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localetchronologique, soit dans un ouvrage spécial qui seroittrès bien venu des amateurs, soit dans une table xylographique de ' l'ouvrage de M. Brunet, qui n'y feroit, comme la table systématique, qu'un double emploi apparent, et qui lui prêteroit un utile ornement de plus. Seulement, si cette idée étoit accueillie de l'habile éditeur, et quelque soit celui de ces deux partis, qu'il , lui conviendroit d'adopter, je le prierois, au nôm des bibliophiles, de ne pas négliger les vignettes, les fleurons et les culs-delampe elzéviriens, y compris ceux de Wolfganck, qui se distinguent des premiers d'une manière si tranchée, ces indices étant presque les seuls auxquels on puisse s'en rapporter avec quelque certitude, dans le choix d'une collection de livres délicieux dont le goût ne paroît pas prêt à passer.

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- VOYAGE
| DANs UNE BIBLIoTIIEQUE DE PRovINCE.
- - (sUITE.)

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La Civilité puérile et honnête. — L'Économie des princes, — P. de Cambry.

Par le temps qui se traîne, les petites choses ont gagné tout ce que les grandes ont perdu ; ainsi, on ne veut plus de grands tableaux, et l'on requiert à des prix fous les tableaux de chevalet : c'est qu'ainsi il n'y a plus guère de grandes galeries, de grands seigneurs, de grandes églises ni de grands connoisseurs. Il en est à peu près de même des livres : on se jette les in-folios à la tête; l'épicier, devenu une puissance de nos jours, est le seul qui en fasse des délices; mais les livrets, les plaquettes, les opuscules sont hors de prix, et l'on a vu quelquefois telle brochure unique, ou à peu près, se vendre bien plus que son pesant d'or.

TCe n'est pas d'ouvrages de cette valeur que nous avons à parler, mais du moins s'agit-il de petits livres; car, dans notre collection, ce sont ces mignards volumes qui dominent, et ni l'in-folio atlantique, ni même le grave in-4, si envahisseurs de leur nature, n'y occupent un trop grand espace. Dans notre promenade bibliographique, dirigée par le caprice, nous n'allons pas toujours vers les plus riches tablettes; il nous paroît plus piquant de sautiller d'un sujet à un autre tout-à-fait opposé, et de fouiller dans les recoins les plus obscurs qui contiennent des traités peu vantés, peu goûtés, et souvent peu payés.

Ainsi, par exemple, en ce moment, nous arrivons au rayon des livres qui traitent des règles de la vie civile, et nous touchons aux traités de la Civilité puérile et honnête; certes, ce nt sont pas là des livres d'or, et cependant, envisagés sous différens points de vue, ces petites productions de temps déjà loin de nous, sont pleines d'intérêt, et prêtent à la méditation. Et, d'abord, pour nos bibliophiles, ou sil'on veut bibliomanes, quand elles n'auroient que le mérite d'avoir été l'occasion de l'admisu sion, dans la typographie, d'un nouveau type de lettres qui porte encore aujourd'hui le nom de caractères-civilités, pour ce qu'il étoit spécialement employé à l'impression de ces livrets qui eurent jadis une vogue si populaire, ce serait déjà une puissante recommandation. Ce fut à Lyon, à ce que nous croyons, que . cette innovation eut lieu ; et la seconde ville de France eut très long-temps le privilége d'expédier, par toute la France, et à Paris même, des leçons de politesse en feuilles et en brochures. Le plus ancien de ces traités de civilité puérile et honnête que nous possédions est intitulé : Libellus de moribus in mensd servandis, Joanne Sulpitio Verulano authore, cum familiarissimâ et rudi juventuti aptissimâ elucidatione gatlico-latina Gulielmi Durandi. Parisiis, M. Menier, 1560, in-8, 31 pages. L'ouvrage principal est un petit poême latin divisé en deux livres; il est accompagné d'un commentaire françois-latin, composé par Guillaume Durand,professeur à Lyon, et dédié à Étienne Dolet, par une épître datée de 1542. C'est donc de Lyon que nous vinrent toujours les leçons de bonne tenue, tant à table qu'autre part. Dans une certaine république antique, on reproche au législateur d'avoir oublié d'insérer dans son code une peine pour le parricide; il répondit que ce crime étoit tellement contre nature, qu'il n'avoit pas cru devoir s'en occuper, le regardant comme impossible; si nous avions à faire un traité de civilité, ou au moins de moribus in mensâ servandis, il est probable que nous aurions oublié, comme inutile à dire, bien des recomman, dations sur lesquelles s'appesantissent complaisamment Sulpitius Verulanus, en riches vers latins, et Guillaume Durand, en humble prose françoise. Il dit, par exemple, page 7, à son lecteur : Estime qu'il est peu séant et peu honneste de se gratter la teste à table, et prendre au col ou au doz, poulx ou pulces, ou autre vermine, et la tuer devant les gens. Combien que nature te fasse fort de petir ou vessir, il te fault de tout efforcer de bien

serrer les fesses, et ne lascher rien de mauvais goust. Et en ce il se fault garder de suyvre l'opinion des stoïciens, qui tenoient que les pets et les rots estoient permis et loysibles en toutes compagnies et en toutes actions. On te tiendra pour vilain et deshonneste si tu mets les mains au fien, ou que tu te frottes quelque partie du corps deshonnestes, et puis après tu viennes à esparpiller la viande avec les doigts. » Il faut avouer que voilà des leçons de politesse bien impertinemment formulées, et elles nous laissent une médiocre idée de la civilisation de la jeunesse à laquelle on étoit forcé de l'inculquer. Le Nouveau Traité de la civilité qui se pratique en France et ailleurs parmy les honnestes gens est dû à Antoine de Courtin, né à Riom, en 1622, qui alla, à l'âge de 23 ans, en Suède, à la suite de l'ambassadeur Pierre Chanut, ami de son père, qui le présenta à la reine Christine. Cette souveraine le goûta beaucoup, l'attacha à sa personne, l'anoblit en 1651, et lui donna une terre qui porta son nom. A l'abdication de Christine, Charles Gustave lui donna sa confiance etl'envoya en mission en France. Plus tard, en 1662, Louis XIV le chargea de la négociation de la restitution de Dunkerque, qu'il accomplit avec honneur. Il revint à Paris et y composa plusieurs ouvrages. Le Traité de civilité n'avoit pas d'abord été destiné par lui à la publicité; il fut composé pour servir au fils d'un de ses amis, qui devoit, après ses études, être envoyé à la cour. Plusieurs personnes influentes, le trouvant excellent, l'engagèrent à le faire imprimer. C'est ce qui eut lieu vers 1670. - Nous en possédons une jolie petite édition (jouxte la copie imprimée à Paris), de Bruxelles, Ph. Vleugart, 1671, pet. in-12 de 166 pages et 19 chapitres : c'est une des premières. Elie Josse réimprima souvent ce Traité à Paris; l'édition de 1695 étoit déjà la huitième. Nous en avons une autre, contenue en 22 chapitres, qui porte onzième édition, et dont la date fautive est indiquée de M.DC.LXC, pet. in-12 de 266 pages. Paris, Élie Josse, à la sphère. Cette édition est dédiée au jeune duc de Chevreuse par une épître très bien faite et signée I. M. | Ce Traité, qui a été complété par un autre, sur le Point d'honneur, Paris, 1675, in-12, contient en général d'excellens

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préceptes; mais il y en a néanmoins qui étonnent toujours le lecteur, surtout lorsqu'on voit que ce livre est composé pour les gens de cour. Ainsi, on y parle de ce qu'il faut faire quand un prince ou une princesse vous invitent à siéger à leur table, et à quelques feuillets de là, on défend de manger le potage au plat, de torcher le fond de son assiette ou des plats de la table avec ses doigts, de boire à même le vase le reste du bouillon, ou de la sauce, et de tirer la viande par lambeaux du plat, au lieu d'y puiser à une seule fois avec sa fourchette. Ces préceptes singuliers, donnés à des individus appelés à fréquenter les princes et princesses, ne rappellent que trop ces marchands de briquets phosphoriques qui, pour montrer l'utilité de leur marchandise, disoient au bon peuple de Paris : « Vous vous trou« vez en soirée chez un ambassadeur óu chez la duchesse de « Berry; un maladroit mouche la chandelle avec ses doigts ; « l'éteint : on appelle la portière; elle n'y est pas... Vous ti« rez alors de votre poche mon briquet phosphorique et vous « rallumez la chandelle. » Quoi qu'il en soit, ces traités de civilité sont pleins d'usages abolis, mais curieux, en ce qu'ils montrent tout le respect, la déférence et la soumission que l'on professoit alors pour les gens de qualité, et combien la hiérarchie des rangs était observée dans les différentes classes de la société. Cela se voit encore dans un petit livret du même genre dont le titre est : Économie des princes, par P. de Cambry, chanoine . de Renaix (1). Tournay, veuve A. Quinqué, 1656, pet. in-8 de 144 p., dédié à Ph. d'Egmont, prince de Gavre. On y remarque, outre les us et coutumes des grands en leurs maisons, et les manières dont leurs gens et officiers agissoient entre eux et avec leurs maîtres; on y remarque, disons-nous, les usages du temps et des lieux où vivoit l'auteur.oOn trouvera peut-être singulier qu'un bon chanoine de la petite ville de Renaix se donne les airs - d'indiquer desrègles de conduite et de tenue de maisonauxprinces

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