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» apostoliques, d'honorer saint Martial, son premier évêque, » du culte et du titre d'apôtre. )

Nous apportons comme dernier complément de nos preuves l'auguste suffrage de Pie IX. Ce Souverain Pontife a rendu, le 18 mai 1854, un décret dans lequel, rappelant l'opinion du tribunal de la sacrée congrégation des Rites, il reconnaît et autorise le titre et le culte d'apôtre dans le fondateur de l'Eglise de Limoges.

Qu'on ne nous accuse pas de traiter légèrement l'opinion des Bollandistes; sans doute le savant Papebrok avait cru devoir se montrer sévère contre les légendes, inais les pères Salméron, Barradas, Delrio, Gretzer, Gaultier, Cornelius à Lapide ont cru pouvoir différer d'opinion avec leur illustre confrère, et je suis autorisé à affirmer que les Bollandistes du 19e siècle ne suivent pas les errements du père Papebrok.

Notre dissertation est terminée. Qu'on nous pardonne d'avoir négligé la forme. Ne pourrions-nous pas dire avec beaucoup plus de justesse que le savant évêque de Tours: sum sine litteris? D'ailleurs notre but n'était pas d'écrire une dissertation purement littéraire. Nous voulions éclaircir un point d'histoire. Pour arriver à ce but, nous avons employé une année entière à feuilleter des livres qu'on ne lit plus, nous avons interrogé cette immense collection des Bollandistes, nous avons demandé au célèbre Baronius l'explication des faits et des dates. Le père Sirmond et une foule d'autres savants auteurs nous ont servi pour la rédaction de ce modeste travail. Toutefois, pour être juste, les auteurs modernes qui se sont courageusement placés à la tête du mouvement historique religieux, ces auteurs, dis-je, nous ont beaucoup aidé, et les abbés Arbellot et Faillon trouveraient dans notre dissertation de nombreux emprunts faits à leurs propres ouvrages. Ils nous pardonneront en faveur du but qui nous a fait agir. Nous voulions, dans la limite de nos forces, réhabiliter la légende velaisienne et par là même glorifier le sanctuaire de NotreDame du Puy, au pied duquel nous avons vu le jour.

Chaque fois que nos regards se portaient sur la statue colossale de Notre-Dame de France, qui bénit la ville et protége la patrie, nous pensions au glorieux fondateur du siége épiscopal du Velay, si dignement représenté par son 95° successeur, dans la personne de Mgr de Morlhon.

Chaque fois aussi que nous étudiions les origines velaisiennes, un nuage épais planait devant nous. Nous avons, d'une main tremblante et novice essayé de lever le voile, et nous serions bien récompensé si ces modestes études inspiraient à quelque intelligence d'élite le pieux désir d'écrire l'histoire impartiale de l'Eglise d’Anis. Dans tous les cas, aux esprits superficiels ou prévenus qui désapprouveraient ce travail, nous répéterons, avec l'abbé Arbellot, ces paroles du grand apôtre: « Tenele traditiones quas didicistis. )

GAB. DE FAGES DE CHAULNES.

Traditions primitives.

TABLEAU DES PROGRÈS

FAITS

DANS L’ÉTUDE DES LANGUES, DE L'HISTOIRE ET DES TRADITIONS

RELIGIEUSES DES PEUPLES DE L'ORIENT,

PENDANT LES ANNÉES 1860 ET 1861.

TROISIÈME ARTICLE'.

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9. Progrès dans l'étude des cunéiformes babyloniens et assyriens.

Grammaire assyrienne de M. Oppert. - Traduction des inscriptions de Borsippa, du caillou, de Michaud, du cylindre de Bellino. Traduction des inscriptions des briques de Babylone, par M. Ménant. Polyphones assy riens, id. Noms propres assyriens, id. Formation des expressions idéographiques, id. Publication des inscriptions cunéiformes, par le Musée britannique.

Je passe à la Mésopotamie et aux progrès qu'a faits l'étude des cuneiformes babyloniens et assyriens. Vous connaissez tous les Eléments de la grammaire assyrienne?, publiés par M. Oppert dans le Journal asiatique, dans lesquels il a exposé, le premier, systématiquement, et réuni en tableaux les formes grammaticales déterminées jusqu'ici, soit par lui-même, soit par d'autres, et dont il regarde la presque totalité comme certaine. Sir H. Rawlinson et M. Fox Talbot ont publié de nouvelles traductions de l'inscription de Borsippa, que M. Oppert avait discutée dans votre Journal 3 il y a quelques années, et M. Talbot a ajouté à son travail une traduction du monument connu sous le nom du caillou de Michaud et du cylindre de Bellino 4. Le

'Voir le 2e article au no précédent ci-dessus, p. 278. ? Éléments de la grammaire assyrienne, par M. Oppert, Journal asiatique, 1860 (février-mars).

Voyez Journal asiatique, année 1857, cah. de juin et d'août-septembre. • Voyez le Journal of the asiatic Society of Great Britain and Ireland vol. XVIII,

cah. 1. Ces deux inscriptions avaient déjà été traduites par M. Oppert dans les Annales, t. XIV, p. 162 et 351 (4e série).

ve SÉRIE, TOME IV. No 23; 1861. (63° vol. de la coll.) 22

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plus actif de tous les assyriologues, s'il m'est permis de forger un nom pour une école qui n'en a pas encore, a été pendant ce temps M. Ménant, à Lisieux. Au commencement il ne faisait qu'exposer les résultats obtenus par M. Oppert, surtout dans la lecture des inscriptions; peu à peu il ajouta ses propres idées à celles qu'il adoptait des autres. Je n'ose pas trop préciser ce qui lui appartient en propre, car je crains de me tromper dans une matière aussi délicate, et de m'exposer à des réclamations de priorité; mais il me semble que déjà, dans ses inscriptions assyriennes sur briques 1 et dans ses observations sur les polyphones assyriens ?, il y a quelque chose de nouveau. Ce dernier traité était tiré d'un travail beaucoup plus étendu et qui a paru un peu plus tard sous le titre de Ecritures cunéiformes 3. C'est une histoire des travaux qui ont préparé la lecture et l'interprétation des inscriptions de la Perse et de l'Assyrie, dans laquelle l'auteur explique avec beaucoup de clarté la voie qu’on a suivie pour résoudre ces problèmes, la part que chacun y a prise, et les résultats principaux auxquels on est arrivé dans la lecture. Il a fait suivre cet ouvrage d'un traité sur les noms propres assyriens 4 et de recherches sur la formation des expressions idéographiques qui rendent si difficile la lecture des noms propres en caractères cunéiformes assyriens ou babyloniens. Il espère donner dans ce Mémoire la preuve que l'on peut lire avec certitude les noms assyriens, même ceux pour lesquels on n'a d'autre secours que les inscriptions mêmes. Enfin il vient de faire paraître le commencement de ses principes élémentaires de la lecture des textes assyriens 5.

M. Menant a la grande vertu de toujours s'attacher, dans ses publications, aux premiers éléments de la lecture si difficile

1

Inscriptions assyriennes des briques de Babylone, essai de lecture et d'interprétation, par J. Ménant. Paris, 1859; in-8° (55 pages avec deux planches).

2 Observations sur les polyphones assyriens, par M. Ménant. Lisieux, 1859; in-8° (15 pages autographiées).

3 Les écritures cuneiformes, exposé des travaux qui ont préparé la lecture et l'interprétation des inscriptions de la Perse et de l'Assyrie, par M. Joachim Ménant. Paris, 1860; in-8°.

* Les noms propres assyriens, recherches sur la formation des expressions idéographiques, par M. J. Ménant. Paris, 1861; in-8° (64 pages).

Voyez la Revue archéologique, année 1861, au mois de juin.

5

des cuneiformes, de prendre une peine infinie à faire comprendre, même aux hommes les plus étrangers à cette étude, les méthodes qu’on a suivies, les difficultés qu'on a rencontrées, les moyens qu'on a employés pour les résoudre ou les tourner, et les ressources que l'on a pour faire de nouveaux progrès. Il s'efforce toujours d'être clair et de se mettre à la place du lecteur, et c'est avec lui qu'on pourra plus facilement discuter les principes et les méthodes de l'école qu'il suit; car il n'est jamais facile de discuter une science nouvelle qui est en train de se fonder, et qui est naturellement sujette à beaucoup de changements. Les esprits inventeurs tiennent généralement plus à aller en avant qu'à s'arrêter pour avertir ceux qui suivent, de sorte que, quand on s'attache à un point pour le discuter, on est toujours exposé à trouver qu'on est déjà dépassé, que peut-être, une nouvelle solution a fait abandonner la première, et qu'il faut de nouveau se mettre au courant. Il en a été ainsi des hiéroglyphes égyptiens, et c'est dans la nature des choses; aussi voyons-nous très-peu de discussions sur les cunéiformes assyriens, sujet qui devrait pourtant les provoquer, et qui en a besoin pour se fortifier et pour lever les doutes qui obsèdent le public savant. Je n'en connais de récentes que deux, une de M. Renan ', et l'autre de M. Schoebel 2. M. Oppert a, je crois, publié une réponse à M. Renan, mais je ne la connais pas, et il est possible qu'il y ait eu des discussions en Allemagne ou en Angleterre qui m'auront échappé. Mais, si l'on trouve peu de discussions, on rencontre d'autant plus de scepticisme passif, et ce n'est pas étonnant, car les difficultés tant de la lecture que de l'interprétation de ces textes sont grandes et multiples, et réagissent les unes sur les autres de la manière la plus embarrassante. Si l'on savait la langue, on se rendrait certainement compte des excentricités apparentes du système d'écriture, ou si l'on était sûr de la lecture, on procéderait avec plus de sécurité à l'interprétation. La seule base certaine que l'on ait sont les inscriptions trilingues, elles ont ouvert une voie que les assyriologues ont suivie avec une sagacité remarquable et souvent avec un talent de combinaison ad

· Voyez Journal des Savants, année 1859 (cah. de février et suiv.). 2 Voyez Revue orientale et américaine, 1860 (n° 27).

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