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S'il pouvait m'estimer et me plaindre en secret;
Je sens que je mourrais avec moins de regret.

Philotas convaincu de l'innocence de la reine veut s'armer pour la défendre.

A R T E MIRE.

Non, demeurez , Seigneur. J'aime mieux vos regrets qu'une audace inutile ; Innocente à vos yeux je périrai tranquille ; Et le sort qui m'attend pourra me sembler doux, Puisqu'il me punira de n'être point à vous. Adieu, le temps approche où l'on veut que j'expire ; Adieu ; n'oubliez point l'innocente Artémire. Que son nom vous soit cher , elle l'a mérité ; A son honneur Aétri rendez la pureté; Et que malgré l'horreur d'une tache fi noire, Vos larmes quelquefois honorent fa mémoire.

Pbilotas fort. Artémire reste feule. On vient la chercher pour la conduire à la mort; mais les amis de Philotas l'arrachent des mains de ses gardes. Elle apprend que Philotas a foulevé le peuple , qu'il combatcontre Caljandre.

A R T E MI R E. Dieux, dont la main fur moi fans cesse appéfantie Me promène à son gré de la mort à la vie , Dieux puissans , fur moi seule étendez yotre bras !, Rendez-moi mon supplice et sauvez Philotas; Eteignez dans mon sang une ardeur infidelle : Plus fon péril est grand, plus je suis criminelle. Viens, Caffandre, il est temps: viens, frappe , venge-toi: Je te pardonne tout , et n'immole que moi.

Philotas lui apprend que Pallante est tué, et qu'il a fait en expirant l'aveu de la trame odieuse

qu'il avait tissue pour se venger des mépris de la
reine, dont il a déclaré l'innocence; que le roi
a été détrompé, mais trop tard. Ce Prince a reçu .
dans le combat une blessure mortelle.

Dans la scène dernière Cuffandre mourant se fait apporter près d'Artéinire. Il est accompagné d'Hipparque et de fes officiers. Il rend hommage en leur présence aux vertus de la reine. Il déclare qu'il lui avait ôté l'honneur sur les délations d'un monstre que le ciel a puni , et qui connaissait trop bien le caractère foupçonneux et jaloux de son maitre et fon penchant à la cruauté.

Calandre pardonne à Philotas dont il connaît les grandes qualités, et veut engager Artémire à se donner à lui. Il les conjure de lui pardonner ses injustices en faveur de ses remords , et de ne le regarder que comme une déplorable victime de la calomnie ; il expie, dit-il, par la mort qu'il a méritée, tous les crimes dont il a fouillé sa vie.

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MARIA MNE,

TRA G E DI E.

Représentée, pour la première fois,

le 6 mars 1724.

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DE LA PREMIERE EDITION.

Je ne donne cette édition qu'en tremblant. Tant d'ouvrages, que j'ai vus applaudis au théâtre et méprisés à la lecture , me font craindre pour le mien le même fort. Une ou deux situations, l'art des acteurs, la docilité que j'ai fait paraître, ont pu m'attirer des fuffrages aux représentations ; mais il faut un autre mérite pour soutenir le grand jour de l'impression. C'est peu d'une conduite régulière ; ce serait peu mème d'intéresser. Tout ouvrage en vers, quelque beau qu'il soit d'ailleurs, fera nécessairement ennuyeux, li tous les vers ne font pas pleins de force et d'harmonie , fi l'on n'y trouve pas une élégance continue , si la pièce n'a point ce charme inexprimable de la poélie que le génie feul peut donner, où l'esprit ne saurait jamais atteindre, et fur lequel on raisonne si mal et si inutilement depuis la inort de M. Despréaux.

C'est une erreur bien groffière de s'imaginer que les vers foient la dernière partie d'une pièce de théâtre , et celle qui doit le moins coûter. M. Raz cine, c'est-à-dire , l'homme de la terre qui, après Virgile, a le mieux connu l'art des vers, ne penfait pas

ainsi. Deux années entières lui luffirent à

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