Obrazy na stronie
PDF
ePub

servir qu'avec une certaine précaution, quand il s'agit d'en tirer des matériaux pour l'histoire du Japon; mais il y en a un certain nombre écrit par des hommes moins préoccupés, et dont le but était uniquement de nous rapporter ce qu'ils avaient vu dans le pays. Aujourd'hui nous ne manquerons pas de rapports sur tous les sujets qui peuvent nous intéresser dans le Japon; mais la première chose pour l'étudier est évidemment d'en apprendre la langue, et beaucoup d'hommes s'y préparent.

Pour les y aider, M. Pagès a entrepris la Traduction 1 de la grammaire japonaise publiée en hollandais par MM. Donker Curtius et Hoffmann. Ce travail avait été fait au Japon par M. Donker Curtius, soumis par le gouvernement hollandais à M. Hoffmann, qui est la première autorité pour cette langue en Europe, et publié par lui avec beaucoup d'additions, qui souvent étaient assez peu en harmonie avec le fond de l'ouvrage. M. Pagès s'est efforce de donner plus d'unité à ce livre et l'a fait avec beaucoup de ménagements et, je crois, un bon résultat pour le lecteur. Il annonce de plus une reproduction en français 2 du Dictionnaire japonais-portugais publié par les Jésuites à Nangasaki en 1603, ouvrage qui ne s'est conservé qu'en un très-petit nombre d'exemplaires. Les Jésuites n'avaient donné les mots japonais qu'en transcription latine; M. Pagès se propose de rétablir les mots japonais en caractère katakana, et de rendre en français les explications fournies en portugais par les auteurs.

Les Japonais eux-mêmes, qui sont un peuple très-intelli

[ocr errors]

' Essai de grammaire japonaise, composé par M. J. H. Donker Curtius, enrichi d'éclaircissements et d'additions nombreuses par M. J. Hoffman, publié en 1857, à Leyde, traduit du hollandais, avec de nouvelles notes extraites des grammaires des PP. Rodriguez et Collado, par Léon Pagès. Paris, 1861 ; in-8° (xv et 271).

2 Voyez le prospectus, qui porte le titre suivant : Dictionnaire japonais. français, publié par Léon Pagès, contenant : 1° la transcription des mots et exemples japonais ; 2° les caractères japonais; 3o l'interprétation, d'après le dictionnaire japonais-portugais, composé par les missionnaires de la compagnie de Jésus; pour paraitre en quatre livraisons d'environ 200 pages chacune, à Paris, chez Benjamin Duprat. (Le prospectus est accompagné d'un specimen de 3 pages.)

[ocr errors]

gent, tâchent de faciliter leurs communications avec les Européens par des secours littéraires. Jusqu'ici ils n'avaient étudié que le hollandais; mais aujourd'hui ils se préparent à apprendre l'anglais. Ils ont imprimé à Yeddo le Vocabulaire anglo-japonais et japonais-anglais que M. Medhurst avait publié à Batavia, et un Japonais a composé, pour les besoins des marchands, un Manuel anglais-japonais, qu'il a fait imprimer en 1859. Ce manuel a été republié en japonais-hollandais et anglais à Leyde, par M. Hoffmann, sous le titre de Dialogues de l'acheteur et du vendeur 1. Dans tous ces ouvrages élémentaires, on se sert nécessairement du caractère japonais katakana, parce qu'il est distinct et facile à lire; mais les Japonais ne s'en servent pas dans l'impression ordinaire, qui se fait toujours en caractères firakana, qu'il est indispensable d'apprendre aussitôt qu'on veut passer de l'étude des éléments de la langue à celle des livres. M. de Rosny, dans sa grammaire japonaise, a été le premier à analyser ce caractère, qui est cursif, et où les syllabes et les mots sont liés ensemble, de sorle qu'il exige beaucoup d'habitude pour être lu avec une certaine assurance. Il a publié, plus tard, en Hollande, un Manuel de cette lecture ?; mais, par des raisons que j'ignore, le libraire ne l'a pas mis en vente et M. de Rosny en est réduit à en publier une autre édition à Paris. Cependant, comme le japonais s'est incorporé une infinité de mots chinois, qui, écrits en chinois carré, produiraient une grande disparate dans les livres japonais, on a adopté pour les mots chinois aussi une écriture cursive, le tsao, qui réduit les trails plus ou moins nombreux du signe chinois en un seul trait arrondi, qui représente vaguement la forme originaire du signe. Pour lever cette nouvelle difficulté, deux élèves de M. Hoffmann, MM. de Saint-Aulaire et W. Groeneveldt, viennent de faire paraître un Manuel de l’écriture chinoise cursive, telle qu'elle est employée au Japon. Les auteurs ont pris les formes dans

Shopping-dialogues in dutch, english and japanese, published by J. Hoffman. La Haye, 1861 ; in-8° oblong (XIII et 44 pages).

" Manuel de la lecture japonaise, à l'usage des voyageurs et des personnes qui veulent s'occuper de l'étude du japonais, par Léon de Rosny. Amsterdam, 1859 ; in-8° (80 pages).

des dictionnaires populaires japonais, les ont accompagnées des formes chinoises régulières, et les ont classées en deux séries, l'une d'après le nombre des traits chinois, l'autre d'après l'aspect que donne à chaque signe le pinceau des Japonais'. On s'orientera avec plus ou moins de facilité dans cette écriture, selon que l'on a fait des études plus ou moins solides en chinois, études indispensables à ceux qui veulent acquérir une connaissance profonde de la langue et de la littérature du Japon.

JULES MOHL, de l'Institut.

"A Manuel of chinese running-head writing, especially as it is used in Japan compiled from original sources by R. J. de Saint-Aulaire and W. P. Groeneveldt. Amsterdam, 1861; in-4° (1v-1 13 et 60 pages lithographiées).

V SÉRIE. TOME iv. -No 24; 1861. (63* vol. de la coll.) 30

Compte rendu à nos abounés.

Importante décision de la Congrégation du Saint-Office, condamnant sept

propositions de philosophic Ontologique. Nous allions, selon notre coutume, résumer ici les travaux insérés dans ce volume, lorsque nous avons reçu la Revue des Sciences ecclésiastiques, recueil dirigé par M. l'abbé Bouix, sous le patronage de Mgr l'évêque d'Arras , dans laquelle nous avons lu une décision d'une importance majeure pour la question philosophique qui se débat à notre époque, entre les Traditionalistes et les Rationalistes chrétiens, comme ils s'appellent eux-mêmes. Cette décision a pour but la condamnation de diverses propositions Ontologiques, concernant la connaissance immédiate de Dieu, les idées innées, l'être, les universaux, la création, etc.; toutes questions souvent traitées dans les Annales. En voici le texte et la traduction :

Décision du Saint-Office romain. all a été demandé à la Congrégation de la Sainte-Inquisi

a » tion Romaine et Universelle d'inquisition, si les propositions » suivantes pouvaient être enseignées en sûreté.

[re Proposition. La connaissance immédiate de Dieu, au moins habituelle, D est essentielle à l'intellect humain, de telle manière que, » sans elle, on ne peut rien connaître, puisqu'elle est la lu» mière intellectuelle elle-même.

II• Proposition. » Cet Être qui est en tous et sans lequel nous ne compre» nons rien, est l'Étre divin.

A Sanctæ Romanæ et Universalis Inquisitionis Congregatione postulatum est, utrum sequentes propositiones tutò tradi possint :

Propositio Ia. Immediata Dei cognitio, habitualis saltem, intellectui humano essentialis est, ita ut sine ea nihil cognoscere possit : siquidem est ipsum lumen intellectuale.

Propositio IIa. Esse illud, quod in omnibus et sine quo nihil intelligimus, est Esse divinum.

[[• Proposition. » Les universaux, considérés à parle rei, ne sont point dis» tingués réellement de Dieu.

IV• Proposition. » La notion innée de Dieu, en tant que simplement Etre, » renferme d'une manière éminente toute autre connaissance, » de manière que, par elle, tout Être nous est implicitement » connu, sous quelque aspect qu'il soit connaissable.

Ve Proposition. » Toutes les autres idées ne sont que des modifications de » l'idée, par laquelle Dieu est compris simplement comme » Être.

V[Proposition. » Les choses créées sont en Dieu comme la partie dans le » tout, non point dans un tout formel, mais dans un tout in> fini, très-simple, qu'il pose hors de soi comme ses parties, » sans aucune division ou diminution de lui-même.

[ocr errors]

VIIe Proposition. » La création peut s'expliquer ainsi : Dieu, par l'acte même » spécial, par lequel il se comprend et se veut, comme dis» tinct d'une créature déterminée, par exemple l'homme, » produit la créature.

[ocr errors]

Propositio III«. Universalia, a parte rei considerata, a Deo realiter non distinguntur.

Propositio IVa. Congenita Dei, tanquam entis simpliciter, notitia omnem aliam cognitionem eminenti modo involvit, ita ut per eam omne Ens, sub quocumque respectu cognoscibile est, implicite cognitum habeamus.

Propositio Va. Omnes aliæ ideæ non sunt nisi modificationes ideæ, qua Deus tanquam Ens simpliciter intelligitur.

Propositio Vla. Res creatæ sunt in Deo tanquam pars in toto, non quidem in toto formali, sed in toto infinito, simplicissimo, quod suas quasi partes absque ulla sui divisione et diminutione extra se ponit.

Propositio Vlla. Creatio sic explicari potest : Deus ipso actu speciali, quo se intelligit et vult tanquam distinctum a determinata creatura, homine V. Bog creaturam producit.

« PoprzedniaDalej »