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confusion. Quelques auteurs, Marchand entre autres »), oubliant sans doute que le livre indiqué par Trithème étoit xylographique, ont pris cet ouvrage pour le Catholicon de Jean Balbi, de Gênes (2), Meerman a fait voir le ridicule de cette opinion (3). Si Trithème a dit vrai, si Gutenberg et Fust ont imprimé un Catholicon xylographique, ce livre ne pouvoit être qu'un lexique composé seulement de quelques feuillets, destiné, comme la grammaire d'Ælius Donat, aux écoliers , et qu'on appeloit vulgairement Catholicon, peut-être parce qu'il étoit un abrégé du grand ouvrage de Balbi..

SV.
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HOROLOGIUM BEATÆ MARIÆ SEU HORÆ MATUTINÆ.

Voici ce que rapporte Joseph Scaliger sur cet ouvrage (4) Véronique Ludroni, mère de Jules César Scaliger, possédoit un Horologium beatæ Mariæ, appelé vulgairement Horæ matutina, de format oblong, imprimé sur vélin , non pas avec des caractères mobiles joints ensemble, comme cela se pratique aujourd'hui, mais avec des planches de bois gravées (pagellis ligneis incisis impressum) : les caractères étoient semblables à l'écriture cursive des Allemands et des Hollandois, de sorte que celui qui n'auroit pas examiné les pages de ce livre avec attention n'aurait pu distinguer si l'ouvrage avoit été imprimé ou écrit à la main. Ce volume étoit dans une reliure en bois garnie de soie et ornée de coins el de fermoirs en argent doré; dans l'intérieur de la reliure, on avoit creusé, dans l'épaisseur du bois, un compartiment rond, couvert d'un verre transparent et où l'on voyoit trois figurines en argent : le Christ, la Vierge Marie et saint Jean l'évangéliste; plus bas, non loin des pieds du Christ, une main de femme avoit écrit

(1) Histoire de l'imprimerie, pag. 14.

(2) La première édition du Catholicon de Balbi, Mayence, 1460, in-fol., contient 373 feuillets imprimés des deux côtés du papier, et sur deux colonnes de 66 lignes chacune ; il est évident qu'un pareil ouvrage n'a jamais été publié avec des planches de bois.

(3) Origines typographicæ, t. 1, p. 150, not. c.

(4) Voy. Confut. stultissimæ Burdonum fabulæ, p. 361, et Epist. J. Scalig., 293, ad Jo. Caselium, pag. 571.

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ces mots : Veronica di Ludrone della Scala. Ce livre, que conservoit encore Jules César Scaliger 36 ans après la mort de Véronique Ludroni, fut déchiré par une chienne de chasse, événement, dit Joseph, qui affecta fort mon père ; car il tenoit beaucoup à cet Horologium, qu'il regardoit comme une des premières productions de l'art de l'imprimerie.

On sait que J.-C. Scaliger, fils de Benoît Bordoni, peintre en miniature et géographe, à Padoue, prétendait avoir des droits sur la principauté de Vérone, en qualité de descendant de la noble maison de la Scala; cette folie ridicule fut aussi celle de Joseph on pourrait alors soupçonner que l'Horologium bealæ Mariæ de Véronique Ludroni de la Scala est une des nombreuses fables inventées par Jules César et son fils pour légitimer leurs prétentions princières.

L'existence de l'Horologium , que personne n'a jamais vu , est très-problématique, et je serais fort tenté de dire, avec Gabriel Naudé, « que ces Heures ayant este deschirées par une levrette a auparavant que personne les ait peu voir, il y a bien de l'appaa rence de croire qu'elles n'ont jamais esté que dans l'imagination

de Jules César. Scaliger, qui ne nous donne assez souvent que sa « seule relation pour preuves de beaucoup d'histoires et rencon« tres, et de celles là principalement qui regardent luy, ses an« cestres ou sa principauté (1). »

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(1) Addit. à l'hist. de Louis XI, pag. 267.

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MARIE GUICHARD.

(La suite au numéro prochain.)

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Annuaire de la Bibliothèque royale de Belgique, pour 1840, par

le baron de Reiffenberg , in-18, avec six planches.

Voici un petit volume aussi élégant, aussi coquet qu'un roman intime, qu'une légende moyen âge. Il ne traite cependant que de bibliologie et ne s'adresse qu'aux bibliophiles. M. de Reiffenberg, qui est chargé de la direction d'une des belles Bibliothèques publiques de l'Europe, veut en faire connoître les richesses. Dans ce but, il publie, chaque année, un recueil pareil à celui-ci. Cette année, l'Annuaire contient une piquante dissertation, où l'auteur s'occupe du goût des Belges pour les livres : vient ensuite un exposé de la Bibliothèque royale, du cabinet des estampes, de celui des més dailles et de la collection de manuscrits, en 1840; des extraits de quelques-uns de ces manuscrits; des mémoires pour servir à l'histoire des sciences et des lettres en Belgique; des notices sur des bibliophiles belges, Foppens, Van Bavière, Van Praet; et enfin des mélanges bibliographiques. Tout cela est rédigé de manière que les dames mêmes pourroient lire ces pages sans ennui, et que les érudits ne les liront pas sans profit.

UN AUTOGRAPHE DE SAINT VINCENT DE PAULE.

On raconte que saint Vincent de Paule, curé de Châtillon-les-Combes, en 1617, étant sur le point de monteren chaire un jour de fête, fut prié par une dame de recommander à la charité de ses paroissiens une famille extrêmement pauvre, habitant les environs de la ville, et dont la plus grande partie étoit tombée malade. Il le fit avec

cette onction qui lui étoit naturelle, et un grand nombre de personnes portèrent aux infortunés toutes sortes de provisions. Il prit occasion de cette circonstance pour former une société de dames pieuses et riches, dans le but de secourir non-seulement cette famille , mais toutes celles qui se trouveroient dans de semblables besoins. Il fit à ces dames un règlement pour les diriger dans leur bonne ceuvre. L'original de ce règlement vient d'être retrouvé dans les archives communales , par M. Caillon, maire de la ville. Il paroît avoir été écrit par le secrétaire de l'archevêché de Lyon, comme l'approbation de l'archevêque; mais la dernière page, qui contient le procès-verbal de l'érection de cette société de dames en confrérie, est tout entière de la main de saint Vincent de Paule.

- C'est ici le cas de rappeler que, dans l'établissement des Sæurs de la Charité à Gand, il existe aussi un autographe du même saint; il porte la date du 31 juillet 1658. Ce précieux souvenir fut donné à M. le chanoine Triest par le supérieur de l'institution de saint Vincent de Paule, à Paris, comme un témoignage de respect et d'admiration pour celui que l'on a surnommé, à si juste titre , le Vincent de Paule de la Belgique.

A cette anecdote nous ajouterons que les autographes de saint Vincent de Paule sont assez rares et très-recherchés ; car, à la vente du bibliophile Jacob, une lettre d'une page pe üt in-4° a été vendue 79 fr. Voici sa désignation et son analyse :

(Paris) de Saint-Lazare, 29 mai 1655. A mon R. P. Bignon, père de la congrégation de Sainte-Geneviefve.

Il lui rend mille actions de grâces du bon accueil que sa bonté a fait à ce bon religieux , qui appréhende son retour à sa maison de mission, et qui demande à être reçu dans la congrégation de SainteGeneviefve ; il appuie donc cette requête , voiant sa persévérance en la demande qu'il fait au nom de nostre Seigneur.

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TECHENER , ÉDITEUR, PLACE DE LA COLONNADE DU LOUVRE,

N° 12.

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