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S. CHRYS. - Remarquez qu'il ne leur donne pas encore tout, car il ne leur donne pas de connaître quel est le plus digne, mais il leur dit d'examiner pour le savoir. En ajoutant: « Et ne sortez pas de là,» il leur ordonne non-seulement de chercher les plus dignes, mais leur choix une fois fait, de ne plus changer, et cela afin de ne pas contrister celui qui les a reçus, et de ne pas s'attirer à eux-mêmes le reproche de légèreté ou de gourmandise. - S. AMBR. — Les apôtres doivent chercher leur hôte sans se presser pour ne pas avoir de raison de changer, mais les mêmes précautions ne sont pas commandées à celui-ci, car son hospitalité pourrait perdre de son prix par les hésitations de son choix.

« Lorsque vous entrerez dans une maison, vous saluerez en disant: Paix à cette maison. » — LA GLOSE. — C'est comme s'il disait : « Demandez la paix pour votre hôte pour endormir toute sa répugnance contre la vérité. » — S. JÉR. — Ces paroles renferment le salut ordinaire de la langue syriaque et de la langue hébraïque, car le mot tout à la fois hébreu et syriaque salemalach ou salamalach , qui répond à l'ave des latins et au kayre (xoripe) des Grecs, veut dire : la paix soit avec vous. Or, ce précepte du Seigneur revient à ceci : En entrant dans une maison, priez pour la paix de cette maison , et autant que vous le pourrez, apaisez les discordes qui y règnent. Si c'est la lutte qui vous reçoit, vous recevrez votre récompense pour cette paix que vous aurez offerte, et ceux qui l'auront refusée conserveront la guerre. « Si cette maison en est digne, votre paix viendra sur elle; si elle n'en était pas digne, votre paix vous reviendra. » — RÉMIG. — Ou bien il y aura un prédestiné à la vie, et il suivra le Verbe divin qu'il vient d'entendre;

CHRYS., in homil. (33, ut sup.). Intende Ignantia contra veritatem. HIER. In hoc sutem quia nondum omnia eis tribuit : ne-etiam occulte salutationem hebræi ac syri que enim eis largitur ut sciant quis sit sermonis expressit. Quid enim græce dicidignus, sed jubet scrutari. Non solum au- tur Chære (22ps), et latine Are, hoc hetem dignos jubet quærere, sed neque de domo | braico syrogu z sermone appellatur Salemain domum transmutari, cum subdit : Et ibi | lach, sive Salamalach, id est, par tecum. manete donec exeatis; ut neque suscipien- Quod autem præcipit, tale est : Introeuntes tem contristent, neque ipsi opinionem acci autem , pacem imprecamini hospiti, et piant levitatis, aut gulæ. AMBR., sup. Luc. (quantum in vobis est) discordiæ bella sedate. cap. 9). Non ergo otiose domus, quam in Si autem orta fuerit contradictio, vos mergrediantur apostoli, eligenda decernitur, ut cedem habebitis de oblata pace; illi qui hamutandi hospitii causa non suppetat : non bere noluerunt, bellum possidebunt : unde tamen eadem cautio receptori mandatur, ne sequitur : Et si quidem fuerit domus digna, dum hospes eligitur, hospitalitas minuatur. veniet pax vestra super eam. Sin autem non

Sequitur : Intrantes autem in domum, fuerit digna, pax vestra ad vos revertetur. salutate eam dicentes : Pax huic domui. REMIG. Quia scilicet aut erit quisque præGLOSSA (interlin.). Quasi diceret : Pacem destinatus ad vitam, et coeleste verbum sehospiti precamini, ut sopiatur omnis repu- quitur, quod audit ; aut si nullus audir :

mais s'il n'y a personne qui ait voulu l'entendre, la parole du prédicateur n'en restera pas inutile pour cela, car la paix lui reviendra à lui lorsqu'il recevra du Seigneur la récompense pour son @uvre. S. CHRYS. — Le Seigneur leur apprend à ne pas s'appuyer sur ce qu'ils sont les docteurs des autres pour attendre leur salut, mais de leur faire honneur en les prévenant. Ensuite il leur montre que leur salut sera une véritable bénédiction , en leur disant : «Si cette maison n'était pas digne. )) - RÉMIG. — Le Seigneur ordonne à ses disciples de se faire précéder de ce salut de paix, afin que ce salut détermine lui-même quels sont les hôtes et les maisons dignes d'eux, et c'est comme s'il leur disait ouvertement : Offrez la paix à tous, car ceux qui la recevront se déclareront dignes, et indignes ceux qui la refuseront. Ce salut doit précéder l'entrée , quoiqu'il y ait eu déjà un choix fait sur l'opinion générale , afin que les prédicateurs soient plutôt appelés à cause de leur dignité que reçus parce qu'ils se seraient introduits eux-mêmes : ce peu de mots, annonce de la paix, leur suffiront pour découvrir si la maison et l'hôte sont dignes d'eux.

S. Hil. — Les apôtres saluent la maison avec un sentiment de paix, mais ils expriment plutôt la paix qu'ils ne la donnent. La paix du Seigneur , qui sort des entrailles de sa miséricorde , ne viendra sur les habitants d'une maison que s'ils s'en sont montrés dignes; que si cette maison de mérite pas de la recevoir, cette paix ne laissera pas sortir son mystère de la conscience des apôtres dans laquelle il l'a renfermé. La seule malédiction éternelle reste à ceux qui ont rejeté les préceptes du Christ, et cette malédiction leur est annoncée par le départ des apôtres, et parce qu'en sortant ils secouent la poussière de leurs pieds. «Et quiconque ne vous recevra pas et ne voudra pas écouter votre parole, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds. » En restant dans un lieu, on paraît conserver des relations avec ceux qui l'habitent. Mais lorsque l'on a secoué la poussière de ses pieds, tout le péché reste à cette maison, et le séjour des apôtres se trouve n'avoir eu aucun résultat pour sa guérison. — S. JÉK. — Cette poussière , qui tombe des pieds, est un témoignage que le zèle des apôtres a passé par là, qu'ils sont passés dans cette cité , et que leur prédication s'y est fait entendre. Ou bien elle exprime que l'on ne doit rien recevoir, pas même le nécessaire, de ceux qui méprisent l'Évangile. — RABA. — ,Ou bien les pieds des apôtres expriment l'æuvre et la marche de la prédication apostolique. Cette poussière qu'ils répandent est une figure de la légèreté de la pensée humaine. Les docteurs les plus élevés ne peuvent pas en être tout-à-fait exempts, étant sans cesse préoccupés et inquiets de ce qui peut agir sur leurs auditeurs, et comme sur toutes les routes de ce monde, ils ramassent dans leur prédication la poussière de cette terre, mais avec leurs pieds seulement. Or, ceux qui méprisent leur doctrine tournent en témoignage pour leur condamnation tant de travaux, de dangers, et les ennuis de tant de préoccupations. Ceux , au contraire, qui accepteront sa parole, sauront trouver des leçons d'humilité dans les peines et les soucis que pour eux ont supportés ceux qui les ont évangélisés. Et afin que cela ne passe pas pour une faute légère de ne pas recevoir les apôtres, le Sauveur ajoute : « Je vous le dis en vérité, au jour du jugement le sort de Sodome et de Gomorrhe sera plus tolérable que celui de cette ville.»-S. JÉR.- Carla prédication

voluerit, ipse prædicator sine fructu non, hospes, tamen salutandus est; ut magis erit ; quia ad eum pax revertitur, quando sua dignitate prædicatores vocentur, quam ei a Domino pro labore sui operis recom- ultro se ingerere videantur : hæc autem pensatur. CHRYS., in hom. (33, in Malth.). pax paucorum verborum ad totam exploraInstruit ergo eos Dominus quod non prop- tionem dignæ domus, vel hospitis, potest ter hoc exspectent ab aliis præsalutari, quia referri. docebant, sed antecedere salutatione, alios HILAR. Salutant ergo apostoli domum honorando. Deinde monstrat quod non est cum pacis affectu, sed ita ut potius pax eis sola salutatio, sed benedictio, per hoc quod dicta sit quam data : porro autem propriam, dicit : Si autem non fuerit digna. REMIG. quæ viscera miserationis sunt, non oportere Docuit ergo Dominus discipulos suos offerre in eam venire, nisi sit digna ; quæ si digna pacem in introitu domus, ut salutatione reperta non fuerit, sacramentum pacis ce pacis eligeretur domus digna vel hospes : ac lestis intra propriam apostolorum consciensi patenter diceret : Omnibus offerte pacem; tiam est continendum; in eos autem qui quia aut accipiendo, dignos, aut non acci- ccelestis regni præcepta respuerint, egressu piendo, indignos se manifestabunt : quam- apostolorum et signo pulveris & pedibus vis enim fama populi dignus electus sit excussi, æterna maledictio relinquatur : unde sequitur : Et quicunque non receperit | immunes esse nequeunt, cum pro auditorivos, neque audierit sermones vestros, exeun- bus solliciti salubribus curis incessanter tes foras de domo vel civitate, excutite pulve- intendunt; et quasi per itinera mundi, uno rem de pedibus vestris. Existenti enim in calcaneo terræ pulverem legunt. Qui ergo loco, cum loco videtur esse communio. To spreverint doctrinam docentium, sibi labores tum ergo peccatum illius domus excusso pul- et pericula tædiumque sollicitudinum ad vere pedum relinquitur, nihilque sanitatis de testimonium suæ damnationis inflectunt ; insistentium apostolorum vestigiis mutua- qui vero receperint verbum, afflictiones cutur. HIER. Pulvis etiam excutitur de pedibus rasque doctorum quas pro se tolerabunt, in in testimonium laboris sui, quod ingressi sint argumentum sibi vertunt humilitatis. Et ne civitatem , et prædicatio apostolica ad illos levis culpa videatur esse apostolos non reusque pervenerit, Sive excutitur pulvis, ut cipere, subdit : Amen dico vobis, tolerabinihil ab eis accipiant, nec ad victum quidem lius erit terræ Sodomorum et Gomorrhæonecessaria, qui Evangelium spreverint. RAB. rum in die judicii quam illi civitati. HIER. Vel aliter : pedes discipulorum ipsum opus Quia Sodomitis et Gomorrhæis non fuit incessumque prædicationis signant. Pulvis prædicatum; huic autem cum prædicatum vero quo asperguntur, terrenæ levitas est sit, non recepit Evangelium. REMIG. Vel cogitationis; a qua etiam summi doctores quia Sodomitæ et Gomorrhæi inter vitia

Der est pas fait entzodre à Sidome et Gomorrhe, tandis que la ville dont 1 at vi de la pes recte lorsqu'elle est présentée. - RÉMIG. - ou bien parce quilet dit qu'an milien de tous les vices de la chair, les habitants de Sodome et cans de Gomorrbe étaient restés hospitaliers, quique les bites quils sont dits avoir reus de fussent pas des apitres. – 3. JÁR. – Si done le sort de la terre de Sodome sera plus tolérable que celui de cette cité qui ne mrut pas ! Evangile, c'est que les supplices ne sont pas les mêmes pour tous les pécheurs. - RÉMIG. - Si les villes de Sodome et de Gonorrhe sont specialement citées ici, c'est quil n'y a rien de plus détestable aux yeu de Dieu que les péchés contre nature, peebés qui attirerent la destruction sur le monde entier au jours du déluge, et plus tard sur les quatre villes renversées, péchés pour lesquels les hommes tous les jours sont punis de mani divers.

S. HIL. — Au sens mystique, il faut voir ici un enseignement du Seigneur par lequel il nous éloigne des liaisons et de toute intimité avec les personnes ou qui se déclarent contre le Christ, ou qui lignorent. Dans chaque ville, demandez qui est digne de vous recevoir, c'est-à-dire demandez s'il y a là une église et si le Christ y a une habitation, et ne passez pas outre, car c'est là une maison qui mérite que Fous vous y arrêtiez; c'est le Juste qui en est l'hôte. Il devait s'en rencontrer beaucoup parmi les Juifs, dont l'attachement pour la loi était si grand que, malgré leur foi au Christ motivée par ses miracles, ils ne pouvaient pas sortir des cuvres de la loi. D'autres devaient ne faire que simuler leur conversion de la loi à l'Évangile, et ne venir à celui-ci qu'attirés par le désir curieux d'expérimenter cette liberté qu'il promettait. Il devait y en avoir enfin qui, égarés par leur intelligence, devaient être entraînés par elle dans l'erreur. Et comme tout cela se revêt à tort du faux pom de vérité catholique, il faut se prémunir et n'agir qu'avec prudence jusque dans cette maison digne de nous recevoir, l'Église catholique (1).

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carnis et hospitales fuisse leguntur (Genes., miliaritatibus, qui Christum aut insectantur, 19), quamvis non tales hospites receperint, aut nesciunt; et in quacunque civitate irsicut apostolos. HIER. Si autem tolerabi- terrogare quis eorum habitatione sit dignus; lius erit terræ Sodomorum, quam illi civitati, id est , sicubi Ecelesis sit, et Christus quæ non recepit Evangelium, ergo inter habitator, neque quoquam alibi transire; peccatores supplicia diversa sunt. REYG. quia hæc est domus digns et justus hospes. Specialiter tamen Sodomorum et Gomor- Judæorum autem plures erant futuri, quorhæorum mentionem fecit, ut per hoc de- rum tantus in favorem legis affectus esset, mopstraret quia illa peccata sunt Deo magis ut quamvis per admirationem operum in odibilia, quæ fiunt contra naturam; pro Christum credidissent, tamen in legis opequibus deletus est mundus aquis diluvii ribus morarentur; alii vero explorands (Gen., 6 quatuor civitates subversæ(Gen.,19), libertatis quæ in Christo est, curiosi, transet mundus quotidie diversis malis affligitur. ire se ad Evangelia ex lege essent simula

HILAR. Mystice autem instruit nos Domi- turi; multi etiam in hæresim per intellinus non immisceri eorum domibus aut fa- gentiæ perversitatem traducerentur : et quia istiusmodi omnes penes se esse verita- discerent præscientiæ eius virtutem; setem catholicam mentiuntur, domo ipsa (id cundo, ut nullus suspicaretur quoniam est, Ecclesia catholica) caute utendum est. propter imbecillitatem magistri hæc eis

Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents

comme des serpents, et simples comme des colombes. Mais donnez-vous de garde des hommes. Car ils vous feront comparaitre dans leurs assemblées, et ils rous feront fouetter dans leurs synagogues; et vous serez présentés à cause de moi aux gouverneurs et aux rois, pour leur servir de témoignage aussi bien qu'aux nations.

S. CHRYS. — Après avoir banni toute sollicitude du cậur de ses disciples et les avoir armés de l'éclat de leurs miracles, il leur dit enfin quels sont les dangers au milieu desquels ils sont envoyés. D'abord, il leur montre ainsi sa vertu de prescience, ensuite il les prémunit ainsi contre le soupçon que tout cela leur arrive par la faute du maître, et contre l'étonnement qu'ils auraient éprouvé si tout cela leur était arrivé inopinément et à leur insu. Enfin, c'est pour qu'ils ne soient pas ébranlés aux jours de la croix. Pour leur montrer qu'il leur donne des règles nouvelles pour le combat, il les envoie tout nus et leur ordonne de demander leur nourriture à ceux qui les reçoivent. Il ne s'arrête pas là, et ces mots leur ouvrent des aperçus nouveaux sur sa puissance : « Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups.» Remarquez que ce n'est pas seulement aux loups qu'il les envoie, mais au milieu des loups, afin que sa force éclate davantage lorsqu'on verra les brebis vaincre les loups au moment même où elles en sont

(1) Le texte de saint Hilaire n'est ici qu'abrégé, mais le sens est tout entier dans la eitation.

supervenirent mala; tertio, ut ipsi sustiEcce ego milto vos sicut oves in medio lupo - nentes non obstupescerent, dum inopinabi

rum : estote ergo prudentes sicut serpentes, liter et præter spem evenirent; quarto, ut el simplices sicut columbæ. Cavete autem hoc audientes non turbentur in tempore ab hominibus : Iradent enim vos in conci- crucis. Deinde ut discant quoniam nova liis, et in synagogis suis Nagellahunt vos; hæc prælii lex est, nudos etiam mittit et a et ad præsides, et ad reges ducemini propter suscipientibus jubet cibari : neque in hoc me, in testimonium illis et gentibus. sistit, sed ulterius suam virtutem ostendit,

dicens : Ecce ego mitto vos sicut oves in CHRYS., in hom. (34, in Matth.). Quia medio luporum, etc. Ubi considerandum, superius apostolorum removit sollicitudi- quod non simpliciter ad lupos, sed in medio nem et signorum suorum ostensione eos luporum mittit; ut sic suam virtutem magis armavit, consequenter prædicit eis mala que demonstret, cum oves lupos superaverint, debebant eis contingere : primo quidem, ut etiam in medio luporum existentes ; et

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