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des Vosgés. Les véritables mines sont dans les vignes bien cultivées : elles font de fort bon vin qu'on vend très bien à Båle, et où on le vendroit encore mieux s'il y avoit encore un concile. Il doit considérer que m'étant dépouillé de mon justeau-corps et de mon manteau, il ne me reste quema veste et ma culote, que s'il m'en prive, j'irai tout nud et que je mourrai de froid l’hiver prochain. » Dans une troisième lettre il écrit ainsi qu'il suit à d'Alembert, qu'il appelle son cher philosophe universel : « J'avois envie de faire voir quel est le style convepable à une histoire générale; celuy que demande une histoire particulière; celuy que des mémoires exigent. J'aurois voulu faire voir combien Toiras l'emporte sur Daniel et Clarendon, sur le cardinal de Retz. Pardon, je suis un bavard qui dit ce qu'il auroit dû faire et qui n'a rien fait qui vaille. Si on met votre nom dans un dictionnaire, il faudra vous définir le plus aimable des hommes, c'est ainsi que pense le Suisse V. »

De Voltaire nous arriverons sans transition trop brusque à Piron : «Fréron, dit l'auteur de la Métromanie, avec l'abbé Desportes recommencent à publier leurs feuilles, ce qui leur vaut à peu près 900 liv. par mois. Fréron m'a fait les réponses du monde les plus convenables à mon propos; mais quel fond faire sur les paroles de ces philibustiers ? Je me fie encore plus à ma malice qu'à leur bonté; quoi qu'il en soit, je les attends, et le premier qui branle (vous n'aurez qu'à dire) je le tue. Mon fusil est toujours bandé et ne ratte jamais : oseriez-vous en dire autant de ce que vous savez ? J'en appelleaux dames de Caën...... Un amateur de cette littérature légère a payé 2 liv. 2 sh. la lettre du poète de Dijon.

Nous terminerons cette Revue, en copiant qnelques lignes du genévois Topfer : « Voici le fait, écrit-il à un de ses amis, notr' épouse est grosse jusqu'aux dents, ce qui lui a tant soit peu obscurci la tournure et m'est avis que, environ. novembre prochain, elle sera appelée à se dégrossir soit d'un petit bonhomme quelconque, soit, d'une petite demoiselle jusqu'ici peu connue. »

La vente des livres de M. Lefèvre Dallerange et la dispersion de la bibliothèque du maréchal Sébastiani , nous fourniront prochainement le sujet d'un article. On y pourra reconnoitre que la bibliomanie, loin de s'amoindrir, projète chaque jour de profondes racines qui vont s'étendant au loin. Lorsque tout crouloit autour d'elle, la royauté des Alde, des Etienne, des Elzevier, des Didot, n'a rien ressenti des affreux orages révolutionnaires, qui s'amonceloient puis crevoient en jonchant la terre de débris, seule, par un rare privilége, elle n'a pas eu à souffrir des éclats de la foudre. J. T.

CORRESPONDANCE RÉTROSPECTIVE.

I.

Monsieur, Le journalisme est devenu depuis quelque temps une arme redoutable pour la royauté et les gouvernements qui lui ont succédé; c'est cependant sous les auspices de l'autorité que les premiers journaux parurent et ils en reçurent une protection efficace. On a beaucoup parlé de ces nouvelles scandaJeuses qui amusoient la vieillesse de Louis XV, nouvelles rédigées le plus souvent dans ces maisons de prostilutions, depuis peu rouvertes sous la surveillance de la police à la passion de tous les rangs. La lettre que j'ai l'honneur de vous adresser prouve que peut-être on a exagéré l'importance des cancans sur le journalisme, et que partout, au contraire, les intendants, qui avoient alors la principale autorité, s'efforcèrent de remplir les feuilles publiques de nouvelles importantes, et surtout d'y consigner des recherches scientifques.

Je vous autorise, Monsieur, à faire de cette lettre l'usage que vous jugerez bon, et vous prie de ne voir dans cette communication que la sincère assurance de mon entier dévouement.

A. D'HÉRICOURT.
Arras, 16 août 1851.

Lettre écrite par M. de Caumartin de ses subdėl

10 mars 1767, au sajet de la rédaction de la Ga
France.

Le ministre protége particulièrement, Messieurs, le rédacteur de la Gazette de France et s'occupe des moyens de la meubler des faits et événements qui peuvent intéresser la nation et l'humanité en général par quelque rapport avec l'utis lité publique et piquer la curiosité par leur singularité et leur nouveauté.

Il nous a été écrit, en différents temps, pour nous engager à exciter le zèle de nos correspondants, et quelque étendu que je connoisse celui des miens, j'ai vu avec le même étonnement que le ministre me témoigne, que mon département n'a pas fourni des avis aussi multipliés qu'il l'auroit dû, relativement à son étendue et à son importance.

C'est pour vous engager, Messieurs, à redoubler vos soins dans cette partie que je vous demande un bulletin détaillé de tous les faits qui vous paraîtront porter avec eux quelque caractère d'intérêt ou de rareté, tels que météores, phénomènes de tout genre, découvertes de toute espèce, vies et morts de centenaires, nouveaux établissements, antiquités trouvées, accidents imprévus et dont il peut être utile d'être informé, en in tout ce qui peut intéresser ou plaire.

Vous ne sauriez trop multiplier ou étendre ces détails, au risque même de m'en adresser qui vous paroîtroient pusillanimes. Ce sera à moi de juger si leur importance mérite la publicité et d'être insérés dans les papiers qui peuvent la leur procurer.

Quand ces faits auront, par leur singularité, quelque trait à des connaissances qui vous seront étrangères, tels que météores, phénomènes et autres effets qui vous paroîtront s'écarter des lois ordinaires de la nature, vous pouvez soumettre vos bulletins à quelques personnes versées dans l'étude de cette même

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nature, afin que les détails en soient plus corrects, décrits dans les termes scientifiques et propres, et conséquemment plus satisfaisants et plus sûrs pour le lecteur.

Au reste, comme un des principaux mérites de ces avis dépendent de la nouveauté, vous ne sauriez me les faire parvenir avec trop de célérité, et comme vous savez quand je m’absente de mon département, il sera de votre attention de me les adresser directement à Paris, quand vous saurez que j'y ferai ma résidence.

Je suis, etc.

Extrait du registre aux séances de l'Académie d'Arras, n. 3, pages a

el 3:

NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES

LA BÉATITUDE DES CHRESTIENS, OU LE FLĖO DE LA FOY, ETC.

PAR GEOFFROY VALLÉB.

Le seizième siècle opéra dans les esprits une véritable révolution : des penseurs plus ou moins hardis, professant un souverain mépris pour les doctrines du moyen-âge, introduisirent dans les études philosophiques diverses innovations dont la plupart avoient pour objet un déplorable scepticisme. Ainsi, en voulant secouer le joug du passé, ces novateurs tombèrent dans des erreurs plus graves que celles qu'ils croyoient éviter. Ces hommes, à imagination puissante mais effrénée, n'ont rie établi précisément. Tour à tour audacieux et pusillanimes, tantôt dissimulant leurs opinions avec hypocrisie, quelquefois dévoilant avec une extrème licence leurs pensées les plus secrètes, ces soi-disant philosophes furent pour la plupart les martyrs de leurs innovations; ils soutinrent, au milieu d'affreux tourments, les systèmes les plus erronés.

On connoit les principaux adeptes de ces doctrines préten

dues philosophiques, au seizième siècle. Les souvenirs qui se rattachent aux noms de Lucilio Vanini, de Jordano Bruno, de Campanella, de Fontanier et de bien d'autres encore attestent avec quelle rigueur la justice du temps sévissoit contre l'impiété et l'athéisme, quelquefois même contre des maximes qui n'atteignoient point un si haut degré de déréglement dans les idées. Mon but n'est point de rechercher si le supplice de ces réformateurs fut ou non mérité ; je constate seulement le zèle qu'ils apportoient à la propagation de leurs doctrines. Soigneux de reproduire, dans leur conduite comme par la pensée, l'esprit de l'époque, ils consignoient dans de volumineux écrits leurs dangereuses utopies, ils les signaloient à l'attention, dans leurs chaires, ou bien encore ils les colportoient d'une université à l'autre, comme Jordano Bruno allant des écoles de Paris à celles de Wittemberg et semant partout sur son passage ses chimé. riques principes.

Que de pareils moyens de propagande aient provoqué l'indignation de la justice, on le conçoit jusqu'à un certain point, en faisant la part des circonstances ; mais qu'un écrivain des plus obscurs, dépourvu des qualités capables d'attirer l'attention publique sur sa personne et ses écrits, que cet écrivain ait lui aussi terminé sa carrière au milieu des supplices, on a plus de peine à se rendre compte de cette excessive séyérité.

Tel fat pourtant le sort de Geoffroy Vallée, dont tout le crime fut d'avoir produit un très mince opuscule sur lequel je fixerai bientôt votre attention, après vous avoir dit quelques mots de l'auteur.

Geoffroy Vallée, seigneur de la Planchette, étoit né à Orléans, vers le milieu du seizième siècle, d'une famille recommandable. Son père étoit contrôleur des domaines du roi, et son frère aîné remplissoit la charge d'intendant des finances. Il eut pour petit-neveu Vallée, seigneur des Barreaux, aussi connu par son impiété que par son goût pour les plaisirs, mais qui eut le bonheur de se soustraire, par une conversion éclatante, ay châtiment qui auroit bien pu l'atteindre,

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