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avec beaucoup d'effroi & de consternation. Les Romains furent repoussés d'abord par ceux qui en sortirent en grand nombre. Mais ayant reçu du renfort, ils rétablirent une seconde fois le combat , qui étant demeuré quelque

temps incertain, se termina de façon cavaleriedone que les deux partis s'en attribuerent la victoire est l'avantage , mais les Romains avec un disputée.

peu plus d'apparence que les ennemis. . Mais le conlül sur tout publioit qu'il avoit remporté une victoire complecte. Il étoit transporté de joye, lorsqu'il s'imaginoit avoir vaincu l'ennemi avec la partie de l'armée qui avoit été dé

faite sous les ordres de fon collégue. Sempronius Que par là il avoit rendu aux soldats le Scipion sa courage & la confiance qu'ils avoient lenteur, & perduë. Que Scipion étoit le seul qui baltic,

voulût éviter ou differer, la bataille. Que plus malade de l'esprit que du corps , iš redoutoit les armes des enne. mis, par lesquelles il se souvenoit qu'il avoit été blessé. Mais qu'il ne falloit pas que cette langueur passât dans les autres par une dangereuse contagion. Car enfin quelle raison pouvoit-on avoir de differer? attendoit-on un troi. fiéme consul, ou une nouvelle armée ? Que les Carthaginois étoient campés

veut com

dans le coeur de l'Italie, & presque à la vûë de Rome. Qu'ils ne le proposoient plus, comme auparavant, d’ôter aux Romains la Sicile & la Sardai. gne, qui avoient été enlevées à leurs peres; ou la partie de l'Efpagne qui est en-deçà de l'Hébre : mais de les chasser eux-mêmes de leur pátrie, & de la terre où ils avoient reçu la naif. fance & l'éducation. Ah ! quelle eç douleur, s'écrioit-il, pour nos peres, et accoutumés à combattre aux envie rons de Carthage, s'ils nous voyoient, « nous qui sommes leur sang; s'ils « voyoient les deux consuls, avec les « deux armées consulaires , renfermés ca" dans leur camp; & tremblants a la es vûë de ces mêmes ennemis, qu'ils ont vaincus tant de fois ! tandis ce qu'Annibal s'est emparé de tout le « pays qui est entre les Alpes & l'A-C pennin. Tels étoient les difcours qu'il tenoit à son collégue malade , sans lui laisser un moment de repos. Telles : étoient les harangues qu'il faisoit aux foldats affemblés autour de sa tente. Il avoit encore d'autres raisons de se hâa-ter. La proximité des assemblées com fulaires, la crainte de voir passer le commandement à de nouveaux chefs,

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& l'esperance de faire comber sur lui seul la gloire d'avoir terminé la guerre pendant l'infirmité de son collégue. Ainsi quoique Scipion fut d'un avis contraire, il ordonna aux soldats de fe préparer à combattre.

Quand Annibal consideroit la situation des ennemis, & les mesures qu'ils avoient à prendre pour leur sûreté , il désesperoit de les attirer au combat, n'y ayant point de parti qui fût plus contraire à leurs véritables interêts. Mais d'un autre côté, connoiffant

par la renommée d'abord, puis par luimême, le caractere emporté de l'un des consuls, devenu encore plus fougueux par l'avantage qu'il croyoit avoir eu sur les fourageurs ; il se croyoit à la veille de la bataille. De son côté il faisoit tous ses efforts pour l'accelerer ; pendant que les soldats ennemis étoient fans expérience ; pendant que le plus habile" des deux généraux etoit hors d'état d'agir , & que les Gaulois étoient encore pleins d'ardeur & de courage ,

ne doutane point qu'ils ne se rallentissent infenfiblement, à mesure qu'il les éloignesoit de leur pays. Pour ces raisons, & autres pareilles , esperant que les enne

ches aux Ro

mis en viendrojent bien-tôt aux mains, ou qu'il les y contraindroit, s'ils ne se présentoient pas d'eux-mêmes; il en. voya pour examiner leur contenance , des espions Gaulois, beaucoup plus propres à ce ministere, parce qu'ils servoient dans les deux armées. Ils lui rapporterent que les Romains se disposoient à donner bataille ; & sur le champ il songea aux moyens de leur dresser quelque piége.

Il y avoit entre les deux armées un Annibal dress ruisseau, dont les bords étoient allez se des embaélevés, & couverts d'herbes maréca. mains. geuses & de brossailles , telles qu'il en croît dans les terres incultes. Il examina le lieu par lui-même : & y ayant apperçu des cavités assez profondes pour cacher même de la cavalerie: Voilà votre poste, dit-il à fon frere Magon. Choisissez-moi dans toute la « cavalerie & toute l'infanterie, cent " hommes de chaque forte,& meveneztrouver avez eux à la premiere veille « de la nuit. A présent, allez-vous-en, &“ faites prendre à vos gens de la nourrie's ture & du repos. Magon ne manqua pas de se présenter avec son monde à l'heure marquée. Je vois, dit alors An. 16 nibal , l'élite de mes troupes. Mais“

» comme je veux que vous soyez en étas

de vous soutenir par le nombre, aussibien que par le courage; allez, braves

soldats, & me choisissez, chacun dans „ votre espece, neuf hommes qui vous „, ressemblent. Magon vous montrera le », poste où vous devez vous mettre en

embuscade. Vous aurez affaire à des „, ennemis qui n'ont aucune connoiffan;. ce de ces ruses de guerre. Après avoir donné ces ordres à Magon, il com:

manda à la cavalerie Numide de passer • le fleuve à la pointe du jour , & d'alles

caracoller jusqu'aux portes du camp ennemi , d'engager les Romains au combat, en lançant des traits contre les fencinelles, de se retirer ensuite après avoir commencé l'escarmouche & de les attirer par cette fuite fimulée jusqu'au-delà du fleuve. Pour ce qui est des autres officiers de cavalerie & d'infanterie , il leur ordonna de faire manger leurs soldats, & ensuite de leur commander de monter à cheval, & de prendre leurs armes ; & en cer état les tenir prêts à commencer le combat dès qu'on leur donneroit le signal. Sempronius, au premier mouvement des Numides , envoya d'abord contre eux cette cayalerie qui le rendoit fi fiers,

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