Obrazy na stronie
PDF
ePub

10. -- » Je suis venu, je l'ai accordé de frapper les peuples de Nubie; ta puissance s'étend jusqu'à... Je leur ai fait voir la majesté semblable à tes deux frères divins '; j'ai réuni leurs bras sur loi pour le donner leur puissance.

» Tes deux sœurs ? je les ai placées derrière toi pour te secourir. Mes bras sont levés pour repousser de toi tous les maux. C'est moi qui te protége, ô mon fils chéri! Horus, taureau valeureux qui règnes dans la Thébaïde, toi que j'ai engendré (en vérité ?), Toulmès, doué d'une vie éternelle ! (Tu as?) rempli tous mes désirs : tu as élevé mon temple en constructions éternelles, tu l'as rendu plus vaste qu'il n'en avait jamais existé. La porte principale... (lacune du monument)... plus magnifique qu'aucun des souverains tes prédécesseurs. Je t'ai ordonné de la faire et j'en suis satisfait. - Je suis établi sur le trône d'Horus pour des milliers d'années, étant ton image vivante... pour l'éternité. »

Ces derniers mots paraissent être la réponse du roi, car Horus, suivant les traditions mythologiques, avait régné en Egyple, après sa victoire sur Typhon.

En examinant avec soin les indications renfermées dans ces 10 versets, on s'aperçoit que l'auteur de cette allocution parcourt successivement les quatre points cardinaux, et qu'il a choisi les peuples les plus importants dans chaque direction. C'est bien le monde entier, autant du moins qu'il leur était connu, que les flatteurs de Toulmès prétendaient renfermer dans le cercle de son empire. Nous avons cependant de la peine à croire, même sur la parole d'Ammon, que les forces navales de l'Egypte eussent dès lors pénétré jusqu'à l'Océan : mais il faut reconnaître que des peuples tributaires assez nombreux étaient placés du côté du couchant, et ce fait est de nature à donner de la valeur aux récits mythologiques des Hellenes louchant les anciennes colonies venues d'Egypte sur divers points des côtes de la Médilerranée.

6.-Indépendamment de ces grands monuments historiques, les objets de toute nature que les fouilles ont accumulés dans

1 Set et Horus, les deux dieux guerriers. ? Les déesses Isis et Nephthys, seurs d'Horus et de Set.

le musée du vice-roi dépassent le nombre de 12,000, et cette riche collection pourra donner matière à de sérieuses études pendant bien des années. Nous avons dû nous borner à signaler à votre attention les points les plus saillants, mais nous ne pouvons néanmoins nous résoudre à passer sous silence les papyrus nouvellement réunis au musée du Caire. Les livres de l'Egypte antique, il y a quelques années, à peine osions-nous prononcer ces mots devant vous; mais aujourd'hui, grâce aux progrès de la science, nous pouvons l'affirmer, sans craindre les démentis de l'ignorance ou même les doutes raisonnés de la critique, oui, nous possédons des manuscrits rédigés vers l'époque Moïse recevait dans le palais du pharaon tous les éléments des lettres et des sciences de l’Egypte. D'autres écrits, provenant d'un âge bien plus ancien encore, nous ont également été conservés. Une littérature abondante et variée, dont les tombeaux nous ont gardé de curieux échantillons, florissait en Egypte au temps des Hébreux : hymnes sacrés, fragments épiques, documents civils ou judiciaires, livres de recettes médicales ou de formules magiques, lettres privées, traités de morale, contes et légendes, ou compositions purement littéraires, telle est la variété des sujets que l'on rencontre dans l'ensemble des papyrus antiques. De ces vieux livres, nous pouvons traduire aujourd'hui des portions plus ou moins considérables, suivant la difficulté des sujets ou les obscurités du style. Permettez-nous, en terminant, de consacrer ici quelques lignes à l'un des nouveaux papyrus qui font partie de la collection du vice-roi.

Il s'agit d'un recueil de préceptes relatifs à la morale et à la conduite prudente, honorable et religieuse qui doit distinguer l'homme bien élevé. Nous connaissions déjà quelques modèles de ce genre d'ouvrages. Les conseils que contient le papyrus du musée du Caire sont adressés par un hiérogrammate nommé Ani, à son fils Chonshotep. Voici la traduction d'un paragraphe qui ne nous a pas semblé indigne de l'estime accordée par les Grecs à nos sages Egyptiens.

« Le sein de l'homme est comme la salle du tribunal qui » conlient toutes sortes de réponses; fais un choix de paroles » gracieuses et que le mal reste enfermé en toi. Celui qui ré

[ocr errors]

» pond durement, repousse...; l'homme à la parole douce est » aimé. Garde-toi de donner une réponse frauduleuse à ce» lui qui l'interroge, Dieu discerne la vérité, et son châtiment > vienl. En apportant tes offrandes à ton Dieu, garde-toi de » faire ce qu'il défend !... Si tu le diriges en son nom, il » donnera à tes esprits une condition élevée : car il agrandit » ceux qui le glorifient. »

Dans le paragraphe suivant, l'auteur s'adresse au dieu Schou, ou la lumière du soleil. Ce symbole éclatant de l'action divine était depuis longtemps identifié avec le Dieu créateur lai-même, et l'Egyptien ne distinguait plus nellement, dans ses hommages, l'astre qu'il voyait chaque jour, du Dieu suprême, « unique, invisible, inaccessible, générateur éternel, o existant par lui-même et créateur de tous les êtres, » dont les hymnes antiques lui enseignaient cependant toutes ces sublimes définitions.

« Schou est le Dieu de ce monde, dit notre manuscrit, il est » au-dessus des cieux, et de ses images sur la terre. L'encens p leur est offert chaque jour, lorsqu'il éclate à son lever. C'est » lui qui multiplie les pains, c'est lui qui l'a donné ta mère. » Elle a porté de nombreux (enfants) et je n'en ai pas (perdu)? » Elle ta enfanté lorsque les mois furent accomplis; suspen» du à son col, elle a mis sa mamelle dans la bouche pendant » trois ans. (Les soins les plus rebutants n'ont pas dégoûté

. » son cæur?). Et lorsque j'ai dit : Allons, il faut le mettre à » l'école, lorsque tu apprenais les Ecritures, chaque jour elle Détait chez ton maître, apportant les pains et les boissons de

sa maison. Tu es (grandi?), tu t'es marié et tu as pris ta mai» son. Tourne tes yeux vers les enfants qui le sont nés; agis

en toute chose comme l'a fait ta mère et rends-leur (les >> soins) qu'elle t'a porlés. Elle n'a pas levé ses mains vers le

Dieu, que (déjà) ses prières sont exaucées. »

La condition élevée que les Egyptiens accordaient à la femme, à la maîtresse de maison, comme elle est habituellement qualifiée, se reconnaît facilement dans tous les monuments privés. L'épouse et la scur sont constamment associées à tous les actes de la vie civile et religieuse, et le nom d'un personnage est presque toujours suivi du nom de sa mère.

[ocr errors]

Ces babitudes expliquent les sentiments délicats exprimés dans notre papyrus. Peut-être nos études favorites influencent-elles ici notre jugement; mais il nous semble retrouver, dans les conseils de notre hiérogrammate, et dans celte peinture des sentiments de la famille prise au plus près de la nature, quelque chose de cette majesté donce et de ce sentiment profondément humain qui nous charme dans les récits de la Genèse.

[ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors]

Origine des peuples.

LES PEUPLES D'ÉTHIOPIE,

D'APRÈS LES ÉCRIVAINS GRECS.

La question de l'origine des peuples est toujours la grande question philosophique, et nous pouvons ajouter, chrétienne. Car le Christianisme est fondé sur la fraternité générale de l'humanité ayant un seul père, l’Adam de la Bible. Tout ce qui tend à prouver cette thèse doit intéresser nos lecteurs. Il y a des auteurs qui prétendent que toute la nation et la science égyptiennes viennent du midi de l'Afrique, de Ethiopie; en sorte que la civilisation ne serait pas venue du centre de l'Asie, mais on ne sait de quel centre de l'Afrique. Cette question a été traitée par un des rédacteurs des Annales dans un Mémoire sur les connaissances des anciens dans la partie de l'Afrique comprise entre les tropi. ques, adressé à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, qui lui a accordé une mention honorable. M. Robiou, qui en est l'auteur, a bien voulu nous communiquer l'extrait suivant de son mémoire, encore inédit.

A. B.

[ocr errors]

Hérodote. Les émigrations égyptionnes en Éthiopie. Le plus ancien des historiens grecs qui nous restent, parcourant les traditions des peuples divers qui devaient figurer dans son récit des guerres Médiques et se trouvant amené à propos des Egyptiens et des Perses à parler des races Éthiopiennes, montre là une fois de plus la sincérité de ses récits et la bonne soi de sa critique par l'extrême sobriété des détails qu'il offre sur ces contrées lointaines où l'inconnu tout à la fois excitait l'imagination et déjouait le contrôle de la science hellénique alors naissante. Il sait que, dans l'Éthiopie, le climat est brûlant, et que les hommes y sont noirs 1. Il a ous parler d'un grand marais ou étang dans lequel débouche le Nil et dont les bords sont occupés par des nomades, et plus de cinquante journées au delà, en remontant le fleuve, on arrive, dit-il, à Méroé, capitale de tout l'empire, où Jupiter et Bacchus sont adorés 3. Les Automoles ou Asmach, c'est-à-dire les guer

Hérodote, 11-22. 2 Ibid., 11 29. 3 Ibid., 11-29

[ocr errors]
« PoprzedniaDalej »