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dinaire, ceci n'aurait aucune portée : il n'est pas au pouvoir de la pierre de devenir terre, ni du chemin de ne pas être un chemin, ni de l'épine de ne pas être une épine; mais lorsqu'on le transporte dans le royaume des àmes et des doctrines, ceci est d'une merveilleuse application : il est possible à la pierre de devenir terre grasse, au chemin de ne plus être foulé aux pieds, et aux épines de ne pas être arrachées. Tout ce qui perit de semence est au compte de la terre qui l'a reçue, c'est-à-dire de l'âme, et ne prouve rien contre le semeur; lui, il ne faisait attention ni au pauvre ni au riche, ni au sage ni à l'ignorant; mais il s'adressait indistinctement à tous, remplissant son ministère autant que cela dépendait de lui, prévoyant le moment où il pût répondre : « Qu’ai-je dû faire que je n'ai pas fait? » C'est pour cela qu'il ne dit pas en terme ordinaire que les paresseux ont reçu telle partie de la semence et l'ont laissé perdre, que les riches en ont reçu telle autre partie et l'ont laissée suffoquer, que les lâches en ont reçu telle partie et l'ont laissée se perdre; il n'a pas voulu les frapper vivement, afin de ne pas les mettre en défiance (1). Par cette parabole il a voulu aussi apprendre à ses apôtres que si, parmi ses auditeurs, il y en a beaucoup qui se perdent, ils ne doivent pas pour cela abandonner leur ministère, puisque le Seigneur qui prévoyait toutes choses n'a pas laissé que de jeter sa semence.

S. JÉR. — Remarquez que c'est ici la première parabole et qu'elle est suivie de son explication, et toutes les fois que le Seigneur a expliqué lui-même ses propres paroles, il faut prendre garde de ne pas entendre autre chose ni plus ni moins que ce qu'il a dit. — RAB. — Ce

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tierialibus non haberet utique rationem : susceperunt desides, et perdiderunt; hæc non enim est in potestate petra fieri ter- autem divites, et suffocaverunt; hæc autem ram ; neque viæ non esse viam; neque spinæ molles, et perdiderunt; quia noluit eos non esse spinam : in animabus autem et vehementer tangere, ut non in diffidentiam doctrinis multam habet hoc laudem : pos- mittat. Per hanc etiam parabolam discipusibile enim est petram fieri terram pinguem, los erudit, et si plures audientium cos et viam non ultra conculcari, et spinas fuerint qui pereant, ut non propter hoc destrui. Quod igitur plus seminis periit, desides sint, quia nec propter hoc Dominus non est ab eo qui seminat, sed a susci- qui omnia prævidit, destitit a seminando. piente terra, id est, ab anima : ipse enim HIER. Observa autem hanc esse primam qui seminat, non divitem, non pauperem parabolam, quæ cum interpretatione sua discernit, non sapientem, neque insipien- posita est; et cavendum est ubicunque Dotem, sed omnibus loquebatur, quæ a seipso minus exponit sermones suos, ne vel aliud, erant, complens ; prævidens tamen quae vel quid plus vel minus præsumas intellifutura erant, ut liceat ei dicere : Quid me gere, quam ab eo expositum est. RABA. oportuit facere, et non feci (Esai., 5) ? Ideo Quæ vero nostræ intelligentiæ dereliquit, autem non dicit manifeste quoniam hæc perstringenda sunt breviter. Via est mens

qui est réservé à notre propre explication, nous allons le parcourir rapidement. La voie, c'est l'âme pleine de zèle, foulée et desséchée sous les pas des mauvaises pensées; la pierre, c'est la dureté de l'àme audacieuse; la terre, c'est la facilité de l'âme obéissante; le soleil, c'est l'ardeur de la persécution qui sévit. La profondeur de la terre, c'est l'honnêteté de l'âme qu'ont formée les célestes enseignements. Nous avons déjà fait remarquer que les mêmes choses n'ont pas toujours le même sens dans l'interprétation allégorique. – S. JÉR. — Toutes les fois qu'un discours est suivi de ces paroles : « Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende, » nous sommes prévenus par là de lui donner toute notre attention. -- RÉMIG. — Les oreilles pour entendre, ce sont les oreilles de l'âme qui doivent servir à l'intelligence et à l'action de ce qui concerne les commandements de Dieu.

Ses disciples, s'approchant, lui dirent : Pourquoi leur parlez-vous en paraqu'elles entendent. Car je vous dis en vérité que beaucoup de prophètes et de justes ont souhaité de voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, et d'entendré ce que vous entendes, et ne l'ont pas entendu.

boles ? Et leur répondant, il leur dit : C'est parce que, pour vous autres, il vous a été donné de connaitre les mystères du royaume des cieux; mais pour eux, cela ne leur a pas été donné. Car quiconque a déjà, on lui donnera encore, et il sera dans l'abondance; mais pour celui qui n'a point, or lui ôtera même ce qu'il a. C'est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu'en voyant ils ne voient point , et qu'en écoutant ils n'entendent ni ne comprennent point. Et la prophétie d'Isaie s'accomplit en eur , lorsqu'il dit : Vous écouterez de vos oreilles, et vous n'entendrez point ; vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le cour de ce peuple s'est appesanti , et leurs oreilles sont devenues sourdes, et ils ont fermé leurs yeux de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n'entendent, que leur cour ne comprenne; et que s'étant convertis, je ne les guérisse. Mais pour vous, vos yeux sont heureux de ce qu'ils voient , et vos oreilles de ce

sedula, malarum cogitationum meatu trita | qui enim habet, dabitur ei, et abundabit; qu atque arefacta; petram, duritiam protervæ autem non habel, et quod habel auferetur ab mentis ; terram, levitatem animæ obedien eo. Ideo in parabolis loquor eis, quia ctis; solem, dicit fervorem persecutionis dentes non rident, et audientes non audiunt sævientis. Altitudo terræ est probitas ani neque intelligunt, ut adimpleatur in eis mæ disciplinis cælestibus institutæ : in qua prophetia Esaiæ dicentis : Audilu audietis, expositione diximus, quia nequaquam ipsa et non intelligetis ; et ridentes ridebitis, ti res in una eademque significatione semper non videbitis, Incrassalum est enim cor po allegorice ponuntur. HIER, Provocamur puli hujus, et auribus graviter audierunt, autem ad dictorum intelligentiam, quoties et oculos suos clauserunt, nequando rideant his sermonibus commonemur qui sequun oculis, et auribus audiant, et corde intellitur: Qui habet aures audiendi audiat. gant, et convertantur, et sanem eos. Vestri REMIG. Aures audiendi sunt aures mentis, autem beati oculi , quia vident ; af mires scilicet intelligendi et faciendi quæ jussa vestræ , quia audiunt : amen quippe dico sunt.

vobis, quia multi prophetæ et justi eupis

runt videre quæ videtis, et non viderunt, et El accedentes discipuli dixerunt ei : Quare in audire quæ auditis, et non audierunt.

parabolis loqueris eis ? Qui respondens ait illis : Quia vobis datum est nosse mysteria Glossa. Intelligentes discipuli esse regni cælorum, illis autem non est datum : obscura quæ a Domino populo dicebantur,

LA GLOSE (1). — Les disciples, voyant que dans les paraboles du Seigneur il y avait quelque obscurité, voulurent l'empêcher de parler en paraboles. C'est pour cela qu'il est dit : « Et ses disciples, s'approchant de lui, lui dirent.) – S. Chrys. — Il faut en ceci admirer les disciples qui , malgré le désir qu'ils ont de s'instruire, ne l'interrogent pas devant tout le monde. C'est ce que nous montre S. Matthieu par ces mots : « Et s'approchant.» S. Marc exprime cette réserve d'une manière plus significative encore en disant « qu'ils s'approchèrent en particulier.) — S. JÉR. — L'on peut se demander comment ils purent s'approcher du Seigneur, qui était dans la barque: on peut l'entendre dans ce sens, qu'étant dans la barque avec le Seigneur, ils lui demandèrent l'explication de la parabole. - RÉMIG. — L'évangéliste dit qu'ils l'approchèrent pour marquer qu'ils l'interrogèrent; ils ont pu s'approcher aussi de lui, et pour cela il suffisait qu'il y eût entre eux et lui l'espace le plus étroit.

S. CHRYS. - Remarquez aussi la droiture de leur cæur: préoccupés qu'ils sont de ceux qui les entourent, ils cherchent avant tout ce qui concerne le prochain; ils ne lui disent pas : Vous nous parlez en paraboles, mais: Vous leur parlez en paraboles. Or, le Seigneur, leur répondant, leur dit : « Il vous est donné à vous de connaître le royaume des cieux. )--RÉMIG. — A vous, dis-je, qui me suivez et qui croyez en moi. Il appelle mystères du royaume des cieux la doctrine évangélique.

(1) Non pas dans la Glose, mais dans saint Anselme.

voluerunt Domino intimare ne parabolice dentes, ut ostenderet quod sciscitati sunt: loqueretur : nnde dicitur : Et accedentes sive poterant accedere corpore; quamvis discipali dixerunt ei, etc. Curys., in hom. esset aliquod vel breve spatium inter eos. 146, in Matth.. Ubi dignum est admirari CHRYS., in homil. (46, ut sup.). Considiscipulos , quare discere cupientes, sciunt deranda est autem et eorum rectitudo, quaquando interrogare oporteat : non enim liter multam pro aliis habent curam ; et coram omnibus hoc faciunt : et hoc osten- prius quæ aliorum sunt quærunt; et tunc dit Matthæus, cum dicit : Et accedentes : quæ sunt ipsorum : non enim dixerunt : Marcus autem manifestius demonstrat, di- In parabolis loqueris nobis, sed, in paracens (cap. 4) quod singulariter accesserunt. bolis loqueris illis : qui respondens ait illis Ilier. Quærendum est autem quomodo quia vobis datum est nosse mysterium accedant tunc ad eum , cum Jesus in navi regni cælorum. REMIG. Vobis, inquam, sedeat? Nisi forte intelligatur, quod dudum qui mihi adhæretis et in me creditis. Myscum ipso navem conscenderint, et ibi stan- teria enim regni cælorum appellat evangetes super interpretatione parabolæ sciscitati licam doctrinam ; illis autem, scilicet qui sint. REMIG. Dicit ergo Evangelista, acce- foris sunt, et in eum credere nolunt (scri

Or, il n'est pas donné de connaître cette doctrine à ceux qui sont au dehors, et qui ne veulent pas vivre en lui, à savoir les scribes, les pharisiens et autres , qui persévèrent dans leur incrédulité. Il faut done, avec les disciples, nous approcher du Seigneur avec un caur pur, afin qu'il daigne nous interpréter la doctrine évangélique, d'après cette parole : « Ceux qui approchent de ses pieds recevront de sa doctrine D (1).

S. CHRYS. — Il dit cela non pas pour exprimer une fatalité ni une nécessité, mais voulant montrer que ceux qui n'ont pas reçu ce don sont eux-mêmes la cause de tous leurs maux, et pour montrer que connaître les divins mystères est un bienfait de Dieu, et un bienfait qui descend d'en haut. Cependant le libre arbitre n'est pas pour cela détruit; au contraire, il est affirmé par les paroles qui suivent; car le Seigneur, afin de ne pas désespérer les uns, et de ne pas laisser tomber dans la paresse spirituelle ceux qui ont reçu ce don, nous montre que le principe de ces dons vient de nous, en ajoutant que « celui qui a, on lui donne encore.» C'est comme s'il disait : Celui qui aura le désir et le zèle, tout ce qui vient de Dieu lui sera donné; au contraire, celui qui en est privé et qui n'apporte pas sa propre participation, celui-là ne recevra pas les choses de Dieu; ce qu'il a lui sera enlevé, non pas par Dieu, mais par lui-même qui se sera rendu indigne de ce qu'il possède; déjà d'où nous devons conclure que si nous voyons quelqu'un entendre la parole de Dieu avec paresse, et que, malgré nos efforts, nous ne puissions pas lui persuader l'attention, nous n'avons qu'à nous taire. En insistant nous ne ferions que rendre plus intense sa paresse (1). Au contraire, celui qui désire apprendre, nous l'attirons facilement et le rendons capable de recevoir beaucoup. La parole de l'Évangile : «Celui qui paraît avoir, » est fort remarquable, car il ne possède pas de lui-même ce qu'il possède.

(1) Cette parole se rapporte à Dieu lui-même, lorsqu'il se fit voir sur le Sinai, et qu'il sortit de Seir pour ordonner de dresser le serpent d'airain, et qu'il apparut sur le mont Pharam. Mais on peut rapporter ces paroles au Christ qu'elles concernaient prophétiquement, ainsi que l'explique saint Augustin au tome 4, quest. 56 sur le Deut.

bis scilicet, pharisæis, et cæteris in infide- enim neque isti desperent, neque illi pigrilitate perseverantibus) non est datum. Ac-tentur audientes quoniam eis datum est, cedamus ergo cum discipulis ad Dominum demonstrat a nobis principium horum esse, puro corde, ut nobis evangelicam doctrinam cum subdit : Qui enim habet, dabitur ei, interpretari dignetur; juxta illud (Deut., etc. Ac si diceret : Cum aliquis desiderium 33): Qui appropinquant pedibus ejus, habuerit et studium, dabuntur ei universa accipiunt de doctrina ejus. Chrys., in quæ a Deo sunt: cum autem his vacuus homil. (46, ut sup.). Hoc autem dixit, fuerit, et quæ ad se pertinent non inferat, non necessitatem inducens neque fatum; neque quæ a Deo sunt ei dantur ; sed et sed monstrans quoniam illi quibus non est quod habet auferetur ab eo ; non Deo audatum, causa sibi sunt universorum malo- ferente, sed se indignum faciente his quæ rum ; et ostendere volens quoniam cognos-habet : unde et nos si viderimus aliquem cere divina mysteria donum Dei est, et desidiose audientem verbum Dei, et cxhorgratia desuper data. Non tamen propter tantes quod attendat, non ei persuaserihoc liberum arbitrium destruitur : ex hoc mus, sileamus : quia si magis immorati et his quæ sequuntur manifestum est ; ut fuerimus, intendetur ei desidia : studentem

RÉMIG. — Celui qui a reçu le désir de la lecture recevra par surcroît la faculté de comprendre; et celui, au contraire, qui n'a pas ce premier désir, celui de la lecture , il lui sera enlevé les dons mêmes qu'il a reçus de la nature. Ainsi, celui qui a la charité recevra les autres vertus, et celui qui ne l'a pas, les autres vertus elles-mêmes lui seront enlevées; car, sans charité, il ne peut y avoir rien de bon dans l'homme. -S. JÉR. — Ou bien les apôtres qui ont cru en le Christ reçoivent ce qui leur manque en vertu, et les Juifs, qui ne crurent pas en le Fils de Dieu, voient s'évanouir le bien même qu'ils possédaient; ils ne peuvent rien entendre avec sagesse, car ils n'ont même pas le principe de la sagesse. - S. Hil. — Ainsi les Juifs, qui n'eurent pas la foi, perdirent même la loi qu'ils avaient. La foi en l'Évangile possède la plénitude des dons : une fois qu'elle est reçue dans l'àme, elle l'enrichit de nouveaux fruits; tandis qu'elle en est chassée, elle lui enlève les richesses qu'elle avait reçues dans le premier état de nature. S. CHRYS. - Afin de rendre plus clair ce qu'il a dit, il ajoute : « Je leur parle en paraboles, parce que, voyant, ils ne voient pas. » Cet aveuglement venant de la nature, pourquoi n'ouvrais-tu pas les yeux ? Ce qui suit montre que cet aveuglement était volontaire; car il ne dit pas simplement : « Jls ne voient pas; » mais : « Voyant, ils ne voient pas. »

(1) Le sens du mot intendetur est tixé par le grec TELT ELVETI.

autem discere allicimus, et multa effundi- , quid sapienter intelligere, quia sapientiæ mus. Et bene dixit secundum Evangelis- non habent caput. HILAR, cant. 13, in tam : Quod videtur habere : neque enim Matth.). Fidem etiam Judæi non habentes, habet ipsum quod habet.

legem quoque quam habuerant perdideREMIG. Qui etiam habet studium le- runt; et ideo perfectum fides evangelica gendi, dabitur ei et facultas intelligendi; habet donum : quia suscepta, novis frucet qui non habet legendi studium, hoc tibus ditat, repudiata vero etiam veteris quod per naturæ bonum videtur habere, substantiæ opes detrahit. anferetur ab eo : vel qui habet charitatem, Chrys., in homil. (16, ut sup.). Ut audabuntur ei cæteræ virtutes; et qui non tem manifestius quod dixerat fiat, subdit : habet, auferetur ab eo : quia absque cha- Ideo in parabolis loquor eis quia videntes ritate nullum bonum esse potest. HIER. non vident, etc. Et siquidem naturæ hæc Vel apostolis in Christo credentibus etiam excæcatio esset, aperire eorum oculos si quid minus virtutis habent conceditur : oportebat : quia vero voluntaria est hæc Judæis vero qui non crediderunt in Filium excæcatio, propter hoc non dixit simpliciDei, etiam si quid per naturæ bonum pos- ter : Non vident, sed, videntes non vident : sident, tollitur : neque enim possunt ali. I viderunt enim dæmones exeuntes, et dixe.

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