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Ethnographie catholique.

DE L'UNITÉ D'ORIGINE DU GENRE HUMAIN

EXAMEN CRITIQUE DE L'OUVRAGE DE MM, NOTT ET GLIDDON

(Types of Mannkind.)

QUATRIÈME ARTICLE 1.

CHAP. II. – Des causes qui ont présidé à la formation des .

diverses races humaines. Nous nous sommes efforcé jusqu'a présent de démontrer que les différences qui séparent l'une de l'autre chacune des principales Familles humaines ne sont pas assez considérables pour nous permettre de leur attribuer une origine spéciale; il nous reste maintenant à rechercher à quoi tiennent ces différences et surtout pour quel motif nous ne voyons plus aujourd'hui se former de nouvelles races d'hommes. Serait-ce que les organes de l'homme plus souples dans ces premiers temps et doués d'une sensibilité extrêmement vive, se prêtaient plus facilement qu'aujourd'hui à toutes les modifications que tendent à leur faire subir l'action des agents extérieurs, ou bien devrions-nous voir ici, comme l'ont pensé certains auteurs, le résultat d'une intervention directe de la Divinité qui s'était plu à noircir la peau du nègre et marquer sa face du sceau de la bestialité en châtiment du crime de ses premiers ancêtres ? C'est ce que nous proposons d'examiner dans le cours de ce présent chapitre.

On a longtemps cherché dans le climat, et dans le climat tout seul, l'explication des différences physiques qui séparent l'une de l'autre les races humaines. Cette explicalion est évidemment insuffisante el donne lieu aux plus graves objections. Ne retrouvons-nous pas en effet chez les Indous des rives du Gange des traits presque parfaitement Européens, et d'un au

'Voir le 3e article au numéro de septembre ci-dessus, p. 165. Ve SÉRIE, TOME IV. N° 22; 1861. (63° vol, de la coll.) 17

tre côté, les naturels de Vandiémen, confinés dans une île aussi froide que le nord de la France, n'ont-ils pas gardé leur type Ethiopien et jusqu'à la couleur noire de leur peau, plus fidèlement que certaines tribus de l'Afrique centrale ? Sans doute l'action exercée par une température extrême, par l'état atmosphérique, par l'air extérieur sur le corps de l'homme est considérable, mais pour qu'elle se puisse manifester dans toute sa force, il faut que d'autres causes d'un ordre tout différent viennent se joindre à elle et pour ainsi dire lui servir d'appui.

1" Du genre de vie. - Le premier et le plus puissant des agents modificateurs fut sans aucun doute le genre de vie adopté par chaque peuple, son état relatif de barbarie ou de civilisation, ses habitudes nomades ou sédentaires. Mais d'un autre côté, il est bien difficile d'admettre, malgré lassertion de Buffon à ce sujet, que ce genre de vie lui-même ait été exclusivement subordonné à l'influence du climat. Partout, sous toutes les latitudes, nous rencontrons à côté l'un de l'autre des empires florissants et des tribus incultes et abruties, et d'ailleurs la même nation s'offre souvent à nous suivant les différentes phases de son existence, tour à tour ignorante, savante, grossière ou policée. Quoi qu'il en soit, examinons d'abord l'influence qu'a pu et dû exercer le genre de vie adopté par chaque peuple sur sa manière d'être, soit morale, soit physique; nous rechercherons ensuite quels motifs ont ensuite dû porter telle ou telle nation en particulier, à choisir tel genre de vie plutôt que tel autre. Le lecteur pourra se faire ainsi une idée des causes qui ont amené au sein de notre espèce ces profondes différences de meurs, de traits physiques que nous y remarquons aujourd'hui.

Trois régimes principaux, trois états de société ont depuis les plus anciens temps parlagé la race humaine, ce sont: 1° l'état purement nomade dans lequel l'homme ne possédant presque rien en propre et n'ayant aucune idée ni des travaux de la terre, ni de l'élève des troupeaux, trouve dans la pêche ou la chasse tous les moyens de subsistance; 2° l'état pastoral dans lequel l'homme n'a point encore pris possession définitive du sol par l'agriculture, mais bien que nomade encore, a déjà commencé cependant à faire quelques progrès dans la voie de la civilisation; 3° l'état sédentaire qui, à la vérité, peut se trouver uni comme chez les insulaires de la Polynésie ou quelques tribus américaines, à une organisation sociale fort rudimentaire, mais n'en est pas moins éminemment favorable audéveloppement de l'industrie et aux progrès de la vie policée.

Nous prendrons comme type du premier de ces états sociaux, les misérables populations de la Nouvelle-Galles. Errants par bandes d'une cinquantaine d'individus, les Australiens des environs de Sidney semblaient dépourvus de presque tous les arts qui élèvent l'homme au-dessus de la brute. Egalement ignorants et de l'art de se loger et de celui de se vêtir, ils reslaient constamment exposés aux intempéries des saisons et ne connaissaient d'autre abri que celui que leur fournissaient les arbres de leurs forêts. Chaque tribu possédait sa langue à part qui différait souvent beaucoup de toutes celles des tribus voisines. Toute l'industrie de ces malheureux sauvages consistait dans la fabrication de leurs instruments de chasse et de pêche. Chez eux, la dégradation physique marchait de pair avec la dégradation mórale, leur crâpe était à peine plus développé que celui de l'orang-outang, et ils étaient les plus laids de tous les hommes comme ils en étaient les plus gros-' siers.

Chez les peuples adonnés exclusivement à l'élève du bétail, comme les Tartares et un grand nombre de tribus nègres, les modifications du type primitif sont souvent considérables. Le pasteur en effet ne saurait être sédentaire. Toujours en quête de nouveaux pâturages ou de sources d'eau douce, sans cesse contraint de regagner la montagne pour descendre ensuite dans la plaine, sa vie n'est plus pour ainsi dire qu'une én igration perpétuelle, et suivant les saisons, il lui faut changer de patrie, de climat, d'occupations, de nourriture; on conçoit sans peine les prodigieuses altérations de traits physiques et de conformation extérieure qui au bout d'un très-petit nombre de générations se doivent produire chez des hommes soumis à un pareil régime. Mais ce n'est pas tout encore. L'état pastoral est de plus un état d'isolement; entouré de ses enfants et de ses serviteurs, le possesseur de nombreux trous peaux n'entretient presque aucune relation avec le reste du genre humain. Surtout, il ne se marie guère que dans sa famille; or, les unions entre personnes unies par des liens de parenté même éloignés, de l'avis de plusieurs médecins expérimentés, sont une des causes les plus puissantes de dégradation soit physique, soit morale. Les infirmités de tout genre dont sont affectées cerlaines aristocraties du midi de l'Europe tiennent, assure-t-on, à ce que leurs membres, peu nombreux, ne s'allient jamais qu'entre eux. Nous devons attribuer à la même cause, la fréquence des épilepsies chez les anciennes familles patriciennes de la république de Raguse, et leur laideur proverbiale qui contrastait d'une manière frappante avec la beauté du reste de la population. Il résulte d'un travail statistique fait en Prusse que la folie y est moins commune parmi les Chrétiens que parmi les Juifs, parce que chez ces derniers les mariages entre beaux-frères et belles-sœurs ne sont pas défendus.

Au contraire, les Boranas qui sont les nobles parmi les Gallas doivent, nous assure M. d'Abbadie, la superiorité de leur force musculaire, au soin extrême qu'ils apportent à ne jamais choisir leurs épouses dans leur propre famille. Enfin il n'est pas de fermier qui ne sache que les croisements entre animaux issus d'auteurs commnuns sont souvent inféconds.

Nous prendrons pour exemple de cet état mixte qui unit la vie du chasseur à celle de l'homme sédentaire, celui dans lequel nous trouvons aujourd'hui encore plusieurs des tribus de Peaux Rouges. Elles ont généralement conservé plus de beauté physique et de régularité dans leurs traits que les peuplades pastorales de l'extrême Orient. La vie du chasseur n'est pas aussi retirée ni aussi indolente que celle du pasteur; la nécessité de courir après sa proie, de la prendre à la piste ou de l'attendre aux lieux où elle doit passer, exige de l'Indien un effort perpétuel du corps aussi bien que de l'intelligence. La plupart des tribus américaines se livrent d'ailleurs à la culture de quelques plantes qui ne réclament ni trop de soin ni trop de travail, et résident à poste fixe dans de grands villages palissadés dont elles ne s'éloignent qu'au monient de leurs expéditions de pèche ou de chasse.

C

Enfin l'influence d'une civilisation avancée, bien qu'en général favorable à la conservation des lypes nationaux, n'en est pas moins quelquefois, elle aussi, un agent de modification actif et puissant. Il n'est pas besoin de rappeler ici les effets désastreux du travail des manufactures ou de l'excès des boissons alcooliques. Quelques médecins attribuent à cette dernière cause le changement qui s'opère dans le teint d'une partie des populations de l'Angleterre et de la France. Aujourd'hui dans toute la haute Normandie, les cheveux blonds et les yeux bleus deviennent, assure-t-on, aussi rares qu'ils étaient communs il y a un demi-siècle.

2° De l'influence du climat. - Nous venons de voir quelle est l'influence exercée sur le physique de l'homme par son genre de vie, ses habitudes et son état social. C'est par toutes ces causes réunies qu'il faut à notre avis expliquer le prognathisme des Nègres, la longueur démesurée des membres par rapport au corps, le développement de la face et celui de la masse encéphalique qui forment, à vrai dire, le caractère distinctif de toutes les races dégénérées. Le climat au contraire n'opère que d'une manière secondaire et toute passive. Son aclion a besoin, comme nous l'avons fait observer plus haut, d'être soutenue par des influences d'un ordre tout différent. Sans doute, c'est la chaleur intolérable des régions tropicales qui a donné au Nègre ses cheveux courts el crépus, ses grosses lèvres, son expression de figure comparée par un naturaliste à la grimace d'un homme qui regarde le soleil. On remarque en effet chez les peuples méridionaux appartenant à la race blanche comme une légère tendance à se rapprocher du type éthiopien. Les Andalous, les Kabyles, ont les lèvres un peu plus charnues, la peau plus foncée, les cheveux plus courts et plus frisés que les nations du nord de l'Europe, mais il y a bien loin encore de ces faibles indices d'altération à un changement total de race, et si le Nègre n'avait pas été prédisposé par son genre de vie, ses habitudes sauvages, à céder presque sans résistance à toutes les influences physiques auxquelles il a pu être soumis, il ne différerait pas plus aujourd'hui de nous que n'en diffèrent l'Indou et le Sémite d'Abyssinie.

De même que le type nègre est le type propre aux races

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