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A un point de vue moins philosophique, on peut distinguer les qualités sensibles et celles qui ne le sont pas. Les qualités sensibles se divisent comme les sens : les unes sont visibles, les autres tangibles, etc.

500. L'habitude. — Nous parlerons spécialement de l'habitude. Elle est une disposition permanente, stable, qui prépare le sujet à agir bien ou mal. Il est des habitudes qui perfectionnent le sujet en lui-même plutôt qu'elles ne le disposent à l'action : ainsi la grâce sanctifiante. Mais, d'une manière générale, on peut dire que l'habitude se rapporte toujours de quelque manière à l'action, puisqu'elle perfectionne la nature, qui est le premier principe d'action : c'est pourquoi l'habitude est dite une seconde nature (v. Vocabulaire : Habitude). De la définition même de l'habitude il suit qu'elle n'est pas, à proprement parler, dans la matière, car celleci est déterminée inflexiblement à sa fin et à ses opérations: il n'y a pas de milieu pour elle entre la puissance et l'acte. Cependant, si l'on considère que la matière peut s'assouplir par l'usage, que les difficultés peuvent diminuer par l'exercice ou par l'action de causes extérieures, on ne sera pas étonné que la matière elle-même paraisse sujette de quelque manière à l'habitude. Il en est de même, à plus forte raison, pour les plantes et les animaux ; les uns et les autres s'acclimatent; les animaux surtout paraissent susceptibles de véritables habitudes. Est-ce qu'on ne les dresse pas, est-ce qu'on ne les habitue pas aux exercices les plus compliqués et les plus difficiles ? Cependant l'animal est tout passif dans l'éducation qu'on lui donne ; il · reçoit, si l'on veut, l'habitude, mais il ne la prend pas ; en tout cas elle ne le dispose ni au bien ni au mal moral (1). 501. L'habitude est nécessaire. — L'habitude parfaite, sinon même l'habitude proprement dite, est donc le pri

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vilège de l'homme. Ajoutons qu'elle lui est nécessaire ; car ses facultés sont nombreuses et indifférentes entre le bien et le mal, son attention est bornée et la force qu'il peut dépenser à chaque instant donné est des plus minimes. Il ne lui reste donc que la ressource d'accumuler cette force dans les habitudes, de promener son attention sur toute sa personne, afin qu'au moment de l'action générale et décisive tout soit en ordre et tout s'accomplisse très bien, comme naturellement et par instinct. C'est là le résultat merveilleux et libre de l'habitude, qu'elle s'appelle science, art (habitudes intellectuelles) ou vertu (habitude morale) (1).

502. La relation. — Aux accidents absolus s'ajoutent les relations, dont plusieurs sont réelles. La catégorie de la relation dont il s'agit ici, n'est pas un rapport quelconque, par ex. le rapport de l'être avec l'intelligene qui constitue la vérité, ni le rapport de l'être avec la volonté qui constitue le bien Nous laissons maintenant de côté la relation transcendante pour ne nous occuper que de la relation catégorique : elle est ce par quoi un sujet se rapporte à un terme. Telles sont par ex. l'égalité, qui est fondée, comme nous l'avons vu, sur la quantité ; la similitude, qui est fondée sur la qualité; la paternité, qui est fondée sur la génération; la causalité, qui est fondée sur quelque autre action. La quantité, la qualité, l'action causent donc de quelque manière la relation qui s'ajoute à elles ; les autres catégories, le lieu, le temps, etc., suivent plutôt la relation qu'elles ne la causent. | Analysons maintenant la relation. Elle implique trois éléments essentiels : 1° un sujet, c'est-à-dire ce qui se rapporte à une autre chose, ce qui possède et ce à quoi on attribue la relation : ainsi le père, dans lequel est la paternité ; 2°un terme, c'est-à-dire ce à quoi se rapporte le sujet : ainsi le fils par rapport au père ; — 3° un fondement de re

l (1) Voir sur les habitudes au point de vue psychologique et moral no* 984 et suiv. ; 1198 et suiv.

lation, c'est-à-dire une raison, une cause qui fait que le sujet se rapporte à son terme : ainsi la génération, qui est le lien du père et du fils, la cause de la paternité et de la filiation. Le sujet et le terme de la relation pris ensemble sont dits les deux termes de la relation ; ils sont corrélatifs, si la relation est mutuelle. S'il n'y a pas mutualité, comme cela arrive entre Dieu et la créature, les deux termes ne sont plus corrélatifs, mais l'un est dit relatif et l'autre absolu. - |

503. Espèces de relations. — 1° On vient déjà de remarquer la relation mutuelle et celle qui ne l'est pas. Il y a cette différence entre les deux que les deux termes de la relation mutuelle ne peuvent être donnés d'une manière formelle que simultanément : par ex. il n'y a pas de père sans fils, ni de fils sans père, ou plutôt il n'y a pas de paternité sans filiation ni de filiation sans paternité. La relation mutuelle est ensuite de deux sortes : tantôt le premier terme est au second ce que le second est au promier (ainsi deux objets de même couleur, de même dimension) ; et tantôt les termes sont inégaux (ainsi le père n'est pas au fils ce que le fils est au père). 29 Déjà aussi ont été signalées la relation transcendante et la relation catégorique ou prédicamentale. Celleci est la seule dont il soit question maintenant. L'autre est un rapport qui provient de l'essence même du sujet considéré : ainsi l'âme est ordonnée au corps; la matière, à la forme ; la faculté, à son objet ; l'accident, à la substance. La relation catégorique, au contraire, est contenue dans un genre, elle est un accident, elle est tout entière dans ce rapport accidentel d'un objet à l'autre. 3° Au point de vue du fondement imméd'at, on distingue les relations d'égalité ou de proportion, fondées sur la quantité ; les relations de causalité ou de principe à terme, fondées sur l'action; les relations de ressemblance, · fondées sur la qualité, la forme (1). Cette division atteint

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la relation en elle-même ; avec la suivante, elle est très importante. - 4° Enfin, en raison de son objectivité, la relation est dite réelle ou logique. La première est donnée indépendamment de l'opération de l'esprit : elle a lieu par conséquent entre deux termes réellement distincts, et son fondement n'est pas moins réel que ses termes, si bien que l'esprit ne fait que la découvrir, sans la créer d'aucune manière. Telles sont toutes les relations des causes avec leurs effets. La seconde, au contraire, résulte d'une opération de l'esprit, qui crée des termes logiques ou dédouble un terme réel : c'est par ex. la relation du genre avec l'espèce, c'est-à-dire des universaux de ce nom, ou la relation d'un être réel avec un être de raison, la relation de l'être avec le néant, du présent au futur, d'une chose avec elle-même. Parmi les relations réelles, les unes sont incréées et les autres créées. Les premières sont, d'après la théologie : la paternité, la filiation, la spiration active et la spiration passive dans la sainte Trinité. Les secondes sont en nombre infini, pour ainsi dire. Mais sont-elles réelles ? ou plutôt comment sont-elles réelles ?

· 504. Il y a des relations réelles. — D'une manière générale, il n'est pas raisonnable de contester la réalité de nombre de relations. Elles sont données indépendamment de toute opération de l'esprit. Ce n'est point parce que nous connaissons l'ordre de l'univers que cet ordre existe, que tant de créatures sont faites les unes pour les autres, se recherchent ou se combattent et se fuient ; l'ordre existe alors même que nous ne le voyons pas encore, et l'ordre est dans les relations de toute sorte qui unissent les créatures et déterminent leur place, leur rôle dans l'ensemble de l'univers (1). Il serait absurde de dire que l'ordre n'est pas autre chose que l'ensemble, et qu'il suffit, par ex., d'ajouter une à une toutes les pièces d'une ma-,

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chine pour la composer. L'ordre provient, sans doute, de la perfection intrinsèque de chaque chose ; mais il provient aussi et formellement des rapports extrinsèques qui s'y ajoutent. Bref, dans l'ordre, il faut considérer les choses qui sont ordonnées et l'ordre lui-même ; or celui-ci n'est pas moins réel que celles-là, et ne se confond point avec elles. Venons à une démonstration moins générale. De quoi se compose toute relation réelle ? De deux termes réels et distincts et d'un fondement réel par lequel un terme entre en communication avec l'autre. Or tous ces éléments sont donnés dans nombre de relations : dans celles de cause à effet par ex., comme aussi dans celles d'égalité, de ressemblance. Niera-t-on la réalité de l'action des causes, ou des dimensions sur lesquelles sont fondées les proportions, ou des qualités sur lesquelles sont fondées les ressemblances ? Evidemment on ne le peut sans tomber dans l'absurde. Mais c'est ici que la question devient subtile et embarrassante. La réalité des relations diffère-t-elle de la réalité de leur fondement ? En d'autres mots, la relation se distingue-t-elle réellement de celui-ci? La relation d'égalité est-elle autre chose en définitive que la quantité comparée? et la relation de similitude est-elle autre chose que la qualité? et la relation de causalité, autre chose que l'action ? Oui, disent les uns ; car la relation est essentiellement un rapport, tandis que le fondement n'en est pas un par lui-même, il est absolu. Non, disent les autres, parce que la relation est donnée par là même que le fondement est donné; parce qu'il arrive souvent qu'une chose devient semblable ou égale à une autre sans qu'elle ait changé en elle-même ; parce que cette nouvelle essence, cette nouvelle réalité n'explique rien, et qu'en la supposant on pèche par excès de subtilité. Mais ces raisons ne détruisent pas la première. Si la relation est donnée par là même que le fondement est donné, cela prouve seulement qu'elle résulte de ce fonde

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