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physique, etc. ; car quel est le professeur de géographie qui se bornera aujourd'hui à une description raisonnée de la surface de la terre ? La pédagogie renferme des éléments non moins hétérogènes (culture intellectuelle, morale, physique), et qui n'ont pas d'autre unité que celle du but à obtenir. Cette facilité et même cette nécessité de créer des sciences complexes, qui n'ont de nouveau que cette complexité, est une marque frappante des rapports étroits qui unissent indissolublement toutes les connaissances humaines. Ceci étant bien observé, et toute liberté étant reconnue à chacun de grouper telles ou telles sciences, d'ailleurs fort distinctes, suivant les intérêts du moment, le but particulier à atteindre, le genre d'éducation à donner, voici brièvement un système des connaissances humaines. Elles se partagent en cinq embranchements : la science, qui a pour objet formel le vrai, ou le beau, mais intelligible plutôt que sensible ; — les beaux-arts, qui ont pour objet le beau, devenu sensible ; — la culture, qui a pour objet le bien ; l'industrie, qui s'applique à l'utile ; le commerce, qui joint à l'utile l'opportun, donnant toutes choses utiles par elles-mêmes en temps et lieu convenables. On n'expliquera ici que le premier embranchement. La science s'éclaire des principes révélés ou des principes de la raison : de là les sciences théologiques et les sciences purement humaines. Les premières comprennent le dogme, la morale et la mystique, le droit canon, la liturgie, etc. Inutile d'insister sur les rapports particuliers du dogme avec la métaphysique et en général avec la philosophie : de ces rapports est née la scolastique. Les rapports ne sont pas moins étroits entre la morale théologique et la morale naturelle, le droit canon et le droit civil, etc. Les sciences humaines se divisent ensuite selon les degrésd'abstraction, comme il a été dit, en logiques, métaphysiques, morales, mathémattques, physiques. A la logique se rapportent assez bien la grammaire, la philologie, les connaissances littéraires, parmi lesquelles la poésie, l'éloquence, qui ont des rapports étroits avec les beaux-arts et s'éclairent de la psychologie non moins que de la logique. La métaphysique, à son tour, générale ou particulière, comprend une foule de connaissances. Sans parler de la théodicée ni de la psychologie, elle comprend, totalement ou en partie, la philosophie de la nature, l'esthétique. La morale comprend ou domine la jurisprudence, la politique, toutes les sciences sociales et les sciences militaires, si complexes, qui empruntent beaucoup aux mathématiques et à la physique. Aux sciences morales on peut rapporter encore l'histoire proprement dite, considérée du moins dans ses conclusions morales. Autrement, si l'histoire est prise , avec toute extension, elle est une connaissance universelle, . et alors chaque science peut se dédoubler en deux éléments pour ainsi dire : l'un historique ou expérimental, et l'autre doctrinal. Les mathématiques comprennent : l'algèbre, qui s'occupe des quantités les plus générales, les plus abstraites ; l'arithmétique, qui s'applique à la quantité discrète, au nombre ; la géométrie, qui s'occupe des dimensions, figures, etc. ; la mécanique, qui traite des mouvements, etc. Les sciences physiques comprennent la physique proprement dite, qui traite des qualités sensibles des corps : lumière, son, chaleur, électricité, etc. ; la chimie, qui traite des éléments sensibles des corps ; l'histoire naturelle, qui s'occupe des minéraux et des espèces vivantes : d'où la minéralogie, la botanique, la zoologie, avec les sciences qui traitent de la vie en général (biologie, physiologie) ; la géologie, qui traite de la constitution du globe et particulièrement des couches solides, roches, etc. ; la géographie, qui décrit la surface du globe et entre dans des rapports étroits avec l'histoire ; enfin l'astronomie,qui est comme la géographie du ciel. Mais, en tant que l'astronomie s'occupe du mouvement des astres, elle emprunte

beaucoup à la mécanique et aux mathématiques les plus abstraites. .

Telles sont, à grands traits, les principales divisions de la science. Bien qu'il soit difficile, et même impossible, d'arriver à une classification complète et définitive, il est très utile de rechercher quel est en cette matière le meilleur système, et de découvrir par là quelles sont les relations essentielles et l'importance relative de toutes les connaissances. D'ailleurs, si l'arbre encyclopédique est toujours inachevé, toujours croissant et en voie de modification, c'est la loi de l'esprit humain, qui sans pouvoir renier ses principes, ni détruire les sciences acquises, cher· che toujours de nouveaux arrangements et même de nouvelles conclusions (1).

(1) Parmi les ouvrages encore récents sur la classification des sciences on peut citer : Edm. GoBLoT, Essai sur la classification des sciences, 1898 ; Adrien NAVILLE : Nouvelle classification des sciences, 2e éd., 1901; chan. MARIÉTAN, Problème de la classification des sciences d'Aristole à S. Thomas, thèse latine 1902.

CHAPITRE XVIII

DE LA MÉTHODE (1)

354. La méthode ; son importance. — Ces derniers chapitres de logique complètent les précédents. Tout ce qui a été dit des critériums, des universaux, des premiers principes et des sciences converge en définitive vers la méthode. C'est à elle de recourir, selon les circonstances, à tel ou tel critérium, d'organiser les idées, de chercher les principes et de s'en éclairer, de déterminer pour chaque science la meilleure manière de l'apprendre et de l'enseigner : elle résume, avec le problème de la certitude, toute la logique.

De là son importance. Descartes déclarait qu'il devait tout à sa méthode. Celle-ci est fausse, sans doute ; mais, malgré ses défauts, elle a rendu de grands services à son auteur. Il importe, en effet, à chaque esprit de choisir une voie, d'user avec constance des mêmes procédés d'étude et d'enseignement, de s'imposer une discipline, en un mot, de trouver une méthode. Car celle-ci, comme son

(1) Parmi les publications les plus récentes sur la méthode on peut citer : abbé PIAT, Méthodologie d'après Bacon et Descartes, articles dans la Revue de l'Institut catholique de Paris, 1908 ; ALIBERT, Méthode pédagogique spécialement applicable à la philosophie, 1907 (Paris, Beauchesne) ; De la méthode dans les sciences, ouvrage en collaboration, rédigé par MM. P. F. Thomas, Em. Picard, Paul Tannery, Painlevé, Th. Ribot, etc. ; MICHOTTE, A propos de la méthode d'introspection dans la psychologie expérimentale, Revue néo-scolastique, 1907, octobre ; CAEYMAEx, Cours de méthodologie à l'usage des élèves du grand séminaire de Malines (Malines, Dessain).

nom l'indique ( ) et x, selon ; &&é:, voie), n'est rien moins que tout ce que nous venons de dire : elle consiste dans l'ordre que l'esprit observe, dans les procédés auxquels il s'assujettit, dans la voie qu'il se trace et qu'il suit pour atteindre la vérité et pour y conduire ceux qui n'y sont pas arrivés encore.

355. Méthode d'autorité, éclectique, etc. — En raison de son principe, la méthode est dite d'autorité ou indépendante, suivant qu'elle s'appuie sur l'autorité ou sur des vues personnelles. Il est clair que la méthode d'autorité est celle qui convient à la théologie, à l'histoire ; elle n'est pas à négliger même en philosophie, où il importe de consulter les traditions et les opinions. Combinée avec la méthode indépendante ou rationnelle, la méthode d'autorité ou historique a donné en philosophie la méthode éclectique ou l'éclectisme.

Quant à la méthode indépendante, elle est ontologique ou psychologique. Celle-ci est empirique, ou idéaliste, ou expérimentale et rationnelle. La méthode ontologique est celle des ontologistes, qui regardent Dieu comme le principe de l'existence des choses et de la connaissance que nous en avons. La méthode psychologique consiste à chercher l'origine de la science dans les données de la conscience et des sens. Parmi les partisans de cette méthode, les uns sont empiristes, ils ne cherchent la science que dans les données des sens ; les autres sont idéalistes, ils ne cherchent la science que dans les idées ; d'autres enfin allient ces deux principes de connaissance, les sensations concrètes et les idées abstraites ; ils pratiquent la méthode expérimentale sans être empiristes, et la méthode rationnelle sans être idéalistes.

A la méthode expérimentale et à la méthode rationnelle se rattachent les méthodes dites à priori et à posteriori : la première, en effet, s'appuie sur les idées pures de la raison; la seconde, sur l'expérience. Nous verrons comment ces deux méthodes doivent se combiner et non s'exclure.

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