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a Paree qu'ils verront Dieu. » 6. CHRYS. * Celui qui a dans sa pensée la justice, et qui la traduit dans ses cuvres, celui-là voit Dieu des yeux de son âme; car la justice est l'image de Dieu, Dieu étant justice. Il nous faut donc savoir que quiconque s'arrache au mal et fait le bien, voit Dieu en cela plus ou moins, toujours ou par intervalles, suivant la puissance humaine. Dans cette autre vie, ceux qui ont le cæur pur verront Dieu face à face, et non pas dans un miroir et dans une énigme comme dans celui-ci (1). -S. Aug. — Ce sont des insensés ceux qui cherchent à voir Dieu des yeux du corps, alors que l'on voit Dieu par le cæur, ainsi qu'il est écrit ailleurs : « Cherchez-le dans la simplicité du cæur. » La simplicité du cæur n'est autre que la pureté de cæur. – S. Aug. — Il est évident que si les yeux spiritualisés du corps spiritualisé n'avaient pas plus de force que ceux que nous avons maintenant, on ne pourrait pas voir Dieu par leur intermédiaire.

S. Aug. — Cette récompense est le fruit de la foi, en ce sens que la foi nous prépare à cette récompense, ainsi qu'il est dit ; « Purifiant leur cæur par la foi » (2). Ces paroles sont surtout une preuve de notre maxime : « Bienheureux ceux qui ont le cæur pur, parce qu'ils verront Dieu, »

S. Aug. — Personne ne voit Dieu dans cette vie et tant qu'il est prisonnier des sens corporels qui enchaînent notre vie mortelle; personne ne s'élève à cette vision, sans mourir radicalement à cette vie, soit en

11) Allusion à ces paroles de l'Apôtre : Nous le royons maintenant par un miroir et dans une énigme ; mais alors fuce à face (1 Corinth., 13, v. 12).

(2) Ces paroles sont de saint Pierre disant, en présence des autres apôtres, que les Juit's ne doivent pas être rejetés de l'Eglise (Act., 15, v. 9). Pour le mot purificans ; il n'y a que l'aoriste xzhapiszs, qui n'a son correspondant qu'en français et pas en latin,

mente sua Deum videt, quoniam justitia muudum cor. Aug., ult., De civil. Dei figura est Dei : Deus enim justitia est. cap. 29). Si autem tantum poterunt in Sciendum ergo quod si aliquis eripuerit se corpore spiritali oculi etiam ipsi spirituales, a malis et fecerit bona, secundum hoc | quantum possunt isti quales nunc habeDeum videt; aut parum, aut amplius; aut mus, procul dubio per eos videri non pointerdum, aut semper ; secundum possibi- terit. litatem humanam. In seculo autem illo, AUGUST., in primo De Trinit. (cap. 8 et mundi corde Deum videbunt facie ad fa- | 13). Hæc autem visio merces est fidei, cui ciem, non in speculo et in ænigmate, sicut mercedi per fidem corda mundantur, sicut hic, Aug., in serm. Domini in monte (lib. 1, scriptum est : Mundans fide corda eorum. c. 2, vel. 7). Stulti autem sunt qui Deum Hoc autem probatur, illa maxime sentenvidere istis'exterioribus oculis quærunt; tia : Beati mundo corde, quoniam ipsi cum corde videatur, sicut alibi scriptum Deum videbunt. est (Sap., 1) : In şimplicitate cordis quærite AUGUST., $uper Genesim ad litteram (lib. 12, illum : hoc est enim simplex cor, quod c. 25). Nemo autein idens Deum vivit

quittant tout-à-fait son corps , soit en devenant tellement étranger à ses membres qu'il puisse, ainsi que l'Apôtre, douter, avec raison, s'il est ou n'est pas sur la terre.

LA GLOSE (1). — Cette béatitude est plus élevée que toutes les autres, et c'est celle de l'homme qui non-seulement est nourri dans la maison du roi, mais peut venir en sa présence.

Bienheureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés enfants de Dieu.

S. AMB. Lorsque vous aurez purifié votre intérieur de toute souillure de péché, en telle sorte qu'il ne s'en élèvera plus ni trouble ni dissension, la paix sortant de vous ira jusqu'aux autres, et c'est ce que veulent dire ces paroles : « Bienheureux les pacifiques. » — S. Art.La paix est la tranquillité de l'ordre; l'ordre est cet arrangement qui donne aux choses semblables et dissemblables leurs places respectives. Comme tout le monde désire le bonheur, ainsi tout le monde désire la paix, et souvent ceux qui veulent la guerre ne tendent par elle qu'à une paix pleine de gloire. – S. JÉR. — Ces pacifiques, qui sont dits heureux, sont ceux qui établissent la paix entre leurs frères, après l'avoir établie dans leur cæur; car que vous sert de pacifier les autres si vous portez en vous-même les combats des vices.

S. Aug. - Ceux qui sont pacifiques, ce sont ceux qui en régularisant les mouvements de leurs âmes, les soumettant à la raison, et en tenant domptées les passions de leur chair, deviennent royaume de Dieu. En ceci, toutes choses sont à leur place quand ce qu'il y a dans l'homme de plus élevé et de plus excellent commande à l'insubordination d'une autre partie de nous-même qui nous est commune avec les bêtes, et cette première partie , qui est l'âme et la raison, est soumise à ce qui est au sommet de tout, la vérité fils de Dieu. Il ne commandera jamais à ce qui lui est inférieur, celui qui n'obéit pas luimême à ce qui lui est supérieur. Or, telle est la paix promise sur cette terre aux hommes de bonne volonté (1). – S. Aug. - Personne ne peut en venir en ce monde à ce point que cette loi de résistance ne se trouve plus dans ses membres; mais, en domptant leurs passions, les pacifiques se préparent à recevoir plus tard la plénitude de la paix. – S. Chrys. — Ils se montrent pacifiques envers les autres, non-seulement ceux qui réconcilient dans la paix ceux qui sont ennemis, mais encore ceux qui par amour de la paix oublient le mal qu'on leur a fait. La paix qui donne le bonheur n'est pas celle qui s'exprime par les paroles, mais celle qui repose dans le cæur, et ceux qui l'aiment sont vraiment les fils de la paix.

(1) C'est de saint Anselme.

vita ista, qua mortaliter vivitur in istis sic pacem aliis feras; unde sequitur: Beati sensibus corporis ; sed nisi ab hac vita pacifici. Aug., 19, De civit. Dei (cap. 13). quisque funditus moriatur, sive omnino Est autem pax tranquillitas ordinis : ordo exiens de corpore, sive ita alienatus a car- autem est parium dispariumque sua cuique halibus sensibus, ut merito nesciat, sicut loca tribuens dispositio. Sicut autem nemo ait Apostolus (2 ad Corinth., 12), utrum est qui gaudere noluerit, ita nemo est qui in corpore an extra corpus sit, non in illam pacem habere noluerit; quandoquidem et subvehitur visionem

ipsi qui bella volunt, nihil aliud quam ad Glossa. Majorcm autem remuneratio- gloriosam pacem cupiunt bellando pervenire. nem isti habent quam primi; sicut qui in Hier. Pacifici autem dicuntur beati, qui curia regis non solum prandet, sed etiam primum in corde suo, deinde et inter fratres faciem regis videt.

dissidentes faciunt pacem : quid enim pro

dest alios per te pacari, cum in tna anima Brati pacifici, quoniam filii Dei vocabuntur. sint bella vitiorum ?

AUG., in serm. Domini in monte (lib. 1, AMBR., sup. Luc. (lib. 4, ut sup.). Cum cap. 2, vel 3). Pacifici autem in semetipsis interiora tua vacua feceris ab omni labe sunt, qui omnes animi sui motus compopeccati, ne dissensiones contentionesque ex nentes, et subjicientes rationi, carnalesque affectu tuo prodeant a te pacem incipe, ut concupiscentias habentes edomitas, fiunt

S. Hil. - La beatitude de l'adoption est la récompense de ceux qui sont pacifiques, et elle est exprimée par ces mots : « Parce qu'ils seront appelés enfants de Dieu. » Dieu est le père de tous, et nous ne nous montrerons dignes d'entrer dans sa famille qu'en nous montrant animés de sentiments de paix à l'égard de nos frères. – S. Chrys. — Les pacifiques étant ceux qui fuient la dispute et ne conservent pas de haine dans leur ceur, mais s'emploient à réunir ceux que le res

(1) Imité du passage connu de saint Luc, 2, v. 14, dans lequel l'on peut traduire le grec cudoxins par paix de bonne volonté.

regnum Dei; in quo ita ordinata sunt solum qui inimicos in pace reconciliant, omnia, ut quod est in homine præcipuum sed etiam illi qui immemores malorum, diet excellens, imperet cæteris reluctantibus, ligunt pacem : pax enim illa beata est quæ quæ sunt nobis bestiisque communia; at- in corde posita est, non tantum in verbis ; que idipsum quod excellit in homine (id qui autem pacem diligunt, filii sunt pacis. est, mens et ratio) subjiciatur superiori, HILAR. (can. 1, ut jam sup.). Pacificoquod est ipsa veritas Filius Dei. Neque enim rum autem beatitudo adoptionis est merimperare inferioribus potest, nisi superiori- ces : et ideo dicitur : Quoniam filii Dei bus subjiciatur. Et hæc est pax quæ datur vocabuntur : parens enim omnium. Deus in terra hominibus bonæ voluntatis. Aug., unus est, neque aliter transire in nuncupain lib. Retract. (lib. 1, cap. 19). Non tamen tionem familie ejus licebit, nisi fraterne cuiquam provenire potest in hac vita , ut invicem charitatis pace vivamus. Chrys., lex repugnans legi mentis omnino non sit in homil. (15, ut sup ). Vel quia pacifici in membris ; sed hoc nunc pacifici agunt dicuntur, qui nec litigant, nec odiunt ad domando concupiscentias carnis, ut ad pa- invicem, sed et congregant litigantes, recte cern plenissimam quandoque veniatur. filii Dei vocantur, quia unigenti hoc est Chrys., sup. Matth. (in opere imperf. ut opus congregare dispersa , et pacificare sup.). Pacifici autem ad alios sunt, non contra 8€ præliantia. AUG., de serm.

sentiment a séparés, c'est avec raison qu'ils sont appelés les enfants de Dieu; car c'est le propre des fils de famille de ramener ceux qui se séparent , et de pacifier ceux qui se combattent. – S. Aug. — La perfection est dans la paix et là où rien ne résiste ; les pacifiques sont appelés enfants de Dieu , car rien ne résiste à Dieu, et, les enfants doivent porter la ressemblance de leur père. — LA GLOSE (1). – Les pacifiques ont donc la dignité qui surpasse toutes les autres; car le fils du roi est au-dessus de tous. Cette béatitude est la septième, parce que c'est au jour du sabbat que nous sera donné le repos véritable, après les six âges du monde.

Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le

royaume des cieux est à eux.

S. CHRYS. — Après avoir énoncé le bonheur de la paix, afin de nous montrer que le bien n'était pas pour nous toujours dans la recherche du repos, il ajoute : « Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, » c'est-à-dire pour la vertu , pour la défense d'autrui , pour la piété, le mot justice étant ordinairement pour toute vertu de l'âme. – S. Aug. — La paix une fois établie est affermie au-dedans, quelles que soient les persécutions que soulève au dehors celui qui a été chassé du dedans (2); il ne fait qu'augmenter cette gloire qui est selon Dieu. - S. JÉR. — C'est d'une façon significative qu'il est ajouté: « Pour la justice, » car il en est plusieurs qui souffrent pour leurs pé

(1) Ou plutôt de saint Anselme, en sens inverse pour l'ordre des idées. La Glose actuelle n'a rien de semblable.

(2) Le diable dont il a été dit : Maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors (Jean, 12, v. 13).

Dom. (lib. 1, c. 2, vel. 8, ut sup.). Vel maret quod semper pacem sibi quærere sit quia in pace perfectio est, ubi nihil repu- bonum, subdit : Beati qui persecutionem pagnat, pacifici filii Dei dicuntur, quoniam tiuntur propter justitiam, hoc est, propter nihil resistit Deo; et utique filiisimilitudinem virtutem, propter defensionem aliorum, patris debent habere. Glossa. Maximam propter pietatem : justitiam enim consuevit ergo dignitatem habent pacifici, sicut qui pro omni virtute animæ ponere. AUG., in filius regis dicitur, in domo regia summus serm. Domini in monte (lib, 1, c. 2, vel. 8). est. Septimo antem loco beatitudo hic po- Pace enim intrinsecus constituta atque firnitur, quia in sabbato veræ requiei dabitur mata, quascunque persecutiones ille qui vera pax, sex ætatibus transactis.

foras missus est, forinsecus coneitaverit,

auget gloriam, quæ secundum Deum est, Beali qui persecutionem patiuntur propter jus- HIER. Signanter autem addidit : Propter titiam, quoniam ipsorum est regnum cælo- justitiam : multi enim propter peccata per

secutionem patiuntur, et non sunt justi.

Simulque considera quod octava vere cirCarys., in hom. 115, ut sup.j. Posita' cumcisionis beatitudo martyrio terminetur. pacificorum beatitudine, ne aliquis existi · CARYS., &'p. Matth.(in oper. imperf, utsup.).

rum.

chés et qui ne sont pas justes. Remarquez aussi que cette huitième béatitude, qui clòt toutes les autres, exprime le martyre. - S. CHRYS. - Il ne dit pas : « Bienheureux celui qui souffre persécution de la part des Gentils, » afin que vous ne pensiez pas qu'il s'agit uniquement de ceux qui sont persécutés pour leur refus d'adorer les idoles. Celui donc qui souffre de la part des hérétiques, et pour soutenir contre eux la vérité, est heureux, soussrant pour la justice. Et si un de ces puissants du monde, qui conservent encore les dehors chrétiens, vous persécute, peut-être parce que vous lui aurez reproché ses péchés, vous avez le bonheur de Jean-Baptiste (1). Les prophétes ont été martyrs en étant persécutés par les enfants de Dieu; ainsi, l'on peut recevoir la même palme en étant persécuté par le peuple de Dieu. L'Écriture, en ne désignant pas les persécuteurs et en éponçant seulement la cause de la persécution, nous avertit de regarder non quels sont ceux qui nous persécutent, mais ce pour quoi l'on nous persécute.

S. Hil. -S'il réserve, pour les nommer les derniers, ceux qui sont déterminés à tout souffrir pour le Christ (ce qui n'est que justice), il leur marque pour récompense le royaume de Dieu , le mépris des choses de la terre les ayant rendus pauvres d'esprit. C'est pour cela qu'il est dit : «Le royaume des cieux leur appartient. » — S. Aug. La huitième béatitude revient vers la première, elle la montre et la démontre consommée et parfaite. Dans la première et dans la huitième est donc nommé le royaume de Dieu; les sept autres sont les différents degrés de cette perfection. La huitième éclaire et prouve toutes les autres, et, en se ramenant à la première, elle montre la perfection des

(11 Il fut persécuté pour son opposition à l'union d'Hérode et d'Hérodiade (Matth., 14, 1.3. Marc, 5, v. 17. Luc, 4, v. 19).

Non autem dixit: Beati qui a gentibus perse-persecutionis, ut non aspicias quis te persecutionem patiuntur, ne putes eum solum quitur, sed propter quid. beatum, qui persecutionem patitur propter Hilar. can. 4, ut sup.). Sic ergo ad idola non colenda : ideo et ab hæreticis postremum eos in beatitudine numerat, persecutionem patiens propter veritatem non quibus omnia pro Christo pati (qui justitia relinquendam, beatus est, quia propter est) pronus affectus est. His igitur et regnum justitiam patitur. Sed et si quis ex poten servatur, quia in contemptu seculi sunt tibus, qui christiani videntur, forsitan pauperes spiritu, etc. Unde dicit : Quoniam propter sua peccata correctus a te, fuerit ipsorum est regnum cælorum. Aug., De te persecutus, beatus es cum Joanne Bap- Serm. Domini, (lib. 1, c. 2 vel 9). Vel octista; si enim verum est quod prophetæ tava beatitudo tanquam ad caput redit ; martyres sunt, qui a suis occisi sunt, sine quia consummatum perfectumque ostendit dubio, qui propter causam Dei aliquid pa et probat. Itaque in prima et in octava notitur, etsi a suis patiatur, mercedem mar- minatum est regnum coelorum : septem tyrii babet. Et ideo non posuit Scriptura enim sunt quæ perficiunt; nam octava elapersonas perseqnentium, sed solam causam riticat, et perfectum demonstrat, ut per hos

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