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SUTRI. Une circonstance fortuito | la réforme du Saint-Siége par les Papes donna une célébrité historique à la pe- allemands, la crise de l'histoire de l'Étite ville de Sutri, située à un jour de glise qu'on attribue à Grégoire VII, marche de Rome, sur la voie Flami- et qui dépend en somme de l'avédenienne. On ne sait pourquoi le Pape ment des Papes allemands, dont le proGrégoire VI, après avoir été débarrassé testant Voigt a lui-même reconnu la de ses deux compétiteurs, n'attendit grandeur , les services et l'influence. pas l'arrivée de l'empereur Henri III Un second synode fut célébré à Saà Rome même, et se décida à réunir à tri, en 1059, sous le règne du Pape Sutri, avant l'arrivée de l'empereur, un Nicolas II, dans lequel l'antipape Jean concile dont le résultat ne pouvait être Mincius, de la famille des comtes de douteux pour lui. D'après les sources Tusculum, fut déposé, et Gérard, évêallemandes ce serait le roi des Romains que de Florence, fut reconnu Pape lé qui, avant de recevoir la couronne im- gitime (1). Ce second concile continua périale, aurait voulu que le Saint-Siège et assura l'oeuvre de la résorme comfût occupé par un pontife digne de ce mencée par le premier, et c'est ainsi que titre, et par ce motif, dit Hermann ces deux conciles valurent à Sutri une d’Aue, dépouilla Gratien (Grégoire VI) notoriété historique. Sutri mérite d'éde sa dignité. Mais d'autres, comme Bo- tre visité pour les antiquités que lui a nizo, l'abbé Désidérius, et les docu- léguées le moyen âge. ments relatés dans le Spicilegium d’An

HÖFLER. gélo Maï (1), présentent l'affaire diffé- SWABACH OU SCHWABACH (ARTICLES remment. Grégoire VI, disent-ils, à la DE). L'électeur de Saxe, le landgrave de demande de l'empereur et des évêques Hesse et les villes impériales de Marqui l'accompagnaient, présida le sy bourg, Nurenberg et Ulm, s'étaient ennode de Sutri , où il avoua qu'il avait tendus, durant la diète de Spire, pour injustement obtenu la dignité papale; former entre eux une alliance défensive par conséquent il renonça librement à contre l'empereur. Cette alliance fut la papauté et ne fut pas déposé par remise sur le tapis et conceriée bientôt Henri III. Malheureusement ce fut le après entre les parties que nous vecardinal Baronius lui-même qui, en 'ne nons de nommer et George, margrave suivant, sur ce point important de de Brandebourg, à Rotach, petite ville du l'histoire, qu'Hermann Contractus, et duché de Cobourg. Mais comme Strasen s'attachant à cette source exclusive bourg et Ulm avaient adopté la docet unique de documents, justifia en quel trine de la Cène de Zwingle, et que le que sorte les chroniqueurs des treizième landgrave était suspect (son zèle semet quatorzième siècles, qui virent un blait inspiré surtout par la convoitise intrus dans le successeur du Pape Gré- des biens des couvents et des évêchés), goire (Clément II), parce qu'ils con- les théologiens de la Saxe électorale emfondirent Clément II avec Clément III, pêchèrent qu'on signåt l'alliance, qu'ils une des créatures de Frédéric Barbe- disaient impossible tant qu'on serait rousse. Pagi (2) a vu la chose à son désuni par la foi. vrai point de vue (3). C'est à ce con- En vain le landgrave déploya toute cile de Sutri, de 1046, que se rattache son activité pour constituer l'alliance;

l'avis des théologiens fut plus fort que (1) Spicileg., t. VI. (2) Critica histor. chronolog., p. IV, p. 171. (1) Voir Hæfler, les Papes allemands, II, (8) Cf. Heiler, les Papes allem., I, p. 230.

p. 280-293.

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tous les motifs politiques et tous les mold (1) nomme Zuantewith, était la désirs particuliers des princes. On re- divinité la plus considérée des Vendes connut que l'alliance serait impraticable païens. Elle avait son siége à Arkona, tant que les membres qui devaient la promontoire escarpé de l'île de Rugen. former ne se seraient pas entendus sur Un temple en bois, assez grossièrement la doctrine de la Cène.

construit, couvert d'un toit rouge, s'éEn octobre 1529 les députés pro- levait sur une place de la ville, qui n'étestants, notamment les conseillers de tait habitée qu'en temps de guerre. la Saxe électorale, du margraviat de Dans l'intérieur du temple, couvert de Brandebourg et les envoyés des villes tapis, se trouvait une statue en bois impériales nommées plus haut, se réu- d'une grandeur démesurée, qui avait nirent à Schwabach , ville située à quatre têtes, tournées deux vers la deux milles de Nurenberg, apparte- poitrine, deux vers le dos, inclinant un pant alors au margraviat brandebour- peu vers la gauche et vers la droite; les geois d'Anspach; ils rédigèrent les dis- cheveux et la barbe coupés, d'après la sept Articles de Schwabach, qui, mode du pays. De la main droite l'igrâce à l'alliance politique, devaient dole portait une conque en métal; le entraîner l’union dogmatique. Le 100 bras gauche se recourbait en arc et article portant qu'ani Sacrement de l'au- adhérait au côté; le corps était coutel sont présents non - seulement le vert d'un vêtement qui descendait juspain et le vin, mais le vrai corps et le qu'aux jambes ; les pieds posaient si vrai sang du Christ, les envoyés de naturellement à terre qu'on ne voyait Strasbourg et d'Ulm déclarèrent qu'ils pas ce qui soutenait et fixait la gigann'étaient pas autorisés à souscrire tesque figure. Près de l'idole on avait dans de telles conditions. Les théo- suspendu des selles, des mors et un logiens luthériens remirent les dix- grand glaive brillant, dont la garde et sept articles à l'électeur à Torgau , ce le fourreau étaient recouverts d'argent qui les fit appeler aussi les articles de et ornés de figures. En outre les Torgau.

murs, couverts de tapis de pourpre, Quoique ces articles n'atteignissent étaient parsemés de cornes d'animaux

leur but prochain, ils ne furent pas sauvages, de lances, d'offrandes en or tout à fait inutiles et servirent de bases que les adorateurs y avaient apportées, à la Confession d'Augsbourg.

surtout dans les siècles immédiatement Il ne faut pas contondre ces articles antérieurs à la ruine du paganisme. de Torgau avec la Formule de Con- Les insulaires d'Arkona se réuniscorde, qui fut également rédigée à Tor-saient après la moisson pour célébrer en 1576.

la fête principale de l'idole. Le grandCf. Muller, Histoire des États évan. prêtre, qui seul portait toute sa barbe géliques, et Schröck, Histoire de l'É- et tous ses cheveux et seul pouvait englise chrétienne depuis la réforme, trer dans le temple, avait soin, la veille 1, 418, 442 sq.; Engelbard, Manuel de de la fête, de balayer le sanctuaire, et, l'hist. de l'Eglise, III, p. 46.

pour ne pas souiller le séjour de la di

HAAS. vinité par une haleine humaine, il baSWATOPLUK. Voyez MORAVIE. layait en retenant sa respiration et

SWATOVIT, que Saxo Grammati- allait de temps à autre à la porte cus (1) appelle Swantowith, que Hel- pour aspirer l'air. Le jour de la fête,

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(1) Hist. Danica, I. XIV.

(1) Chroll, Slavorum, 11, 12.

pendant que le peuple attendait hors, bord offert à la divinité la meilleure du temple, le prêtre interrogeait la partie de leurs marchandises. corne remplie, l'année précédente, Swatovit possédait des domaines en d'hydromel, pour y trouver un présage propre, que ses prêtres occupaient en de la fertilité de la saison prochaine. son nom. Un escadron de 300 cavaliers Si la liqueur n'avait pas diminué on habiles était chargé de réaliser les volonen concluait une année d'abondance; tés manifestées par l'oracle. On se sers'il y avait du déchet c'était un signe vait pour ses prédictions d'un cheval de stérilité, et le peuple était invité blanc, que le grand-prêtre seul pouvait à l'économie. Puis le prêtre versait le nourrir et monter. On pensait que dubreuvage ancien devant les pieds de rant la nuit Swatovit montait ce cheval l'idole, remplissait la corne de vin pour attaquer l'ennemi; car on voyait frais, l'avalait d'un trait en l'honneur souvent le matin le coursier couvert de du dieu, la remplissait de nouveau et la poussière et d'écume. Quand la guerre replaçait dans sa main droite. Alors on était résolue on plantait devant le apportait un gâteau de miel de la hau- temple trois paires de lances à une certeur d'un homme environ, et on le pla- taine distance les unes des autres, en çait entre le grand-prêtre et le peuple. forme de croix, la pointe en terre, et on Quand, à la demande que faisait le prên menait le cheval par-dessus ces lances; tre si on le voyait derrière le gâteau, s'il les dépassait toutes d'abord avec le on répondait affirmativement, le prê. pied droit c'était un signe favorable; tre émettait le væu de n'être pas vi- mais, si l'animal commençait en levant sible l'année suivante, tant devaient le pied gauche devant l'une des lances, être grands et la moisson et le gâteau! on renonçait au projet et on y revenait Il finissait par saluer le peuple au nom plus tard. Swatovit avait encore d'audu vainqueur du monde, lui recom- tres temples dans Rugen, mais les prêmandait la crainte et la fidélité envers tres en étaient subordonnés à ceux la divinité, promettait aux fidèles du d’Arkona. Le grand-prêtre était plus bonheur sur terre et sur mer, et me- considéré par les Rugiens que le roi luinaçait les infidèles de toute espèce même. de maux. Après avoir offert les prémi- On a prétendu que le nom de Swatorit ces de la terre et des victimes san- provient de Swiety Witt, c'est-à-dire glantes, voire même, quand il s'agis- saint Veit, saint Gui; c'est une opinion sait d'apaiser la colère du dieu , des aussi peu fondée que celle qui fait de Chrétiens en sacrifice, on commençait l'organisation des Rugiens une imitale festin. On passait le reste du jour en tion de la hiérarchie catholique. On joyeux propos et en bruyants divertis- trouve une organisation analogue parmi sements; l'intempérance et l'ivresse les Indiens, les Égyptiens, les Mongols, passaient pour des vertus suprêmes. On les nègres ; elle est fondée dans la naconsacrait au trésor du temple non- ture des hommes et des choses. La seulement le tiers du butin de la guerre, vraie étymologie de Swatovit est le mot mais il fallait que chaque homme et slave swiat, le monde, la lumière, et chaque femme apportassent annuelle vit, le vainqueur. Le cheval blanc lui ment une pièce d'or. Les marchands est consacré comme dieu de la lumière, étrangers eux-mêmes, qui abordaient et c'est comme vainqueur ou maître dans l'île au temps de la pêche des ba- du monde qu'il regarde avec ses quatre rengs (novembre), ne pouvaient ni faces les quatre points cardinaux de la acheter ni vendre qu'ils n'eussent d'a- terre.

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Le temple et le culte de Swatovit céleste de tous ceux qui s'ouvrent à furent renversés le 15 juin 1168, jour son influence et la laissent dominer de Saint-Gui.

en eux. L'Église du Christ ne doit pas Cf. l'article RUGEN.

plus que Dieu contraindre personne au

WELTZEL. bien. SWÉDENBORG ET SWÉDENBOR- « 30 C'est uniquement dans cette liGIENS. Emmanuel de Swedenborg, fils berté que le mal a son origine. Le mal de Jasper Swedberg, évêque de West- s'est propagé non par imputation, mais gothland, naquit à Stockholm le 29 jan- comme une inclination native à tous vier 1688; en 1716 il fut nommé conseil- les descendants du premier pécheur; ce ler des mines et anobli sous le nom de penchant s'est de plus en plus accru par Swedenborg (1719). En 1747 il re- les péchés actuels de toutes les gé

à nonça

ses fonctions et ne s'oc-nérations successives, et a produit dé. cupa plus que de fonder la Nouvelle finitivement une telle perversion du Église ou la Nouvelle Jérusalem. genre humain et du monde des esprits Cette église devait commencer le 19 juin que les institutions et les influences di1770, le jour même où Swédenborg vines, qui avaient agi sur l'humanité ne aurait achevé son principal ouvrage : suffirent plus, et que l'acte le plus éclaVera Christiana Religio, continens tant et l'abaissement le plus profond universam theologiam novæ Ecclesiæ, de l'amour divin devinrent nécessaires Amst., 1771 (nouv., édit., Tubingue, pour sauver les hommes et rétablir la 1831-1832, 4 vol. in-8°). Swedenborg vertu qui doit à jamais améliorer et mourut le 24 septembre 1772, à Lon- sanctifier l'humanité. dres , où il s'était rendu pour gagner « 4° Mais, si l'amélioration et la sancdes fidèles à son Église.

tification sont les conditions de la jusIl fondait sa doctrine sur les visions tice et de la beatitude, personne n'a de qu'il prétendait avoir par un commerce soi la vie, la liberté , la force pour le habituel avec les esprits de l'autre bien; cette vertu est un effet de l'action monde. La première vision , dans la toujours présente du divin Sauveur (de quelle le Seigneur lui apparut, eut lieu sa chair et de son sang transfigurés). à Londres, en 1743, et ces visions, de Ainsi personne ne peut s'attribuer ni nature très - diverse, se renouvelèrent mérite ni justice, car tout vient, prosouvent au dire de Swedenborg. vient et dépend de l'Homme-Dieu. »

Ses idées aboutissent à un spiritua- C'est ainsi que le Dr Immanuel Tafel, lisme mystique.

le plus connu des partisans de SwéIl enseigne, en effet, dans sa nouvelle denborg en Allemagne, résume la docÉglise que:

trine de la nouvelle Église, et il cite à a 1° Dieu est en essence et en per- l'appui de son exposition 18 écrits théosonne un et triple, ayant une âme (le logiques de Swedenborg, dans lesquels Père), un corps divino-humain (le Fils), celui-ci a développé son système, et et une vertu active qui opère, éclaire qui tous les 18 ont été, grâce à Tafel et réchauffe (le Saint-Esprit).

et ses amis, publiés à Tubingue, en a 2o Il est l'amour, la sagesse, la vie, partie dans la langue originale, en par. et ainsi il ne peut vouloir et faire que tie dans les traductions allemandes. Je bien; mais il ne peut empêcher le Les Swedenborgiens se formerent, mal, parce qu'en tant qu'amour il veut en 1783, en société, pour recueillir et non des instruments passifs, mais des publier les écrits de leur maître. Ce êtres libres, pour former le royaume ne fut qu'en 1788 que la Nouvelle

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Église fut connue et constituée en trine de son maître. Or Möhler n'a Suède et en Angleterre avec son orga- rien changé aux propositions que nous nisation propre. Toutefois le nombre avons citées plus haut et qui sont tex. de ses sectateurs n'était pas considé- luellement extraites du docteur Tafel. rable. On a, dans les temps les plus Görres, en 1827, s'occupa aussi de récents, découvert que près de 50 curés Swedenborg, ainsi que Schneider, d'un diocèse protestant de Suède étaient | Vorherr, Seufest, etc. des partisans secrets de Swedenborg. Une secte analogue à celle des Své. En Angleterre (et dans les îles de Jersey denborgiens est celle des spirites, qui et de Guernesey) ils organisèrent un se forma en 1848 dans la famille Fox, certain nombre de paroisses. Ils se pro- de Rochester, et devint une congrégapagèrent d'Angleterre en Amérique, où tion nombreuse dans l'Amérique du ils eurent pendant un certain temps Nord.La maison de Fox était, disait-on 27 paroisses et 33 églises. On n'estime en 1848, hantée par des esprits , dont pas le chiffre des Swedenborgiens à les jeunes filles de Fox prétendaient plus de 5,000. Il ne faut pas que leur entendre la voix formidable, semblable situation en Amérique ait été bien flo- au tonnerre. On parla dans toute l'Arissante, puisqu'en 1852 ils ont vendu mérique des Rappings de Rochester leur église de New-York à l'archevê- et du spiritual knocking, c'est-à-dire que de cette ville, qui la convertit en du tapage que faisaient les esprits de cathédrale et la consacra le 1er juin Rochester. Les filles de Fox ne man1852, avec l'assistance de quatre de quèrent pas de mettre à profit leur ses collègues de l'épiscopat. Cette ca- merveilleux commerce avec les esprits; thédrale s'est trouvée depuis lors sous elles parcoururent pendant deux ans la direction du célèbre docteur Forbes, tous les États de l'Amérique du Nord, protestant converti, auquel on attribue donnant d'excellents conseils à 5 fr. la la conversion du docteur Yves, évêque séance, faisant entendre à ceux qui protestant également rentré dans le le désiraient la voix des esprits, en se giron de l'Église (1).

réservant toutefois la traduction de Il n'est pas besoin d'être prophète leurs paroles. Bientôt elles eurent de pour prédire que la secte de Sweden- nombreux partisans. De respectables borg est à son déclin. D'autres sectes ministres de la parole, l'honorable analogues sont nées depuis et ont Hammond, le révérend Scott, crurent remplacé la nouvelle Église déjà vieille. et virent des esprits; du moins ils les Les Irvingiens eux-mêmes, plus mo- entendirent et les firent parler. Il dernes, faiblissent déjà. Une chose par s'établit un échange formel de lettres ticulière à la secte swedenborgienne, entre le monde invisible et le monde c'est le mouvement littéraire qu'elle a visible ; Washington, Franklin et cent produit à Tubingue. Dans les deux autres morts renommés envoyèrent sur seules années de 1851 et 1852 il a la terre des lettres de l'autre monde, paru un grand nombre d'écrits de cette comme on en expédie d'outre-mer au secte, entre autres la Théologie de la vieux continent. Il parut un journal paix, du docteur Tafel, 1852. L'auteur dont les principaux rédacteurs étaient s'y plaint vivement de ce que Möhler, des morts, qui écrivaient eux-mêmes dans sa Symbolique, défigure la doc- ou dictaient leurs articles. Le révérend

Scott s'en alla, suivi de douze apôtres, !1) L'Ami de la Religion, 22 Juin 1852; ib., prêchant la nouvelle doctrine des es: 8 janvier 1853.

prits, et s'établit d'abord sur une haute

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