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drait savoir ; enfin l'erreur consiste dans un jugement faux (v. 179). Esotérique (èaorectxô;, intérieur ; de #ao, en dedans). Se dit de la doctrine secrète que certains philosophes anciens ne communiquaient qu'à un petit nombre de disciples. Par extension, se dit pour obscur, mystérieux. Est opposé à exotérique. Espace. C'est comme le lieu universel des corps ; c'est la relation des dimensions de l'univers avec tout ce qu'elles renferment. — DIsTINCTIoNs : Espace réel, espace imaginaire. Le premier est donné réellement, avec les dimensions qui le déterminent. Le second est celui que l'on imagine par delà le monde réel. Quant à l'idée générique d'espace, c'est une des catégories, un des universaux, par conséquent objective dans ce qu'elle exprime, mais non dans la manière dont elle l'exprime. Espace, lieu. Le lieu est un espace déterminé (v. 507 et suiv.). Espèce (species). Ce mot offre plusieurs sens philosophiques très distincts ; 10 celui de forme extérieure, d'accident ; ainsi dans ces expressions : les espèces eucharistiques, les saintes espèces, c'est-à-dire les accidents ou apparences du pain et du vin, après la consécration ; 2° le sens d'idée, de forme intelligible ou sensible, de principe et de moyen subjectif de connaissance ; 30 enfin et surtout le sens de nature spécifique (v. 54). — DIsTINCTIoNs : Espèce suprême, moyenne, infime (v. 60). — Espèce impresse, espèce expresse (v. 816). Espèce intelligible, espèce sensible. La première est celle qui est le principe de la connaissance intellectuelle, elle est reçue dans l'esprit. La seconde est le principe de la connaissance sensible, elle est reçue dans les sens. — AxIoMEs : Les espèces sont comme les nombres (Species sunt sicut numeri). De même que le nombre supérieur contient le nombre inférieur, ainsi les espèces ou natures ou formes supérieures contiennent les inférieures. On voit, par exemple, que l'âme humaine possède les facultés végétatives de la plante, les facultés sensibles de l'animal et ses facultés propres. Le plus et le moins ne changent pas l'espèce (Magis et minus non variant speciem) ; car ils touchent à la quantité, mais non pas à l'essence. Par exemple, qu'il y ait plus ou moins d'eau à la rivière, ce sera toujours de l'eau. Esprit (spiritus). Substance qui peut exister sans la matière. Dans le langage ordinaire, se dit de certaines facultés supérieures de l'esprit humain. — L'esprit pur est celui qui est affranchi naturellement de la matière, comme l'ange, à la différence de l'âme humaine, qui est créée pour animer un corps. Les esprits purs sont appelés par les scolastiques formes sépaJ"68S.

Essence (essentia). Ce par quoi une chose est ce qu'elle est et se distingue de toute autre (v. 398). — DIsTINCTIoNs : Essence logique, essence réelle (v. 400). — Essence, nature. La nature, c'est l'essence considérée comme le principe des opérations. — AxIoMEs : Les essences sont immuables, éternelles, indivisibles... (Essentiae sunt immutabiles, aeternae, indivisibiles) (v. 401 et suiv.). * Esthésie. Synonyme de sensibilité. * Esthésimétrie (zi76nats, sensation ; uétpov, mesure). Mesure de la sensation. Partie de la psychologie expérimentale, ou plutôt empirique, qui s'applique à mesurer les actes psychiques. Mais il est évident que l'action organique seule peut tomber sous la mesure (v. psycho-physique). * Esthésiogène. Agent qui rend la sensiblité perdue ou l'augmente : par exemple l'aimant, dans certains cas. * Esthéticisme. Théorie morale de ceux qui paraissent faire consister le souverain bien dans la beauté (Ravaisson). Tout ce qu'on peut leur accorder, c'est que la beauté morale est la beauté suprême et se confond avec l'honnête. Esthétique. Science qui recherche et détermine les caractères du beau dans les productions de la nature ou de l'art. Elle relève de la métaphysique, de la logique, de la psychologie et de la morale (v. 8, 544 et suiv.). Estimative (aestimativa). Faculté sensible qui permet aux animaux de connaître ce qui leur est utile ou nuisible (v. 851 et suiv.). Dans l'homme cette faculté est appelée cogitative (v. ce mot). Etendue (v. espace). Eternité (aeternitas). Boèce la définit : La possession indivisible, parfaite et simultanée d'une vie sans fin (v. 518). Etiologie (xitto)oyiz : zittov, cause ; 2óyos, traité). Etude sur les causes des choses ; se dit particulièrement en médecine de l'étude des causes des maladies. Etre (ens, esse). Ce qui est d'une manière ou de l'autre, ce qui a l'acte ou la puissance ou la possibilité. — DIsTINCTIoN s : Etre par soi (ens a se), être participé (ens participatum, ens ab alio). Le premier existe par son essence même, c'est-à-dire par lui-même, et n'est autre que Dieu ; le second a reçu l'existence et il est à l'image d'un autre. Etre en acte (ens in actu), être en puissance (ens in potentia). Le premier c'est l'être en tant qu'être, c'est-à-dire en action ou du moins actuel, existant (v. acte). Le second est celui qui n'est que possible ou du moins qui peut acquérir plus de perfection encore. Etre réel, être de raison (ens rationis), être chimérique ou imaginaire. Le premier existe et il est individuel. Le second n'existe formellement que dans l'esprit ; c'est l'être logique : tels sont les

genres, les espèces, etc. Il ne faut pas le confondre, comme le fait l'Académie, avec l'être chimérique ou imaginaire, tel que la chimère, le griffon. Etre premier, être second. On appelle quelquefois être premier la substance, par rapport à l'accident, qui est un être second, c'est-à-dire d'un être plutôt qu'un être. Etre, essence. L'être est ce qui est (quod est) ; l'essence est ce par quoi l'être est ce qu'il est (quo est). — AxIoMEs : Tout être est un, vrai, bon ; car l'unité, la vérité, la bonté ne sont que des modes généraux de l'être (v. 436, 443, 451). — L'action suit l'être (Agere sequitur esse) ; car l'être est et il agit en tant qu'il est en acte. D'où encore cet axiome : Le mode d'action suit le mode d'être. L'être est pour l'action (Esse est propter operari). Car l'action ou l'acte n'est que la perfection de l'être. Il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité (Entia non sunt multiplicanda sine necessitate). Il faut tout expliquer par les voies les plus simples. * Eudémonisme (sJôztuoviz, bonheur). Théorie morale d'après laquelle le bonheur est la fin dernière de l'homme. Cette théorie, qui est celle d'Aristote, est incontestable, si elle eSt " interprétée. Elle diffère alors de l'hédonisme (v. ce mot). * Eudémonologie. Science du bonheur d'après Kant, elle n'a rien de commun avec la science de la vertu (v. arétologie). - * Evhémérisme. Système imaginé par Evhémère, et d'après lequel tous les dieux du paganisme ne seraient que des héros divinisés. L'évhémérisme a été repris par Spencer, qui essaie d'expliquer toutes les religions par le souvenir des trépassés et la croyance à la survivance des esprits. Evidence (evidentia, de videre, voir). Eclat de la vérité qui emporte l'adhésion de l'esprit. — DIsTINCTIoN : Evidence objective, subjective (v. 249 et suiv.). — Vérités évidentes par elles-mêmes (notae per se), vérités exprimées par un jugement analytique, où l'attribut est de l'essence du sujet. Ces vérités sont d'une évidence immédiate ou médiate, c'est-à-dire qu'elles sont des premiers principes de l'entendement (notae per se et quoad nos) ou seulement des conclusions. Evidence de l'autorité ou de la crédibilité, c'est l'évidence de la sincérité et du savoir de celui à qui on donne sa foi. — AxIoME : Il faut croire à l'autorité de l'évidence ou à l'évidence de l'autorité. Eviternité (aeviternitas). Perpétuité, immortalité en vertu de laquelle une substance qui a commencé n'aura pas de fin (v. 518). * Evolution, évolutionnisme. Ces mots sont devenus synonymes de transformisme. Mais, alors que le transformisme signifie seulement la théorie de la transformation des espèces, l'évolution désigne une théorie plus générale et même universelle, qui s'applique au monde physique et au monde moral, à l'homme et à la société, comme aux règnes de la nature

(v. 603 et suiv.). — Il ne faut pas confondre cette évolution avec l'évolution organique, qui est opposée à l'épigenèse (v. ce mot).

* Evolutionniste. Partisan de la théorie de l'évolution ou conforme à cette théorie. Existence. Ce par quoi l'essence est actuelle (v. 393, etc.). Exotérique (##oraptzo;, extérieur ; #o, hors). Se dit le l'enseignement public et avoué que donnaient les anciens philosophes, par opposition à l'enseignement secret ou ésotérique, qui était réservé aux initiés. Expérience. Se dit de la connaissance expérimentale, acquise par la pratique, l'usage ou l'étude des faits. * Expérimenter. Eprouver, contrôler ; provoquer la production des faits que l'on veut étudier, afin de reconnaître leur véritable cause, leur loi, la manière dont ils se reproduisent. — DIsTINCTIoN : Expérimenter, observer. On observe en considérant simplement ce qui se produit : par exemple on observe une éclipse. On expérimente en tentant la nature, en modifiant les conditions d'apparition des phénomènes. Explicitement, implicitement. Explicitement, c'est-à-dire d'une manière formelle, expresse, actuelle, et non seulement en principe, en puissance ou d'une manière générale. Implicitement, c'est-à-dire sous une autre forme, dans le tout, en principe, tacitement. Ainsi la conclusion est implicitement dans les prémisses. Exprès. C'est-à-dire intentionnellement, bien volontairement,avec délibération (consilio), et non par hasard (casu) ou par quelque autre circonstance. e (éxarzats, transport). Elévation extraordinaire et surnaturelle de l'esprit, qui se détache des sens. — Se dit aussi d'un état extraordinaire de l'âme provenant de l'exaltation de certaines idées et d'une affection du cerveau. Dans l'extase, les sens sont suspendus, les mouvements volontaires s'arrêtent, l'action vitale est ralentie. — DIsTINCTIoN : Extase, catalepsie. Dans celle-ci la vie intellectuelle est suspendue, tandis que dans l'extase l'âme est comme transportée hors du corps. . Extension (extensio : extendere, étendre). L'extension, dans le sens d'étendue, ne diffère pas de la quantité continue et elle est opposée à ce qui est inétendu. Extension se dit aussi par opp. à compréhension (v. ce mot) et à intensité. Extrême. Dans le syllogisme, les extrêmes sont le grand et le petit terme, par rapport au terme moyen (v. 146). Extrinsèque. Se dit de ce qui n'entre pas dans la nature d'une chose, dans sa composition, ses éléments, etc. Est opposé à intrinsèque. — (V. causes extrinsèques, intrinsèques). — — DIsTINCTIoN : Ab extrinseco, ab intrinseco. En vertu d'un principe extrinsèque ou intrinsèque. Ex. : La spontanéité est ab intrinseco ; la coaction, ab extrinseco. Faculté (facultas, potentia). Puissance d'agir qui qualifie la substance ; se dit particulièrement des puissances intellectuelles. — DIsTINCTIoNs : Faculté, puissance. La faculté est, à proprement parler, une puissance dont les opérations sont soumises plus ou moins aux ordres de la volonté. Faculté capacité, habitude. Les philosophes écossais regardaient la capacité comme une simple faculté de recevoir, une faculté passive. L'habitude diffère de l'une et de l'autre : elle peut s'ajouter à elles et elle est d'ordinaire le fruit de l'exercice.—AxIoME : Les facultés sont manifestées et spécifiées par leurs actes, c'est-àdire que les facultés sont connues et distinguées par les opérations qui en procèdent ; celles-ci, à leur tour, sont connues par leurs objets. — Telles facultés, telle essence ; car les facultés découlent de la nature ou de l'essence (v. puissance). Localisation des facultés, détermination, dans le cerveau ou ailleurs, du siège des facultés sensibles, telles que la mémoire, l'imagination, et de ce qu'elles impliquent : faculté du langage, souvenir des mots, etc. Fatalisme (fatum, destin). Doctrine qui regarde tout ce qui arrive comme l'effet d'une nécessité aveugle. Le fatalisme nie la liberté de Dieu et celle de l'homme (v. déterminisme). Faux. L'opposé du vrai. — AxIoME : Le faux est fondé sur le vrai (Falsum fundatur in vero), c'est-à-dire toute chose est . vraie d'une vérité métaphysique : elle est ce qu'elle est, avant d'être prise pour une autre et de devenir ainsi un objet d'erreur. * Fechner (loi de). V. psycho-physique. * Fétichisme (fétiche ; du portugais fetisso, objet féé, enchanté). Culte des fétiches, forme la plus dégradée de la religion et du polythéisme. La religion aurait débuté par le fétichisme, suivant les évolutionnistes. * Fidéisme (fides, foi). Sorte de traditionalisme, d'après lequel la foi sert de fondement à la philosophie. Figure (figura). Détermination de la quantité, forme extérieure (v. 683). Si la figure découle de l'essence, de la nature, elle est alors une des propriétés et des plus remarquables : ainsi la figure et la forme humaines. Le mot figure se prend aussi pour symbole, car la forme extérieure est un des signes les plus remarquables et les plus expressifs de la chose. Fin (finis). Ce pour quoi une chose est faite. La fin est donc essentiellement une cause et un bien ; elle est un des principes les plus remarquables de l'ordre (v. 536). — Distinguons ici la fin cujus gratia, la fin quo et la fin cui, c'est-à-dire le

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