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Ces paroles sont en effet l'expression de toute sa vie.

Alors une dernière pensée occupa le P. Ventura, la pensée du successeur de Pierre, du chef suprême de l'Eglise. Il désira recevoir sa bénédiction. Mgr de Versailles adressa à Rome la dépêche suivante :

« Évêché de Versailles, 20 juillet. » Le R. P. Ventura est très-malade; il a été administré » le 18 juillet; il désire recevoir la bénédiction du Saint-Père.

» + PIERRE,

» Evêque de Versailles. » Le 22 juillet, Monseigneur recevait cette réponse :

« Rome, 22 juillet, 10 h. 50 m. matin.

» Monseigneur l'Evêque de Versailles, » Le Saint Père est bien fâché d'apprendre l'état dangereux » du P. Ventura de Raulica; il lui accorde la Bénédiction » qu'il a sollicitée.

» Signé : Cardinal ANTONELLI. W Une autre consolation lui vint encore de Rome; le Général de son Ordre, le P. Cirino, son ami, arriva à Paris lui apportant avec les preuves de l'affection de tout son Ordre, de nouvelles assurances des vœux et des bénédictions du Souverain Pontife.

C'est au milieu de ces preuves touchantes de l'affection et de la grande estime de tous ses amis, que s'éteignit le P. Ventura, le vendredi 2 août, à 10 heures du matin.

Ses obsèques eurent lieu le lundi 6. Mgr de Versailles voulut donner une dernière preuve de son estime et de son affection au grand homne que l'Eglise venait de perdre. Il vint lui-même, la mitre en tête, recevoir le corps à la porte de son église cathédrale, célébra le saint sacrifice et fit l'absoute, entouré de son Chapitre. Puis un second service fut célébré solennellement à l'Eglise des PP. Capucins. L'Internonce de Sa Sainteté, Mgr Meglia, était venu de Paris, pour montrer officiellement l'estime que le Saint-Siège faisait du

P. Ventura. Un grand nombre de prêtres et de laïques étaient venus aussi pour rendre leurs derniers devoirs au défunt. Un journal, la Gazette de France, a remarqué que l'on regrettait de n'y voir aucun représentant de l'Archevêché, ni de MM. les curés de Paris.

Le R. P. Cirino a ramené le corps de son ami, à Rome, où il attend un service solennel digne de lui.

A. BONNETTY.

Enseignement catholique.

LA PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE

POUR FAIRE SUITE A LA TRADITION

PAR LE P. VENTURA DE RAULICA'.

PREMIER ARTICLE.

Cet ouvrage que nous annoncions dans la Notice qui précède, comme étant le dernier composé par le P. Ventura, vient de paraître. Tous ceux qui le liront avec quelque attention, et sans un parti pris d'avance, reconnaîtront qu'il n'y en pas de plus important dans les circonstances présentes. L'anarchie et la confusion la plus complète règnent dans l'enseignement philosophique, même ecclésiastique. Nos lecteurs ont déjà vu qu'un enseignement donné par l'Université catholique belge a été déclaré dangereux, erroné, contraire aux décisions de l'Eglise, par des évêques belges, et par celui des pères jésuites que l'on disait le premier théologien du temps présent; puis ils ont vu que ce même enseignement a été déclaré inoffensif par la sacrée Congrégation de l'Index. Nous donnerons de nouveaux détails sur cette décision, à laquelle les théologiens désapprouvés ne se sont pas soumis. Le P. Ventura traite ces mêmes questions avec une hauteur de vues, et une abondance de preuves qui, nous l'espérons, feront quelque sensation.

Pour que nos lecteurs puissent juger de cette cuvre par eux-mêmes, en la connaissant dans son ensemble, nous allons mettre sous leurs yeux la Table analytique, composée par le R. P. Ventura lui-même, comme nous l'avons déjà fait pour les principaux de ses autres ouvrages.

L'ouvrage forme trois volumes, mais comme les éditeurs en préviennent en tête de leur fer volume, le 3° volume doit être regardé comme le 1er; car le P. Ventura s'apercevant que

| 3 vol. in-8°, chez Gaume frères et Desprez, éditeurs, rue Cassette, 4. Prix : 15 fr.

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l'avant-propos de cxv pages, mis en tête de son 1er volume, d'indiquait pas suffisamment le plan, le but et l'utilité de son livre, et surtout n'exposait pas assez le danger des systèmes philosophiques qui ont prévalu dans l'enseignement, se décida à donner un volume ayant pour titre : Traité des préambules de la philosophie. C'est à la 3e partie de ce traité qu'il travaillait encore quand la mort la surpris. Imprimné après les autres, il doit pourtant être le premier. C'est pour cela que c'est par l'analyse de ce 3° volume que nous allons commencer.

A. B. TOME III. TRAITÉ DES PRÉAMBULES DE LA PHILOSOPHIE.

Introduction. 1.- Ignorance de notre siècle concernant la Vérité, la Raison et la Philosophie. - Pitoyables définitions de la Philoso. phie, données par l'école Cartésienne.

2. — Selon les Rationalistes, l'homme philosopbe n'est sorti que de l'homme-bête. - Horace et Cicéron, témoins de cette tradition de l'école rationaliste ancienne. - Vico et Descartes ont professé la même doctrine. - L'homme-bète et la bête

. philosophe de M. Cousin. — Dégradation du siècle, applaudis

sant de tels hommes.

3. - La science moderne de la vérité est la science ennemie de la vérité. Nécessité de ce traité sur les Préambules de la philosophie. – Plan et division du même Traité. - On y

trouvera la solution des quatre grandes questions du jour, sur la science. Sans ressembler en rien aux cours ordinaires de Logique, il peut assurément en tenir lieu. Ire PARTIE. De la Vérité et de la question du

Naturel et du Surnaturel. CHAP. ler. - De la vérité et de ses différentes espèces. 1. - Qu'est-ce que la Vérité! - La vérité objective et métaphysique, et la vérité subjective et logique. - Dans ce Traité, , il ne s'agit que de la vérité de cette dernière espèce.

2. – Les vérités de l'ordre spirituel et les vérités de l'ordre corporel. -- Preuves que, pouvant être utiles, celles-ci ne sont nullement importantes, et que, seules, celles-là sont né

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cessaires à l'homme et à la société, D'après le langage des philosophes, sous le nom vérité, au sens absolu, on n'entend que les vérités religieuses, métaphysiques et morales.

3.- Les Êtres de Nature, et les êtres de Raison. – Ce que sont les vérités générales et les vérités particulières. CHAP. II. - Des différents états de nature, et du Naturel et

du Surnaturel dans leurs rapports avec la vérité et avec la nature de l'homme.

4.- Les quatre états de Nature de l'homme. - Qu'est-ce que sont le Naturel et l'État de pure nature de l'homme ? Cet état était possible, quoiqu'il n'ait jamais existé. — Ce que, dans l'état de pure nature, aurait été l'homme, par rapport à l'âme, au corps, et à sa dernière fin.

5. - Qu'est-ce que l'Etat de Nature intègre, et de Nature innocente? --- Le premier homme a été créé dans ce double état. - Quelle aurait été dans cet état, la condition de l'homme dans ce monde et dans l'autre?

6. - Etat de la nature déchue et réparée par le Christ. - Ses inconvénients et ses avantages.

7. - Ce qu'est le Naturel et le Surnaturel pour l'homme. - La Révélation primitive et la Révélation évangélique.

8. Les vérités naturelles et les vérités surnaturelles. Dans quel sens les vérités, dites naturelles, sont révélées, aussi bien que les vérités dites révélées, et vice versa. — Résumé de

cette discussion sur la Vérité. 2e PARTIE. De la Certitude, et de la question

du Dogmatisme et du Sens commun. CHAP. Ier. - De la nature de la certitude, de ses degrés, de ses

. criteriums; du dogmatisme, de l'acatalepsie et de leurs nuances, en général.

1. - Importance de la question de la Certitude. - Ce qu'est la Certitude. Elle est Subjective et Objective. – La première est ou Intuitive, ou Discursive, ou d'Autorité. - Le Doute et l'Opinion. - La Foi divine et la foi humaine. L'une et l'autre produisent une certitude vraie et inébranlable. - La Cer

· titude objective est ou métaphysique, ou physique, ou morale.

2. - Le Scepticisme absolu et le Scepticisme académique.Nécessité des criteriums de la certitude. -- Comme il n'y a que

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