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la négation du monde, comme l'athéisme est la négation de Dieu. L'athée ne voit plus que le monde et il nie Dieu : l'acosmiste ne voit plus que Dieu et il nie le monde ; le premier ramène Dieu au monde, ce qui est détruire la divinité ; le second ramène le monde à Dieu et l'y absorbe, ce qui est supprimer le monde et dénaturer Dieu. Acroamatique (3zcozouzt, entendre). Se dit de doctrines non écrites et transmises oralement à un petit nombre de disciples, parce qu'on les jugeait inaccessibles ou dangereuses à la foule (v. ésotérique, exotérique). Cette distinction avait lieu surtout dans l'école pythagoricienne. — Le commentateur Simplicius (vIe s.) donna le nom d'acroamatiques à des écrits d'Aristote qui sont plus concis et plus didactiques. Acte (actus). En philosophie, c'est l'être en tant qu'être, c'est la perfection de l'être. On l'oppose à la puissance (v. ce mot), qui implique une imperfection, un manque de complément. — DIsTINCTIoNs : Acte pur. Acte premier. Acte second. Acte subsistant, etc. (v. 419 et suiv.). — Acte exercé (elicitus) et acte commandé (imperatus). Par rapport à la volonté, l'acte exercé c'est le consentement, le vouloir, qui est exercé, produit par la volonté elle-même ; l'acte commandé est celui qui est produit par quelque autre faculté, sous l'empire de la volonté, comme marcher, réfléchir, parler, faire attention. — Acte d'homme (actus hominis) et Acte humain (actus humanus). L'acte d'homme est celui dont l'homme est l'auteur matériellement, mais non pas formellement, c'est-à-dire en tant qu'homme, avec délibération ou connaissance suffisante : ainsi de respirer en dormant ou sans attention ; l'acte humain, au contraire, est un acte voulu, délibéré. — AxIoMEs : L'acte prime la puissance (Actus est prior potentia). L'acte, en effet, est de toutes manières avant la puissance : car la puissance ne peut être connue que par l'acte qui lui correspond, et de plus elle suppose un acte qui la fasse passer de la possibilité à l'existence ou de l'existence à l'action. — C'est l'acte qui sépare et distingue (Actus est qui separat et distinguit). C'est l'acte, en effet, comme forme, comme différence, ou comme opération, qui détermine les êtres et sert à les reconnaître. De deux êtres en acte on ne peut faire un seul et même être essentiellement (Ex duobus entibus in actu non fit unum per se). Cela résulte de l'axiome précédent. — L'acte et la puissance sont contraires, c'est-à-dire qu'ils s'excluent dans le même sujet et sous le même rapport : le même principe ne peut être à la fois acte et puissance, donner le mouvement et le recevoir (v. moteur). L'acte et la puissance qui lui répond essentiellement sont dans le même genre suprême (v. 421). Action (actio). C'est l'opération, c'est l'acte second. Consi

dérée comme catégorie, l'action est l'accident en vertu duquel la cause est formellement et actuellement telle. L'action implique une relation : elle est opposée à la passion. DIsTINCTIoN s : L'action immanente (actio immanens) et l'action transitive (actio transiens). La première est celle dont le terme est dans le sujet qui agit : par exemple la pensée, tout acte vital. La seconde est celle qui a son terme au dehors : ainsi le travail corporel, du moins en tant que mécanique. D'une manière générale, agir implique quelque action immanente ; faire, une action transitive. — AxIoMEs : L'action est du sujet (Actiones sunt suppositorum), c'est-à-dire qu'on attribue au sujet, à la personne l'action dont ils sont les principes, plutôt qu'à la nature. Par exemple, c'est l'homme qui voit, qui entend, qui raisonne, qui travaille, plutôt que l'œil ou l'oreille ou l'esprit ou la main. — Tout se fait dans la nature par les voies les plus courtes, avec la moindre dépense de temps et de force. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui le principe de moindre action. Il répond à l'axiome scolastique : La nature ne fait rien en vain (v. mature). Pas d'action à distance, c'est-à-dire que l'agent doit être présent par lui-même ou par un instrument. Action réflexe (v. Réflexe). Activité. C'est, en général, le pouvoir d'exercer une action, de produire un effet. L'activité est l'attribut de toute substance, tant inorganique que vivante ; mais, chez les êtres vivants, l'activité n'est pas seulement une force, c'est encore une vie, et si l'être est raisonnable, c'est une volonté. Actuel. Se dit de ce qui est en acte (quod est in actu : àv zzt'èvépyetz»), par opposition à ce qui est potentiel, en puissance, ou bien habituel, c'est-à-dire en habitude. Actuer. Néologisme français qui traduit le mot scolastique actuare, mettre en acte, réaliser, informer. La forme actue la matière. * Adaptation. Action d'adapter ou de s'adapter. Se dit des organes (œil, etc.) qui s'accommodent aux distances et aux autres conditions dans lesquelles ils doivent s'exercer. Les physiologistes disent plutôt accommodation. On entend par la loi d'adaptation celle en vertu de laquelle les organismes se mettent peu à peu en harmonie avec le milieu, et, au dire des transformistes, changent même de nature. Adéquat (latin, adaequatus : adaequare, égaler). Entier, total, égal à son objet. Se dit des idées, des connaissances. Ad hominem. Voir argument. Admiration. L'admiration, avec la curiosité qui en naît, est le principe de la science, comme le remarque Aristote. Descartes en fait une sorte de passion fondamentale, qui éveille l'âme et fait qu'elle s'applique à certains objets.

* AEsthésie. Synonyme de sensibilité (v. Esthésie). Affectifs (états et phénomènes). Les modernes entendent par là tout ce qui rentre dans le domaine de la sensibilité et s'accompagne naturellement de plaisir ou de douleur. Affectif se dit par opposition à représentatif. Affecter, affection. En philosophie, ces mots équivalent souvent à ceux de modifier, modification ; impressionner, impression. Dans la philosophie écossaise, les affections sont les sentiments de bienveillance ou autres que l'on éprouve pour ses semblables. Afférent, v. nerf. Affirmation. Acte de l'esprit qui compose deux idées par un jugement ; proposition qui exprime ce jugement. L'affirmation a pour contre-partie la négation, qui consiste à diviser deux idées comme incompatibles. — AxIoME : L'affirmation est avant la négation (Affirmatio est prior negatione), de même que l'idée d'être est avant celle de néant, le vrai avant le faux, le bien avant le mal. A fortiori. A plus forte raison. Cette expression adverbiale ' marque que l'on conclut du plus au moins, ce qui fortifie la raison alléguée. Ex. : Si je dois aimer mes ennemis, à plus forte raison mes amis (v. a pari). Agent (agens). Personne ou chose qui exerce un acte, une action. — DIsTINCTIoNs : L'agent naturel et l'agent libre. Le premier agit par nature, sans délibération, sans choix ; le second est soustrait à la nécessité. — L'agent est dit univoque, ou équivoque, ou analogue, selon qu'il produit un effet de même nature que lui (ainsi le père par rapport à son fils) ou de nature différente (ainsi l'artiste par rapport à son œuvre), ou de nature analogue (ainsi Dieu par rapport aux créatures). — AxIoMEs : Tout être agit en tant qu'il est en acte (Agens omne agit in quantum est actti) (v. 421). — L'agent comme tel, ne change pas, il est immuable. Car l'agent, comme tel, ne souffre pas, ne subit aucun changement. Ainsi la causalité divine n'implique aucun changement en Dieu. — L'agent n'agit pas sur son semblable (Agens non agit in simile). De deux semblables, en tant que tels, l'un ne peut agir sur l'autre (v. semblable). — L'agent communique sa ressemblance (Agens agit simile sibi) ; car il n'agit qu'autant qu'il est et par conséquent comme il est. Intellect agent (v. intellect). * Agnoscie ou Agnosie (& priv. ; yvöats, connaissance). Connaissance particulière qui vient à manquer après certains accidents merveux ou par suite de quelque maladie. * Agnosticisme (à priv. ; noscere, connaître). Philosophie qui regarde les natures et en particulier la première cause comme absolument inconnaissables. Les agnostiques sont donc des sceptiques qui bornent leur doute à la métaphysique. L'agnosticisme est une sorte de positivisme (v. ce mot) ; mais, tandis que le positivisme français, celui de Comte, de Littré, affecte d'ignorer la métaphysique, l'agnosticisme anglais, celui de H. Spencer, notamment, essaie d'expliquer cette ignorance et de l'établir positivement. * Agoraphobie (àyocá, place ; p66o;, crainte). Sorte de manie, de frayeur folle qu'éprouvent quelques personnes en traversant une place publique, un pont, un grand espace découvert. Cette frayeur est accompagnée plus ou moins d'hallucinations : les murs vacillent, le sol tremble, les pavés coulent sous les pas. * Agraphie (à priv. ; ye3?st» , écrire). Maladie ou état nerveux qui empêche d'écrire. L'agraphie est totale ou partielle. C'est une aphasie de la main (v. aphasie). La paragraphie est une maladie qui fait écrire un mot pour l'autre. Agrégat. Se dit d'un groupement, d'une réunion de parties, plus ou moins bien juxtaposées, mais qui ne forment pas un tout essentiel. L'agrégat est un, mais par accident (unum per accidens). Les atomistes expliquent les corps comme de simples agrégats d'atomes. * Aïdéique. Se dit quelquefois d'un état où le sujet, l'hypnotisé, est sans idée, par opposition , à l'état monoidéique, où il est possédé par une idée fixe, et à l'état polyidéique, où il a plusieurs idées. * Alalie (à priv. ; )z)tá, loquacité, parole). Nom sous lequel Jaccoud décrivait tous les troubles du langage. Le nom d'aphasie a prévalu aujourd'hui. Altération (alteratio). Changement de qualité. Se dit des c9rps et d'un changement de bien en mal. L'altération n'est par elle-même qu'une transformation accidentelle, tandis que la génération et la corruption sont des transformations substantielles. * Altruisme (alter, autre). Dans la philosophie positiviste, amour d'autrui. Ce n'est pas autre chose que la sympathie (v. ce mot). Il est opposé à l'égoisme, qui alors ne signifie pas un vice, mais l'amour naturel de soi. Ame (anima, souffle). Principe de la vie, particulièrement chez l'homme. Aristote en donne cette définition générale : L'âme est l'acte premier du corps naturel organique qui a la vie en puissance. L'âme du monde, esprit divin qui, selon les Stoïciens, etc., animerait le monde. — L'âme humaine, celle qui est propre à l'homme. Aristote la définit : Le principe premier par lequel nous sentons, nous nous mouvons et nous comprenons. L'âme est la forme substantielle du corps, disent les

scolastiques, c'est-à-dire qu'elle donne à la matière d'être corps humain et qu'elle est le premier principe essentiel de toutes les opérations dans l'homme. — L'âme sensible, c'est l'âme des animaux et, dans l'homme, l'âme en tant que principe de la sensibilité. — L'âme végétative, c'est le principe de la vie - de la plante, et, dans l'homme, l'âme en tant que principe de la vie inférieure. L'âme vile (anima vilis), l'âme de l'animal. Se dit dans cette expression : expérimenter in anima vili. * Amimie (& priv. ; uiuos, mime). Impossibilité de coordonner ses gestes pour exprimer ses pensées. * Amnésie (à,uvaaiz, oubli). Perte de la mémoire, qui provient de quelque maladie, de quelque fatigue ou lésion du cerveau (v. hypermnésie et paramnésie). * Amphibolie (zupt6o)iz, amphibologie, ambiguïté). Dans le langage de Kant, sorte d'amphibologie ou d'équivoque). Amphibologie. Sorte d'équivoque qui porte non pas sur des termes isolés (équivoque proprement dite), mais sur des propositions. L'amphibologie touche au sophisme. Analogie (&vx)oyiz : &vá, par ; )ôyos, rapport). Rapport qui n'implique pas similitude ni encore moins l'égalité, mais qui permet cependant de raisonner par comparaison. Il y a, par exemple, analogie entre l'animal et la plante, entre l'aile de l'oiseau et la nageoire du poisson. — DIsTINCTIoN s. Les scolastiques distinguent avec soin ce qui est analogue de ce qui est équivoque et de ce qui est univoque. Un nom univoque s'applique dans le même sens à plusieurs : tel est le nom d'homme.Un nom équivoque s'applique dans divers sens à plusieurs objets, qui peuvent ainsi n'avoir rien de commun entre eux : ainsi le nom de Pierre, attribué à tel homme et à tel minéral. Mais on distingue l'équivoque de pur hasard (a casu) de l'équivoque intentionnel, voulu (a consilio). Celle-ci renferme quelque analogie et elle s'étend à toutes les métaphores, à toutes les comparaions, sans lesquelles il n'y a pas de style ni de pensée. Ainsi, dans l'exemple cité, saint Pierre a été ainsi nommé par rapport à la pierre fondamentale de l'édifice ecclésiastique. — Or l'analogie est de deux sortes : d'attribution ou de proportion. Celle-ci est de proportion simplement ou de proportionnalité (v. 52). Analyse (en grec, décomposition). Décomposition du tout en ses parties, d'une chose en ses principes. A proprement parler, l'analyse va du composé au simple, des effets aux causes; elle répond à l'induction. La synthèse est le procédé inverse ; elle répond à la déduction. — DIsTINCTIoNs : Analyse compréhensive, analyse extensive. La première est l'analyse proprement dite, c'est la recherche des parties d'un tout réel ou des

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