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pas. Mais tout ce qui, dans les sectes qui sont sous nos yeux, entre en pleine décomposition et ne se rattache pas à l'Église mère, périra infailliblement. Il y a quinze ans, un grand prédicateur catholique disait que l'arianisme avait duré trois cents ans et que le protestantisme avait aussi parcouru son troisième siècle, mais que les signes de décadence devenaient tels que l'on pouvait annoncer sa ruine prochaine.

En effet, pour un observateur attentif, la Réforme se divise en deux portions profondément séparées. L'une qui se laisse aller à la pente perverse de notre nature. Elle a parcouru tout le cercle des négations. Elle n'a plus rien à nier, puisqu'elle a nié Jésus-Christ. Elle a pour représentants Straus et ses complices, qui sont nombreux même parmi les ministres du saint Evangile. Ceux-là ont dévoré la vérité chrétienne tout entière. Ils n'ont pas même reculé devant le plus énorme paradoxe historique en niant Jésus-Christ non-seulement comme Dieu, mais même comme fait humain. Ils ont mieux aimé à passer pour fous qu'à passer pour chrétiens.

Le ministre qui pense comme Straus doit du moins à sa conscience et à son honneur d'homme de se démettre de ses fonclions. Quand la population aura bien compris ce mensonge, et cela doit bientôt arriver, il n'est pas aisé de dire ce que l'on verra. Mais à coup sûr il faudra retomber dans la nuit de la superstition, ou revenir à l'Église immaculée dans sa doctrine.

Une autre portion dans la Réforme a vu ces tristes conséquences et s'en effraye, et M. Guizol est de ce nombre, son dernier écrit en fournit des preuves nombreuses. De ce côté on revient à la vérité, et ce retour se manifeste en Angleterre par le Puséysme, en Allemagne par des déclarations d'un heureux augure qui ont été entendues il y a quelque temps. Non-seulement le regard perçant de quelques hommes de génie, mais aussi un certain pressentiment parmi les catholiques annoncent une époque heureuse pour l'Eglise par le retour de plusieurs de ses enfants égarés.

M. Guizot fait une supposition;« personne, dit-il, ne saurait » mesurer d'avance l'effet que produirait dans le monde civiolisé la ferme et franche introduction du principe de la liberté,

» (c'est-à-dire de tolérance universelle en matière doctrinale) » dans l'Église catholique. Elle retrouverait beaucoup de force; » car sans cesser d'être elle-même, elle rentrerait en harmonie sociale avec le temps présent et l'avenir. )

Otons les erreurs historiques de cette page et les périphrases inutiles, cela voudra dire : Que serait-il arrivé si le Pape et l'Eglise catholique s'étaient faits protestants ? Ce qui serait arrivé ? Cela est bien simple : l'anarchie, au lieu d'exister sur quelques points serait aujourd'hui la reine du monde, ou plutôt, le fanatisme et la superstition couvriraient déjà de son voile épais tout le ciel religieux de l'Europe.

Hypothèse pour hypothèse : supposons à notre tour ce qui serait arrivé si la Réforme n'avait pas divisé l'Europe. Demandez-le à tous les bons esprits, même à quelques-uns des vòtres. Vous faites d'un seul coup disparaître de l'histoire moderne, la hideuse révolution d’Angleterre, les guerres civiles d'Allemagne et de France, la guerre de trente ans, les antipathies profondes entre des gouvernements qui se sont peu compris depuis qu'ils ont si diversement pensé en matière de religion. Mais le grand malheur a été au point de vue de la civilisation, d'arrêter le mouvement commun et uniforme de toutes les parties de l'Europe vers un même but; toutes les réformes se faisaient d'après un même plan; la Réforme protestante est venue tout briser, et sous prétexte de hâter ces réformes, elle les a rendues impossibles. Le Socialisme qui n'a pas encore dit son dernier mot est la dernière expression pratique de ses lamentables utopies.

En résumé la pensée principale de M. Guizot dans son livre est une noble et vigoureuse protestation contre les iniquités politiques de notre temps. Les questions religieuses et morales qu'il y traite comme par incidence et qui y tiennent trop de place sont en général moins chargées d'erreurs que ses précédents écrits; mais ces erreurs sont encore bien nombreuses et quelques-unes fort considérables. Le nom et la gravité de l'auteur appelaient naturellement la discussion.

L'abbé GAINET.

Histoire de l'humanité.

ESSAI SUR LES SACRIFICES HUMAINS

DANS L’ANTIQUITÉ ET DANS LES TEMPS MODERNES.

« Comment les hommes auraient-ils pu connaitre

» toutes ces choses, si les démons eux-mêmes ne
» les leur eussent enseignées ? »
Πόθεν γαρ ανθρώποις ταύτα παρήν ειδέναι, και

των δαιμόνων αυτών τα περί εαυτών εξει.
πόντων;

(Eusebe, Prépar. évang., l. v, ch. 10.)

QUATRIÈME ARTICLE '.

11.

Des sacrifices humains en Epire. Si quittant Thèbes nous remontons vers le nord de la Grèce, nous trouvons en Epire, sur les bords même de la Méditerranée, Pyrrhus le conquérant malheureux, imbu des mêmes croyances homicides. En effet, pour venger la mort de son fils Ptolémée, tué dans un combat contre les Lacédémoniens, il fait un grand carnage des ennemis, et, ajoute Plutarque, « il » fit ainsi un sacrifice à son fils, et livra cette bataille, comme » des jeux funèbres célébrés en son honneur 2. »

12.

Des sacrifices humains chez les Achéens. Xerxès étant entré en Grèce, vers l'an 480 avant notre ère, traversait l’Achaïe supérieure; or voici ce qu'Hérodote nous dit qu'on lui raconta sur le lieu consacré à Jupiter la phystien :

« Athamas, fils d'Éole, trama avec Ino la perte de Phrixus ; » mais voici la récompense qu'en reçurent ses descendants » par l'ordre d'un oracle. Les Achéens interdirent à l'aîné de » cette maison l'entrée de leur Prytanée, qu'ils appellent

' Voir le 3e article, numéro de Juillet, ci-dessus, p. 45.

3 ο δε Πύρρος ώσπερ εναγισμόν τινα το παιδί τελέσας, και λαμπρόν επιτάφιον αγωνισάμενος.

(Plutarque, Vie de Pyrrhus, c. 31.)

Léilus. Ils veillent eux-mêmes à l'exécution de cette loi. Si > cel aîné y entre, il ne peut en sortir que pour être immolé... » Les descendants de Cytissore, fils de Phrixus, sont exposés à » ce traitement..., parce que Cytissore, revenant d'OEa, ville » de Colchide, délivra Athamas des mains des Achéens, qui » étaient sur le point de l'immoler, pour expier le pays, suivant » l'ordre qu'ils en avaient reçu d'un Oracle 1: »

Le Scholiaste d'Apollonius de Rhodes a assure que cet usage o existait encore de son temps 2. »

Dans la ville de Patra, en Achaïe, on adorait Diane surnommée Triclaria. Là encore nous trouvons le sang humain coulant sur les autels, sur la demande des Oracles.

La prêtresse avant violé son veu de chasteté dans le temple même, la stérilité et les maladies affligèrent toute la contrée, et le peuple ayant eu recours à l'oracle de Delphes, la Pythie lui apprit... « que le seul moyen d'apaiser la déesse était de » lui sacrifier à l'avenir, tous les ans, un jeune garçon et une v jeune fille qui surpassent en beauté tous les autres 3. » Ce n'est qu'après la guerre de Troie que cette immolation fut interrompue.

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13.

Des sacrifices humains chez les Taulentiens. A côté de l'Épire se trouvent les Taulentiens, peuple chez lequel Arrien nous raconte le sacrifice suivant, qui avait lieu en l'année 335 avant Jésus-Christ :

a Se voyant menacés par Alexandre, les ennemis après » avoir immolé trois adolescents, trois jeunes filles et trois » béliers noirs, font un mouvement comme pour en venir » aux mains avec les Macédoniens ; mais, lorsqu'ils se furent » approchés, ils abandonnèrent les lieux qu'ils avaient occu

' Μετά δε, ως εκ Θεοπροπιον 'Αχαιοί προτιθείσι τοίσι εκείνου απογόνοισι αέθλους τοιούστε.... ήν δε εσέλθη, ουκ έστι όκως έξεισι, πρίν ή θύσεσθαι μέλλη... Διότι καθαρμών της χώρης ποιευμένων Αχαιών εκ Θεοπροπιον 'Αθάμαντα τον Αιόλου, και Meldórtwv ulv Quelv, etc. (Hérodote, 1. vii, c. 197.)

2 Ένα των Φρίξον απογόνων εισιέναι εις το πρυτανείον και θύειν τώ ειρημένη Διΐ. (Apollonius, 11, 655; dans l'Hérodote de Wesseling, in-fol., p. 597.)

Καταφυγόντων δε αυτών επί χρηστήριον το εν Δελφοίς, ήλεγχεν η Πυθία... εκείνους τε αυτούς μάντευμα αφίκετο θύσαι τη 'Αρτέμιδα, και ανά πάν έτος παρθένον και saica, ot to giao xảAttrot 90 60 tỷ. (Pausanias, I. VII, Achae, c. 19.

1

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» pés, quelque âpres et forlifiés qu'ils fussent, et l'on y trouva » encore les restes des victimes 1. »

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Strabon note encore l'usage d'un sacrifice humain dans celle même contrée du nord de la Grèce :

« Il y avait, dit-il, chez les Leucadiens, la coutume léguée » par leurs ancêtres, de jeter tous les ans un criminel du » haut d'un rocher, comme sacrifice à Apollon et pour déo tourner sa colère. On entourait ce criminel de toutes sortes » de plumes et d'oiseaux dont le vol devait aider le saut. Au> dessous, on disposait en rond un grand nombre de petites » » barques, dans lesquelles il était reçu autant que cela pouvait » se faire, puis on l'envoyait hors du pays ? »

15.

Des sacrifices humains chez les Thessaliens. Si de chez les Leucadiens nous nous transportons en Thessalie, nous trouvons encore la tradition d'un Oracle demandant des victimes humaines. « Le roi Admète avait épousé D Alceste. Mais dans ses noces, ayant oublié de sacrifier à Diane, » quand il ouvrit sa chambre nuptiale, il la trouva pleine de » serpents. Apollon (qui avait servi sous ce roi), après lui » avoir conseillé d'apaiser la déesse irritée, avait demandé aux » Parques qu'au moment où Admete serait sur le point de > mourir, il pourrait se racheter de la mort, si son père, sa » mère ou sa femme la subissaient volontairement. Lors donc >> qu'il fut sur le point de mourir, comme ni son père, ni sa » mère ne voulaient mourir pour lui, Alceste mourut à sa » place. Koré (Proserpine) la renvoya de nouveau en ce monde; » ou, comme d'autres le disent, ce fut Hercule après avoir » combattu Adès (Pluton) 3. »

'Οι δε πολέμιοι σφαγιασάμενοι παίδας τρείς και κόρας ίσας τον αριθμών και κριούς pédams tpɛīs, etc. (Arrien, Expéd. d'Alexandre, l. 1, c. 5, n. 7.)

2 "Ην δε και πάτριον τοίς Λευκαδίοις κατ’ ενιαυτόν εν τη θυσία του Απόλλωνος, από της σκοπής ριπτείσθαι τινα των εν αιτίαις όντων, etc. (Strabon, Geographie, 1. x, c. 3, p. 694, Amster., 1707, in-fol.)

8 “Αν εκουσίος τις υπέρ αυτού θυήσκειν έληται, πατήρ ή μήτηρ, ή γυνή etc. (ApolJodore, Biblioth. I. 1, c. 9, n. 15; voir en outre Euripide, Alceste, p. 17, 152, Pausanias, Élide, 17, et Hygin, fable 251.

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