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512 bis, HISTOIRE DE L'INVENTION DE L'IMPRIMERIE PAR S.ES MONU

MENS (par M. Duverger). Paris, de l'imprimerie rue de
Verneuil, n° 4, 1840 , in-4. Chaque liv.

En grand papier, pet. in-fol. cart., avec impression en couleur et médaillon peint.

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Parmi tous les beaux livres que la typographie a produits dans ce siècle de progrès, où l'on dit que toutes choses sont arrivées à leur apogée, il n'y en a point de plus remarquable que celui dont voici le titre : Histoire de l'invention de l'imprimerie par

les monumens. Cet ouvrage est lui-même un admirable monument de l'admirable invention de Guttenberg , et le quatrième jubilé séculaire de cette grande découverte ne pouvoit pas être signalé par un chef-d'oeuvre plus achevé. J'obéis, en lụi rendant ce témoignage, à l'impression que je viens d'éprouver à sa vue.

Le livre dont je parle n'est pas seulement, comme son titre paroît l'annoncer , une histoire écrite et savamment étudiée des faits qu'il consacre à la mémoire et à la reconnoissance des hommes. C'est bien mieux que cela ; c'est une histoire vivante, une bistoire qui s'adresse aux yeux , une histoire qui fait voir et toucher ce qu'elle enseigne. Vous savez sans doute que la typographie est, ainsi que tout ce qu'on appelle une idée neuve dans la çivilisation progressive des sociétés , l'heureuse combinaison de certaines idées établies et de certains faits acquis, Remontons au commencement : voilà la vis du pressoir ; voilà le moule dn fondeur ; voilà la taille de bois du graveur ; voilà la planche de l'imagiste. Prenez les caractères un à un, comme vous les donne l'alphabet ; taillez-les dans le métal; jetez-les dans le noule, imprégnez-les de l'encre ou des couleurs du gringonneur, et soumettez le papier ou le vélin qui va en recevoir l'empreinte à l'action de la presse ; voilà l'imprimerie. Je n'ai

pas besoin de vous décrire tout cela ; je vous le montre. Et maintenant, ces premiers essais, les voilà; voici le poinçon, voici la matrice, voici le moule, voici le type arrivés à leur plus haut degré de perfectionnement possible , car on a voulu vous faire participer à toute l'æuvre de l'inventeur, en vous épargnant seulement ses sollicitudes, ses doutes, ses découragemens, ses désespoirs. Tournez encore un feuillet, et vous avez sous les

yeux les premières pages du premier chef-d'oeuvre d'un art qui est parvenu à son chef-d'æuvre , comme tous les autres, et peut-être plus promptement que tous les autres, dès le jour où il s'est révélé au monde. Le progrès aura beau faire, le génie qui invente l'avoit deviné.

Cette exhibition réelle des procédés de Guttenberg et de leurs résultats ne laisse presque rien à désirer à l'intelligence ; tout . y est représenté tout y est sensible, si ce n'est l'opération intime

du génie de l'artiste qui cherche et qui apprend. L'éditeur de ce magnifique spécimen n'a pas été arrêté par une difficulté qui peut paroître invincible ; il a voulu vous faire entrer dans la confidence de son maître, et il a jugé à propos, pour cela, de le faire parler lui-même dans des lettres inédites à frère André, cordelier. Je déclare, pour l'acquit de mon érudition bibliographique , qu'il me paroît fort douteux que cette merveilleuse correspondance ait jamais existé en original; mais ce qu'il y a de certain , c'est qu'il étoit impossible de se placer avec plus d'habileté au point de vue de Guttenberg et de s'associer plus étroitement à sa pensée. Il faut quelque chose de plus que la science de Masinkrot, de Meermann et de Schoëpffin, pour pénétrer à ce point dans les secrets d'un grand homme , et pour le suivre avec cette assurance dans la marche de ses découvertes. Il faut participer aux avantages de son organisation ; il faut n'avoir à envier à sa puissance que le bonheur de l'inven. tion et le bénéfice du teinps.

Le beau livre que je recoinmande à toutes les bibliothèques est, pour l'art sublime de Guttenberg , un monument aussi iinposant que les solennités, et , j'aime à le croire, aussi durable que les statues. C'est cependant un homme tout seul qui a soutenu cette haute concurrence avec les nations, et si vous me demandez le nom de cet homme, il faudra presque que je le devine. Vous trouverez ici , en effet, le nom de tous les artistes habiles, de tous les honorables ouvriers qui ont concouru à cette cuvre, le dessinateur, le graveur, l'enlumineur, le fondeur de caractères, le compositeur, le pressier. Vous découvrirez même, avec un peu d'attention, que cet album , unique dans son espèce , est sorti d'une imprimerie de la rue de Verneuil, n° 4. Quant à l'auteur, à l'éditeur, à l'imprimeur, pas un mot. Il convenoit sans doute à l'ingénieux savant qui a si bien

apprécié Guttenberg de l'imiter jusque dans sa modestie , et de léguer, comme lui , une énigme embarrassante aux siècles à venir, mais je n'ai pas tout à fait les mêmes raisons d'en dérober le mot å personne. L'auteur , l'éditeur, l'imprimeur de cet inappréciable volume est notre excellent typographe M. Duverger. Honneur lui en soit rendu par tous les amis de la bonne littérature et de la bonne presse !

CH. NODIER. 513 HISTOIRE DES DUCS DE NORMANDIE et des rois d'Angleterre,

publiée, pour la première fois, d'après deux manuscrits de la bibliothèque du roi, suivie de la relation du tournoi de Ham, par Sarrazin , trouvère du xie siècle, et précédée d'une introduction, par Francisque Michel. Paris, Renouard et compagnie, 1840, in-8, br.

9- »

514 INVENTAIRE des manuscrits de l'ancienne bibliothèque royale

des ducs de Bourgogne, publié par ordre du gouvernement. Bruxelles, 1840, grand in-fol., br. .

30%, Cet inventaire , dressé sur un plan tout nouveau et très-clair, quoique très-abrégé, sera d'une grande utilité pour les cataloguistes : les recherches y sont de la plus grande facilité, chaque manuscrit est désigné sur une ligne aussi bien qu'il pourroit Vêtre dans une page, et chaque page contient 50 numéros par nombre rond. Il résulte de cette méthode que ce vol., de 360 pages , a pu contenir 1800 articles. Dans la notice qui précède l'inventaire , MM. les rédacteurs ont exposé les motifs qui les ont portés à adopter

un nouveau système de classification ; après avoir blámé et fait sentir tout ce qu'a de vicieux l'ancien mode , qui remonte à Sidoine Apollinaire, ils continuent en ces mots : « Tel est le motif « qui nous porte à présenter ici un nouveau système de classifica« tion; les savans de Belgique, de France et d'Allemagne et d'autres « contrées , qui ont visité la bibliothèque de Bourgogne depuis « 1832, ne l'ont pas désapprouvé; plusieurs d'entre eux ont

daigné rapporter dans leurs pays les formules imprimées de ce « système. Nous ajouterons que l'invention de mots chyrotype et « autres; l'application du mot provenance, qui présente une idée « plus exacte que celle du mot origine; l'inventaire séparé du a répertoire ; enfin d'autres innovations ont été reçues avec indula gence. »

Ce système se divise en quatre classes : 1° LA POLYGRAPHIE ; elle renferme les ouvrages qui traitent de plusieurs objets trèsdifférens, par exemple les voyages, car le voyageur décrit tout ce qu'il a vu;

go L'Histoire, qui est la collection de tout ce qui est récit d'événemens ou pièces justificatives tirées de ces récits ;

3° LA SOCIABILITÉ, qui réunit tous les principes constitutifs da faisceau des conpoissances humaines, que nous avons classée le plus systématiquement qu'il nous a été possible ;

4° LES RELIGIONS : cette dernière classe est le recueil de tous les ouvrages qui établissent les rapports entre l'homme et Dieu.

Après cette classification suit le developpement de la subdivision de chaque classe en sections.

Ce système, que quelques savans, entre autres feu M. Daunou ont adopté avec quelques variantes, offre, dans sa nouveauté, quel. ques difficultés pratiques, et sera certainement critiqué tant que

l'expérience n'aura pas démontré son utilité. 514 bis. Le Livre des SINGULABITEZ , par H.-P. Philomineste

(G. Peignot), auteur des Amusemens philologiques. Dijon, 1840, in-8, br.

6– Cet

ouvrage, du savant philologue, étoit attendu avec impatience, et justifie complétement son titre de Singularitez. Voici le titre de

quelques-uns des principaux articles : 1. Antégénésie , ou quelles étoient les occupations de Dieu avant

la création. 2. Création de l'homme, poëme. 3. Onomatographie amusante. 4. Rêveries renouvelées des Grecs , ou Symboles et Préceptes de

Pythagore. 5. Singularités nuinériques. 6. De la Gastronomie. 7. Quelques lettres singulières écrites par des papes, des rois, des

princes, etc. 8. Quelques documens singuliers empruntés aux Anglais.

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9. Variétés.

io. Le chant du rossignol.
11. Variétés bibliographiques.
12. Pièces religieuses.

Dans notre prochain numéro nous reviendrons sur ce livre en publiant le onzième objet ou variétés bibliographiques. Nous laissons, du reste , l'auteur expliquer son titre dans son introduction, dont voici quelques passages.

Le Livre des Singularités, que nous offrons au public, ne justifieroit nullement son titre, si, comme les livres ordinaires, il com

mençoit par le commencement, c'est-à-dire par quelque chose qui tînt aux origines et même aux origines les plus reculées, telles que la recréation , 'par exemple; car, en fait d'événemens, on n'est guère dans l'usage de remonter plus haut. Eh bien! nous déclarons que, dans la circonstance présente , rien ne seroit plus commun, plus vulgaire et méme plus trivial que de commencer ainsi. C'est pourquoi , voulant donner à notre recueil une physionomie particulière, originale , singulière, nous avons décidé, dans notre baute sagesse, qu'il ne commenceroit point par le commencement, mais que , sortant de l'ornière de la routine, il commenceroit avant le commencement. Voilà du nouveau, dira-t-on, et même de l'absurde. Du nouveau, oui ; mais de l'absurde, non. - Ditesnous donc comment un livre peut commencer avant le commencement? Le voici , messieurs; et notre démonstration ne sera pas longue : Convenez-vous que la création, dont nous avons eu l'honneur de vous parler plus haut, est le commencement de toutes choses? Oui, sans doute. Or, si, dans notre livre, plaçant en seconde ligne ladite création, nous vous présentons de prime abord l'histoire détaillée de ce qui l'a précédée , qu'en conclurezvous ? Ah! ah! c'est différent. Vous en conclurez nécessairement que notre livre commence avant le commencement, puisqu'il commence avant la création. C'est donc cette histoire que vous allez trouver dans le joli petit chapitre suivant, chapitre passablement sérieux , encore plus ennuyeux, mais indispensable en tête d'un livre de singularités, créé et mis au monde simplement pour votre amusement, instruction et jubilation. Vous remarquerez que nous avons baptisé ce beau nom d’ANTÉGÉNÉSIE, mot sublime qui exprime bien l'état des choses tel qu'il étoit quand rien n'étoit, hors Dieu, dont l'immensité est le mobile de l'histoire en question.

En définitive, nous croyons avoir prouvé victorieusement que le LIVRE DES SINGULARITÉS ne commence point PAR commencement, mais qu'il commence avant le commencement, Quod erat demonstrandum pour son honneur et gloire. Entrons en matière , et prenons le ton sérieux qui convient à la gravité du sujet.

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515 LETTRE A UN ARCHÉOLOGUE sur les hiéroglyphes égyptiens, par

M. le Bailli, inspecteur de l'académie de Douay. Douar, 1840, in-8, br.

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