Obrazy na stronie
PDF
ePub

1

DE SAINT THOMAS

SUR LES QUATRE ÉVANGILES.

IN NIIN

LE SAINT ÉVANGILE DE JÉSUSCHRIST

SELON SAINT MATTHIEU.

CHAPITRE IX.

Jésus, étant monté dans une barque, repassa le lac, et vint à sa ville. Et

comme on lui présentait un paralytique couché dans un lit, Jésus, voyant leur foi, dit à ce paralytique : Mon fils, ayez confiance, vos péchés vous sont remis. Aussitôt, quelques-uns des scribes dirent en eux-mêmes : Cet homme blasphème. Mais Jésus, ayant connu ce qu'ils pensaient, leur dit : Pourquoi avez-vous de mauvaises pensées dans vos cours? Lequel est le plus aisé, ou de dire : Vos péchés vous sont remis, ou de dire : Levez-vous, et marchez? Or, afin que vous sachiez que le fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés : Levez-vous, dit-il alors au paralytique, emporte: votre lit, et vous en allez en votre maison. Il se leva aussitôt, et s'en alla à sa maison. Et le peuple , voyant ce miracle, fut rempli de crainte, et rendit gloire à Dieu de ce qu'il avait donné une telle puissance aux hommes. S. Chrys. — Le Christ, plus haut, a montré son pouvoir par son en

SANCTI THOMÆ AQUINATIS

EXPOSITIO CONTINUA
SUPER QUATUOR EVANGELISTAS.

SANCTUM JESU CHRISTI EVANGELIUM

SECUNDUM MATTHÆUM.

CAPUT IX. Et ascendens Jesus in naviculam, transfreta-1 peccata tua; an dicere : Surge et ambula?

vil, et venit in civitatem suam. Et ecce Ut autem sciatis quia Filius hominis habet offerebant ei paralyticum jacentem in lecto. potestatem in terra dimittendi peccata, tunc Videns autem Jesus fidem illorum, dixit | ait paralytico : Surge, tolle lectum tuum, paralytico : Confide, fili, remittuntur tibi et cade in domum tuam. Et surrerit, et peccata tua. Et ecce quidam de scribis | abiit in domum suam. Videntes aulem turbæ dixerunt intra se : Hic blasphemat. Et cum timuerunt, et glorificaverunt Deum , qui dedit vidisset Jesus cogitationes eorum, dixit : Ut| talem potestatem hominibus. quid cogitatis mala in cordibus vestris ? Quid est facilius dicere : Dimittuntur tibi Chrys,, in hom. (31, in Malth.. lions,

seignement, car il a enseigné comme ayant pouvoir d'enseigner; dans la guérison du lépreux, en lui disant : « Je le veux , soyez guéri;) en accomplissant cette demande du centurion : « Dites à la parole, et mon serviteur serafguéri; » sur la mer, à laquelle il a mis un frein par sa seule parole; par les démons qui l'ont confessé. Ici de nouveau et par une manifestation plus grande, il va forcer ses ennemis à avouer qu'il est l'égal de son Père en dignité. C'est ce qui est raconté dans le passage suivant : « Et Jésus, montant dans une barque , traversa la mer et vint dans sa cité. » C'est dans une barque qu'il va traverser la mer, lui qui pouvait la traverser à pied, car il ne voulait pas faire sans cesse des miracles pour ne pas rendre douteuse la vérité de son incarnation. - S. JEAN, évêque (1). — Le créateur de toutes choses, le Seigneur de l'univers, du moment que pour nous il se fut resserré dans les limites de la chair, eut une patrie dans la société humaine, devint citoyen d'une ville juive, eut des parents, lui de qui viennent tous les parents, afin qu'ils fussent attirés par l'amour, ceux que la crainte avait dispersés.

S. CHRYS. — Capharnaüm est dit ici sa ville, car il y avait la ville de sa naissance, qui était Bethléem ; celle de son enfance, Nazareth ; Capharnaüm était son séjour ordinaire. – S. Aug. — Ou bien : saint Marc nommant Capharnaüm l'endroit que saint Matthieu appelle ici la cité du Seigneur, il y aurait en cela une véritable difficulté si saint Matthieu nommait Nazareth; mais, ainsi que toute l'étendue de l’empire romain, composé de régions si diverses, est désignée par le nom de cité romaine, la Galilée dans laquelle se trouvait Nazareth a pu être appelée la cité du Christ, et l'on ne peut contester que l'évangéliste ait pu dire que le Sauveur était venu dans sa cité dans quelque ville de la Galilée qu'il fût venu. D'autant plus que Capharnaüm dominait loute cette région et en était considérée comme la métropole. — S. JÉR. – Ne pensons pas que la cité du Christ ait été autre que Nazareth, et c'est pour cela qu'il fut appelé Nazaréen.-S. Aug. — Et dans cette explication nous devons admettre que saint Matthieu aura omis tout ce que Jésus avait fait dans sa ville, et qu'il ne l'aura pris qu'au moment où il vint à Capharnaüm, par la narration du paralytique qu'il y guérit. Ainsi il arrive souvent que l'on omet les faits intermédiaires, et que l'on commence le récit d'un fait comme immédiat sans marquer la transition. C'est de cette manière que l'évangéliste ajoute tout de suite : « Et on lui présentait un paralytique couché sur un lit. »

(1) C'est plutôt dans saint Pierre Chrysologue appelé, lui aussi, l'évêque ; c'est dans son sermon 60e que quelques-uns attribuent à saint Chrysostôme, qu'on a voulu peutêtre aussi désigner par le nom de Jean l'évéque. Le bréviaire le cite comme de saint Chrysologue au quinzième dimanche après la Pentecôte, le seizième après l'octave de la Trinité d'après les frères prêcheurs.

travit superius Christus suam virtutem per nostra angustavit in carne, cæpit habere doctrinam, quando docuit eos ut potestatem humanam patriam, cæpit civitatis judaicæ habens; per leprosum, quando dixit : Volo, esse civis, parentes habere cæpit, parentum mundare; per centurionem, qui dixit : Dic omnium ipse parens; ut attraheret charitas verbo, et sanabitur puer meus; per mare, quos disperserat metus. quod verbo refrænavit; per dæmones, qui Chrys., in hom. (30, in Matth.). Civieum confitebantur ; hic autem rursus alio tatem autem suam hic Capharnaum dicit : majori modo inimicos ejus cogit confiteri alia enim eum susceperat nascentem, scilicet æqualitatem honoris ad Patrem. Unde ad Bethlehem; alia eum nutrivit, scilicet Nahoc ostendendum subditur : Et ascendens zareth ; alia autem habuit continue habiJesus in naviculam, transfretavit, et venit tantem, scilicet Capharnaum. Aug., De in civitatem suam. Navigium autem intrans cons. Evang. (lib. 2, cap. 25). Vel aliter : pertransit, qui pede mare poterat pertrans quod Matthæus hic scribit de civitate Doire : non enim semper mirabilia volebat mini, Marcus autem de Capharnaum, diffifacere , ne incarnationis noceat rationi. cilius solveretur, si Matthæus Nazareth noJOAN, Episcop. Creator autem rerum, orbis minaret : nunc vero cum potuerit ipsa terræ Dominus, posteaquam se propter nos Galilæa dici civitas Christi, quia in Galilæs

S. Chrys. — Ce paralytique n'est pas celui dont parle saint Jean au chapitre ve, car ce dernier se trouvait dans la piscine (1), celui-ci à Capharnaüm; celui de l'Évangile saint Jean n'avait personne pour le servir, tandis que celui-ci recevait les soins de plusieurs personnes qui le portèrent à Jésus. — S. JÉR. — On le lui porta sur un lit , car il était incapable lui-même de venir vers le Sauveur. – S. Chrys. — Il n’exige pas toujours la foi des malades, par exemple des insensés ou de ceux dont l'âme est absorbée par l'excès de la douleur ; c'est pour

(1) Le mot grec xohuponspa veut dire lieu où l'on s'exerce à la nage, mais il est évidemment question ici de la piscine.

erat Nazareth (sicut universum regnum tinuo sequatur, quod sine ulla prætermisromanum in tot regionibus constitutum sionis significatione subjungunt : et hoc dicitur modo romana civitas) quis dubitave-modo hic subditur : Et ecce offerebant ei rit, ut veniens in Galilæam Dominus recte paralyticum jacentem in lecto. diceretur venisse in civitatem suam, in Chrys., in hom. (30, in Matth.). Paraquocunque esset oppido Galilææ? præsertim lyticus autem hic alter est præter eum qui quia et ipsa Capharnaum ita extollebatur in in Joanne ponitur (c. 5) : ille quidem in Galilæa, ut tanquam metropolis haberetur. natatoriis jacebat, hic autem in CapharHIER. Vel civitatem ejus non aliam intelli- naum; et ille famulis carebat, hic autem gamus quam Nazareth : unde et Nazarenus habebat eos qui sui curam habebant, qui et appellatus est. Aug., De cons. Evang. (lib. 2, portantes eum attulerunt. HIER. Obtulecap. 25). Et secundum hoc dicimus Mat- runt autem ei jacentem in lecto, quia ipse thæum prætermisisse quæ gesta sunt postea ingredi non valebat. Chrys., in hom. (ut quam Jesus venit in civitatem suam, donec sup.). Non autem ubique ab ægris solum veniret Capharnaum, et hic adjunxisse de quærit fidem, puta cum insaniunt, vel aliter Sanato paralytico; sicut in multis faciunt ab ægritudine in excessu fuerint mentis . prætermittentes media, tanquam hoc con- unde subditur : Videns autem Jesus fidem.

cela qu'il est dit : « Or Jésus voyant leur foi. » — S. JÉR. — Non la foi de celui qui lui est présenté, mais de ceux qui le lui présentent. – S. CHRYS. — En présence d'une si grande foi, il fait éclater lui-même sa puissance, le déliant de ses péchés par la plénitude de son pouvoir. Et il dit au paralytique : « Ayez confiance, mon fils , vos péchés vous sont remis. - S. JEAN, évêque (1). — Combien vaut auprès de Dieu la foi personnelle, lui qui a reconnu tant de prix à celle qui n'etait qu'étrangère, foi qui l'engage à guérir le malade à l'intérieur et a l'extérieur ! Le paralytique entend son pardon et se tait, ne répond par aucun remerciment, car il visait plus à la guérison de son corps qu'à celle de son âme. C'est avec raison que le Christ jeta les yeux sur la foi de ceux qui portaient le malade plutôt que sur la sottise de ce dernier. -S. CHRYS. — Ou bien était grande la foi de ce malade, car s'il n'avait pas cru, il n'aurait jamais permis qu'on le descendit par le toit, ainsi que nous le lisons ailleurs.

S. JÉR. — O admirable humilité! le délaissé et l'infirme, celui qui est anéanti dans tous ses membres, il l'appelle son fils, pendant que les prêtres dédaignent de le toucher! Ou bien il l'appelle certainement ainsi parce qu'il lui a remis ses péchés. Ici il nous est donné à comprendre que presque toutes les maladies sont le résultat des péchés, et c'est probablement pour que la santé arrive après la disparition des causes de la maladie qu'il lui remet d'abord ses péchés.

S. CHRYS. — Ces scribes voulant le diffamer, le firent briller sans le vouloir, car le Christ se servit de leur jalousie pour faire éclater son miracle, et c'est la marque de la surabondance de sa sagesse qu'elle

(1) Même observation que tout à l'heure.

illorum. HIER. Non ejus qui offerebatur, | Evangelista dicit (Marc., 2, et Luc., 5) per sed eorum qui offerebant. CHRYS., in hom. tectum, non credens. (ut sup.). Quia igitur tantam ostendunt HIER. O mira humilitas! Despectus e: fidem , monstrat et ipse suam virtutem, debilem, totis membrorum compagibus discum omni potestate solvens peccata : unde solutum, filium vocat, quem sacerdotes non sequitur : Dixit paralytico : Confide, fili, dignantur attingere : aut certe ideo filium, remittuntur tibi peccata tua. Joan. Episc. quia dimittuntur ei peccata sua : ubi datur Quantum valet apud Deum fides propria, nobis intelligentia, propter peccata plerasapud quem sic valuit aliena : ut intus et que evenire corporum debilitates : et idcirco extra sanaret hominem? Audit veniam et forsitan prius dimittuntur peccata, ut causia tacet paralyticus, nec ullam respondet gra- debilitatis ablatis, sanitas restituatur. tiam, quia plus corporis quam animæ ten- Chrys., in hom. (in Matth.). Scribe debat ad curam. Merito ergo Christus offe- | autem diffamare volentes, etiam nolentes rentium respexi fidem, non vecordiam fecerunt clarere quod factum est : eorum jacentis. Chrys., in hom. (30, in Matth.). I enim æmulatione ad signi ostensionem tisus Vel erat magna fides etiam hujus infirmi : est Christus : hoc enim est superabundannon enim permisisset ve submitti, ut alius 1 tia ejus sapientiæ, qnod sua per inimico

« PoprzedniaDalej »