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PRÉFACES

de la première et de la deuxième éditions

Au moment où renaissait la philosophie scolastique, et depuis lors, des traités nombreux et de mérites divers ont vu le jour. Citons entre tous : les Institutiones philosophicœ du P. Liberatore, qui datent bientôt de trente ans; les Elementa philosophiœ christianae cum antiqua et nova comparatae, de Sanseverino ; la Summa philosophica in usum Scholarum, du cardinal Zigliara ; la Philosophia elementaria, du cardinal Gonzalez. En France, les traités de Mgr Rosset, de MM. Grandclaude, Brin, Vallet, etc., se sont répandus comme les précédents parmi le clergé des séminaires, et y sont justement appréciés. Mais si les traités écrits en latin et destinés à peu près exclusivement aux ecclésiastiques abondent, il n'en est pas de même des traités en français. Et cependant la philosophie scolastique ne peut reprendre sa place en France et y remplir son rôle, qu'à la condition de parler la langue nationale. Des traductions ne sauraient lui suffire.

C'est ce qui nous a déterminé à composer ce traité. Il comprend trois volumes. Un coup d'œil jeté sur les pages qui suivent, fera mieux connaître notre dessein que ne le ferait une longue préface.

Dieu veuille que cet ouvrage, que nous avons osé entreprendre après un enseignement déjà long, contribue pour sa part à justifier la philosophie scolastique, à la faire goûter de tous les bons esprits et à lui concilier de nouveaux disciples.

Lyon, le 8 décembre 1888.
ELIE BLANC.

Le bon accueil fait par le pnblic à ce Traité, en rendait nécessaire, depuis l'année dernière déjà, une nouvelle édition. Ce succès est un indice, entre mille autres plus importants, du progrès des études philosophiques, si souvent bénies et si puissamment encouragées par Léon XIII. Cette philosophie scolastique, si longtemps dédaignée et abandonnée même de ses défenseurs naturels, est de nouveau recherchée, approfondie, goûtée ; elle obtient une part grandissante d'attention et d'estime de la part des philosophes qui appartiennent aux camps les plus étrangers, sinon les plus hostiles. Il n'est pas rare de les entendre déclarer qu'elle « a rendu de grands services à l'esprit humain en maintenant le goût de la philosophie et la passion de la dialectique, en créant un langage technique d'une rigoureuse logique, sur lequel nous vivons encore et qui a contribué largement à donner à la langue française la clarté et la précision qui la distinguent entre toutes. Il faut donc, ajoutent-ils, se garder de mépriser « le fatras scolastique », et faire comme Leibniz, qui puisait largement dans cet arsenal de mots et d'idées ». (A. Bertrand, Leacique de Philoso· phie, 1792, V. Scolastique.) Nous nous réjouissons de voir tomber un à un les préjugés qui éloignaient plus d'un esprit de la philosophie de l'Eglise : leur disparition éclaircit l'avenir et le remplit d'espérance. Du moment que la Scolastique est

admise par l'opinion à exposer ses idées et à défendre

sérieusement sa cause, elle n'est pas loin de la gagner. En lui empruntant, comme on le fait déjà, ses idées fondamentales et ses armes les plus éprouvées, les meilleurs esprits cesseront de lui être hostiles ; ils seront même amenés à la défendre et à la continuer. Ils n'hésiteront plus, quand ils seront convaincus, par leur propre expérience, qu'elle est la philosophie à la fois la plus tra

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ditionnelle et la plus libre, la plus précise et la plus large, la plus rigoureuse dans ses dogmes et la plus flexible dans ses opinions, la mieux ouverte à toutes les découvertes et la mieux faite, en un mot, pour l'avenir, en même temps qu'elle reste la philosophie dominante du passé. Gagnés à la vérité philosophique, ils ne seront pas loin de l'être, s'ils ne l'étaient déjà, à la vérité religieuse. Puisse cette nouvelle édition contribuer quelque peu à ce résultat !

Elle ne diffère de la précédente que par des corrections de détail et quelques additions utiles. De même que dans la première, l'auteur s'est abstenu de citations nombreuses de textes et d'ouvrages, qui surchargeraient ces trois volumes déjà forts compacts et égareraient même plus d'un lecteur. On ne peut, en effet, signaler maints ouvrages à consulter, très différents d'esprit, sans en faire la critique ou sans indiquer de quelque autre manière le moyen de s'en servîr. Tous les renseignements bibliographiques et tous les documents vraiment utiles trouveront mieux leur place dans l'Histoire de la Philosophie et dans quelques autres volumes (Extraits et Mélanges) qui la suivront et formeront, avec elle et le Traité, une Somme philosophique des plus complètes, qui pourra satisfaire, en tous cas, à bien des exigences.

Parmi les approbations qui ont été accordées à la première édition du Traité de philosophie scolastique, il en est une, précieuse entre toutes, que l'auteur ne saurait omettre de publier : c'est le Bref de S. S. Léon XIII. Mais s'il croit devoir taire les noms des autres personnages ou des écrivains qui ont approuvé ses efforts, il n'en conserve pas moins le souvenir reconnaissant. Qu'ils daignent donc agréer ici l'expression discrète de sa respectueuse gratitude.

lo" mai 1893. E. B.

Bref de Sa Sainteté Léon XIII
LÉON XIII PAPE

Cher fils, salut et bénédiction apostolique. Les trois volumes dont vous Nous ave3 offert, il n'y a pas bien longtemps, un eæemplaire, prouvent bien que vOuS n'êtes pas seulement un amateur mais encore un propagateur et un défenseur de la philosophie scolastique. Bien qu'elle déplaise maintenant à la plupart, parce qu'elle est ancienne, comme s'il était du sage de ne pas tant chercher la vérité que de poursuivre des nouveautés, cependant elle n'en est pas moins cultivée avec honneur par beaucoup d'autres, surtout dans le Clergé; et c'est elle que Nous Nous efforcons grandement de relever et de rétablir dans son ancienne dignité, p0ur les raisons que Nous avons souvent développées. C'est pourquoi Nous pensons que la tâche que vous avez entreprise est opportune et , très digne de votre talent , et de même que vous avez intelligemment entrepris d'écrire, de méme Nous avons la confiance que votre travail sera utile à ceuac qui ont le goût des Sciences philosophiques. Comme gage des dons célestes et témoignage de Notre bienveillance, Nous vous accordons très affectueusement la bénédiction apostolique.

Donné à Rome près Saint-Pierre, le 21 juin de l'année 1890, la treizième année de Notre Pontificat.

LÉON XIII Pape.

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Dilecte fili, salutem et apostolicam benedictionem. Tria volumina, quorum Nobis exemplum haud ita pridem d0no misisti, te quidem philosophiæ scholasticæ non amatorem tantummodo, sed propagatorem ac vindicem probant. Quod genus philosophiæ, etsi nunc plerisque displicet quia vetus est, perinde ac non tam vera quærere sapientis est, quam nova consectari, nihilominus tamen a multis præsertim e Clero, cum laude excolitur : idemque Nos excitare ac dignitati pristinæ restituere valde conamur eas ob causas quas sæpe persecuti sumus. Quocirca cepisse te provinciam ducimus opportunam atque ingenio tuo valde dignam : istum vero tuum scribendi laborem, ut est intelligenter susceptus, ita philosophicarum disciplinarum studiosis utilem confidimus futurum, Cœlestium munerum auspicem Nostræque benevolentiæ testem tibi apostolicam benedictionem peramanter impertimus.

Datum Romæ apud S. Petrum die XXI junii anni MDCCCLXXXX, Pontificatus Nostri decimotertio.

LEO PP. XIII.

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