Obrazy na stronie
PDF
ePub

prérogative de ceux qui firent bien de pouvoir bien raconter , témoins les Cominentaires de César.

Henri de Valenciennes, continuateur de Villehardouin, est le premier en date de nos chroniqueurs naïfs qui consignèrent pax écrit ce qu'ils virent eux-mêmes. C'est lui qui dit si bien : « Henri a vit cell à cell tous les fais qui là furent, et sot (sut) tous les con

saus (projets) des haus hommes et des barons. »

Après lui vint le Valenciennois Froissart, dont la réputation est européenne; puis Enguerrand de Monstrelet, prevôt de Cambray; Philippe de Comines et Olivier de la Marche, attachés aux ducs de Bourgogne; Georges Chastelelain et Jehan Molinet, tous deux Indiciaires (historiographes) de cette illustre maison, tous deux enterrés à la Salle-le-Comte de Valenciennes; enfin se présente, pour

clore cette série d'historiens naïfs , exacts et colorés, le trop longtemps oublié Robert Macquériau, appelé aussi Robin de l'Hotellerie. Ce vieux chroniqueur prend nos annales à la naissance de Charles-Quint, petit-fils de l'héritière de Bourgogne, et les continue dans une première partie jusqu'en 1527. Cette partie étoit la seule connue jusqu'ici ; publiée en 1765 par l'ordre du comte de Cobenzl et les soins de Pabbé Paquot, sur une informe copie trouvée à Vienne, on en croyoit la suite perdue depuis longtemps. Néanmoins on sut que l'historien valenciennois avoit dédié son ouvre à Philippe de Croy, prince de Chimay, son protecteur, lequel la laissa à Charles de Croy, possesseur d'une bibliothèque renfermant des richesses inappréciables. Ce dernier donna le manuscrit de Robert Macquériau au chapitre de Tournay, dont la collection se fondit à la révolution dans la bibliothèque de la ville.

C'est ici que le sort de ces annales , échappées à la tourmente révolutionnaire, devint tout à fait fatal. Un malencontreux bibliothécaire proposa à des magistrats ignorans d'échanger les manuscrits, qu'aucun d'eux ne savoit lire , contre un peu d'argent destiné à des acquisitions modernes, suivant eux plus amusantes, mais assurément moins historiques : l'impéritie et le manque de savoir farent écarter d'un dépôt public un ouvrage curieux pour la littérature et le pays. Heureusement qu'il se trouve encore quelques hommes attachés à la science et aux lettres, agissant préciséinent dans un sens contraire à celui si sottement adopté, il y a un quart de siècle, par le bibliothécaire et les échevins de Tournay, et qui ramassent toutes les perles que des malavisés laissent per

dre. M. J. Barrois, de Lille, ancien député du Nord, est au premier rang de ces amateurs intrépides et heureux; il prend plaisir à sauver, chaque jour, du naufrage les vieux produits de l'intelligence qui vont se perdant dans l'océan des âges. C'est lui qui recueillit à titre onéreux les reliques littéraires du chroniqueur valenciennois, quelque temps après leur expulsion honteuse (pour ceux qui s'en rendirent coupables) de la bibliothèque de Tournay.

M. J. Barrois, à qui l'on doit déjà la publication de la Bibliothèque prolypographique des ducs de Bourgogne, et celle du Roman du chevalereux comte d'Arlois, vient de livrer à la lumière la seconde partie des chroniques de Robert Macquériau, dont nous venons de raconter la singulière destinée. Le savant éditeur l'a fait imprimer de formal, de justification et de caractères semblables à ceux de la première partie, afin que les propriétaires de cette partie puissent la compléter facilement à l'aide de la nouvelle publication; il a éclairci le texte de notules essentielles, et il l'a fait précéder d'une préface n'ayant pas moins de trente-quatre pages in-4°, qui révèle à la fois le soin d'un éditeur consciencieux et l'érudition d'un bibliognoste consominé.

L'apparition du second tome des chroniques du Valenciennois Robert Macquériau est un véritable événement littéraire pour la contrée où cet historien vit le jour; la bonne foi qu'il met dans ses récits, le soin qu'il prend de détailler de visu et auditu tous les faits remarquables déroulés devant lui, le vieux langage wallon dont il se sert, tout rend ses mémoriaux précieux pour les amis de l'histoire et les rechercheurs des mœurs antiques du pays. Cette dernière partie s'étend sur les années 1527, 1528 et 1529, et elle embrasse des circonstances mémorables pour un si court espace de temps; on y trouve des renseignemens piquans sur la répudiation de la reine d'Angleterre, des particularités curieuses sur le grand et interminable débat des deux colosses de la chrétienté, CharlesQuint et François Ier, débat qui se fit si souvent sentir aux peuples et aux villes des Pays-Bas ; on y lit de naïfs et dramatiques détails sur les premiers commencemens de la Réforme et sur les prédications luthériennes qui affectèrent Valenciennes bien avant les autres villes voisines; enfin nulle part on ne trouve des investigations plus minutieuses et plus remplies de charmes sur le fameux traité de Cambray, appelé la Paix des dames, parce qu'à défaut de diplomates, deux princesses y stipulèrent pour l'Europe fatiguée.

Nous devons de la gratitude à M. J. Barrois, qui, repoussant cet égoïsme étroit qu'on ne rencontre, hélas! que trop souvent chez les heureux propriétaires de trésors littéraires, a bien voulu, à ses risques et dépens, faire jouir le public d'une découverte utile aux lettres, aux mours et à l'histoire : nous l'en remercions au nom d'une ville qui s'enorgueillit d'avoir produit un historien dont luimême va compléter et populariser la réputation et la gloire. ';

3

NOUVELLES BIBLIOGRAPHIQUES.

On annonce comme devant paraître prochainement un livre curieux de Théophile le prêtre, intitulé Diversarum artium schedula, publié par M. de l'Escalopier, membre de la Société royale des antiquaires de France. Le texte, revu sur les manuscrits, sera accompagné de notes et d'une traduction. Cet ouvrage, qui est un véritable manuel des arts au Y siècle, est de nature à intéresser les amis de l'archéologie du moyen âge.

On écrit de Vienne (Autriche), le 4 avril :

« Notre célèbre orientaliste, M. le baron Hammer de Purgstall, vient de publier trois manuscrits fort curieux, relatifs à l'art de la fauconnerie, et qui sont restés tout à fait inconnus jusqu'à pré-, sent. L'un de ces manuscrits est en langue turque, et remonte à l'époque des Seldschuks ; c'est le livre le plus ancien qui existe dans l'idiome parlé par les Osmanlis; le second est en allemand, et a été écrit de la propre main de Maximilien Ie", empereur d'Allemagne ; le troisième, qui porte le titre de Hieraskaphion (la cage d'autour), est rédigé en grec du moyen âge et d'un auteur inconnu. Le premier de ces manuscrits se trouve à la bibliothèque Ambrosienne de Milan ; les deux autres dans celle de la cour de l'empereur d'Autriche, à Vienne.

« Le volume qui les contient a été imprimé à l'imprimerie impériale et royale de Vienne ; c'est un véritable chef-d'œuvre de typographie, et il n'a été tiré qu'à trois cents exemplaires : M. Hammer de Purgstall l'a dédié à S. M. Louis-Philippe.

Sire, dit cet illustre savant, déjà bien avant votre avénement

• au trône, vous étiez ami et protecteur de toutes les sciences et « des belles-lettres, mais vous avez toujours favorisé et encourage « avec une prédilection particnlière l'étude des littératures orien« tales, et c'est sous vos auspices et avec votre auguste coopéraw'tion que l'illustre Silvestre de Sacy a fondé la Société asiatique «de Paris.

« Commé roi, vous ne vous intéressez pas moins à tous les pro a grès de l'esprit humain et aux études qui ont pour objet la con« noissance du monde oriental. Des chaires de langues asiatiques « s'élèvent dans votre capitale; les étrangers de toutes les parties « da globe affluent à l'école de la bibliothèque royale; et par vos

ordres les chefs-d'oeuvre du génie oriental sortent splendide• ment des presses de l'imprimerie royale pour se répandre dans

l'anivers entier. Votre protection et votre bienfaisance ne s'é* tendent pas seulement aux savans, françois, mais elles embras

sent aussi ceux des autres pays qui travaillent consciencieuse« ment à faire marcher la civilisation. »

La vente de la riche et belle collection de livres manuscrits sur peau vélin et sceaux, de MM. W. et A4., annoncée pourle 11 mars (1) fait sensation dans le inonde bibliographique , tant par le nombre de livres rares et curieux qui la composent que par la beauté des reliures : les bibliophiles les plus distingués se sont déjà donné rendez-vous à cette époque pour réchauffer leur ardeur, un peu refroidie par le défaut de belles ventes depuis quelque temps.

[merged small][ocr errors]
[blocks in formation]

522 ANTICOTON, ou réfutation de la lettre du père Coton, livre

où est prouvé que les jésuites sont coupables du parricide de Henri IV (par César de Plaix). (Sans lieu), 1610, in-8.

Rel. dans le même vol. : Instruction sur la vérité de l'histoire des frères de la Rose-Croix, par G. Naudé. Paris, 1623.

4- »

523 ANTONINI Liberalis transformationum congeries, gr. et lat., in

terprete Guil. Xylandro; cum notis Th. Munckeri et H. Verheyk. Lugd.-Bal., 1974, in-8, mar. r., dent., tr. d., ancienne reliure.

12

524 ANVILLE (d’). États formés en Europe après la chute de l'em

pire romain. Paris, 1771, in-4, demi-rel., non rogné. 12 »

525 ARISTOTELIS opera ; Theophrasti de historia plantarum libri x,

et de causis plantarum libri vi, græce. Impressum Venetüs in ædibus Aldi Manutii, 1495-1498, 5 tom. en 6 vol. in-fol., mar. 1. Editio princeps.

180_n

526 ASTRONOMI veteres , scilicet : J. Firmici astronomicorum

libri virt; M. Maniliï astronomiæ libri v; Arati pbænomena, gr. et lat. ; Petri Diaochi spbæra , gr. et lat. A la fin : Im

« PoprzedniaDalej »