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concile de Trente ne voulut pas s'expliquer dogmatiquement sur cette question malen

de quibusdam ecclesiasticis personis referuntur. Sed in eorum qui ad evangelizandum verbum Dei sunt deputati, excessibus prædicando commissis eo gravius provocamur quo illi periculosius remanent incorrecti... Nos igitur hujusmodi temerariis ausibus ac perversis assertionibus ac scandalosis, quæ exinde in Dei ecclesia exoriri possunt, quantum nobis ex alto conceditur, obviare volentes, motu proprio, non ad alicujus nobis super hoc oblatæ petitionis instantiam, sed de nostrâ merâ deliberatione et certâ scientiâ, hujusmodi assertiones prædicatorum eorumdem, et aliorum quorumlibet, qui affirmare præsumerent, eos qui crederent aut tenerent, eamdem Dei genitricem ab originalis peccati maculâ in suâ conceptione præservatam fuisse, propterea alicujus hæresis labe pollutas fore, vel mortalitere peccare; aut hujusmodi officium Conceptionis celebrantes, seu hujusmodi sermones audientes, alicujus peccati notam incurrere ; utpote falsas et erroneas, ita veritate penitùs alienas, editosque desuper libros prædictos id continentes , quoad hoc , auctoritate apostolicâ tenore præsentium reprobamus et damnamus, ac motu, scientiâ et auctoritate prædictis statuimus et ordinamus, quod prædicatores verbi Dei, et quicumque alii, cujuscumque status, gradus aut ordinis ac conditionis fuerint, qui de cetero ausu temerario præsumpserint in eorum sermonibus ad populum, seu alias quomodolibet affirmare. hujusmodi sic per nos improbatas et damnatas assertiones veras esse, aut dictos libros pro veris legere, tenere vel habere, postquam de præsentibus scientiam habuerint, excommunicationis scientiam eo ipso incurrant, à quâ ab alio quam à Romano pontifice (nisi in mortis articulo) nequeant absolutionis beneficium obtinere. Item motu,

- 61 contreuse, et se contenta de renvoyer à la constitution de Sixte IV (1).

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La Sorbonne se moqua du pape et du concile. Le 17 juin 1575, dans une assemblée de toutes les Facultés, les docteurs déclarèrent qu'ils regardaient comme un article de foi cette proposition : « La Vierge a été conçue « sans tache originelle, » et ils condamnèrent comme hérétique Maldonat, qui, l'an

scientiâ et auctoritate similibus simili pænæ ac censuræ subjicientes eos qui ausi fuerint asserere, contrariam opinionem tenentes, videlicet gloriosam Virginem Mariain cum originali peccato fuisse conceptam, hæresis crimen vel peccatum incurrere mortale, cum nondum sit à Romanâ ecclesiâ et apostolicâ sede decisum. Datum Romx apud sanctum Petrum, anno Incarnationis Dominicæ 1483, pridiè nonas septembris, pontificatus nostri anno decimo tertio. »

(1) Declarat tamen hæc ipsa sancta Synodus, non esse suæ intentionis comprehendere in hoc decreto, ubi de peccato originali agitur, beatam et immaculatam Virginem Mariam, Dei genitricem ; sed observandas esse constitutiones felicis recordationis Sixti papæ IV, sub poenis in eis constitutionibus contentis, quas innovat. (Session v.)

née précédente, avait enseigné l'opinion contraire.

Ici, l'affaire se complique, et c'est le mo. ment de la suivre avec attention. Pierre de Gondi, évêque de Paris, révolté de tant d'audace, excommunie les docteurs de Paris, et Grégoire XIII approuve sa conduite. Quatorze ans plus tard, en 1589, les docteurs veulent s'assembler de nouveau. Pierre de Gondi le leur défend; ils passent outre, sont excommuniés une seconde fois, appellent comme d'abus, sont renvoyés par-devant leur évêque, se jettent à ses pieds et lui demandent l'absolution. Le pape, enfin, leur ordonne de se taire et de laisser à chacun, sur cette question, la liberté accordée par le concile de Trente.

Pendant le dix-septième siècle, Rome persista dans cette réserve. Les jésuites, ardents propagateurs de la Conception immaculée , dont ils ont longtemps fait un mot d'ordre, troublaient l'Espagne par leurs controverses. Philippe IV demanda à Grégoire XV d'en finir avec cette question et de convertir en dogme la croyance générale des fidèles. Voici ce que répondit le pape :

« La grandeur de la question, et l'exemple

des Pontifes romains mes prédécesseurs, m'avertissent de ne rien décider de nouveau en une affaire de telle importance. Il nous faut écouter la voix du Saint-Esprit, et non pointpeser la chose au poids de raisons humaines, nous que Dieu a placé à la tête du monde chrétien, dans la chaire de la divine sagesse. Puis donc que l'éternelle sagesse n'a point encore révélé à son Eglise les profondeurs de ce grand mystère, les fidèles doivent se reposer sur l'autorité de Dieu et des Pontifes romains. »

Clément XI supprima l'office de l'immaculée Conception et il fut ordonné aux chevaliers de Nevers, qui avaient pris le titre de « chevaliers de l'immaculée Conception, » de se réformer, et de s'appeler « chevaliers de la glorieuse Conception de la Vierge immaculée. »

Bossuet déclare que toute l'Eglise, romaine « tient l'immaculée Conception de la sainte » Vierge pour chose indifférente et qui ne » tient point à la foi (1). »

(1) Tota ecclesia Romana immaculatam beatæ Virginis conceptionem pro re indifferente habet neque ad fidem pertinente. (Tom. VII, p. 335, éd. Lefèvre, Paris, 1836.)

Le dix-huitième siècle, Dieu merci , s'occupa de questions plus importantes, et depuis lors, la doctrine de l'immaculée Conception, quoique universellement adoptée dans l'Eglise romaine , n'était qu'une routine entretenue par l'ignorance, le fanatisme ou l'intérêt, lorsque Pie IX eut, le 2 février 1849, la fantaisie d'en faire un dogme.

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