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Que ce trône ébranlé, dont je fus le rempart,
Dépende d'un coup d'oeil, ou se donne au hasard.
Que dis-je ? Hélas ! peut-être il est le prix du crime !
Mais non, n'écoutons point le transport qui m'anime;
Bannissons loin de moi le funefte soupçon
Qui règue en mon esprit et trouble ma raison.
Ah! si la vertu seule, et non pas la naissance.

THE ANDRE..
Ecoutez: j'ai moi-même élevé votre enfance;
Souffrez-moi quelquefois , généreux Alcméon,
L'autorité d'un père aussi bien que le nom.
Vous passez pour mon fils, la fortune sévère ,
Inégale en fes dons, pour vous marâtre et mère ,
Dę vos jours conservés voulut mêler le fil
De l'éclat le plus grand , et du sort le plus vil.
J'ai d'un profond secret couvert votre origine;
Mais vous la connaissez; et cette ame divine,
Du haut de sa fortune ct parmi tant d'éclat,
Devrait baisser les yeux fur fon premier état.
Gardez que quelque jour, cet orgueil téméraire
N'attire sur vous-même une triste lumière;
N'éclaire enfin l'envie, et montre à l'univers
Sous vos lauriers pompeux la honte de vos fers,

ALCME O N.
Ah! c'est ce qui m'accable et qui me défespère.
Il faut rougir de moi, trembler au nom d'un père :
Me cacher par faiblesse aux moindres citoyens,
Et reprocher ma vie à ceux dont je la tiens.
Préjugé malheureux ! éclatante chimère
Que l'orgueil inventa, que le faible révère,
Par qui je vois languir le mérite abattu
Aux pieds d'un prince indigné, ou d'un grand fans vertu.

Les mortels font égaux: ce n'eft point la naissance, * C'est la seule vertu qui fait leur différence.

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casard

. crime! anima;

C'est elle qui met l'homme au rang des demi- dieux;
* Et qui sert son pays n'a pas besoin d'aïeux.

Princes, Rois, la fortune a fait votre partage ,
Mes grandeurs sont à moi; mon sort est mon ouvrage :
Et ces fers fi honteux, ces fers' où je naquis,

Je les ai fait porter aux mains des ennemis.
* Je n'ai plus rien du sang qui m'a donné la vie ;
* Il a dans les combats coulé pour la patrie ;

Je vois ce que je suis et non ce que je fus,
* Et crois valoir au moins des rois que j'ai vaincus.

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Τ Η Ε Α Ν D R Ε.

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Alcméon, croyez-moi, l'orgueil qui vous inspire,
Que je dois condamner, et que pourtant j'admire ,
Ce principe éclatant de tant d'exploits fameux,
En vous rendant si grand, vous fait trop malheureux.
Pliez à votre état ce fougueux caractère
Qui d'un brave guerrier ferait un téméraire :
C'est un des ennemis qu'il vous faut subjuguer.

pour

fervir le trône et non pour le briguer ;
Sachez vous contenter de votre destinée ;
D'une gloire assez haute elle est environnée:
N'en recherchez point d'autre. Eh ! qui sait fi les dieux
Qui toujours sur vos pas ont attaché les yeux,
Qui pour venger Argos, et pour calmer la Grèce,,
Ont voulu vous tirer du sein de la baffelse,
N'ont point encor fur vous quelques secrets deffeins ?
Peut-être leur vengeance est mise entre vos mains.
Le fang de votre roi dont la terre eft fumante,
Elève encor au ciel une voix gémissante ;
Sa voix est entendue : et les dieux aujourd'hui
Contre ses assassins fe déclarent pour lui.
Le Grand-Prêtre déjà voit la foudre allumée ,
Qui se cache à nos yeux dans la nue enfermée.
Enfin, que feriez - vous si les arrêts du ciel

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Vous pressaient de punir un meurtre si cruel ?
Si , chargé malgré vous de leur ordre supréme',
Vous vous trouviez entr'eux, et la Reine elle-même ?
S'il vous fallait choisir

SCENE 11.

ALCMEON, THEANDRE, POLEMON.

Ρ ο Σ Σ Μ Ο Ν,

La reine en ce momente
Vous mande de l'attendre en cet arpartement.
Elle vient: il s'agit du falut de l'Empire.

THE ANDRE à piste
Prête à nommer un roi, qu'aurait-elle à lui dire ?
D'Amphiaraüs, ô wieux, daignez vous souvenir !

Α1 € Μ Ε ο Ν.
Pour la dernière fois je vais l'entretenir.

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vous,

C'est à von

Alcméon, c'est à votre victoire Qu'Argos doit fon bonheur, Eriphyle sa gloire.. C'est par vous, que maîtresse, et du trône, et de moi, Dans ces murs relevés je puis choisir un roi. Mais prête à le nommer, ma jufte prévoyance Yeut s'assurer ici de votre obéissance..

1!

J'ai de nommer un roi le dangereux honneur :
Faites plus, Alcméon , soyez fun défenseur.

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A L C M E O N.

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D'un prix trop glorieux ma vie est honorée:
A vous fervir, Madame, elle fut consacrée.
Je vous devais mon fang, et quand je l'ai verré,
Puisqu'il coulait pour vous, je fus récompensé.
Mais telle est de mon fort la dure violence,
Qu'il faut que je vous trompe ou que je vous offense.
Reine, je vais parler : des rois humiliés
Briguent votre suffrage et tombent à vos pieds.
Tout vous rit; que pourrais-je , en ce séjour tranquille,
Vous offrir qu'un vain zèle , et qu'un bras inutile ?
Laillez-moi fuir les lieux où le deftin jaloux
Me ferait, mal;ré moi, trop coupable envers vous.

E RI P H Y LF.
Vous me quittez! ö Dieux, dans quels temps !

AL CME ON.

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Les orages

VIDE

Ont cessé de gronder sur ces heureux rivages.
Ma main les écarta: la Grèce en ce grand jour
Va voir enfin l'H}ymen et peut-être l'Amour,
Par votre auguíte voix nommer un nouveau maître.
Reine, jusqu'aujourd'hui vous avez pu connaître
Quelle fidélité in'attachait à vos lois ;
Quel zèle inaltérable échauffait mes exploits.
J'espérais à jamais vivre sous votre empire :
Mes veux pourraient changer, et j'ose ici vous dire
Que cet heureux époux, sur ce trône monté,
Eprouverait en moi moins de fidélité ;
Et qu'un sujet soumis, dévoué, plein de zèle,
Peut-être à d'autres lois deviendrait un rebelle.

moi,

E RI P H Y L E.

Vous me quittez ! eh quoi! pourriez-vous donc penser
Qu'Eriphyle hésitât à vous récompenser ?
Que craignez-vous ? parlez: il faut ne me rien taire.

ALCMEON.
Je ne dois point lever un regard téméraire
Sur les secrets du trône, et sur ces nouveaux neuds
Préparés par vos mins pour un roi trop heureux.
Mais de ce jour enfin la pompe folennelle,
De votre choix au peuple annonce la nouvelle.
Ce secret dans Argos est déjà répandu :
Princesse, à cet hymen on s'était attendu.
Ce choix fans doute est juste, et la raison le gryde;
Mais je ne ferai point le sujet d'Hermogide.
Voilà mes fentimens : et mon bras aujourd'hui
Ayant vaincu pour vous, ne peut servir sous lui.
Punissez ma fierté, d'autant plus condamnable ,
Qu'ayant ofé paraître, elle est inébranlable.

E RI P H Y L E.
Alcméon, demeurez ; j'atteste ici les Dieux,
Ces Dieux qui sur le crime ouvrent toujours les yeux,
Qu'Hermogide jamais ne fera votre maître ;
Sachez qne c'est à vous à l'empêcher de l'être :
Et contre les rivaux, 'et fur-tout contre Ini,
Songez que votre reine implore votre appui.

A LCME O N.
Qu'entends-je! ah! disposez de mon sang, de ina vie.'
Que je meure à vos pieds en vous ayant servie!
Que ma mort soit utile au bonheur de vos jours !

ER I PH Y L E.
C'est de vous feul ici que j'attends du secours.
Allez: assurez-vous des soldats dont le zèle
Se montre à me servir aussi prompt que fidèle.
Que de tous vos amis ces murs foient entourés ;

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