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de la vérité connue. --- On fait justice de ce paradoxe : que saint Augustin soit resté au-dessous de Platon dans la distinction du sensible et de l'intelligible. Vraie doctrine de saint Augustin touchant les criteriums de la vérité.

5. - Autres énormités prononcées contre saint Augustin, dans ses rapports avec Platon. - Quelle est la vraie gloire de Platon? – Unique avantage que la religion peut tirer de sa

? philosophie. Ce qu'il a dit de vrai et de beau, il l'a puisé aux traditions. Ses doctrines propres à lui, aussi bien que sa mé thode et sa théorie des idées, sont fausses, absurdes et funestes. Ce sont les titres de sa honte. On résute l'assertion : que

: saint Augustin ait continué et fait progresser la méthode de Platon. — Preuves que saint Augustin n'a pas fait de méthode

. philosophique, mais s'est contenté de placer l'ordre de foi avant l'ordre de raison. CHAP. III. - De la doctrine de saint Augustin sur l'origine des

idées, et de l'opposition radicale de cette doctrine avec celle de Platon sur le même sujet.

6.-Importance du sujet qu'on va aborder.—Saint Augustin réfutant lui-même la calomnie d'avoir suivi l'idéologie impie de Platon, et établissant sa propre doctrine sur le même point. - Saint Thomas démontrant, lui aussi, que la doctrine de saint Augustin n'a rien de commun avec la doctrine de Platon sur les idées. Psychologie de saint Augustin, tout à fait différente, elle encore, de celle du philosophe grec.-Résumé de la philosophie du grand Docteur cbrétien.

7. – Saint Augustin a formellement rejeté la philosophie de Platon. - Réponse à une objection, tirée des éloges que saint Augustin aurait faits plusieurs fois de Platon. Le saint évêque s'est repenti de ces éloges, et les a rétractés. - Grande portée de ces rétractations; preuve frappante qui en résulte en faveur de ce fait : Qu'il n'a nullement été le continuateur de la philosophie de Platon, et que lui attribuer cela, c'est l'outrager. CHAP. IV. De la philosophie de saint Augustin dans ses

rapports avec le dogme chrétien. 8. — Autres passages importants, dans lesquels saint Augustin a énoncé sa doctrine touchant les idées. Pour ce grand

docteur, l'intelligence créée engendre son verbe, comme l'Intelligence incréée engendre le sien, et les idées ne sont ni innées ni vues en Dieu, mais formées par l'intellect lui-même. Cette doctrine est partagée par les Pères de l'Église. - Autres

sublimes analogies que saint Augustin a aperçues entre le Verbe de Dieu et le verbe de l'homme. Encore un beau passage, écrit par lui, dans lequel il confirme le système chrétien sur les idées.

Le P. VENTURA DE RAULICA.

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NOUVELLES ET MÉLANGES.

ITALIE.

ROME. Découverte de la basilique primitive de Saint-Clément et

de peintures chrétiennes du ge et du 6e siècles.

On lit dans la Correspondance de Rome :

« Il y avait plus de mille ans qu'on ne connaissait plus les restes de la basilique de Saint-Clément, ensevelis sous un amas de décombres, lorsque le P. Joseph Mullooly, prieur des Dominicains qui desservent l'église moderne de Saint-Clément depuis le pontificat d'Innocent X, en annonça la découverte en 1857. Le manque de ressources contraignit ce religieux à réclamer l'assistance de la commission d'Archéologie sacrée, et l'on acheva alors le déblaiement de la nef gauche, où les fouilles mirent à jour cing colonnes, dont une de vert antique, et l'autre en marbre appelé breccia di setle basi, ainsi que des fragments du pavé et plusieurs figures peintes à fresque. Les travaux ayant été suspendus en février 1860, on en était réduit à des conjectures sur l'état de l'autre nef, et ce contre-temps surexcitait au plus haut point l'impatience des artistes et des archéologues.

» La semaine dernière, le P. prieur, dont l'activité et le désintéressement ont bien mérité de la science dans cette précivuse découverte, fit déblayer un espace d'environ dix mètres de long sur autant d'élévation, dans la direction de la nef, encore obstruée de terre et de débris. On heurta contre un pilier massif du 5e ou du 6e siècle, selon toute apparence, et entièrement peint à fresque.

» Cette peinture paraît remonter à la même époque et se divise en trois sujets divers et superposés horizontalement, dont celui du milieu occupe la plus grande place et offre un intérêt tout particulier. Il représente l'intérieur d'un temple à colonnes avec des candélabres suspendus aux pleins-cintres. Au milieu de la grande oef se tient debout le saint martyr Clément, les bras élevés, comme le célébrant lorsqu'il prononce Dominus vobiscum, et revêtu des ornements pontificaux, y compris le pallium, tel qu'on le portait alors. A sa droite sont deux acolytes tenant des cierges, un troisième porte un encensoir, et derrière eux, sur un plan plus élevé, quatre personnages tonsurés, probablement le diacre, le sous-diacre et deux évêques appuyés sur le bâton pastoral. Près de saint Clément est représenté l'autel recouvert d'une nappe et supportant un calice avec la patènc et un livre ouvert. Une des pages porte ces mots très-distincts : Dominus vobiscum, et l'autre : Pax Domini sit semper vobiscum. Sept fidèles assistent au sacrifice ; deux d'entre eux sont désignés par les noms SISINIUS et THEODORA, en gros caractères. On sait que ces deux personnages appartenaient à la famille de l'empereur Nerva (96-98), et furent convertis au christianisme par saint Clément. » Au-dessous se lit l'inscription suivante, que nous avons fidèlement copiée :

+ EGO MENODRAPIZA CV MARI UXOR MEA

P. AMORE DEI ET BEATI CLEMENTIS. » Les deux autres sujets occupent moins d'espace, et semblent servir d'encadrement à celui que nous venons de décrire. Celui d'en haut nous offre les portraits des premiers Papes dans l'ordre suivant :

LINUS S. PETRUS S. CLEMENS PP. CLETUS.

:

Malheureusement les têtes ont été effacées, probablement dans la construction de l'église moderne, bâtie sur les ruines de l'ancienne.

» La peinture inférieure représente quatre personnages, dont trois soulèvent une colonne à côté d'un quatrième, dans l'attitude du commandement, et désigné par le mot SISINIUM. Une inscription assez lisible contient ces trois mots : saxa trahere meruisti ; d'autres, placées entre les figures, ne sont point encore complétement déchiffrées. Elles sont en langue grecque, mais les caractères sont romains. Il est évident que le peintre a voulu représenter saint Clément, exilé dans le Pont par Trajan (98-117) et condamné à scier des blocs de marbre en compagnie des chrétiens.

» Nous reviendrons plus tard sur cette découverte, lorsqu'elle aura été mieux étudiée. Rome ne possède point de peinture chrétienne plus ancienne. La simplicité du dessin et des attitudes trahit la main d'un grec. De plus, nous y trouvons les noms des premiers Papes et la forme des vêtements sacrés et profanes de cette époque. Les hérétiques peuvent se convaincre, une fois de plus, que l'Eglise employait déjà, au 5e ou au 6° siècle, les objets liturgiques dont elle se sert encore. »

Versailles. Imp. Beau jeune, rue de l'Orangerie, :36.

405 ANNALES PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE. Numéro 24. Décembre 1861.

DE

Histoire.

ÉTUDE SUR LA PAIX ET LA TRÊVE DE DIEU.

TROISIÈME ARTICLE',

IV. Nous avons conduit jusqu'à son terme, au 136 siècle, l'histoire chronologique de la paix et de la trêve de Dieu ; nous avons vu quelle large part y prirent l'Eglise et la Papauté, nous savons quelles règles et quelle procédure furent suivies pour l'accomplissement du principal objet de cette institution; comment elle substitua le procès et la lutte pacifique à la guerre privée pour le jugement des différends; nous avons vu le roi se plaçant à la tête du mouvement, comme protecteur suprême des associations de la paix. Dès lors, tout changea bientôt de face. Quand les juridictions royales, au 13° siècle, obtinrent une pleine obéissance, l'institution perdit son caractère de nécessité sociale, recula peu à peu, puis disparut

à entièrement. Mais elle avait porté des fruits qui lui survécurent.

L'organisation sociale qui apparaît aux 12° et 13° siècles est, en grande partie, le résultat des efforts de l'Eglise et le produit des associations dont nous avons esquissé l'histoire. Notre tâche semble donc terminée; cependant il n'en est pas ainsi, et nous avons encore à parler des coutumes, des communes, des bourgeoisies, et à montrer le lien direct qui les unit et les rattache par leur origine et leur conservation, à la double institution qui a fait l'objet de ces études.

Occupons-nous d'abord des coutumes. Devant l'insuffisance de la royauté au 11° siècle, l'Eglise fut l'unique pouvoir qui,

· Voir le 2e article au cahier de juin dernier, t. li, p. 432. ve SÉRIE. TOME IV. N° 24; 1861. (634 vol. de la coll.) 26

en présence de la féodalité, osa défendre l'ordre, la paix et le progrès. Au fléau des guerres privées, issues des difficultés entre particuliers, l'Eglise substitua le procès régulier et le jugement. Elle ressuscita, si nous pouvons le dire, la loi civile et l'usage des coutumes, bases sociales de tout peuple; et nous ajouterons qu'elle contribua singulièrement à leur développement pratique.

« Un fait général se produit dans notre histoire nationale et la domine, dit M. Semichon. Jamais les institutions ne périssent entièrement pour faire place à de nouvelles lois. Elles s'altèrent, se modifient, mais laissent toujours leurs traces dans les lois et les usages des siècles suivants.

» Cet empire des traditions orales était la vie de la nation; le roi lui-même, quand sa puissance, à la fin du 13e siècle ou au 14o, atteignit ses dernières limites, ne se croyait pas maître absolu; il reconnaissait, après Dieu, un maître, la coutume, la possession, l'usage ancien; là était le droit; à cet égard, le droit du roi avait la même base, la même origine que le droit des sujets.

» Lorsque les souverains portaient une loi nouvelle, lorsque les peuples se plaignaient des actes de l'autorité, peuples et souverains ne manquaient jamais d'invoquer les anciens usages comme fondement de leurs droits et de leurs plaintes.

» Ce règne des traditions s'est perpétué presque jusqu'à nos jours; nous voulons dire jusqu'à la Révolution de 1789. Le style des remontrances de nos Etats-Généraux et de nos Parlements en témoigne assez. Le roi est le maître, le maître respecté; mais il faut, à chaque époque, qu'il entende la voix de notre vieille France, la voix de nos vieux usages, lui rappeler que notre droit antique, c'est la tradition et la coutume: et qui peut dire que la royauté ait été réellement plus forte, quand elle se crut assez puissante pour faire taire même cette voix qui ne commandait point, mais qui avertissait ? Le respect de la nation pour ces traditions, ces coutumes, ces usages, prenait sa source dans les temps où ils tenaient lieu des lois qui n'étaient pas écrites, et des institutions qui n'étaient point nettement définies.

» La coutume avait ainsi une force que nous ne savons pas

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