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VENTE DE LIVRES.
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mEs CATALoGUEs coNsIDÉRÉs soUs LE PoINT DE vUE DE L'HIsToIRE LITTÉRAIRE ET DE LA BIBLIoGRAPHIE. ' · . " - , t 0 , , , Vente Chaumette des Fossés. - Vente Lamberty, d'Aix.

- , , • • • ! - Un catalogue de vente, aux yeux de cette foule ignorante et inoccupée, qui forme ce qu'on est convenu d'appeler le public, n'est guère, en général, autre chose qu'une nomenclature plus ou moins considérable de livres destinés à courir les chances d'une adjudication publique sous le patronage plus ou moins imposant d'un libraire exercé à ce genre d'industrie, et dont l'habileté consiste tout entière, pour les mêmes gens, dans le talent de tirer le meilleur parti, c'est-à-dire, le plus d'argent possible de ces productions de l'intelligence ainsi converties en marchandise. Pour les esprits un peu moins vulgaires, pour les hommes qui comptent encore pour quelque chose la pensée et son expression, le catalogue d'une bibliothèque est tout autre chose qu'un étalage de libraire, et, sans vouloir absolument, par un travers d'esprit qui deviendroit presque un non-sens dans le temps où nous avons le bonheur de vivre, considérer ces livres sous leur rapport exclusivement littéraire, et abstraction faite absolument de leur valeurcommerciale, nous pensons pourtant, et nous croyons pouvoirdire, que la lectured'un bon catalogue, d'un catalogue bien rempli et rédigé avec le soin que savent y mettre quelques uns de nos libraires, peut et doit éveiller en nous d'autres idées que celles qui se résolvent uniquement en francs et centimes, ou, comme on l'auroit dit encore avant le 1" janvier 1840, en livres, sous et deniers.En effet, dans un catalogue, tels que pouvoient être autrefois, pour n'en citer qu'un petit nombre, ceux de l'illustre de Thou, de Colbert, de du Fay, du comte d'Hoym, de Girardot de Préfond, de Gaignat, du duc de la Valliére, de Mac-Carthy, etc. ; dans un catalogue tel que pourroient être aujourd'hui ceux de M. Silvestre de Sacy, de M. de Solleine, de M. de Monmerqué, de M. Cigongne, de M. Brunet, l'auteur du Manuel; de M. Nodier, de M. Coste, de Lyon; de M. Arthur Dinaux, de Valenciennes, et tant d'autres que nous ne pouvons indiquer ici; dans de tels catalogues, disons-nous, nous ne pouvons nous déterminer à ne voir qu'une accumulation plus ou moins considérable de valeurs transformables en argent : nous y cherchons au contraire une valeur d'un tout autre ordre, la pensée qui a présidé à la réunion de ces richesses intellectuelles. Voltaire a dit quelque part que six lignes de la main d'un homme quelconque lui suffisoient pour juger de l'esprit de cet homme; nous croyons cette assertion un peu hasardée; mais nous ne craignons pas, nous qui rappelons cette exagération que l'on peut pardonner à un homme d'esprit, d'être accusé de la même témérité, en affirmant qu'un homme peut presque toujours être jugé par sa bibliothèque; nous ajouterons de plus, avec la même assurance, que le nom du possesseur lui-même peut, presque toujours à l'avance, faire juger de ce que doit être sa bibliothèque. C'est qu'il existe, ainsi qu'on l'a dit plus d'une fois, entre l'homme qui lit et les livres qu'il possède et avec lesquels il vit journellement, une sympathie secrète et puissante qui se révèle à chaque instant dans les moindres détails.Ainsi, avec des noms tels que ceux que nous venons de rappeler, avec une foule d'autres noms que nous avons dû omettre et qu'il nous eût été facile de joindre aux premiers, on sait d'avance, en voyant le catalogue qui présente une pareille garantie, que l'on doit s'attendre à trouver une collection choisie sous tous les rapports et digne à tous égards de l'attention, de la curiosité, nous dirions même, des respects d'un véritable bibliophile. Et, de même, par suite de cette loi tacite de réciprocité que nous avons reconnue et signalée, la lecture attentive et réfléchie de ces divers catalogues nous reporteroit rapidement et sans peine aux noms dont chacun d'eux pourroit être décoré. C'est qu'il est facile à un œil tant soit peu exercé de reconnoître que de pareilles collections, où se trouvent ainsi assemblées, avec une rare intelligence, toutes les richesses des littératures anciennes et modernes, ne peuvent être que l'œuvre d'un esprit aussi élevé qu'étendu, d'un goût aussi exquis que difficile. On aime alors, sous l'influence d'une telle conviction, à examiner, à étudier dans leurs moindres détails ces riches trésors de science et de littérature, et l'on se trouve ainsi conduit à rechercher, à deviner, à retrouver la pensée féconde et puissante qui a présidé à leur réunion. Qui pourroit nier qu'une pareille étude, qu'un pareil exercice, n'aient à la fois leur utilité et leur agrément. Quintilien a dit autrefois, et Boileau a répété après lui, que c'étoit déjà beaucoup que de savoir apprécier Homère; nous dirons, nous, si l'on veut bien nous permettre ce rapprochement peut-être un peu ambitieux, que c'est déjà faire preuve de goût et de sens que d'apprécier le mérite d'un bon catalogue. On nous accuseroit, avec quelque raison peut-être, d'une espèce d'injustice, si, après avoir parlé, comme nous le devions, de l'intérêt que présente la lecture d'un bon catalogue, nous n'accordions pas ici une place et un souvenir d'estime aux libraires habituellement chargés de la rédaction des catalogues. S'il est vrai, comme nous le croyons, qu'il faut, pour former une bonne bibliothèque, une supériorité d'esprit et d'instruction qui n'est pas très commune, il n'est pas moins vrai qu'il faut pour rédiger un catalogue avec tout le soin qu'il exige, une intelligence et une spécialité d'instruction qui ne sauroient être le partage de tous. Soyons donc, je ne dirai pas seulement bienveillans, mais complètement justes envers ceux de nos libraires françois qui se sont occupés ou qui s'occupent encore aujourd'hui de la rédaction des catalogues, et ne craignons pas de dire que la plupart d'entre eux s'acquittent avec autant de talent que de loyauté de cette tâche plus difficile qu'on ne pense. Plus d'une bibliothèque a dû autrefois sa célébrité aux Martin, aux De Bure, aux Bleuet, aux Brunet; plus d'une collection de nos jours a dû sa renommée aux soins de MM. Silvestre, Merlin père et fils, Crozet, Henri Labitte, et de tant d'autres que nous nous abstenons de nommer, parce qu'il nous paroît suffisant de rendre ici unjuste hommage à la librairie françoise dans la personne de ses représentans les plus capables et les plus connus. Après ces préliminaires que nous avons crus indispensables pour faire connoître les motifs de l'intérêt que l'on peut prendre à la lecture d'un bon catalogue, nous entrerons dans l'examen de ceux des plus récents qui nous ont semblé dignes de quelque attention. Ces catalogues sont celui de M. Chaumette des Fossés, rédigé par M. H. Labitte, et celui de M. Lamberty, d'Aix, publié par M. Silvestre. " , '. . Le premier de ces catalogues, celui de M. Chaumette, présente une collection d'excellents livres dans tous les genres; mais il se distingue particulièrement par un choix admirable et tout-à-fait précieux d'ouvrages sur la littérature du nord de l'Europe, sur l'histoire et les langues de l'Amérique du sud. M. Chaumette des Fossés, voué par devoir à cette partie de la diplomatie qui s'occupe spécialement des intérêts commerciaux et industriels de la France à l'étranger, et qui avoit rempli successivement les fonctions de consul à Stockholm, à Constantinople et à Lima, M. Chaumette portoit en lui une vocation active et persévérante pour l'étude, et l'on conçoit que dans les diverses positions où il se trouva, il n'ait jamais rien négligé pour la satisfaire.Aussi étoit-il parvenu à recueillir une foule de livres presque inconnus en Europe, et dont sa vente a révélé en quelque sorte l'existence. Nous n'entendons pas mentionner ici tous les ouvrages précieux que renfermoit, quelquefois au nombre de trois ou quatre exemplaires, cette riche et savante collection; mais nous indiquerons, pour justifier du moins notre opinion par quelques faits, un certain nombre d'ouvrages, dont nous ferons en même temps connoître le prix, ne fût-ce que pour constater le goût du public lettré de notre époque. Voici donc la liste de quelques articles de cette vente avec le prix auquel chacum d'eux a été porté par la chaleur des enchères (1): | | N° 1. Biblia polyglotta, ed. Br. Walton. Londini, 1657, 6 - vol. gr. in-fol., v. br. — Castelli Lexicon heptaglotton. Londini, 1669, 2 vol. gr. in-fol., v.br. - - 53o fr. (1) Nous ne tenons pas compte, dans cette nomenclature, du droit de 4. Biblia hebraica, Xant. Pagnini, Nov. Testam. graece. Ex offic. Plantin., t613, 5 vol. in-8, v. br. , 40 fr. 8. Kemicott. Vetus Testamentum hebraicum. Oxonii, 1776, 2 vol. in-fol. br. . . 68 fr. 15. Quinque libri Mosis in lingua aegyptiaca, ex ms. descrips. et interpretat. est D. Wilkins. Londini, 1731,

5 p. 00 qui doit pourtant être pris en considération pour établir le prix réel de l'ouvrage vendu. - - -

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72. Doctrina christiana, catecismo breve y catecismo mayor, annotacioneso scolios sobre la traduccion en las lenguas Quichua y aymara, etc. En la ciudad de los Reyes (Lima ), 1584, in-4. (Premier livre imprimé à

Lima.) . . . . . . . .. , . .. 60 fr. 73. Confessionario para los curas de Indios, etc. Lima, 1585, in-4. : , • i : , • • | 87 fr.

· 109. Alcorani textus universus arab. et lat. cum notis et re' futatione Lud. Maraccii. Patavii, 1698, 2 vol. in-fol.

vél. . . .. . . . . . .. , 50 fr. 50 c. 328. Peintures chinoises (131 pièces), gr. in-fol. maroq, roug. .. · · · · · · · · · · . , 410 fr. 380. Mesgnien Meninski, Thesaurus linguar. oriental.Viennae, , 1680-1687, 4 vol. in-fol. . ... .. , , . . 201 fr. 437. W.Carey, a grammar of theTelinga language.Serampore. 1808, in-8, cart. .. , . - .. , 17 fr. \

493. Larramendi. Diccionario trilingue del castellano, bascuence y latin. San Sebastian, 1745, 2 vol. infol. bas. - • • • • , , • • • • • »: 82 fr. 50 C. 515. Hickesii antiquae literaturae septentrionalis libri duo, etc. Oxonii, 1703-1705, 6 part. en 2, vol., gr. infol., vél. . .. , . .. . , . .. .. , 268 fr. 50 c. 520, Joan. Ihre glossarium Saxo-gothicum, etc, Upsaliae, 1769, 2 t. en 1 vol., in-fol,, v. .. ) . .. 110 fr. L'article Langues d'Amérique qui commence au n° 564 et qui se termine au n° 586, a produit la somme d'envirOn 2,400 fr. - • •

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