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occidentaux sont donc des peuples différents des Tartares ou Joung du Nord, que nous avons déjà vus si souvent faire des excursions en Chine. Leur dénomination placerait leur séjour dans les contrées visitées par Mou-wang, 400 ans plus tôt. La nature de cette coutume ferait penser qu'elle venait des peuples scythes, que l'on sait avoir observé, dès la plus haute antiquité, un semblable usage 1. )

La même cérémonie homicide se renouvelait encore 411 ans après, 210 ans avant notre ère 2.

« Le premier soin de Eul-chi-hoang-ti, après être monté sur » le trône, fut d'ordonner un deuil général et de pourvoir aux » funérailles de son père Tsin-chi-hoang-ti (le brûleur des » livres sacrés). La pompe de cette cérémonie devait sur» passer tout ce qui s'était fait jusqu'alors en ce genre. La » montagne de Li-chan fut choisie pour être le lieu de sa sé» pulture. Le jeune empereur y fit construire un magnifique » tombeau qu'il enrichit de tout ce qu'il trouva de plus pré» cieux parmi les trésors de son père. Il ordonna que toutes » les personnes de l'un et de l'autre sexe qui avaient servi » aux plaisirs et aux amusements de celui qu'il pleurait » eussent à accompagner le convoi. Arrivé à Li-chan, il fit 'd ranger cette troupe de femmes, d'ennuques et de jeunes » efféminés autour du sépulcre, et lorsque le corps y eut été » déposé, il ordonna aux soldats de sa suite de percer de leurs » traits ces infortunées victimes, pour les envoyer servir encore > son père dans le séjour des morts 3. >>

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Il ne nous reste plus qu'une contrée à visiter dans l'extrême Orient, c'est le Japon. Ici encore nous voyons des êtres humains offerts en holocauste aux divinités. Nous allons citer

Voir La Chine, p. 109, par M. Pauthier, dans l'Univers pittoresque de M. Didot.

? C'est l'époque d'Annibal en Italie et d'Antiochus le Grand en Syrie.

s Mémoires chinois, t. II, p. 298. – Voir aussi M. Pauthier, ouvrage cité, p. 229, et le P. Gaubil, ibid. Le P. Mailla n'en fait aucune mention, t. II,

p. 404.

un auteur, qui a réuni en un seul tableau, ce que disent les divers historiens et missionnaires sur ces pratiques.

a Divers voyageurs racontent qu'au Japon les adorateurs du dieu Amida s'imaginenl qu'en se suicidant en l'honneur de cette divinité, ils sont certains d'obtenir une béatitude immense dans l'autre monde. Il n'est donc pas rare qu’un dévot se noie pour donner un témoignage éclatant de sa piété. Il veut donner de l'éclat à l'accomplissement de sa résolution, et il s'efforce de réunir des prosélytes décidés à l'accompagner dans l'autre monde. Il prêche dans tous les carrefours qu'il fait retentir de ses invectives contre la corruption du siècle et les faux biens du monde; il retrace éloquemment les misères qui affligent l'existence de l'homme; il fait un tableau séduisant des récompenses magnifiques réservées à ceux qui meurent pour Amida. Il arrive souvent que l'orateur trouve quelque fanatique dégoûté de la vie et disposé à saisir cette occasion de mourir avec gloire. Les victimes volontaires se dirigent vers un fleuve ou vers la mer; leurs parents et leurs amis les escortent; un grand nombre de bonzes grossissent le cortége. On monte sur une barque réservée pour cet usage : elle est dorée et ornée d'étoffes de soie. L'adorateur d'Amida témoigne sa joie en dansant au son des instruments de musique peu harmonieux en usage dans le pays; il s'attache ensuite de grosses pierres au cou, à la ceinture et aux jambes, et il se précipite dans les flots tête baissée, en récitant certaines prières. — Il existe aussi une autre manière de s'immoler en l'honneur d'Amida : elle consiste à s'enterrer tout vivant. La victime choisit une grotte ayant à peu près la forme d'un tombeau, et si étroite qu'il est impossible de s'y asseoir. Elle s'y enferme; on en mure l'ouverture, en n'y laissant qu'un petit soupirail. Ajoutons que le dieu qu'on pense honorer par de semblables pratiques est habituellement représenté avec la tête d'un chien et monté sur un cheval à sept têtes; elles sont l'emblème de sept mille siècles'. >>

Tel est le tableau que nous offre l'ancien monde dans tout

· Curiosités théologiques par un bibliophile, in-8°. Paris, 1861. Voir de plus : Epistolæ japonicæ d'Aloysius Froes, dans Kircher, OEdipus ægyptiacus, t. II, p. 337, et Alphabetum Tibetanum, p. 132.

l'Orient. Comme nous l'avons dit en commençant, quel qu'ait été le degré de civilisation de tous ces peuples, il n'y a qu'aux adorateurs de Jéhovah qu'il ait été défendu d'immoler des victimes humaines.

Dr BOUDIN.

Traditions primitives.

TABLEAU DES PROGRÈS

FAITS

DANS L'ÉTUDE DES LANGUES, DE L'HISTOIRE ET DES TRADITIONS

RELIGIEUSES DES PEUPLES DE L'ORIENT,

PENDANT LES ANNÉES 1860 ET 1861.

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QUATRIÈME ET DERNIER ARTICLE'. 12. Progrés dans l'histoire de l'Inde. Histoire de l'ancienne littérature sans

crite. Antiquités indiennes. Drames et fables traduits. Publication de textes sanscrits. Catalogue de manuscrits. Manuel de l'astronomic indienne. Traduction du Sura siddhanta. Grammaire et dictionnaire sanscrits.

Je passe aux travaux sur l'Inde et je commence par celui qui remonte le plus haut dans l'histoire de cette littérature : c'est l'ouvrage de M. Max Müller, qui prend l'Inde au commencement de son histoire par les monuments écrits . Ce travail est une introduction aux Védas et traite de toutes les parties, ou plutôt des couches successives de la littérature védique. Il va du connu à l'inconnu ; il commence par les poëmes épiques et prouve qu'ils présupposent, dans la forme sous Jaquelle nous les avons, l'existence du système Brahmanique tel qu'il est sorti des dernières époques de la littérature Védique, puis il remonte à l'époque la plus récente de cette littérature, celle des Sutras, qui supposent l'existence des Brahmanas, lesquels dépendent de l'existence préalable des hymnes qui forment les Védas proprement dits, et qui euxmêmes sont d'époques essentiellement différentes. En remontant ainsi d'époque en époque, il donne les caractères littéraires des ouvrages qui font partie de chacune, montre leurs subdivisions, leur but et leur contenu, leur forme littéraire

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Voir le 3e article au No précédent ci-dessus, p. 341. ? A History of ancient sanskrit litterature, so far as it illustrates the primitive religion of the Brahmans, by Max Müller. Londres, 1859; in-8° (xix, 607 pages).

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et l'état religieux et social auxquels ils répondent; il discute la manière de voir des commentateurs indiens sur tous ces points, et indique l'âge approximatif qu'il croit pouvoir assigner aux différentes époques. C'est là que git la grande difficulté pour tout ce qui est indien, l'absence de dates fixes faisant qu'on est réduit, comme dans la géologie, à établir la série des couches successives et à ne pouvoir leur assigner qu'une durée vague et conjecturale. Pendant toute la période de la ittérature védique à ses différents âges, nous ne trouvons que des dates comparatives et aucune donnée précise; la première date certaine reste toujours celle de Sandracottus, du temps de l'invasion d'Alexandre; au delà tout est incertain; la date même de Bouddha, que l'on était à peu près convenu de placer dans le 6e siècle avant notre ère, est douteuse pourM. Müller. Mais si son ouvrage montre que la chronologie absolue de l'époque védique n'a pas fait beaucoup de progrès, il prouve aussi que la cbronologie relative, le classement des époques, quant à leur antiquité comparative, en a fait de très-grands , grâce à l'étude plus étendue et plus attentive de toutes les classes de la littérature védique. Le but de l'auteur est de donner un tableau de cette littérature multiple, dont la formation a 0ccupé l'Inde pendant de longues périodes successives; il ne traite du contenu de ces livres qu'autant que cela est nécessaire pour montrer à quel état des esprits et de la civilisation dans l'Inde ils correspondent, et quelle influence cet état a exercée sur la forme et la matière des ouvrages qu'il a produits. Les observations de M. Müller sur ces sujets sont pleines de finesse et d'un savoir qui ne se montre qu'autant qu'il est indispensable pour l'argumentation, et le résultat est un tableau du développement de la littérature sacrée chez les Indous, qui produit dans l'esprit l'impression, que les choses, à les prendre d'ensemble, ont dû se passer ainsi, il n'est pas douteux que l'étude continuée de ces textes, dont la plupart sont encore inédits, ne doive donner de nouvelles lumières, remplir des lacunes, et remplacer, par des faits positifs, des parties encore conjecturales. Ainsi on voit déjà, par quelques observations de M. Müller, comment peut s'être fait le passage entre les hymnes et le développement philosophique que l'on

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