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« géographiques du territoire, et des relations historiques de « chaque expédition, en les tirant des auteurs originaux (1). »

M. Barbier, après avoir dressé une liste générale des ouvrages à consulter pour les recherches relatives aux divers mémoires demandés, mit sous les yeux de l'Empereur le résumé suivant :

Mote pour Sa Majesté, sur quelques unes des principales
expéditions des Parthes. -

Le royaume des Parthes eut pour fondateur Arsace, Bactrien de naissance; l'an 256 avant Jésus-Christ, il engagea les Parthes à secouer le joug des Séleucides, leurs maîtres, et à lui déférer le titre de roi. Cette monarchie, petite dans ses commencemens, s'étendit avec rapidité, embrassa la plus grande partie de l'Asie, et devint la terreur et l'émule de l'empire romain. Les successeurs d'Arsace furent au nombre de quatorze, lui compris, jusqu'à Jésus-Christ. Leur résidence étoit tantôt à Ecbatane, tantôt à Ctésiphon, qui furent les deux capitales de leurs états.

(1) Nous croyons devoir placer ici les observations suivantes concernant la géographie et l'histoire, dictées par Napoléon, en 1807, et datées de son camp de Finkinstein.

Voici à quelle occasion ces remarques furent faites.

Une année environ avant l'organisation définitive de l'Université Impériale, M. de Champagny, alors Ministre de l'intérieur, avoit adressé au quartier-général un projet concernant la création de certaines écoles spéciales : après avoir pris connoissance de ce projet, l'Emperêur répondit au Ministre, le 26 avril 1sor : " , , · · · · ·

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« On pourroit donc s'occuper de l'organisation d'une sorte d'Université de Littérature, puisque l'on comprend dans ce mot, non seulement les BellesLettres, mais encore l'Histoire et nécessairement la Géographie, car On ne peut songer à l'une sans songer à l'autre. « Cette université pourroit être le Collége de France, puisqu'il existé; mais il faudroit qu'elle fût composée d'une trentaine de chaires, si bien liées entre elles, qu'elle présentât comme une sorte de bureau vivant d'instruction et de direction, où quiconque voudroit connoître tel siècle, pût demander quels sont les ouvrages qu'il doit ou ne doit pas lire, quels

L'an 199 de Jésus-Christ, Artaban étoit roi des Parthes. L'an 222, un Perse, nommé Artaxercès, s'éleva contre lui, lui déclara la guerre, et mit en déroute l'armée qu'il lui opposa. L'année suivante, vainqueur dans une deuxième bataille, il mit en fuite Artaban et se rendit maître du trône. Comme il étoit fils de Sassan, ses successeurs. furent appelés Sassanides. Les successeurs d'Arsace avoient été nommés Arsacides.

Il ne se passa rien de très remarquable sous les rois Arsacides des Parthes : plusieurs furent chassés du trône et y remontèrent ensuite. Vers l'an 36 de Jésus-Christ, Artaban III, l'un d'eux, eut une entrevue sur un pont de l'Euphrate avec Vitellius, gouverneur de Syrie, chacun étant accompagné d'un nombreux cortége, Hérode Antipas, tétrarque de Galilée, qui s'y étoit rendu, les traita splendidement ensuite l'un et l'autre, dans un magnifique salon qu'il avoit fait construire au milieu du fleuve. -

L'an 420, Vararane IV, roi Sassanide des Perses, ayant demandé à Théodose-le-Jeune des chrétiens qui s'étoient sauvés à Constantinople, Théodose répondit que l'empire étoit un asile toujours ouvert aux innocens, et que pour les traîner en Perse, afin d'y répandre leur sang, il faudroit que Varavane vînt les arracher d'entre ses bras. Cette réponse fut suivie d'une rupture entre l'empire et la Perse.Ardabure, général de Théodose, s'étant mis le premier en campagne, remporta sur les Perses, commandés par Narsès, une victoire qui fut célébrée à Constantinople, le 6 septembre 421, par de grandes réjouissances. Narsês, poursuivi par le vainqueur, se retira à Nisibe, où il ne tarda pas d'être assiégé. Le roi de Perse rassembla toutes ses forces et celles de ses alliés pour les envoyer au secours de la place. II arriva une chose singulière : les deux armées, qui se cherchoient l'une l'autre, prirent l'épouvante toutes les deux lorsqu'elles s'approchèrent, et fuirent chacun de leur côté. Les Perses se précipitèrent dans l'Euphrate, où il en périt près de 100,000. Les Romains abandonnèrent le siége de Nisibe, brûlèrent leurs machines, et se retirèrent sur les terres de l'empire. Cette guerre finit l'an 422 par un traité de paix, dont la . principale condition fut que le roi de Perse laisseroit aux chrétiens de ses états la liberté de professer leur religion. L'an 540, Chosroës, autre roi Sassanide des Perses, jaloux du succès des armes de Justinien, qui avoit recouvré l'Afrique, fit irruption dans la Syrie, où il mit tout à feu et à sang. Hiéraple et Antioche, les deux plus considérables villes de cette | province, éprouvèrent les effets les plus marqués de sa pérfidie et de sa cruauté. Justinien obtint la paix de lui, la même année, en s'obligeant à lui payer une pension annuelle de 500 livres pesant d'argent, outre 1,000 que Chosroës se fit congpter surle-champ. Deux ans après, le roi de Perse reprend les armes contre l'empire, et s'avance vers la Palestine au printemps de l'an 542. Bélisaire, envoyé contre lui, l'oblige, sans tirer l'épée, à reprendre la route de ses états. L'an 544, il lève le siége d'Edesse, en Mésopotamie, après avoir fait de longs et vains efforts pour s'en rendre maître : cet échec l'engage à conclure une trève de cinq ans avec les Romains. L'an 554, il remporta des avantages considérables dans la Sazique (l'ancienne Colchide), soumise aux Romains. Gubase, roi de ce pays, instruisit l'empereur de la mauvaise conduite des généraux qu'il y avoit envoyés, et sa mort qu'ils complotèrent fut le prix de ses justes accusations. Pour effacer l'horreur de cet assassinat, ils vont faire le siége d'Onogare, avec une armée de 50,000 hommes.

sont les Mémoires, les Chroniques qu'il doit consulter; où tout homme qui voudroit parcourir une contrée pût trouver une instruction positive, soit sur la direction qu'il doit donner à son voyage, soit sur le gouvernement qui gouverne telle ou telle partie où il voudroit porter ses recherches.

« Il est de fait qu'il manque quelque chose dans un grand état où un jeune homme studieux n'a aucun moyen de recevoir une bonne éducation sur ce qu'il veut étudier, est obligé d'aller comme à tâtons et de perdre des mois et des années à chercher, à travers des lectures inutiles, le véritable aliment de son instruction.

« Il est de fait qu'il manque quelque chose dans un grand état où, pour avoir des notions positives sur sa situation, le gouvernement, l'état présent d'une portion quelconque du globe, il faut avoir recours ou au Dépôt des Affaires Etrangères, qui ne contient pas tout, quelque trésor qui y soit enfoui, ou aux bureaux de la Marine, qui fort souvent ne savent pas ce qu'on peut leur demander. -

« Sa Majesté désire ces institutions. Elles ont été depuis long-temps l'objet de ses méditations, parce qu'ayant béaucoup travaillé, elle en a personnellement senti le besoin. »

Chosroès fond sur eux avec 3,000 hommes, et les taille en pièces. Ce revers fut réparé l'année suivante, par une grande victoire que le général Justin remporta sur les Perses, devant la ville de Phase, qu'ils assiégeaient, L'an 562, traité de paix entre les Perses et les Romains; c'étoit une des conditions de ce traité que Chosroës cesseroit de persécuter les chrétiens dans ses états. Il la viola quelques années après, en voulant contraindre les Persaméniens d'abjurer le christianisme, qu'ils professoient. Ce peuple, l'an 571, a recours à l'empereur Justin II, dont il implore la protection. La guerre, à cette occasion, recommence entre l'empire et la Perse. L'an 576, Chosroës, battu par le général Justinien dans les plaines de Militine, ville du Pont, est obligé de repasser l'Euphrate, après avoir perdu la plus grande , partie de son armée. Les vainqueurs le poursuivent jusqu'au centre de ses états, qu'ils dévastent. L'an 579, il meurt à Ctésiphon, vers le mois de mars, à l'âge de 80 ans; ce prince eut de grands vices et de plus grandes qualités. Isdegerde III fut proclamé roi de Perse en 632. En 637, Saad, général Arabe, neuf mois après s'être rendu maître de Madaïn , capitale de la Perse, défait Isdegerbe en bataille rangée, et l'oblige à prendre la fuite. Cet échec entraîna la perte de ses états, à l'exception du Sigestan, où il conserva une espèce de souveraineté. L'an 652, Isdegerbe fut tué par des rebelles, laissant un fils qui se sauva en Chine. La Perse devint alors une portion de l'empire des califes; elle fut ensuite démembrée par différens princes arabes ou étrangers, qui en érigèrent diverses provinces en autant de souverainetés, ce qui dura jusqu'à la dynastie des Sophis, qui réunirent toute la Perse sous un seul monarque, vers l'an 1501.

| BARBIER. Septembre 1808.

En soumettant à l'Empereur l'aperçu rapide qu'on vient de lire, M. Barbier lui annonça en même temps qu'il s'étoit adressé au savant géographe Barbié du Bocage, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, pour l'exécution des cartes et pour les recherches géographiques et historiques relatives aux mémoires particuliers sur les diverses expéditions des Parthes. - - Pendant les premiers mois de la campagne d'Espagne, diverses propositions, concernant les travaux confiés à M. Barbié du Bocage, furent adressées au quartier-général, ainsi qu'on le voit par les passages suivans, extraits de deux lettres du baron Meneval au bibliothécaire de l'Empereur.

« Je n'ai pas parlé à Sa Majesté de la demande de fonds que vous faites pour M. Barbié du Bocage ; c'est une affaire purement administrative qui a besoin des formes de bureau. »

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Aranda de i)uero, 27 septembre 1808.

MiENEVAL.

« Je ne puis vous donner de lettre pour le grand-chambellan, parce que je n'ai pas de caractère pour faire comprendre telle ou telle dépense dans ses comptes ; mais il est dans les attributions de sa place de faire un rapport à Sa Majesté, ou de le faire faire par l'intendant-général. » . |

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Madrid, 16 décembre 1808 . · · ·
- · MENEvAL,
" !

D'après la réponse qui venoit de lui être faite par le secrétaire de l'Empereur, M. Barbier adressa, le 28 décembre 1808, le rapport suivant au prince de Talleyrand, grand-chambellan, qui, en cette qualité, avoit alors dans ses attributions tout ce qui concernoit le service des bibliothèques de la couronne.

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