions pacifiques du Roi et la justice de ses armes. Nous ne saurions assez en rendre nos actions de graces au souverain dispensateur qui dispose du sort des batailles et des empires : mais comme les guerres sont d'ordinaire des fléaux destinés à punir nos crimes, et que les victoires les plus éclatantes sont toujours onéreuses aux peuples même victorieux; demandons-lui en même temps qu'il réunisse les coeurs et les intérêts des princes chrétiens; sollicitous le retour d'une paix préférable à toutes les conquêtes; et obtenons de ses anciennes miséricordes sur la mo

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