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BULLETIN

DU BIBLIOPHILE,

PAR MM. CH. NODIER ET Paulin PARIS,
AVEC LE CATALOGUE RAISONNÉ DES

LIVRES DE L'ÉDITEUR.

N" 3 ET 4. — AVRIL ET MAI.

QUATRIÈME SÉRIE.

PARIS,

TECHENER , ÉDITEUR, PLACE DE LA COLONNADE DU LOUVRE,

N° 12.

Notices contenues dans les troisième et quatrième numéros du Bulletin

du Bibliophile, 4° série.

Recherches sur les livres xylographiques, par M. Marie Guichard,

115 Mélanges bibliographiques.

135 Tables du Bulletin des 2° et 3° séries.

IMPRIMERIE DE L. BOUCHARD-HUZARD,

rue de l'Éperon, 7

RECHERCHES

SIR

LES LIVRES XYLOGRAPHIQUES.

Parmi les productions littéraires du xv. siècle, il est une certaine sorte de livres qui forment une classe à part et bien distincte; tout y paroît bizarre et sort de l'usage commun ; auteurs, lecteurs et imprimeurs semblent s'être donné le mot pour créer quelque chose de singulier, qui diffère également de ce qu'on faisoit avant et de ce qu'on a vu depuis : ces ouvrages, je ne sais pourquoi, ont passé presque inaperçus de la critique; ils sont appelés aujourd'hui Livres rylographiques (1).

Oubliée en Europe depuis plus de trois cents années, l'imprimerie xylographique y a vécu à peu près un siècle ; cette application de la gravure sur bois a été le point intermédiaire entre la calligraphie et l'imprimerie proprement dite; c'étoit un moyen ingénieux, mais insuffisant pour la publication des livres; aussi, dès que les types fondus furent généralement adoptés, l'imprimerie xylographique disparut peu à peu. Née au commencement du xve siècle, elle finit pour ainsi dire avec lui.

Les livres xylographiques sont des ouvrages populaires, c'est là leur caractère le plus particulier; beaucoup d'entre eux sont écrits en allemand, en hollandois et en françois : les auteurs de ces petits ouvrages laissoient de côté les investigations savantes pour recueillir les traditions, les histoires romanesques qui plaisent au vul

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(1) Livres dont les textes sont imprimés au moyen de planches de bois

gravées. Xylographie vient de deux mots grecs, guacv, bois , et 7 peça , j'écris; or, d'après son étymologie, l'épithète xylographique devroit s'appliquer également à des impressions cxécutées avec des caractères mobiles de bois: sans nous inquieter de savoir s'il existe aujourd'hui des livres imprimés de cette manière, nous dirons que l'usage a attaché aŭ mot zylographique le sens que nous lui donnons ici; il désigne des caractères fixes et non mobiles.

gaire ; ils écrivoient pour les hommes peu lettrés, pour les pauvres prêtres qui vouloient acquérir, à bas prix, quelques extraits des Écritures saintes, quelques lambeaux d'histoires édifiantes tirés des légendes. Il ne faut jamais perdre de vue cette destination des livres xylographiques : auteurs et imprimeurs travailloient pour la foule ; aussi point de luxe, point de miniatures rehaussées d'or; si le peintre enluminoit les figures, c'étoit grossièrement au patron; on n’employoit jamais le vélin, mais un papier mou, jaunâtre et d'une qualité commune. Les savants du xvie siècle méprisoient fort ces productions, ils n'en disent pas un mot.

Les historiens de l'imprimerie ont beaucoup parlé des livres xylographiques, tous les faiseurs de système se sont emparés de ces vieux monumens , la plupart sans date, sans indication de ville ni d'imprimeur, et les ont attribués, sans difficulté, aux artistes de leur choix. Schelhorn est le premier bibliographe qui ait laissé quelques remarques utiles; l'auteur des Merveilles de Vienne a décrit ceux qui étoient dans la bibliothèque du comte Pertusati (1); Meerman a consacré à l'imprimerie tabellaire un chapitre des Origines typographicæ (2); mais l'écrivain qui s'est le plus signalé dans ce genre d'étude est le baron Charles-Henri de Heinecken; çe savant distingué, dont la mémoire est chère aux bibliographes et aux artistes, passa une partie de sa longue vie à parcourir les bibliothèques d'Allemagne, de France et d'Italie; il est auteur de plusieurs ouvrages sur les beaux-arts : nous laissons à d'autres le soin de suivre Heinecken dans ses nombreux travaux, nous n'aurons à le considérer dans nos recherches que comme l'historien de l'imprimerie xylographique ; il publia à Leipsick, en 1769, le second volume d'un ouvrage intitulé : Nachrichten von Künstlern und KunstSachen (3); l'auteur y décrit, page 114-240, les livres xylographiques qu'il a jugés dignes d'être mentionnés ; car il est à remarquer qu'il n'a pas admis dans sa nomenclature tous ceux qui étoient connus de

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(1) Das Merckwürdige IVienn, 1944, in 4, pag. 101-117.

(2) Tom. I, caput 1x. Origo et prima specimina impressionis tabellariæ, pag. 217-260.

(3) Mémoires sur les artistes et les objets d'art imprimés à Leipsick pour Jean-Paul Krauss, libraire à Vienne; le premier volume avoit paru en 1768.

En 1786, Heinecken publia aussi en allemand de nouveaux Mémoires sur les artistes et les objets d'art , tomc I. Cette nouvelle publication ne fut pas continuée.

son temps. En 1771, Heinecken fit paroître l'Idée générale d'une collection complète d'estampes, Leipsick, in-8°, où il inséra, page 292482, une traduction françoise de la partie de son ouvrage allemand, citée plus haut; la version françoise contient des corrections et des additions importantes. Heinecken est le premier, et pour ainsi dire le seul, qui ait fait une étude approfondie des livres xylographiques, le premier qui ait décrit, distingué et classé leurs différentes éditions. Des écrivains modernes, sans avoir égard au temps où le savant bibliographe publia son livre, sans tenir compte des difficultés de tout genre qu'il eut à vaincre, ont sévèrement critiqué Heinecken; ces critiques sont souvent injustes. Pour nous, nous admirons la patience infatigable, la perspicacité judicieuse de ce laborieux écrivain : si quelques erreurs lui ont échappé, si des découvertes récentes ont agrandi le domaine de la science, n'oublions pas que, sans les travaux de Heinecken , les élémens de la bibliographie xylographique n'existeroient pas et seroient fort difficiles à rassembler aujourd'hui. L'abbé Rive avoit promis une Histoire critique des livres xylographiques (1); mais cet ouvrage, de même que beaucoup d'autres annoncés par l'auteur , n'a jamais paru. De nos jours, MM. Dibdin (2), Outley (3), Heller (4), Jacobs et Ukert (5) ont habilement décrit plusieurs de ces ouvrages; nous pourrions ajouter aux savants auteurs que nous venons de citer une foule d'autres écrivains; la plupart n'ont vu , dans les livres xylographiques, que des estampes et des figures gravées sur bois, ils ont ainsi négligé le côté littéraire ; le grand nombre les connoissoit peu et n'y attachoit · qu'une foible importance.

Ayant remarqué dans les livres xylographiques de la bibliothèque royale quelques volumes curieux ou inédits, notre première

(1) La Chasse aux bibliographes et antiquaires mal-avisés. 1988, tom. I,

pag. 307.

(2) On trouve de curieuses notices sur les productions xylographiques dans les nombreux ouvrages de ce savant bibliographe, principalement dans la Bibliotheca spenceriana, tom. I, p. 1V-XLIII.

(3) An inquiry into the origin and early history of engraving. London, 1816, 2 vol. in-4.

(4) Geschichte der Holzschneidekunst. Bamberg, 1823, 1 vol. in-8.

(5) Beiträge zur ältern Litteratur oder Merkwürdigkeiten der Herzogl. offentlichen Bibliothek zu Gotha. Ersten Bandes erstes Heft. Leipzig, 1835, in-8.

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